"The Gearwheels Of Time"
Note : 15,5/20
En France on à l'habitude de dire que le vin se bonifie avec l'âge, et bien il en est de même pour Primal Age! Ils en ont fait du chemin les Normands et pourtant on ne peut pas dire qu'ils s'assagissent, bien au contraire ! L'artwork, dans les tons ocre, reste du Primal Age tout craché, une belle pochette en somme. Quelques bruits suspects, un bref riff en sourdine et d'un coup la bête est lâchée. Primal Age enflamme vos enceintes avec "A Fire Consumes My Heart". Le titre se passe, s'achève et on se rend compte qu'on vient de prendre une méchante gifle.
Les cinq coreux enchaînent avec "Eyes But No Sight Of Bleeding" dont le départ est annoncé par un roulement de batterie simple mais efficace. On notera la capacité des musiciens à faire des parties planantes et puissantes à la fois. "Genetically Murderer Organism" ou, le titre qui va officiellement user la touche "précédent" de votre platine. Pourquoi ? Tout simplement parce que l'intro est novatrice et jouissive. Une guitare en stéréo avec un effet bien utilisé pour une déflagration gigantesque ! Je m'arrête là et préfère vous laisser découvrir. On enchaîne avec un petit délire solo intitulé "Symphony Of Dreams" où un des musiciens nous offre un titre rafraichissant et posé, plus proche de la poésie que du hardcore. Après ces 1 minutes 40 de répit, "Nothing To Lose" s'élève pour, à grand renfort de double pédale et de riffs tantôt rapides tantôt lourds, vous secouer de haut en bas. On arrive à la moitié de l'album avec "My Dear Freedom" annoncé par quelques coups d'une caisse claire crue et fracassante. Un bon passage bien brutal comme on les aime en plein milieu du morceau ravira tous les amateurs du genre. Des cordes frémissantes entament "What Makes Us Submit Ourselves", rapidement rejoint par une batterie autoritaire pour finalement déboucher sur un riff à l'arrière goût de old-school. Le reste du titre est tout simplement bon, sans artifices. "Underworld" est un titre sévissant dans un hardcore un peu plus classique, dommage car l'intro est assez bonne avec une gratte à la distorsion sombre. Passons à "Opposite Forces" où le riff qui tourne et laisse sonner de grosse notes fera chauffer vos petites oreilles de manière exquise. "The Dead Shell" est un beau titre instrumental , de la mélancolie saupoudré de nostalgie pour vous faire changer d'univers trois petites minutes. Le morceau qui suit, "Hand Of Hope", aux sonorités d'avantages metal, déçoit un peu quand on a écouter tous ce qui l'a précédé. D'ailleurs on a un peu le même sentiment de déjà vu sur "The Eternal Struggle". Dommage. Enfin, et heureusement, cette galette s'achève sur "Dictation Of Beauty" qui fait vite oublier les deux morceaux précédents.
"The Gearwheels Of Time" c'est un enregistrement de très haut niveau pour une bonne leçon de hardcore! Primal Age sait nous faire plaisir en se faisant eux-mêmes plaisir et ça se sent. Un très bon album en somme et surtout n'oubliez pas d'écouter la phénoménale intro de "Genetically Murderer Organism" !
"A Hell Romance"
Note : 17/20
Environ 10 ans après la bombe "The Light To Purify" (sans compter la réédition en 2004), Primal Age nous revient avec son second opus "A Hell Romance", qui je le crois mérite de hisser le groupe aux sommets du hardcore Européen. Durant ces quelques années, le groupe s’est accordé une pause, incarnant pour certains la mise en avant du groupe Absone. C’est donc quelques années plus tard que Primal Age se reforme sur cet album 12 titres, tout en dorures et illustrations bibliques et c’est l’occasion de le dire car les dieux se sont bel et bien penchés sur cet album, je nomme ainsi Guillaume André (25 Ta Life, Right 4 Life…) pour le son et le mixage et Alan Douches (Sepultura, Converge…) pour le mastering. Le groupe poursuit son style d’origine, créant un savant mélange de hardcore et de metal aux riffs massacreurs, avec la double pédale omniprésente du batteur (ex-Fatal). Ca, on ne l’entend pas forcément à la première écoute, celle-ci d’ailleurs m’avait déçue, moi qui m’attendait à un retour inoubliable des acharnés végan, mais les écoutes suivantes m’ont conforté dans l’idée que Primal Age nous a sorti ici un très bon album HxC. On y reconnait un hardcore dans le style Kickback mais aussi des riffs plus metal à la Arkangel, un album extrêmement bien maitrisé, un peu répétitif certes, mais original, qui commence par une intro un peu glauque et s’achève par une outro acoustique qui calme l’auditeur. Alors au final, si vous voulez du bourrin, cet album est pour vous ! Et il est vrai qu’il doit bien y avoir du talent si Primal Age a déjà réussi à côtoyer les monstres du hardcore sur scène (Nostromo, Napalm Death, Madball…). Cet album se passe de mots au final, le hardcore est une musique à vivre, et cet album se réclame de violence.
"The Light To Purify"
Note : 15/20
Primal Age revient, et ne compte pas verser dans la finesse : cette réédition de l’opus "The Light To Purify" regorge de passages plus inspirés et violents les uns que les autres, entre brutal hardcore à s’en déchirer les tympans et mosh parts diaboliques ! Le morceau d’introduction donne le ton, avec ses riffs assassins et sa section rythmique puissante. Une fois la machine lancée, difficile de stopper l’écoute sans séquelles, l’esprit hanté par tant de talent. Le travail de composition est plus qu’excellent, évitant les clichés pour se consacrer à une musique toute personnelle (nul doute qu’il y aura bientôt au sein de certaines formations HxC une touche "Primal Age"). Possédant déjà une renommée scénique imposante de par des dates avec Napalm Death, Converge, Caliban, Nostromo, etc… le combo enfonce aujourd’hui le clou, et devrait accéder rapidement au palmarès des meilleurs groupes de brutal hardcore Français, s’octroyant ainsi facilement la place laissée vacante par Inside Conflict, place qu’ils mériteraient d’ailleurs amplement.
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