"Symphony Of Decay"
Note : 13,5/20
Revoici le groupe de Remzi. Après un passage remarqué lors du dernier CD et une tendance à l'indus profonde très présente, revoici Obszön Geschöpf avec un album tout simplement intitulé "Symphony Of Decay". La drôle de sensation de ne pas avoir affaire au même groupe si ce n'est la voix. Reconaissable entre toutes, profonde, d'outre tombe pratiquement, mais le groupe en lui même propose un son complétement différent, plus puissant, métallique, avec des rajouts de samples de cris, de voix et autres joyeusetés. L'ensemble de l'album est beaucoup moins indus-électro mais plus d'une violence brute et métallique, une veine à la... Fear Factory par certains passages.
Le fond est correct, avec un album qui, dans son ensemble, est compact et bien senti, même s'il n'apporte aucune nouveauté comme a pu et a su le faire l'album précédent. Il est souvent difficile, voire impossible, de confirmer, voire même de surpasser, une chose...
Sans être mauvais, cet album n'arrive pas à confirmer le précédent. On sent bien des faux airs de Division Alpha ou encore des références indus, mais la patte métallique trop importante de cet album écrase le côté indus.
L'album n'est ni bon ni mauvais, pas transcendant, avec des idées sur le fond, mais la forme bloque un peu, comme un gout amer d'inachevé... Petite mention spéciale pour "House Of Wustefeld" qui effectue véritablement un retour musical intéressant sur ce qui a fait la différence de Obszön, avec une grosse basse entêtante et des guitares pas forcément omniprésentes.
Dur dur la confirmation quelquefois, sans être pour autant mauvais.
"Erection Body Mutilated"
Note : 17,5/20
J'ai toujours considéré le metal industriel comme quelque chose d'à part. Une défiance aux codes, un art musical à part, permettant de mêler à la fois la violence, la noirceur la sensualité même, ne rentrant dans aucun code et pouvant se permettre tout un tas de choses. L'indus a cette particularité de révéler le côté peut-être le plus intérieur de la personne, quelque chose d'enfoui au plus profond, de noir et malsain... le coté mécanique des machines et les coups de boutoir des basses de l'électronique encore et toujours. Les voix sont triturées et complétement déformées dans des buts différents, quelquefois dans la vision du noir le plus total, dans l'expression de la sensualité. A titre personnel toujours en fermant les yeux et posant le casque sur mes oreilles, imaginant le mouvement régulier de mes cervicales, les yeux révulsés et les pulsations de mon coeur s'accordant parfaitement sur la rythmique épileptique. Lente agonie des sensations vers le métallique des machines. Quelques fois à l'électronique se mêle les riffs puissants et saccadés des guitares entrecoupés des râles orgasmiques et féminins de créatures fantasmiques. J'ai découvert l'indus sur le tard avec les Division Alpha et S.U.P, ou encore d'autres personnes qui ont contribuées à l'introduction du malsain, de la révélation des émotions, de l'état de transe quasi incompréhensible tel que Trent Reznor ou encore Samael.
L'industriel c'est le mariage des sonorités, les tentatives de rassemblement de choses extrêmes, vous savez la noirceur des riffs de guitares qui vous prennent à la gorge de la veine métallique, et les sonorités techno(logiques) de ces musiques que l'on appelle : "musique de boîte" ! L'expérimentation de l'accouplement des deux donne naissance à une créature pas toujours contrôlable. Bien dressée, cette créature n'est finalement que le rouleau compresseur de votre cerveau, la révélation de votre profondeur malsaine, la voix mi humaine, mi ordinateur te souffle des choses au plus profond de toi même. L'indus n'a pas sa place dans notre pays, ou en en des lieux restreints, la ou les "bien pensants" ne mettent pas les pieds, il est par contre répandu dans l'Europe de L'Est. Art musical pouvant être le lien, le liant et la bande son d'un film mettant en scène un clown maléfique deux extrèmes de la personnalité humaine, l'indus n'est pas le bienvenu partout, mettant en avant par ces rythmiques et sonorités la face perverse de l'être humain....
Obszön Geschöpf, au nom imprononçable à l'identité floue est la parfaite descritpion de la créature ci-dessus et des indescriptibes sensations qu'elle dégage. Ce double CD résonnant au nom de "Erection Body Mutilated", regroupe compositions personnelles et remix est un bien bel objet pour amoureux du genre et néophytes. Obszön Geschöpf n'invente rien sur le style mais lui fait prendre une dimension supplémentaire, la pénétration dans un monde à part avec une foule de sonorités à la fois déplacées, dérangeantes qui s'incluent parfaitement dans l'écrin rythmique des basses. On sent l'expérience, les passages lives et les différents CD. Les compositions sont de toute beauté et de toute puissance, avec une dimension sensuelle impressionante de violence. On peut même trouver une part de politiquement incorrecte (ah ça fait du bien !) dans certaines paroles des personnages. Le deuxième CD est exclusivement axé remix (de tous types), c'est une chose différente, moins dans la sensuelatié que le premier, beaucoup moins de profondeur, il ne procure pas les mêmes sensations, niveau de l'ensemble massif et violent. La recherche des différentes sonorités et peut-être plus accrue. Un peu un Docteur Jekyll et Mister Hyde entre ces deux CD. L'un est le complément de l'autre, et même si au départ ils ne semblent pas indispensables, la finalité est tout autre est à ne pas tout écouter vous oublieriez quelque chose. Laissez vous faire, laissez vous sentir envahir, Obszön Geschöpf s'occupe de vous.
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