Le groupe
Biographie :

Once Human est un groupe de death metal mélodique américain formé en 2014 et actuellement composé de : Damien Rainaud (basse / Anthropia, ex-Assacrentis, ex-Hamka), Dillon Trollope (batterie / A Ghastly Menace), Skyler Howren (guitare / ex-Death Machine Weapons), Logan Mader (guitare / ex-Machine Head, ex-Soulfly, ex-Blue, ex-Idol-X, ex-Logan Mader / J.S. Clayden, ex-Medication, ex-New Black, ex-Pale Demons, ex-Stereo Black), Max Karon (guitare) et Lauren Hart (chant). Once Human sort son premier album, "The Life I Remember", en Septembre 2015 chez earMUSIC. En 2016, le groupe annonce qu’il travaille sur un nouvel album. Celui-ci sort en Février 2017 sous le nom de "Evolution".

Discographie :

2015 : "The Life I Remember"
2017 : "Evolution"


Les chroniques


"Evolution"
Note : 18/20

J’ai découvert Once Human en même temps que pas mal de monde lorsque le groupe a commencé à faire du bruit avec la sortie de "Eye Of Chaos". Il ne m’a fallu qu’une écoute pour accrocher. Inutile de présenter Logan Mader mais c’est accompagné de la chanteuse Lauren Hart qu’il arrivera à donner un véritable charisme au groupe. Ces deux-là sont tellement mis en avant par la presse metal et même par le groupe lui-même pour la promotion que l’on pourrait croire que Once Human est un duo accompagné de musiciens inconnus. Pourtant c’est bien cette Lauren Hart qui est relativement peu connue, d’où son association parfaite avec Logan Mader. Il suffit de les voir en interviews : Logan parle comme s’il avait fait ça toute sa vie (il a d’ailleurs fait ça toute sa vie) alors que Lauren cherche plus ses mots et semble plutôt timide. Un groupe représenté par un mélange d’expérience et de jeunesse ? Cela me semble parfait ! Pourtant il y a un pépin. Le chroniqueur Vinny avait mis un 9/20 au premier album du groupe. J’ai donc rapidement écouté une partie de cet album pour me faire mon propre avis et il est vrai qu’au bout de quelques minutes, j’ai eu l’impression de faire face à un trop plein de vide. Ça m’a semblé "plutôt bof"…

Mais moi, je suis là pour chroniquer "Evolution" ! Et de l’évolution il y en a eu, vous pouvez me croire. Plus mélodique, plus travaillé et plus original, Once Human semble enfin avoir trouvé un style qui lui est propre. Commençons par l’excellent "Flock Of Flesh" puisque c’est par là que débute l’album. Je vous demanderais simplement : comment ne pas accrocher à ce refrain ? "Your killer, your master / Bow your head and he'll noose your neck / Your master, your killer / Flock of flesh / You're going off the edge". Dès le premier morceau, le groupe semble d’une efficacité redoutable contrairement à ce que j’ai pu entendre du premier album. Et puis y'a pas à chier, l’instru' est totalement en accord avec ce que Lauren fait. Certains puristes trouveront ça trop mélodique forcément, mais je pense que Once Human a réellement trouvé un juste milieu qui correspond totalement à la musique que les six membres veulent délivrer. L’exemple parfait vient avec "Eye Of Chaos", premier morceau dévoilé de l’album dans un clip vidéo. Celui-ci représente le Once Human pur et dur. L’intro est ultra mélodieuse puis Lauren Hart vient nous surprendre avec un scream énorme. Ce morceau, et même l’album dans son ensemble, est une montagne russe musicale : ça monte, ça descend, ça accélère, ça freine, ça s’arrête, ça redémarre… Mais le chemin est bien défini et ça ne part pas dans tous les sens. Ce morceau sera également la première occasion d’entendre la voix claire de Lauren Hart : "Death comes closer / Apprehensive delay / Hands take over / You slip away / Awayyyy". Et bien entendu, ça repart en force cinq secondes après ! Il n y également aucun instrument mit en retrait alors que la basse à tendance à se faire absente dans ce genre de musique.

Le morceau "Mass Murder Frenzy" peut paraître un peu plus fade mais cela est sans doute dû au fait qu’il se retrouve pris en sandwich entre "Eye Of Chaos" et "Gravity", le deuxième gros hit de l’album. Que ce soit la complexité de la construction des parties de guitares durant tout le morceau ou ce refrain bien trop accrocheur : "Holding on a broken ledge of sanity / Fighting with exploding waves of gravity", tout semble parfait dans ce morceau qui retranscrit sublimement l’esprit de l’évolution de Once Human. En plus de "Eye Of Chaos" et "Gravity", je mettrais "Paragon" sur le podium. C’est pour moi le morceau ou la voix claire arrive à des moments précis qui apporte ce petit plus à la musique, voire à l’album lui-même. C’est très court mais c’est idéal. L’utilisation ponctuelle de ce type de chant est comme un moment de respiration, on reprend notre souffle et on repart ! Ecoutez, vous comprendrez. "Drain" n’est pas mal dans le genre non plus mais à mon goût, ça ne mérite qu’une place d’honneur. Quoique ce dernier se fait prendre sa place par "Passenger", le morceau qui clôt l’album de 45 minutes en beauté. Bref, du Once Human comme ça, j’en redemande !

C’est donc une reconversion réussie pour Once Human. Logan Mader n’a pas le temps de nous décevoir et Lauren Hart s’impose déjà comme une des têtes d’affiche de la scène metal féminine (ou de la scène metal tout court). L’arrivée dans le groupe de Max Karon n’y est peut-être pas pour rien mais ce qui est certain c’est qu’avec un démarrage plutôt raté avec "The Life I Remember" (que l’on peut aussi appeler "The Album I Forget"), Once Human a enfin su montrer son véritable potentiel avec "Evolution". Un groupe à suivre sans hésiter.


John P.
Mai 2017




"The Life I Remember"
Note : 09/20

Once Human attire l’attention en raison de ses deux personnalités clés. La première, beaucoup d’entre vous la connaît déjà, est son leader Logan Mader - ex-Machine. Head / Soulfly (dans les 90’s) - mais aussi connu pour son activité de producteur (Fear Factory, Jartikeya, Pycrotic, Septicflesh). La seconde personnalité de cette nouvelle formation canadienne (oui, Logan Mader est canadien) est la chanteuse australienne Lauren Hart. Quasi inconnue jusqu’alors, je ne vous cache pas qu’elle saura se faire remarquer très rapidement, tout aussi bien sur le plan technique que charismatique.

Avec ce premier album, Once Human passe par la petite porte via le label earMUSIC (et non pas Roadrunner Records comme à la belle époque de la carrière de guitariste de Logan Mader). Rien de comparable avec le nu-metal des 90’s, la dominance de style ici est bien celle du death, mais d’un death version light / accessible, version USA si vous préférez. Piochant un peu partout, "The Life I Remember" semble au premier abord se compiler sous la seule bannière du mot "metal". Plutôt "metal tout court", celui que l’on utiliserait pour parler du metal bête et méchant : bourrin, double pédale, gros mots, bière, défouloir, distorsion à fond, cheveux longs… En témoigne le single de cet album au titre sans équivoque : "You Cunt" ; en gros l’hymne des gens pas contents. Le clip de ce morceau est à l’image de son nom : kitch. Côté musique, c’est du Arch Enemy tout pompé globalement. Bon exemple parmi d’autres, le titre "Terminal" est le parfait kit pour apprenti Arch Enemy au rabais, les leads en moins, disponible avec son petit riff d’intro syncopé histoire de ne pas se faire prendre en flagrant délit de copiage. Manque de pot, la combine est vite débusquée, et le chant féminin, mélange étonnant de Dani Filth et Angela Gossow, nous encourage à tirer sans retenue sur l’ambulance.

Voilà, vous l’aurez compris, Once Human fait mauvaise impression pour une première écoute. Heureusement, le groupe ne se résume pas à cela. Prenez par exemple le titre "The Life I Remember" où l’on peut trouver des éléments plus personnels comme le chant clair de Lauren Hart, ce dernier surprend, car arrive tardivement dans la galette (à la moitié de l’album avec "Devil Can Have You"), et un groove plus prononcé et plus convaincant. S’ajoutent à ce bon point des samples orchestraux bien fournis. Ce qui tire véritablement "The Life I Remember" vers le haut est son excellente production. J’ai entendu dire qu’Once Human s’inspirait de Fear Factory ; la ressemblance doit se fait à ce niveau, avec ce fameux son lourd, sec et résolument moderne. Malheureusement, Once Human n’en a que la forme, le contenu restant désespérément creux.

En résumé, en restera de ce premier album d’Once Human que la triste impression de "tous ces efforts pour ça". Il faut une certaine quantité de travail pour sortir ce son de qualité, Logan Mader a dû investir du temps et de l’argent pour sortir de son studio et mener ce projet quelque part, notamment partir en tournée avec Fear Factory cet hiver 2015. Oui, mais après cela ? Seule Lauren Hart tire son épingle du jeu, et Once Human sera son tremplin pour le début de sa carrière. Je suis peut-être trop sévère, beaucoup de personnes trouveront leur compte et un bon exutoire dans ce metal "généraliste", mais personnellement je n’y trouve pas d’intérêt.


Vinny
Mai 2016


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/oncehuman