Le groupe
Biographie :

Pryapisme est né en Auvergne, sur le plateau de Gergovie après une après-midi trop arrosée en l'an de grâce 2000. Le groupe est composé des traditionnelles guitares, basse, batterie et autres claviers qui marquent une nette filiation avec le traditionnel groupe de rock provincial et bruyant.

Discographie :

2010 : "Rococo Holocaust"
2013 : "Hyperblast Super Collider"
2015 : "Futurologie" (EP)
2017 : "Diabolicus Felinae Pandemonium"


Les chroniques


"Diabolicus Felinae Pandemonium"
Note : 18/20

Vous avez tous déjà entendu parler des théories du complot, d'organisations souterraines, secrètes qui cherchent à mettre à exécution des plans machiavéliques pour contrôler le monde. Sachez qu'elles existent vraiment et heureusement pour nous Pryapisme est là pour nous éclairer. En effet, leur nouvel album "Diabolicus Felinae Pandemonium" est là pour nous parler des méthodes de subversions utilisées par les chats et visant à leur permettre de remplacer la race humaine.

Ils sont là, tout le monde est déjà tombé sur leurs programmes de propagande sur le net, les chats ont déjà pris le contrôle de YouTube par exemple. Qui n'a pas déjà été hypnotisé par le chant éthéré et enjôleur du Nyan Cat ? Bref, l'heure est grave et ce nouvel album de Pryapisme tombe à point nommé pour débuter une résistance sonore. C'est "Un Max De Croco" qui ouvre la danse avec ses sonorités traditionnelles asiatiques à la sauce electro noise bordélique. Quoique pas si bordélique que ça puisqu'on reconnaît aisément les structures, loin du couplet refrain évidemment, et le groupe met en place des riffs bien catchy et puissants avec de bien grosses guitares. Un visage un peu plus organique pour le coup, on trouve même une contrebasse sur ce premier morceau ! Comme d'habitude avec Pryapisme, sous les apparences total nawak on sent clairement que le groupe construit ses morceaux et que les différentes sonorités et parties ne s'imbriquent pas au pif. C'est d'ailleurs ce qui est flippant avec la musique de ce groupe, et le fait de se dire qu'aussi bordélique soit-elle, elle est en fait millimétrée et tout ce qu'on entend sur ces morceaux a sa place au milieu de tout ce bordel. "La Boetie Stochastic Process" présente là encore des sonorités asiatiques mises à la sauce Pryapisme et non seulement ça sonne mais ça accroche, avec en plus un solo de saxo complètement dingue en plein milieu du morceau ! On retrouve ces fameux samples totalement délirants sortis d'on ne sait où, bref l'univers du groupe est toujours aussi, si ce n'est plus, barré qu'avant (ces orgasmes en rythme sur "La Boetie Stochastic Process" justement, ou de la techno qui me semble tout droit sortie du premier Ridge Racer sur PS1 sur "Carambolage Fillette Contre Individu Dragon Non Décortiqué", le tout au milieu de bons gros blasts évidemment). Vous vous doutez bien que vous avez intérêt à avoir l'esprit musical bien ouvert pour apprécier un truc pareil.

Pour faire simple, la musique de Pryapisme a encore évolué et s'est encore enrichie, ce qui n'est pas un mince exploit. Le groupe multiplie les morceaux de bravoure, tel ce solo de basse de malade sur "A La Zheuleuleu" dont le titre est un hommage au classique du grand compositeur Bézu bien sûr. Techniquement, le niveau est de toute façon globalement dingue, les membres du groupe maîtrisent clairement leurs instruments et on à la mâchoire qui tombe plus d'une fois devant des passages bien tordus. Comme l'indique le groupe sur la pochette de l'album, c'est clairement l'album de l'immaturité, Pryapisme a encore franchi un palier et sa musique continue à évoluer et devient de plus en plus imprévisible. Comme je le disais, "Diabolicus Felinae Pandemonium" est un peu plus organique et redonne une belle place aux guitares qui sont ici très puissantes avec de bons gros riffs de bûcheron et un solo bien rock dans l'esprit sur "A La Zheuleuleu" une fois de plus. On a aussi le très jazzy "Tau Ceti Central" qui permet d'avoir une petite coupure un peu plus feutrée dans ces cinquante-sept minutes de folie avec une deuxième intervention du saxophone parfaitement à propos. Bref, c'est encore une fois un mélange des genres totalement improbable sur le papier mais qui fonctionne du feu de dieu sur album. Le fait que ce soit le premier album du groupe à être enregistré avec le line-up a dû jouer, la musique du groupe en devient plus riche, plus complexe, plus maîtrisée. Pryapisme c'est ça, un chaos contrôlé, même si ça ne paraît pas évident aux premières écoutes. Surtout si vous tombez en premier sur "Tête De Museau Dans Le Boudoir" avec ses chats s'attaquant à Super Mario qui ramassait des pièces tranquillement dans le coin. Cette phrase paraît n'avoir aucun sens ? Osez jeter une oreille sur ce nouvel album, ouvrez vos chats-kra et vous comprendrez.

Bref, c'est encore une fois un excellent album très loin des sentiers battus qui, sous couvert d'une apparence totalement nawak, balance une musique incroyablement touffue, riche et complexe. Si tout ça vous paraît confus au premier abord, persistez, votre oreille finira par trouver une prise à laquelle s'accrocher et à partir de là c'est tout l'univers chatoyant de Pryapisme qui va s'ouvrir à vous. Nul doute qu'à ce moment-là vous vous écrierez : "Ben chat alors !".


Murderworks
Mai 2017




"Futurologie"
Note : 18/20

Planquez les croquettes, la brigade des chats psychopathes répondant au nom de Pryapisme est de retour ! Et cette fois je crois qu'ils ont encore plus pété les plombs que d'habitude, avec une nouvelle réalisation qui porte comme nom "Petit traité de futurologie sur l'Homo cretinus trampolinis (et son annexe sur les nageoires caudales)", je crois qu'on a la preuve que la notion de santé mentale chez ces gars-là doit être assez floue.

Certes le groupe nous avait déjà gratifié d'une version 8-bit de certains morceaux de "Rococo Holocaust" et "Hyperblast Supercollider", mais cette fois ils ont fait encore plus fort ! Il faut croire que "La nuit sur le mont chauvelu" leur a fait pousser des ailes parce que pour le coup ils nous balancent un unique morceau de près de 23 minutes qui en plus se retrouve décliné en bonus en version totalement orchestrale. Mais le pire dans tout ça, c'est que ça tient debout, et que même la version orchestrale n'a rien d'un gadget ! Ce serait d'ailleurs un bon moyen pour ceux qui trouvent la musique de Pryapisme trop tordue ou trop bordélique à la base de se rendre compte que non ce n'est pas n'importe quoi, c'est même assez effrayant de voir à quel point un truc aussi barré et tordu est pourtant cohérent du début à la fin. Mais finalement, une fois qu'on a bien assimilé le truc, on se dit que cette version n'est pas une idée si loufoque, la musique de Pryapisme présentant cette fois un côté orchestral bien plus prononcé de base. Bon soyons clairs, ça reste encore un sacré merdier, mélange de metal velu (ou chauvelu) de sonorités 8-bit (des fans de Ninchat Gaiden sûrement), de passages jazzy ou dubstep et autres délires en tout genre, sans compter les différents samples tous plus délirants les uns que les autres. On notera quelques sonorités typiquement asiatiques aussi qui amènent quelques ambiances plus contrastées au milieu de tout ce bordel ("Ta gueule Flipper").

A côté de ça ça blaste encore pas mal et les différents sons électroniques vont une fois de plus bien vous vriller les tympans, parce que le côté orchestral de la chose n'éclipse pas pour autant ses velléités extrêmes. Bref, comme à son habitude, Pryapisme s'est amusé à briser toutes les barrières possibles en mélangeant à peu près tout et n'importe quoi, et là où c'est fort c'est qu'on reconnaît quand même bien la patte du groupe (normal pour des gens qui mettent des chats partout, chats... patte... ok, je sors). Les détracteurs de ce genre de groupes continueront à dire qu'il est impossible vu le merdier pratiqué de reconnaître qui que ce soit là dedans, mais en ouvrant un peu ses oreilles c'est largement possible et, oui, Pryapisme ça se reconnaît. C'est d'ailleurs impressionnant de voir à quel point ce nouvel EP passe comme une lettre à la poste. On trouve limite les 46 minutes trop courtes, ce qui est un tour de force vu le nombre d'informations balancées à la minute ! Par contre détail à relever quand même cette fois il n'y a pas de chant hurlé, uniquement les samples et quelques voix filtrées à mort. Choix cohérent vu le virage emprunté cette fois, même si ça aurait pu coller sur les passages les plus brutaux. On dit souvent que les EPs servent de prétexte aux groupes pour expérimenter davantage, et c'est aussi le cas de Pryapisme qui pourtant ne se contente pas de suivre les chemins balisés d'habitude, c'est vous dire la gueule du truc.

Un EP de plus de 45 minutes donc puisque cet unique morceau de 22 minutes 47 secondes est décliné en deux versions. De quoi s'amuser et se torturer les méninges et les tympans là-dedans malgré un côté orchestral voire cinématographique (oui oui) plus prononcé que par le passé. Par contre, maintenant, on veut voir ça en live avec un véritable orchestre, vous vous démerdez comme vous voulez les gars.


Murderworks
Mars 2015




"Hyperblast Super Collider"
Note : 18/20

Je disais récemment dans une chronique qu'Apathia avait le nez creux pour trouver des groupes barrés, cette fois ils viennent de faire sauter tous les potards en signant pour leur deuxième album les dingues de Pryapisme ! Si vous ne connaissez pas encore la bête, je vous invite à aller jeter une oreille à "Rococo Holocaust", leur chatoyant premier album, sur leur Bandcamp. Vivement déconseillé aux frigides des tympans et aux épileptiques, et à ceux qui sont allergiques à l'instrumental ! Les voici donc de retour avec un "Hyperblast Super Collider" dont le nom annonce déjà une surdose de WTF musical. En même temps avec des membres de Stagnant Waters et de Igorrr fallait pas s'attendre à du conventionnel.

Sauf que cette fois leur musique est un poil plus burnée et la pochette nous le montre tout de suite, le superbe chat qui ornait la pochette de "Rococo Holocaust" s'est ici transformé tel un pokemon en une version satanique pixellisée sur fond noir. Mais revenons à la musique, on note quelques incursions metal plus prononcées, quelques blasts qui viennent nous ramener dans le monde réel au milieu de tous ces trucs zarbs dont l'album est blindé. Parce qu'entre les délires electro, metal, les sonorités sorties tout droit des consoles 8 bit(e)s, les passages bien jazzy et toutes les autres étrangetés, il y a de quoi se poser des questions ! En fait si on devait vraiment classer ce projet la seule étiquette qui pourrait convenir serait "rencontre du 3ème type musicale", et pourtant c'est ce mélange d'influences toutes plus improbables les unes que les autres qui en font quelque chose de franchement bandant. Au premier abord on a tendance à se demander ce que c'est que ce merdier qui n'a ni queue ni tête, et au fil des écoutes on se rend compte que par un miracle que je ne m'explique pas ce merdier en question tient sur ses quatre pattes !

Après peut-être que le fait de faire partie de la génération jeux vidéos et autres geekeries offre un avantage, les membres du groupe doivent d'ailleurs en avoir tâté un certain nombre (ce qui est clair c'est qu'avec un nom pareil et la présence du félin sur les pochettes ces mecs sont des adeptes du chat-bite). Franchement jetez une oreille sur "Random Jean Vigo" et osez me dire que vous n'avez pas l'impression de vous retrouver dans un des volets NES de Castlevania ! Et ce n'est pas la seule incursion de ce genre, ce qui est tout à fait normal vous me direz, entre les sons 8 bits et les chats à neuf queues on s'y retrouve. Après en dehors de ça, dites-vous que ces malades ont trouvé le moyen de caler là dedans du saxo et de la clarinette, ça vous donnera une idée de ce qui vous attend. Pour faire simple Pryapisme ne s'impose aucune limite, d'ailleurs le chaton de l'espace sur la pochette trône au milieu de l'univers, c'est un signe non ? En tout cas, plus on avance plus nos neurones meurent par combustion spontanée, au bout des 54 minutes que dure ce "Hyperblast Super Collider" one sait plus qui on est, ni où on habite !

On finit l'album sur une reprise de Mussorgski qui devient ici "La nuit sur le mont-chauvelu", on ne nous précise pas si le chauve a un col roulé, le tout bien évidemment passé à la moulinette nawakesque. De toutes les reprises qui en ont été tirées, celle-ci est sûrement la plus personnelle et barrée en tout cas ! Mais encore une fois, malgré le merdier apparent, ces cinglés savent ce qu'ils font, et même si comme je le disais on a l'impression à la fin de la galette d'avoir traversé un trou noir et fait un voyage dans la 145662ème dimension, on ne peut nier le fait que tout ça est maîtrisé de bout en bout. Et c'est peut être ça le plus effrayant en fait, il y a des gens pour qui tout ça est parfaitement normal !

Voilà donc une étrangeté de plus qui devrait donner la banane à tout ceux qui auront un level d'xp assez élevé pour apprécier ce mélange contre nature, si c'est le cas vous aussi vous prendrez un plaisir non feint à pratiquer la danse du petit panda rusé. Je conseillerais pour finir aux plus craintifs d'aller jeter un oeil sur la tracklist de l'album, rien que ça ça vaut la peine que vous accordiez un peu de temps à ce deuxième opus du chat de Rocco Siffredi.


Murderworks
Avril 2013


Conclusion
L'interview : Aymeric

Le site officiel : www.facebook.com/pryapisme