Le groupe
Biographie :

Overkill est un groupe de speed metal et de thrash metal (variable suivant les chansons et les albums) américain, originaire du New Jersey. Le groupe connait de nombreux changements de musiciens, ne conservant du line-up originel que le chanteur Bobby "Blitz" Ellsworth et le bassiste D. D. Verni. Avec Anthrax, dont l'ex-guitariste Dani Spitz est l'un des premiers membres du groupe, Overkill fait partie des groupes de thrash metal de la côte est des États-Unis ayant rencontré le plus de succès, et est souvent considéré comme "le Motörhead du thrash metal". La mascotte emblématique du groupe se prénomme Chaly, une chauve-souris à tête de mort avec des ailes, des cornes et des yeux verts. Celle-ci est présente sur la majorité des pochettes des albums du groupe sous différents aspects. Au total, Overkill compte dix-huit albums studio, trois EPs et trois albums live. Ils sont l'un des premiers groupes de thrash metal à signer sur un grand label (Atlantic Records, en 1986), mais n'atteignent le succès commercial qu'à l'avènement du genre à la fin des années 1980 avec leurs pairs Anthrax, Exodus, Kreator, Metallica, Megadeth, Slayer et Testament. Les albums du groupe ayant rencontré le plus grand succès sont "Under The Influence" (1988), "The Years Of Decay" (1989), "I Hear Black" (1993), "The Electric Age" (2012), et "White Devil Armory" (2014).

Discographie :

1985 : "Feel The Fire"
1987 : "Taking Over"
1988 : "Under The Influence"
1989 : "The Years Of Decay"
1991 : "Horrorscope"
1993 : "I Hear Black"
1994 : "W.F.O."
1996 : "The Killing Kind"
1997 : "From The Underground And Below"
1999 : "Necroshine"
2000 : "Bloodletting"
2003 : "Killbox 13"
2005 : "ReliXIV"
2007 : "Immortalis"
2010 : "Ironbound"
2012 : "The Electric Age"
2014 : "White Devil Armory"
2017 : "The Grinding Wheel"


Les chroniques


"Grinding Wheel"
Note : 17/20

Overkill est un groupe de thrash metal formé en 1980, à New York (USA). Aux côtés de Exodus, Anthrax ou encore Slayer, Overkill a contribué à forger le thrash metal US. Bobby “Blitz” Ellsworth (chant) et D.D. Verni (basse), les deux membres originaux, sont accompagnés de Dave Linsk (guitare lead), Derek Tailer (guitare rythmique) et Ron Lipnicki (batterie). Le groupe sort son dix-huitième album, "Grinding Wheel", le 10 Février chez Nuclear Blast.

Étant une grande fan du groupe, c’est avec empressement et beaucoup d’espoir que j’attendais ce dernier opus. La boucherie commence avec "Mean Green Killing Machine". Que dire, si ce n’est que c’est une réussite ? Il fait dans une lourdeur caractéristique au groupe, les guitares, la basse et la batterie livrent bataille, comme pour voir laquelle sera la plus redoutable. La voix de Bobby retentit, unique et irremplaçable. Même si elle semble quelque peu poussive, elle a développé au cours des années une profondeur et une puissance qu’elle n’était pas capable de produire auparavant. Le premier morceau dépote, cela ne fait aucun doute. Pas de panique, "Goddamn Trouble" est là pour assurer la relève. Tout en conservant une agressivité thrash, il a un tempo entraînant irrésistible, et le phrasé de Blitz est à couper le souffle. Il fait penser à "Elimination", dont il peut être le légitime descendant. Ce qui n’est pas peu dire !

Évidemment, Overkill a plus d’un tour dans son sac, et nous dévoile encore quelques numéros plutôt sympathiques. Ainsi, "Shine On" tend plus vers une structure progressive, où le thrash rencontre les bridges prolongés et travaillés. Son groove n’en n’est pas moins accrocheur, le groupe a un sens du rythme indiscutable. S’ensuit "The Long Road", tout à fait dans le même esprit. Le morceau commence par une minute trente de solo de guitare, et est un entrelacement de chant, de bridges, d’envolées mélodiques. Même Bobby a fait l’effort de chanter de manière harmonieuse ! Presque trois ans après "White Devil Armory", Overkill n’a rien perdu de sa superbe. Après tous ces excellents titres, on se dit qu’à la moitié de l’album, on a à peu près fait le tour des hits et expérimentations musicales. Grave erreur ! "Let’s All Go To Hades" se place dans le top des morceaux. Empreint d’un petit grain de folie, il est hypnotique et rentre-dedans ; en somme, il est taillé pour le pit. "Come Heavy" est davantage un retour aux racines heavy metal, comme son nom l’indique. Le riff est lourd et gras à souhait, la basse cogne telle une plaque de tôle. La rythmique est là aussi entraînante, presque dansante. On sent le souci du détail jusqu’aux dernières secondes, et c’est certainement ce qui définit le mieux cet album. On continue les voyages dans le temps avec "Red White And Blue" et "The Wheel", les morceaux les plus thrash de l’opus dans la veine de "Taking Over" (1987), avec leurs chœurs puissants typiques du genre.

"The Grinding Wheel" est la cerise sur le gâteau. Monstre de huit minutes, il allie tous les points forts du groupe, c’est-à-dire une rythmique et un groove exceptionnels, des riffs à la force tranquille, la voix modulable et unique de Blitz. Cependant, j’ai remarqué un petit détail, et peut-être ne serai-je pas la seule. Un riff assez récurrent ressemble étrangement à un autre présent sur "Fade To Black", de Metallica… Peut-être cela ne relève-t-il que de la pure coïncidence. Toujours est-il que le groupe s’est lâché sur ce dernier morceau, en allant jusqu’à incorporer des cloches et des chœurs imposants, telle une incantation religieuse. Réellement transcendant !

Vous l’aurez compris, j’ai été très charmée par "The Grinding Wheel". Mais comment peut-il en être autrement ? Même l’auditeur le plus réfractaire serait contraint d’avouer que le groupe s’est investi à 200%, et semble avoir une inspiration inépuisable. "The Grinding Wheel" est un parfait équilibre entre deux forces : celle de la marque de fabrique Overkill, avec un son et des riffs reconnaissables entre mille, et celle du renouvellement, qui a incité le groupe à s’orienter vers des rythmiques toujours plus groovy et pointues, et vers un élargissement du genre musical certain. Overkill semble plus en forme que jamais, et a encore de magnifiques années devant lui !


Candice
Février 2017




"White Devil Armory"
Note moyenne : 16,5/20

Overkill, poids lourd du thrash U.S, nous débarque de leur New York natal avec leur nouvel album "White Devil Armory" avec le partenariat de Nuclear Blast et que dire ? Que la bête n’a pas changé malgré le poids des années. Certes les visages se sont quelque peu creusés, le line-up a évolué au gré des productions (sauf les légendaires Bobby et DD ; les indéboulonnables fondateurs toujours là fidèles au poste) mais rassurez vous la passion, l’envie sont bien là. Il est vrai qu’Overkill? durant sa (longue) carrière? nous a fait entendre du bon et du moins bon, mais quand on observe de plus prés celle-ci, le groupe a le mérite d’avoir toujours été fidèle à une chose : au thrash metal.

Et que dire du nouvel album, "White Devil Amory" ? Qu’il est l’essence même du thrash, vous l’avez sûrement compris, ce nouvel album est du grand Overkill. Il semblerait que le combo, depuis quelques années, ait trouvé sa vitesse de croisière, ait retrouvé une nouvelle jeunesse nous offrant de bons albums, mais avec "White Devil Amory", Overkill a changé de division, et pour nous, vieux fans du groupe, c’est que du bonheur. Si vous aimez le thrash metal, avec "White Devil Armory" vous allez être comblés...

Si vous ne connaissez pas Overkill (pardon ??!!), ce n’est pas moins de 17 albums studio, des albums live, des EPs, un album de reprises, de nombreuses tournées mondiales, et il semblerait que le groupe ne souhaite pas s’arrêter en si bon chemin... Ce nouvel album est dans la continuité de ce qu’Overkill présente ces dernières années sur ses albums, mais comment dire ? En mieux ! Overkill est fidèle à son power thrash survitaminé mais s’est littéralement surpassé sur "White Devil Armory".

Si l’album débute par la courte intro "XDM", Overkill ne met pas longtemps pour se mettre en marche avec le premier vrai titre de l’album, le single "Armorist" (qui a été mis en image pour un clip vidéo) ; ça pulse, ça bastonne comme à Chicago, Bobby au chant s’en donne à cœur joie, DD est déchaîné sur sa basse, les guitares sont aiguisées comme des lames de Tolède et la batterie est digne d’un AMX sans frein lancé en descente... Et c’est comme ça sur la totalité du disque ! Pas de temps mort, pas de répit durant les 11 titres de "White Devil Armory" à l’image des titres "Pig", "Where There’s Smoke", "Freedom Rings", comme le dit la formule consacrée : no surrender ! Overkill réitère un message clair : "On est Overkill, on s’en fout de ce vous pouvez dire Fu** y** !".

"White Devil Armory" est de loin l’album le plus abouti d’Overkill, et peut être même le meilleur de ces dernières années. Overkill a toujours été un groupe non seulement honnête mais également intègre avec lui-même et ses fans. Le groupe a toujours cherché à s’améliorer, à proposer le meilleur de lui-même à chaque nouvelle production (et en live), "White Devil Armory" doit permettre à Overkill d’atteindre (enfin) le statut mérité de Patron du thrash metal.

Il est à espérer que le groupe de New York soit toujours là dans 30 ans (et nous aussi !) pour son 28ème ou 30ème album... Les légendes après tout ne sont-elles pas immortelles ? 30 ans, 30 ans de carrière, que dire ? C’est tout simplement époustouflant...


Vince
Juillet 2014
Note : 18/20

Deux ans après leur dernier méfait studio, "The Electric Age", véritable furie thrash old school et lui-même successeur de l’excellentissime "Ironbound" qui avait permis au groupe de se replacer dans le peloton de tête des formations de metal old school, au terme d’une course dont Overkill était à bout de souffle ces derniers temps (avec des albums au début des années 2000 certes bons, mais moins marquants).

Sur "White Devil Armory", pas de grosse surprise à l’horizon, cet album est dans la continuité de ses deux grands frères. DD Verni y adopte un style de composition très similaire à ces albums et ne renouvelle pas le son du groupe. Ceux ayant apprécié les deux albums précédents n’ont donc aucun souci à se faire de ce côté-là. Le son y est également semblable, la production et l’enregistrement sont assurés par le groupe pour un résultat puissant et énergique, moderne mais non stérile. Le mixage est très bien équilibré et, chose étrange, la basse de DD est intégrée plus favorablement dans le mix général, là où elle avait tendance à ressortir nettement, au même niveau que les guitares. Seul petit point noir qu’on peut aussi relever sur les réalisations précédentes, le son de batterie, bien que puissant est précis (Ron Lipnicki est une véritable bête) est beaucoup trop froid et mécanique, les cymbales ont un rendu très peu naturel et on fait parfois difficilement la nuance entre la grosse caisse et les toms (un peu à la manière de Slipknot), mais hormis ces détails il n’y absolument rien de vraiment gênant.

Musicalement, nous sommes toujours en présence d’un thrash furibond et sauvage, sachant se faire plus groovy par moments. On a ici affaire à des morceaux plutôt courts et très classiques dans leurs structures. Digne successeur de "Ironbound" et "The Electric Age", l’album reprend les mêmes schémas sans innover malheureusement. Nous cela en détails plus loin.

L’album démarre fort avec "Armorist", petite torpille de 3’50 au refrain vite mémorisable. Le morceau suivant "Down To The Bone" est un peu plus nuancé et moins marquant mais toujours d’excellente facture. Le cassage de nuques reprend avec trois titres intenses : "Pig" tout d’abord, une vraie pépite très bien composée, suivi par le mid-tempo diabolique "Bitter Pill" (dont l’intro et la ligne mélodique principale rappelle "The Green and Black" sur "Ironbound") et de "Where There’s Smoke", le titre le plus violent et rapide du disque.

Arrivé au sixième morceau, le long et épique "Freedom Rings", on sent un essoufflement au niveau de l’inspiration. Pas de méprise, les titres sont bons mais pas aussi percutant que la première moitié du disque. S’il y a bonnes choses par-ci, par-là, comme le riff simple (mais pas simpliste) de "Another Day To Die", on a l’impression que le groupe est en mode pilotage automatique, les titres s’enchaînant mais rien d’exceptionnel n’en ressort. Il leur manque une certaine intensité, un petit truc en plus pour faire l’affaire. Il faut attendre la dernière chanson, le mid-tempo "In The Name" avec ses enchaînements de riffs dévastateurs et groovy et son refrain inspiré par les fameuses marches militaires anglo-saxonnes pour émerger du demi-sommeil dans lequel nous nous trouvions.

En revanche, et malgré le côté générique des titres, il est a noté l’exceptionnelle qualité des refrains, très travaillés, mélodiques et uniques (chaque composition à son propre refrain identifiable, ce dont beaucoup de formations modernes devraient s’inspirer), qui viennent relever le niveau des morceaux, même les plus faibles de l’album. On sent qu’un vrai boulot a été fait là-dessus. De même, on peut saluer la performance de Bobby "Blitz" Ellsworth qui donne une solide prestation et atteint quelques notes suraigus (hurler comme il le fait à 55 piges, faut le faire).

Un mot sur les solos de guitares : il est étonnant de constater qu’en dépit du talent de shredder de Dave Linsk, ses solos, s’ils sont impressionnants et très bien exécutés, sont complètement fades, comme s’il jouait des solos parce qu’il faut en placer absolument un. Dommage. Au final, on retiendra un disque solide d’Overkill, qui a ses bons moments, mais qui n’est pas la pièce maîtresse attendue au vu de ses deux grands frères. Un album de plus pour la légende du New Jersey dira-t-on, ce qui n’est pas si mal pour un 17ème album.


Man Of Shadows
Septembre 2014
Note : 15/20




"The Electric Age"
Note : 16/20

C’est après un "Ironbound" très convaincant qu’Overkill revient en force avec un nouvel album, "The Electric Age". Ce groupe de thrash metal formé en 1980 fait partie des piliers du genre. Ce nouvel album de 10 titres va sûrement nous donner du fil à retordre, ainsi que quelques neurones qui vont se barrer… "Bon, le cerveau, tu te casses, je te rappelle à la rentrée".

Les premiers morceaux nous plantent le décor avec "Come And Get It", "Electric Rattlesnake", "Wish You Were Dead", avec des riffs qui martèlent sévère, mais la palme d’or revient à "Electric Rattlesnake", en effet je n’ai pas été insensible à ce morceau tout simplement mélodique à souhait, et ce pont plutôt heavy qui ne peut que provoquer quelques mouvements de nuque bien prononcés. Mais la suite est tout aussi bonne avec par exemple "Save Yourself" faisant office d’une musique assez heavy thrash, comment l’exprimer ? Prenez un riff de la NWOBHM, et faites lui une injection d’adrénaline, le tempo augmente sacrément, et ça poutre sévère, ne trouvant rien à redire, je peux donc me pencher un peu plus sur le mixage qui, lui, touche aussi la perfection, avec une batterie justement mixée, et le son des guitares est assez impressionnant par sa qualité et sa finesse. Par contre un peu plus de basse aurait été appréciable. Mais plus sérieusement, comment à 50 balais, et avec 30 ans d’expérience, peut-on encore sortir de telles bombes ? Certes on peut trouver quelques défauts par ci par là, mais un album sans défaut n’en serait pas tellement un, surtout pour des groupes de ce calibre ! Mais comment l’inspiration, la fougue et l’envie sont-elles encore là ?

Je ne sais pas, mais une chose est sûre, c’est que Overkill a encore la foi, et est motivé pour sortir des albums prouvant qu’ils ne sont pas des vieux croûtons. L’écoute des dernières compositions ("All Over But The Shouting", "Good night") nous donnera quelques tartes dans la gueule, et on se prendra à vouloir chanter avec le groupe alors qu’on est juste chez soi à écouter le skeud. C’est sûrement la recette qui marche, donner du plaisir aux gens comme une orgie géante.


Motörbunny
Juillet 2012




"Ironbound"
Note : 16/20

Il y a des retours qui marquent et celui-là plus qu’à l'accoutumée, les New-Yorkais d’Overkill vieux de 30 ans n’ont rien à envier à la nouvelle génération, il nous servent un thrash épicé et relevé à souhait pour leur retour avec ce nouvel album intitulé "Ironbound" composé de 10 titres dans un digipack très soigné complet contenant un petit livret sur papier glacé avec photo, paroles, le tout bien présenté. Côté production, on peut noter la touche Peter Tägtgren (Hypocrisy, Pain). Le premier titre, "The Green And Black", annonce d'entrée de jeu le ton avec une durée de plus de 8 minutes, avec une longue intro (premier titre oblige), un très bon, que dis-je, un excellent riff, une rythmique thrash des plus plaisantes, ce qui promet en live de faire remuer des têtes à plus d'un, et ce que je confirme après les avoir vus sur scéne le 27 Février de cette année. Tous les titres restent dans le ton, fidéles à eux-mêmes, "Bring Me The Night" est un peu plus heavy, un brin speed, avec un solo monumental, un pur régal pour les oreilles. A noter "Irondbound", le morceau-titre de l'abum, avec toujours d'aussi bons riffs accrocheurs, et un "The Head And Heart" un peu plus calme du moins au debut. Pour résumer, une très bonne surprise, du bon vieux thrash sans chichi, très efficace, un très bon album à ecouter sans modération pour les amateurs du genre. Pour finir, j'aurais envie de dire : "C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes".


Loreva
Mars 2010


Conclusion
Le site officiel : www.wreckingcrew.com