Le groupe
Biographie :

Formé en 2007 / 2008 à Bruges (Belgique) par Guy (chant) et Ruben (guitare), Reject The Sickness a pris ensuite son temps avant de trouver son line-up idéal en 2010 avec Pepijn (guitare lead), Floris (basss) et Jannick (batterie). Assimilé au genre death metal mélodique, Reject The Sickness sortit son premier mini CD "Bloodstained Eyes" en Décembre 2012, et son premier album "Chains Of Solitude" en Novembre 2015. Reject The Sickness est signé chez le label Mighty Music. "The Weight Of Silence" sort en Mars 2018.

Discographie :

2012 : "Bloodstained Eyes" (EP)
2015 : "Chains Of Solitude"
2018 : "The Weight Of Silence"


Les chroniques


"The Weight Of Silence"
Note : 15/20

Difficile de trouver des formations qui peuvent rivaliser avec la technicité toutefois violente de groupes comme Children Of Bodom ou Exodus. Pourtant, loin de démériter, certains s’essayent à la chose, prennent ce risque et accouchent finalement de quelque chose de pas trop dégueulasse, qui mérite clairement qu’on y jette une oreille attentive. Voici donc Reject The Sickness, qui revient avec un nouvel album intitulé "The Weight Of Silence".

L’opus débute sur une belle intro, assez envoûtante, au piano. Rapidement, toute l’instru' débarque pour nous plonger dans un univers sombre, comme le seront tous les morceaux suivants. Ce premier long morceau (plus de six minutes) explore assez bien les différents talents du groupe, et permet déjà de se faire une bonne idée de la suite. Vient ensuite "Bloodline", plus thrash, plus technique, mais dont la voix rappelle plutôt Children Of Bodom. Il y a aussi un petit côté black metal un peu malsain et franchement pas malvenu sur ce morceau. Certaines pistes sont beaucoup plus mélodiques, pour ne pas dire symphoniques, mais gardent tout de même de bonnes réserves de bourrin au moment où on s’y attend le moins. C’est le cas par exemple de "My Ire", dont l’instru' parfaitement réussie vient faire oublier la voix qui manque ici cruellement d’originalité.

Ouais, on arrive ici au point sensible de Reject The Sickness, le manque d’originalité au niveau de la voix. C’est d’autant plus dommage que je n’ai clairement rien à reprocher à l’instru', qui ne bascule que très peu dans la branlette de manche (on va dire qu’on pardonne "Wilted Flowers", la dernière piste qui ressemble à une mauvaise imitation de Metallica). D’une manière générale, la voix peine à varier d’intensité, on s’habitue trop vite à celle-ci, pour finalement apprécier qu’elle se fasse discrète, très discrète. L’ensemble reste totalement potable heureusement, et plaira aussi aux fans de Dark Tranquillity, At The Gates ou encore All Shall Perish.


Grouge
Février 2018




"Chains Of Solitude"
Note : 14/20

Le death metal mélodique n’a rien produit de neuf depuis des années. La belle époque des années 90 est belle et bien révolue avec des groupes comme At The Gates, Dark Tranquillity, Children Of Bodom, les premiers In Flames, etc. Oui, ces formations sont toujours actives, mais admettez que depuis, on a fait le tour de la question. Attention, cela ne veut pas dire que le death metal mélodique actuel n’est pas digne d’intérêt, juste rien de nouveau à l’horizon. C’est dans ce contexte un peu critique que je me suis lancé dans l’écoute de ce dernier Reject The Sickness. En la lançant, ma plus grande interrogation était de connaître leur intention : copier ou faire du neuf ?

Réponse : "Chains Of Solitude" n’est pas une copie conforme de ce qu’il se faisait il y 20 ans. D’ailleurs, le groupe prend bien garde de nommer son genre "melodeath with prog elements and a twist of core". Au final, cet album tape pile au milieu entre The Black Dahlia Murder et God Forbid (d’ailleurs Reject The Sickness est le nom du premier album de God Forbid en 1999) pour la petite touche de hardcore. Rien de très melodeath en somme. Cependant, le groupe ne va pas plus loin dans le core et garde de nombreux éléments traditionnels. Meilleur exemple étant le titre éponyme "Chains Of Solitude" et son refrain aérien et envoûtant, appuyé par des claviers et une voix clean grave que je qualifierais de désespérée et torturée. Cette voix très singulière reviendra à plusieurs moments et révèlera avec brio l’ambiance globalement sombre et agonisante qui surplombe "Chains Of Solitude". Le long final caverneux de "Seedless", peut-être le morceau death mélo' le plus prononcé, en est une bonne illustration.

Les choses sérieuses s’amorcent avec le second titre "My Agony". Rapide et bourré de blast, ce morceau devrait réveiller le fan de The Black Dahlia Murder qui sommeille en vous. Notons que le growl de Guy se rapproche de près de celui de Trevor Strnad (chant – The Black Dahlia Murder). Autres compositions remarquables dans la même veine, "Depravity" et "Psychopath" se disputent haut la main la place de meilleurs compositions avec des influences très death et une batterie type rouleau compresseur.

En ce qui concerne le son, la production est assurée par Jochem Jacobs aux Splits Second Sound (Textures, Crimson falls, Scarred…). Le résultat est en phase avec la démarche des Belges. Le rendu est moderne et limpide, sans pour autant dénaturer les passages plus "traditionnels" comme par exemple les guitares acoustiques de "Fire Burning".

"Chains Of Solitude" ne tombe pas dans le cliché du death mélodique à la Finlandaise, et cherche sa propre voie avec plus ou moins de succès. Ainsi, je recommande Reject The Sickness à tous les nostalgiques de la période bénie du death mélo’ et qui souhaiteraient faire un premier pas vers quelque chose de plus "core", ou de plus moderne. Par ailleurs et bien que que le groupe n’ait pas les reins assez solides pour rivaliser avec les compositions grandioses des têtes de fil The Black Dahlia Murder, Reject The Sickness dégage une énergie très communicative et vous accroche jusqu’à la fin.


Vinny
Janvier 2016


Conclusion
Le site officiel : www.reject-the-sickness.com