"Brahmavidya: Immortal I"
Note : 17/20
Rudra, voilà un groupe qui m'avait marqué avec leur dernier album "Brahmavidya: Transcendental I". Et voici donc la "suite" avec "Brahmavidya: Immortal I". Alors que reste-il des Singapouriens en 2011 ?
Déjà j'avais noté leur précédent album 20/20, si jamais celui-ci était meilleur je me serais joliment casser la gueule...
Eh bien non, heureusement, il est un peu moins bien que son prédécesseur et je vais expliquer pourquoi. La musique de Rudra se situe quelque part entre le death et le black. L'intro commence par un chant religieux de chez eux, un peu comme sur l'autre album mais la où, dans son prédécesseur, ce genre de chose parsemait la galette, ici on aura juste droit à une intro.
Le groupe veux en effet faire quelque chose de plus "in your face" donc exit tout le folklore de-part-chez-eux. C'est dommage d'un côté mais peut-être n'ont-ils pas voulu avoir une étiquette et se retrouver enfermés dans un style, contrairement à "La Mano Verda-Negra Bouch' Beat" qui eux, ont une étiquette justement... sur le t-shirt... Malheureusement on perd beaucoup de ce qui fait (faisait ?) l'originalité du groupe, on se retrouve donc avec quelque chose de plus conventionnel.
Mais est ce que c'est mauvais pour autant ? Non, pas du tout, les titres sont bien construits. Musicalement c'est axé death-mélodique et assez rapide, technique comme il le faut, mais la voix est plus axée black, typée hurlé et sur la fin de l'album on est très proche de Legion (ex-Marduk, ex-Devian). Depuis le dernier album, le guitariste a changé et cela se ressent par une approche du solo très différente, pas mauvaise pour un sou mais différente.
La batterie est très efficace, jouant sur les blast beats et la double pédale, mais un truc tout bête m'a gêné. L'utilisation excessive du hi-hat (vous savez, le truc qui fait un ding-ding aigu), ça peut sembler con mais ça m'a gavé, mais qu'on lui enlève ce truc de son kit, merde quoi ! Niveau production, petite déception aussi, j'ai trouvé l'album assez plat par moments, un certain manque de pèche. Rien de grave mais dommage. La pochette quand à elle est pas mal, sans plus, à vous de juger.
Au final, une petite déception, avoir retiré le côté mystique de leur musique crée un grand vide et retire pas mal de leur originalité. Malgré cela, ce sont des sacrés musiciens et compositeurs et l'album reste super efficace.
"Brahmavidya: Transcendental I"
Note : 20/20
Que voici un album très difficile a chroniquer, à cerner et à comprendre. Rudra est un groupe de Singapour, vous savez, en Malaisie. Et oui, pour notre plus grand plaisir le metal n'a pas de frontières, en sont témoins les quelques CDs metal Japonais ou Chinois en ma possession. Mais là ou certains groupes essaient juste de calquer leurs homologues Américains ou Européens, d'autres s'attellent à inclure leur propre culture. Si les quelques groupes qui s'y risquent ne font ça que pour essayer de se démarquer pour au final un piètre résultat voire opportuniste, d'autres nous ont fait quelques chose de sublime, je vous nomme comme exemple le fabuleux samba-thrash "Ratamahatta" de Sepultura. Alors, Rudra fait partie de quelle école ? Et bien il vous faudra attendre de tout lire bande de petits impatients !
Tout commence par une intro transcendante avec une espèce d'instrument à corde (dont je n'ai pas pu déterminer la provenance) avec une voix féminine et le chanteur récitant une sorte d'incantation religieuse en Sanskrit, cela pose directement une ambiance toute particulière. Rudra est la nom d'un ancien dieu Hindou, un dieu de la destruction, et la destruction nous acceuille dès le premier titre. Le groupe nous sort un hybride death / black, le chanteur vocifère d'une voix rauque (un peu dans le style Légion ex-Marduk), le batteur est impressionnant et quand ce n'est pas un blast beat c'est la double pédale qui est torturée. Ce groupe nous sort une musique extrême mais parfaitement maîtrisée, le chant est généralement en Anglais mais quelques phrases dans leur langue natale viennent rajouter un piment non négligeable. Les guitares sont accérées et nous servent des riffs destructeurs et des solos magnifiques. Le quatrième titre est à nouveau une sorte d'incantation religieuse du chanteur en Sanskrit appuyé par des percussions sur tambourins 1 minute 12 de zen attitude qui, la seconde suivante, nous fout un gros coup de godasse en pleine gueule et c'est reparti pour la boucherie, blast, riffs de fou et chant rugueux à souhait le tout dans une brutalité naturelle et maîtrisée de bout en bout. Sur le titre suivant, de nouveau des incantations par une voix féminine accompagnée de guitares accoustiques et de percussions. Le plus étonnant c'est à quel point le groupe intègre tout ces éléments culturels et mystiques à sa musique extrêmement brutale, sans que cela ne fasse tâche une seule seconde !
Le reste des titres s'enchaînent et ils font de plus en plus mal. Jusqu'au huitième époustouflant, un gros solo de batterie accompagné par moment par le chanteur vociférant, moment grandiose. Il faudra attendre le treizième titre pour la dernière prière jubilatoire pour l'auditeur, qui ouvre la porte du dernier titre en guise d'apocalypse métallique. Chaque chanson a une personnalité propre mais en même temps fait partie d'un tout, s'inscrit dans une logique destructrice pour créer une osmose parfaite. Cet album est une pure merveille, un bijou, un monument. La production sonore est parfaire ! Le groupe maîtrise son art à la perfection, le mix de death / black / mysticisme est fabuleux. Rudra nous sert ici un des meilleurs albums de metal extrême !!!
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