Ce qu’on peut dors et déjà dire, c’est que les petits Belges de Rise And Fall ne nous laissent pas de répit. A peine le CD introduit dans mon ordinateur (bah oui, technologie oblige, pas de chaîne hifi) que je me prends un putain de riff et un putain de cri en pleine face. En même temps, quand la chanson s’appelle "Soul Slayer", c’était peut-être l’effet voulu. J’ai vraiment eu l’impression qu’on voulait s’imprégner de mon âme, me l’avaler, et me balancer du Rise And Fall dans tout le corps. Et vu que l’abum est bourré d’infrasons (sur "Circles" par exemple), c’est vraiment l’effet que ça produit au final.
En fait, comment expliquer, quand j’écoute cet album, c’est comme si j’étais en train d’étouffer dans un espace confiné, comme si les murs de mon appartement se refermaient sur moi, ou plutôt comme si les murs de mon appartement faisaient une ronde autour de moi, une ronde qui s’amenuisait au fur et à mesure des morceaux. "Our Circle Is Vicious". Le titre est plutôt bien trouvé, puisque c’est effectivement l’effet que produit l’album. Non, c’est pas du black metal, mais Rise And Fall, c’en est pas moins malsain pour autant.
On pourra discuter l’étiquette, après tout, c’est un combat plutôt stérile. Mais ce qui me vient aux oreilles, j’ai l’impression d’écouter de l’ultra violence. Et quand on a l’impression que les petits jeunes vont se calmer, comme sur "Stillborn", bah pas du tout, c’est un peu comme l’arbre qui cache la forêt. Ça commence doucement, gentiment, quelques cordes tirées sur la guitare, une batterie plutôt légère, une pédale de distorsion, après on enchaîne sur la mélodie, répétitive, les mêmes accords puis une voix, criarde, suppliante, se fait entendre, au fond, comme si elle nous appelait du fond d’une cave, et c’est ensuite la batterie qui prend le dessus. On a l’impression d’un canon, où chaque instrument arrive finalement à prendre sa place sur l’autre. Et quand on en a fini, ça réattaque de plus belle avec "A Present Tense". Une chanson plutôt hardcore, qui reprend les classiques du genre, des breaks bien pesants, un rythme à la punk.
Puis l’album se finit par "Knowing", et la comparaison en fera peut être hurler certains, mais le style de la chanson me fait un peu penser à "Morale" de Napalm death sur "The Code Is Red, Long Live The Code". Sur plus d’une dizaines de chansons, on s’est pris de l’ultra violence, et voilà la petite comptine qui vient clôturer le tout (oui certes, "Morale" est l’avant dernière chanson du "Code", mais l’écoute de "Our Circle Is Vicious" m’amène tout de même à cette comparaison). Et là, en écoutant "Knowing", j’ai plutôt l’impression que mon corps, allongé sur mon lit, s’envole et lévite. Toujours malsain, mais d’un malsain qui attire. Une âme qui sort de son corps. Je ne pense plus, mon cerveau pense en musique, Rise And Fall me dialyse et m’injecte sa mélopée… "Soul Slayer".
Eh oui, parce qu’une fois l’album écouté, je le remets, histoire d’encore plus m’imprégner de cette violence auditive. Alors quand je dis violence, certaines s’attendront peut-être à du pig squeal à volo, de la double pédale, mais que nenni braves gens. Rise And Fall, c’est plus sournois, c’est de l’étouffement musical, de la manipulation, on se perd dans les dédales survivants de ses synapses.
Mais comme tout paradis artificiel, l’album a quelques défauts. La brièveté. Parfois, elle est empreinte de style, et ça choque pas, parce qu’on imagine pas plus long. Mais 2 minutes en moyenne, ça fait court. Bon, certaines font 5 minutes aussi, ne me faites pas dire ce que j’ai pas dit, mais si on retient que le général, ça nous fait 29,2 min ; 56,3 Mo d’après Mr Itunes. Je dis juste que 5 ou 7 minutes de plus n’auraient pas fait de mal. Puis à avouer tout de même un côté un tantinet répétitif. Mais c’est pour mieux t’oppresser mon enfant. A noter tout de même, que malgré ce que j’ai pu dire, les chansons les plus angoissantes sont "To The Bottom" and "In Circles", bizarrement les chansons les plus longues, mais aussi faites sur la même structure : emploi des Chinoises par le batteur et ultra sons.
Ou comme si les quatre premières chansons de l’album n’étaient qu’une introduction à la violence : comment devenir fou quatre chansons, et comment s’enfoncer encore plus dans sa folie en six chansons.
Rise And Fall, c’est du lourd, au propre comme au figuré, et ça vous donne envie d’aller les voir en concert, afin de savoir si on y retrouve cette ambiance malsaine qui se dégage.
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