Le groupe
Biographie :

Obscurity est un groupe de pagan / viking metal allemand formé en 1997 et actuellement composé de : Ziu (basse), Draugr (batterie), Dornaz (guitare), Agalaz (chant) et Cortez (guitare). Après deux démos, Obscurity sort son premier album, "Bergisch Land", en 2000 chez Blodmorfogh Productions, suivi de "Thurisaz" en 2003 chez Twilight Vertrieb, de "Schlachten & Legenden" en Avril 2007 chez Massacre Records, de "Várar" en Mars 2009 chez Trollzorn Records, de "Tenkterra" en Novembre 2010, de "Obscurity" en Octobre 2012, de "Vintar" en Novembre 2014, et de "Streitmacht" en Juillet 2017.

Discographie :

2000 : "Bergisch Land"
2003 : "Thurisaz"
2007 : "Schlachten & Legenden"
2009 : "Várar"
2010 : "Tenkterra"
2012 : "Obscurity"
2014 : "Vintar"
2017 : "Streitmacht"


Les chroniques


"Streitmacht"
Note : 17,5/20

L'aventure vous appelle ? Vous ressentez soudain le besoin de prendre une hache et de grimper sur un navire ? C'est probablement parce que vous avez écouté "Streitmacht", le nouvel album d'Obscurity. Venus d'Allemagne, ces païens sillonnent nos routes depuis 1997 avec leurs riffs énergiques et sanglants. Leur inspiration ? Elle leur vient des anciens temps, et de leur culture germanique. Si le groupe se compose de cinq membres, seuls Ziu (basse), Dornaz (guitare) et Agalaz (chant) étaient présents lors de la formation. Cortez (guitare) se joindra au raid en 2003, alors qu Draugr ne prendra sa place derrière les fûts que cette année, pour remplacer Arganar après vingt ans de bons et loyaux services. La conquête n'attendra pas plus, pillez tout ce que vous pouvez !

C'est la puissante "793" qui vous motivera à prendre les armes. En effet, cette composition plutôt martiale tirera parti de la voix démentielle d'"Agalaz". Alternant growls caverneux et cris plus aigus, il couvrira parfaitement les blasts et les riffs furieux de ses compères. "Meine Vergeltung" s'axera un peu plus sur une guitare lead tantôt atmosphérique, tantôt orientée black metal pour convaincre, même si les hurlements ne faiblissent pas. "Streitmacht Bergisch Land" reprend l'aspect pagan metal pur et dur qui convient si bien aux Allemands pour décrocher quelques nuques sans prévenir. Pas de temps mort avec "Non Serviam" qui enchaîne directement sur une rythmique au tempo accéléré. A première vue, "Hinrichtung" est axée sur le même modèle, mais le refrain est clairement plus massif, et permet au groupe d'imposer son univers à grands coups de caisse claire. Même si le titre précédent est clairement mon préféré, l'introduction de "Todesengel" a tout pour séduire. Des percussions rituelles et un son clair qui déboucheront sur des riffs plutôt lents. La vitesse ne fait pas tout, et c'est probablement ce qu'Obscurity veut nous faire comprendre. Leur style s'adapte à tous les tempos, mais c'est clairement sur les accélérations épiques qu'ils sont le plus à l'aise, comme nous le montre la deuxième partie de cette composition. On repasse sur une rythmique un peu plus classique avec "Endzeit". L'utilisation de l'allemand sert à merveille le groupe, en lui donnant un peu plus de violence, surtout sur les couplets que je trouve plutôt reposants, créant un contraste assez intéressant, alors que la basse d'Herbstfeldzüge nous informera que l'on débouche sur la composition la plus lourde du groupe. Clairement mis en avant, c'est Ziu mène cette composition. "Ehre Den Gefallenen" joue sur les ruptures au sein des riffs pour surprendre, alors que le dernier morceau, "Was Und Bleibt" conclura cet album tout en puissance, mais avec pas mal d'ambiances et de cris en choeur.

C'est à un rythme plutôt soutenu que les Allemands ont enchaîné les albums depuis 2000, et nous n'aurons attendu que trois ans pour pouvoir savourer ce huitième album. Les membres d'Obscurity savent parfaitement ce qu'ils font, et leur créativité semble sans limites. Assez peu de surprises sur "Streitmacht", mais tout ce qu'on attend d'eux est réuni dans cet album ! Un passage par nos contrées pour la suite du périple ?


Matthieu
Juillet 2017




"Vintar"
Note : 14/20

18 ans d'existence et 7ème album pour la horde germanique Obscurity. Donnant dans le viking metal guerrier et mélodique aux nombreuses couleurs (black, death mélodique, thrash), les Teutons nous démontrent leur savoir-faire en matière d'hymnes païens aux rythmiques effrénées et efficaces. Sorti sur le label spécialisé folk / pagan, Trollzorn, où le bon voire parfois l'excellent côtoit souvent le pire, "Vintar" est donc le nouvel opus d'une formation aguerrie, à l'influence Amon Amarth prononcée. Le chant en allemand y est majoritairement black, soutenu par une voix death très profonde qui rappele le géant Johan Hegg. A noter, et c'est un très bon point, la grande intelligibilité des paroles. Les germanophones n'auront sûrement aucune difficulté à comprendre les textes.

Musicalement, l'impression rendue par plusieurs écoutes attentives demeure mitigée. Parmi les onze compos constituant "Vintar", seuls quelques titres sortent du lot. Curieusement, les chansons à l'inspiration Amon Amarthienne sont les meilleurs et ceux qu'on retient le plus. L'accroche mélodique créée par les guitares et la rythmique implacable (le déluge de double grosse caisse typique de Fredrik Andersson). Ainsi, le premier titre "Schicksal Der Götter", puissant et racé, le très bon titre éponyme, mid-tempo et à la dimension épique accusée, témoignent de l'admiration des Allemands pour les barbares suédois. Les autres chansons au feeling pagan / black sont plus rageuses et dégagent un sentiment de haine. L'agression y est très bien menée (la charge de "Alte Zeichen") et le beau final épique et mélancolique "Legiones Montium" termine le disque avec ardeur.

En revanche, certains morceaux sont peu inspirés et sentent l'automatisme, les mêmes plans et riffs se répètent. On ressent clairement que la méthode de composition de Obscurity est éprouvée et rapide, manquant d'audace. L'auditeur jongle constamment entre des titres forts et d'autres plus banals, à la saveur plus terne, qui cassent l'entrain retrouvé sur le titre précédent. "Vintar" est un titre bien trouvé, aussi bien dans l'exécution que dans la composition. Tout est très carré mais manque cruellement de spontanéité, comme si le groupe était gelé et prisonnier de son style. Les morceaux sont donc très variés en termes de tempi et de style mais une forte redondance peut apparaître à l'écoute de ces morceaux. Les lignes de chant sont rarement accrocheuses et les riffs de guitares ont un côté interchangeable, tirant vers le bas la démarche et l'effort de composition du quintette.

Obscurity fait tout de même preuve d'un peu plus de personnalité sur "Wodanheim", sombre et au riffing plus viscéral, ou encore sur le dernier morceau déjà mentionné avec son introduction acoustique, ses leads évocatrices et son titre martelé à l'envi sur la fin, offrant un instant très fort et qui fera s'époumoner les fans lors de leurs concerts. La production est très bonne facture, puissante et équilibrée, quoique un peu trop propre et rigide, et accentue le côté un peu trop automatique de ce "Vintar". Il est clair qu' Obscurity ne réinvente pas la roue. Le style du groupe est certes éculé mais l'application et l'attitude qu'il y déploie est honnête. Les amateurs de pagan / black vindicatif trouveront leur compte dans cet album aux différentes ambiances et aux qualités bien présentes. Pour les autres, un bon album de metal extrême, dans la moyenne, mais qui mérite votre attention.


Man Of Shadows
Janvier 2015


Conclusion
Le site officiel : www.obscurity-online.de