"No God No Satan"
Note : 13/20
Seulement un an après la sortie de "Fuck God-Disease Process" Otargos nous livre une nouvelle galette au nom évocateur "No God No Satan". Un album bien plus obscur que les précédents.
"Hoax-Virus-God" nous donne tout de suite le ton, sombre, inquiétant et pesant… une impression qui se confirmera au fil de l’album. Je pense au titre "Hexameron" et sa fin des plus oppressantes, à l’interlude "I, Flesh Of God" ou au sinistre "XXI (The Pathological Mass)".
Je vous avoue que mes premières écoutes de cet album ont été des plus chiantes car je recherchais la rage et la violence des débuts. Ce black metal racé et sans concession capable de nous retourner les tripes sous les coups de blast acharnés du batteur.
Cet album vaut-il au moins le coup ? "The Hulk Of Conviction And Faith" est un titre qui a fait remonter "No God No Satan" dans mon estime. Un titre très profond qui demande le temps d’une sombre réflexion. Il m’a fait ainsi comprendre que cet album s’écoute d’une traite. Otargos y peint des tableaux plus dépressifs les uns que les autres. On est en fait très loin du black metal violent et chaotique. C’est du moins l’impression que j’en ai.
Le groupe revient parfois vers un black metal classique comme à leurs débuts. "Cloning The Divine" en est un parfait exemple. Un titre qui n’a rien exceptionnel mais bien efficace.
"Worship Industrialized" commence tel un rouleau compresseur, un autre titre qui fera bien fureur en live également. Otargos revient donc de temps à autre vers ses origines mais je dirais que ce n’est que pour mieux apprécier les passages bien plus lourds, presque doom présents sur cet opus. Difficile de rester de marbre face aux longues lames aiguisées de "The Hulk Of Conviction And Faith". Pas de violence malsaine, juste un esprit noir, sombre et déchiré.
En fait, ce serait être de mauvaise foi que de nier le côté atmosphérique du groupe et ce même depuis leurs débuts. Je pense à "Necro Aeons" par exemple, l’un des meilleurs titres du groupe si vous voulez mon avis.
Sur "No God No Satan" il semblerait qu’Otargos ait voulu explorer cet aspect du black metal en profondeur. Ce qui est dommage c’est qu’il manque ce grain de folie perceptible même sur un titre tel que "Iron Flames" si vous voulez mon avis.
"No God No Satan" peut apparaître alors comme un album assez plat qui traîne en longueur et dans un sens je comprends cette impression. Je regrette aussi leur évolution vers un black metal mid tempo qui ne vous prend plus aux tripes comme à l’origine.
Otargos n’est plus cette petite boule de nerf prête à exploser et je vous avoue que je suis un peu dégoûtée.
"Fuck God-Disease Process"
Note : 15/20
Fort de huit ans d'existence et de quatre opus à ce jour, les ténébreux d'Otargos nous reviennent plus intrépides et hargneux que jamais avec ce tout nouveau "Fuck God-Disease Process" au titre aussi évocateur que provocateur. Délivrant un black metal sans concession, bien trop souvent confronté aux Suédois de Dark Funeral, c'est donc au tournant qu'est attendue la formation, le défi à relever étant de réussir à surprendre par un son plus innovant et personnel qu'il ne le fut auparavant. "Dawn Of The Ethereal Monolith" amorce alors son funeste chemin en terres extrêmes, dévoilant une délectable introduction on ne peut plus noire et dépressive afin de plonger quelconque âme encore innocente parmi les damnés . Au même titre que bon nombre de leurs acolytes de la scène extrême, Otargos s'est décidé pour un chant partageant Français et Anglais, sans pour autant se risquer à une totale emprise de la langue de Molière qui pourtant lui réussit si bien... Outre ce détail, la formation réussit à se distinguer de cet amoncellement de groupes se voulant officier dans la veine black metal par un son d'une qualité certaine, délaissant la médiocrité des enregistrements parfois présents dans le "true", preuve qu'ici rien n'est laissé au hasard. Ce son si ardemment agressif justement parlons-en, mis en valeur par une voix remarquablement arrachante et torturée sur des paroles dénonçant la religion mais qui pourtant ne touchent directement au satanisme, un son aussi subtil que outrageusement malsain. Des instruments lancés à pleine puissance où s'immiscent de discrètes et sombres mélodies auxquelles s'entremêlent des sonorités plus étranges, le tout dessinant peu à peu une ambiance aussi licencieuse qu'irrasasiable de brutalité. A cela s'ajoute de nombreux passages des plus appréciables aux tempos plus posés ("The Wall Of Galaxies"), fleurtant avec le doom metal et allant même jusqu'à donner l'illusion d'un Arkhon Infaustus, avant que ne s'empare à nouveau la frénésie d'Otargos. Au final certains diront que "Fuck God-Disease Process" est un opus ne présentant guère d'originalité mais peu importe, ce n'est en aucun cas ce qui est demandé au genre, Otargos délivre un black metal traditionel dont l'agressivité et l'éfficacité se laisse entendre et apprécier sans aucune rétissence.
"Kinetic Zero"
Note : 14/20
J'ai en ce moment dans les oreilles le dernier album de Otargos, "Kinetic Zero". Autant dire dès le départ que cet album est un concentré de musique intense et malsaine. Du bon black comme on l'aime finalement. Mais c'est peut-être là où ça me gêne un peu. On reste dans la même lignée que les groupes de black Norvégien, assez basique et sans grande originalité de la part de nos Français. Mais on ne tombe tout de même pas dans une pâle copie sans intéret. L'atmosphère malsaine qui se dégage du début jusqu'à la fin est totalement effrayante. On se sent oppressé à l'extrême, jusqu'à ne plus savoir si on écoute bien un album de musique ou si on se laisse entraîner sur la route macabre de l'enfer. L'artwork du CD d'ailleurs reste dans ce même esprit malsain. On notera aussi que la qualité de la production est vraiment très bonne, chaque instrument est bien à sa place et n'écrase pas le son des autres. Album à conseiller à tous les amateurs de black Norvégiens et d'atmosphères malsaines.
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