Le groupe
Biographie :

Paradise Lost est un groupe de gothic metal Britannique originaire du Yorkshire fondé en 1988. Jouant à l'origine un doom metal teinté de death, ils ont su faire évoluer leur style au fil des albums. Paradise Lost est l'un des trois grands groupes qui a popularisé le doom metal / death metal (les deux autres étant Anathema et My Dying Bride). Le groupe est presque inconnu dans son propre pays mais est extrêmement populaire dans le reste de l'Europe, notamment en Grèce et en Allemagne. Souvent crédité pour avoir été l'un des pionniers du gothic metal, le groupe a régulièrement étonné la critique et les fans par son goût pour l'innovation et l'expérimentation, une volonté de travailler avec des producteurs d'autres horizons musicaux et un refus de se répéter d'un album à l'autre. Cette approche, bien que critiquée, leur a permis de conquérir au fur et à mesure de nouveaux fans. Le groupe a versé successivement dans le doom / death, le gothic metal puis un rock / électro aux ambiances proches de ce que faisait le groupe Depeche Mode dans les années 1980 avant de verser à nouveau dans le gothic metal. La formation de Paradise Lost est remarquable par sa longévité pour un groupe de heavy metal, seul le poste de batteur ayant changé. La quasi-totalité des chansons du groupe sont écrites par Nick Holmes (le chanteur du groupe) et Greg Mackintosh (le guitariste compositeur).

Discographie :

1990 : "Lost Paradise"
1991 : "Gothic"
1992 : "Shades Of God"
1993 : "Icon"
1995 : "Draconian Times"
1997 : "One Second"
1999 : "Host"
2001 : "Believe In Nothing"
2002 : "Symbol Of Life"
2005 : "Paradise Lost"
2007 : "In Requiem"
2008 : "The Anatomy Of Melancholy" (double CD live)
2009 : "Faith Divides Us Death Unites Us"
2011 : "Draconian Times" (Réédition)
2012 : "Tragic Idol"


Les chroniques


"Tragic Idol"
Note : 17/20

Il y a des albums qui comptent dans une vie, simples découvertes devenues références ; l’œuvre éponyme de Paradise Lost en est une ; c’était il y a vingt-deux ans, la vieille K7 à bande magnétique trônant fièrement entre le "No Prayer For The Dying" de Maiden et l’"Orgasmatron" de Sir Lemmy et son gang, des Anglais eux aussi, à une époque où le metal s’appelait encore hard rock. Depuis, douze albums ont vu le jour et les très prolixes précurseurs du doom gothic metal Européens ont grandement œuvré à populariser le genre, devenant une véritable institution qui ne rechigne jamais à faire évoluer ses compositions aux univers riches et très variés, peut-être trop au goût des fans les plus hardcore, qui n’ont jamais digéré l’épisode coldwave du combo.

Mais c’est aussi en cela que réside leur force de création, plusieurs générations de fans les poussent sans cesse à se renouveler ; jusqu’à ce treizième album, "Tragic Idol", accomplissement symbolique d’une seconde jeunesse, tant le groupe semble revenir à ses racines ; des compos aux lyrics complexes, quasi viscérales, couplées à des sonorités doomesque massives, un climax très heavy, propice à un imaginaire idéologique sombre et vaste. Bilan, ce nouvel album est définitivement une tuerie qui s’écoute, fait de plus en plus rare, d’une seule traite, tel une bible sonore faisant la synthèse des maux qui assombrissent la société ; des thèmes très modernes et malheureusement d’actualité, traités avec une gravité qui en dit long sur les inquiétudes et peurs d’un Nick, plus humain que jamais. Exit l’humour morbide, "Tragic Idol" aborde des thèmes aussi douloureux et universels que l’amour destructeur, la prise de conscience devant la mort, l’imposture de ces VIP souhaitant exister par tous les moyens, la perte identitaire dans une "Fake Société" Libéraliste où tout jugement se retrouve altéré par la culture du paraître, du faux et usage de faux. Là où certains évoquent un retour aux sources, voire une marche arrière, je verrais plus en ce treizième albums, les raisons intrinsèques de leur longévité ; celles d’avoir exploré d’autres genres avant de lasser et d’en avoir tiré le meilleur afin de nourrir ce "Tragic Idol" qui sonne comme un accomplissement de plusieurs années de recherches musicales. Le résultat est une œuvre sans concession, jusqu’au-boutisme. En témoigne ce "Solitary One", titre d’ouverture à l’intro quasi martiale, voix grave extrêmement puissante ponctuée de réverbes à faire dresser les poils, un fond mélodique lugubre sur le couplet principal couplé à un chœur mélancolique et nihiliste. La messe est dite, on comprend que ce nouvel opus sera poisseux, intense et douloureux. Et ce n’est pas "Crucify", où Nick évoque un père détruit par le quotidien, qui fera mentir sur les intentions du groupe. Certains titres sont cependant moins déprimants, plus écrits dans une volonté d’état des lieux ; comme le titre éponyme "Tragic Idol" dont l’intro calme annonce un son très massif, alternance de rythmiques martiales et d’autres plus mélodiques. Nick y posant sa voit rageuse à la manière d’un James Hetfield qui aurait siroté du Redbull. Idem pour "Honesty In Death" dont les premières notes font penser à un néo "Enter Sandman" pour finir sur un matraquage double caisse, également présent sur la rythmique quasi tribale de "Worth Fighting For", hymne live en puissance.

Et que dire d’"In This Well" où Adrian Erlandsson martèle ses fûts sans temps mort, accompagné de solos de gratte lead entêtants dans un pur style heavy et une voix tendant vers le thrash. Néanmoins, le gang d’Halifax n’oublie pas de conclure sur le définitif "The Glorious End", un titre lent et alourdi par un climax de mise à mort où toute rédemption semble impossible. Amen. Une magnifique réussite toute en rage et puissance, maîtrisée de bout en bout.


Braindead
Avril 2012




"Draconian Times"
Note : Culte/20

Paradise Lost a décidé de rééditer leur fabuleux album "Draconian Times", album qui a apporté une énorme pierre à l’édifice du metal gothique. Ce chef d’œuvre est enfin réédité et sera soutenue en live par 7 concerts en Europe, dont un en France. L’originalité vient notamment de la version 5.1 qui permettra d’apporter une profondeur supplémentaire à l’album déjà si merveilleux.

Cette réédition est un bon moyen de découvrir ou redécouvrir ce groupe mythique. On retrouve bien évidemment les 12 titres de l’album dont les fabuleux "The Last Time" et "Hallowed Land", titres régulièrement joués sur scène ainsi que "Forever Failure", un des morceaux les plus profonds du groupe tellement l’interprétation de Nick Holmes est dramatique. Les autres titres sont tout aussi bons bien que moins connus, le profond "Yearn For Change", le mystique "Jaded" ou bien encore le très énergique "Once Solemn". Difficile de retenir un titre plus qu’un autre tant cet album est un "tout", une entité indivisible possédant une vraie âme, une atmosphère mélancolique presque mystique. En ce qui concerne les bonus, point de B-sides, déjà toutes sorties sur le "B-sides & Rarities". Exceptée "Last Desires" version démo. On trouve également une version démo d’"Enchantement" forte intéressante. Celle-ci permet de voir l’évolution du titre jusqu’à sa version finale. On trouve également 5 titres live datant de 1995 de bonne qualité qui nous replonge dans directement à l’époque de la jeunesse de nos chers Holmes et Macintosch.

Suivant les traces d’un fantastique "Icon", entre puissance, énergie, mélancolie et tristesse, Paradise Lost est arrivé avec "Draconian Times" à créer l’album gothique parfait. Cet album hissera définitivement Paradise Lost comme un des groupes phares du metal gothique Anglais des années 90. Une belle pièce pour tout fan du groupe. Si vous ne connaissez pas et album, cette version vous sera idéale pour découvrir le groupe en studio, en live, en démo en écoutant cet album mythique et intemporel.


Humphrey
Avril 2011




"Faith Divides Us Death Unites Us"
Note : 16/20

Et bien, commençons par l'objet en lui même ! Sous sa forme collector, le design de l'album est franchement réussi. Il se présente sous forme de livre cartonné avec des pages très épaisses et vieillies pour donner l'impression d'un grimoire. L'édition collector présente aussi l'avantage de contenir un titre bonus sur l'album ainsi qu'un second CD avec 2 titres de l'album dans une version accompagnée de l'orchestre de Pragues. Ces 2 titres sont "Faith Divides Us, Death Unites Us" et "Last Regret". En bref, déjà rien que pour ça, c'est un "must have" pour les fans ! Coté musique, " In Requiem" (2007) avait déjà marqué un retour plus heavy dans le son du combo Anglais. Cela se confirme sur ce douzième album studio qui l'est encore plus ! L'autre évolution majeure sur cet album est la voix de Nick Holmes, l'époque du chant quasi death est révolue. En effet, le chant est quasi intégralement clair et le monsieur a fait de remarquable progrès sur la maîtrise d'une voix qui l'était déjà bien. Quelques rares parties hurlées agrémentent le tout pour donner du punch à l'ensemble est c'est remarquablement réussi. Les meilleures morceaux de l'abum sont "I Remain" et "Frailty", deux morceaux puissants et très bien équilibrés sur le plan puissance / mélodie. Et un dernier morceau dans un registre plus lent et mélancolique est à écouter d'urgence, "Last Regret". En bref, un bon album malgré quelques morceaux en demi teinte mais avec quelques excellents morceaux. Une composition impeccable, un travail soigné, un album solide qui prouve l'envie du groupe de continuer à innover et expérimenter, même après 20 ans de carrière et 12 albums studio.


Fred K
Janvier 2010




"The Anatomy Of Melancholy"
Note : 17/20

Sorti en 2008, ce double live existe aussi en version DVD, que je n'ai pas, donc nous en resterons à la version CD. 21 titres (+ 1 bonus sur le DVD), environ 1h30, ce live est un bien bel objet sorti à l'occasion des 20 ans du groupe ! Enregistré lors du concert au Koko de Londres le 12 Avril 2007, le son est d'une très bonne qualité et le groupe à l'air de prendre plaisir à l'exercice de l'enregistrement live au travers des encouragements au public du chanteur Nick Holmes. De vieux morceaux sont joués dans leur version live tels que "Embers Fire", "As I Die" et "Pity The Sadness" afin de contenter les fans de la vieille époque. Mais aussi, des morceaux de l'album sorti cette année là, "In Requiem". Les morceaux "The Enemy" et "Praise Lamented Shade" passent très bien du studio à la scène et montrent l'expérience du groupe qui tourne beaucoup. En résumé, un très bon live avec un très bon son et une production impeccable. Une retrospétive sur 20 ans de carrière qui ravira beaucoup d'adeptes du groupe et même de nouveaux auditeurs.


Fred K
Janvier 2010


Conclusion
L'interview : Nick Holmes

Le site officiel : www.paradiselost.co.uk