"Le chien, rend la jambe au monsieur !! Allez, viens, c’est pour qui le bon quartier de bœuf ?? Oui, c’est un bon molosse ça !! Allez, à la cage !!" Si j’avais un chien comme ça, je le vendrai à Sarkozy ! Les pitbulls sont hargneux, ils sont forts, très forts, et dangereux ! Alors cinqs de ces bestiaux ensemble, c’est une terrible meute ! Les membres de Pitbulls In The Nursery sont largement à la hauteur de leur totem.
Que dire de leur musique ? Ils déclarent eux mêmes être inspirés par Dying Fetus, Death, Atheist et Meshuggah… Et c’est bien vrai. Non seulement ils sont influencés par ces groupes magistraux, mais ils en sont dignes. "Lunatic" est un album qui swingue, ça groove, ça poutre, ça blaste et ça éveille les sens. Tout comme Impact, leur précédent maxi dont les trois titres figurent dans cet album.
Tout commence par une intro cyber-tribale. Puis dés la première chanson, une mosh-part "à la Meshuggah" enflamme l’espace sonore. Le solo qui arrive très rapidement ressemble également au travail des suédois, par le son et les chromatismes utilisés. Puis le chanteur entre en action, une voix gutturale et profonde, tout en étant puissante et précise. Un court passage comme je les aime où les guitares jouent en question/réponses puis un interlude jazzy/groovy interlude tout ça. La numéro 7 fait figure de pause mélodique, très charmant. Puis ça repart de plus belle, chaque chanson est différente et regorge d’aspects inattendus.
Mais avec PITN, le gros son n’est jamais loin. Donc les parties décalés et improbables s’intégrent toujours parfaitement aux compos. Elles sont ceci dit peu nombreuses et durent juste ce qu’il faut pour qu’on ne s’ennuie pas et qu’on apprécie le retour des guitares violentes. Le son des dites guitares est incisif sans être massif. Le réglage idéal pour supporter une musique qui tantôt est volatile, tantôt est du pur death. Les fréquentes mosh-parts font penser à Lamb of God également, et le jeu de la batterie en accéléré/décéléré approche la technique de Kevin Talley dans "Grotesque Impalement" de Dying Fetus, voire même de Necrophagist dans les passages les plus ardus, tout comme certaines intros. Les grosses caisses blastent d’une précision suisse et la caisse claire fouette le tout comme Zorro cravache les bandits. Le quatrième titre, issu du premier maxi (ainsi que les #6 et #9) impressione par sa sonorité trash suédois, mais en plus violent. Bravo à la prod’ qui ne laisse pas la basse loin derrière tout le monde.
Chaque pitbull domine sans conteste son instrument et le résultat est une alchimie incroyable de virtuosité rythmique, mélodique et technique qui a su conserver tous les ingrédients classiques qui font que nous ne nous sentons pas perdus. La meute a plus d’une corde à son arc et de l’originalité à revendre. Un titre est chanté en Français, et on entend même de la citarre dans la dernière chanson, dont ils jouent véritablement sur scène. D’ailleurs vu le nombre de dates qu’ils ont accumulé en 5 ans et les groupes avec qui ils ont partagé l’affiche, personne ne remet en cause qu’ils sont à l’aise sur les planches et y impressionent leur public en transmettant en live au moins autant de puissance que sur CD.
Le Pacte des Pitbulls a fait une victime de plus dans leur territoire, qui nous l’espérons, ne cessera de s’agrandir.
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