"AddictionS"
Note : 18/20
Souvent, il est lu dans la presse des articles sur les nombreuses stars (pas forcément dans le hard rock) qui sont tombées dans le cercle infernal de la drogue. Certaines restent très discrètes sur ce sujet, d’autres disent ouvertement qu’elles y sont réellement dépendantes. Mais il existe cette autre catégorie de personnes qui s’en sortent et qui le racontent par la musique. Renaud Hantson, chanteur du groupe Satan Jokers, fait partie de ces gens-là et nous partage musicalement sa thérapie. Les treize chansons ont été écrites en treize jours par Renaud Hantson et Laurent Karila (praticien hospitalier, responsable du Centre référence cocaïne, au Centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions à l’hôpital universitaire Paul-Brousse. Il a également participé à de nombreux ouvrages et publications scientifiques dans le champ de la psychiatrie et de l’addictologie). Le thème de l’album "AddictionS" tournera évidemment autour de tout ce qu’a vécu Renaud Hantson durant sa période de dépendance à la drogue. Celle-ci sera comparée non pas à quelque chose de matériel mais plutôt à une personne dont on ne peut plus séparer en raison de cet amour trop fort que l’on a envers elle.
Côté musical, cela peut être rapide, fort mais toujours accrocheur sur toutes les pistes. La première piste "Reine Cocaïne" qui est la piste la plus speed de l’album ne dira pas le contraire. Ensuite, nous évoluons vers des pistes bien pêchues où le chant Français est très compréhensible avec des refrains bien accrocheurs (je ne vais pas en citer une en particulier car les refrains sont tous vraiment terribles). Et pouvoir comprendre les paroles pour mieux les reprendre sans se prendre la tête, je dois bien avouer que c’est quelque chose de bien plaisant (surtout que le thème de l’album mérite d’être compris et accessible pour tous). Des balades ont été également composées permettant de pouvoir souffler entre deux pistes bien hard comme "Une Semaine En Enfer" ou "Lune De Miel". La piste qui se différence vraiment de l’album est "Puzzle Cérébral" avec des effets sur le chant donnant une ambiance glauque de décadence de soi-même. La dernière piste « Ma vie sans » se termine par une bonne nouvelle où Renaud Hantson dit ouvertement avoir repris le contrôle de lui-même toujours sous une musique hard rock bien enjoué et accrocheuse. Et niveau qualité de son, c’est du super travail, du bon hard rock bien propre qui ne nous bousille pas les tympans.
Pour conclure, je ne saurai que vous conseiller cette drogue sonore "AddictionS". Celui-ci possède une vraie musique remontant la côte du hard rock Français. On attendait vraiment quelque chose pour bousculer les mentalités et Renaud Hantson l’a fait. Merci pour cette dose musicale pouvant nous rendre dépendant de cet album.
"Fetish X"
Note : 14/20
Seulement quelques mois après avoir signé son retour avec "SJ 2009", Satan Jokers nous remet le couvert avec "Fetish X", pas mal de défauts présents sur l' album précédent étant gommés avec une prod enfin au rendez vous, qui sans être exceptionnelle soutient très justement l'ensemble qui nous revient sous forme de quatuor. On notera l'environnement conceptuel du disque qui comporte 10 titres dont le dernier "L'enfer, C'est Ici" est découpé en 6 parties. Une courte intro pose l'ambiance et c'est partie pour une bonne bourre heavy metal. "Satan", "Ephémère" sentent bon la fraîcheur d'un groupe qui a retrouvé la gouache, le tempo est enlevé, la technicité des guitares parts rajoutant une "Us touch" enthousiasmante. "Hypnotiseur" se fait plus posé et ambiancé, presque feutré, question peut-être de mieux repartir sur l'intro décapante de l'excellent titre éponyme "Fetish X", boosté à la testostérone. S'en suit "Illegal", plus calme dans le tempo, et "Presque Humains" condensé de rock 'n' roll et de hard rock traditionnel. "Chimères" continue sur la lancée précédente avec une touche un peu plus groovy, Mulot slappant à tout va, donnant ainsi un petit côté rock fusion pas dégueulasse, "Bulldozer" termine efficacement le boulot avant le gros morceau qu'est "L'enfer, C'est Ici" ne commence. Les différentes parties sont assez hétéroclites, le morceau éponyme bien rentre dedans d'entrée, posant une atmosphère pesante et lourde. Je n'en dirai pas autant des instrumentaux, qui malgré leur hautes teneur technique, en deviennent vite indigestes tant la démonstration instrumentale prend le pas sur la musique, dommage que Satan Jokers ne se soit pas limité donc pour cette partie conceptuelle aux seules chansons qui comportent de bons titres ("Humanité Bafouée" et "Dictateurs" notamment). On leur pardonnera toutefois, "Fetish X" se finissant avec 2 bonus composés des titres "Les Fils Du Metal" et "Pas Fréquentables", réenregistrés pour l'occasion, et qui prennent du coup une bonne cure de jouvence. Un album ambitieux qui réussit sur plusieurs points son pari, un année 2009 donc très prolifique pour Satan Jokers qui marque positivement son retour.
"SJ 2009"
Note : 13/20
Comme Noël approche à grand pas et que vous avez été bien gentils, voici un packaging complet des sorties de Satan Jokers pour l'année 2009, car après avoir attendu une double décennie pour reprendre du service, le combo culte des années 80 nous gratifie de 2 albums en moins de 10 mois !!!
Pour les plus jeunes, Satan Jokers débute au début des Eightees et devient vite un des chefs de file du mouvement hard rock Français, notamment grâce à son mythique premier album "Fils Du Metal" parut en 83. Il aura fallu donc attendre plus de 20 ans pour voir Satan Jokers reprendre l'aventure avec ce "SJ 2009". Du line-up original ne perdure que Renaud Hantson, qui en plus d'assurer les drums parts, récupère le chant, le guitariste originel Stéphane Bonneau faisant une bréve apparition sur "Sorcier 2008", morceau dépoussièré de "III" paru en 1985. En guise de remplaçant, on retrouve le génial Pascal Mulot (Triple X, Patrick Rondat) à la basse, les guitares étant assurés par la doublette Olivier Spitzer (Stators) / Mickaël Zurita (Gogol 1er, Thaï Phong). On passera sur la cover assez moche, et dès le début du premier morceau, la production marque un manque flagrant de profondeur, le niveau général omettant de puissance, même si le son est très propre et le mixage approprié, un meilleur mastering aurait certainement gommé ce défaut.
Pourtant le titre entamant l'album, "Silicone Baby", nous montre les Parisiens du côté que je leur préfére, un heavy speed à la sauce British, celle de leurs débuts. Agressif et inspiré, le titre annonce le meilleur pour ce retour, "Union Sacré Des Assassins" se la joue plus hard rock des Eightees, son refrain implaccable faisant sacrément mouche et confirme que le groupe peut encore écrire de très bonnes chansons. Les 3 titres qui suivent, à savoir "Voodoo", "Combat" et "Paris Nuit" s'enchaînent sur des riffs plutôt simples et efficaces, avec toujours un petit côté accrocheur. "Indien De Demain" voit le featuring d'une autre légende, le fameux Zouille de Sortilége, qui nous gratifie d'un de ses solos sur la fin de ce titre combinant heavy efficace et refrain entêtant. Pour le moment donc presque que du bon pour ce nouveau cru, mais le groupe, peut-être un peu trop généreux, nous offre 14 titres dont certains aurait pu être dispensés ("Electriques", "Ma Guitare" au sale goût de rock FM variété), car sur la longueur, ce "SJ 2009" s'essouffle, seuls quelques surprises viennent réveiller l'ensemble ("200 Chronos" notamment avec son intro arabisante et qui aurait très bien pu trouver sa place chez Furious Zoo, l'autre groupe de Hanson). Au niveau parole, les textes en Français font vraiment old school, avec ce petit côté franchouillard péjoratif (pour ma part) qui me déplait avec la plupart des groupes de cette période (personnellement, seul Blasphéme a réussi dans ce domaine avec classe). Un retour donc en forme pour les vétérans de Satan Jokers, les amateurs apprécieront.
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