Le groupe
Biographie :

Novembers Doom est un groupe de death / doom metal mélodique américain originaire de Chicago, formé en 1989 sous le nom de Laceration (jusqu'en 1992), et actuellement composé de : Paul Kuhr (chant / Subterranean Masquerade, These Are They, ex-Laceration, ex-Earthen, ex-Em Sinfonia), Larry Roberts (guitare, chant / ex-Dead Serenade, ex-Neurotoxin, ex-Shades Of Grey), Vito Marchese (guitare / Divinity Compromised), Mike Feldman (basse / ex-Subterranean Masquerade, ex-Degradation) et Garry Naples (batterie / Kastasyde, Immortal Bird). Novembers Doom sort son premier album, "Amid Its Hallowed Mirth", en 1995, suivi de "Of Sculptured Ivy and Stone Flowers" en 1999, "The Knowing" en 2000, "To Welcome the Fade" en 2002, "The Pale Haunt Departure" en 2005, "The Novella Reservoir" en 2007, "Into Night's Requiem Infernal" en 2009, "Aphotic" en 2011, "Bled White" en Juillet 2014 et "Hamartia" en Avril 2017 chez The End Records.

Discographie :

1995 : "Amid Its Hallowed Mirth"
1997 : "For Every Leaf That Falls" EP
1999 : "Of Sculptured Ivy and Stone Flowers"
2000 : "The Knowing"
2002 : "To Welcome the Fade"
2005 : "The Pale Haunt Departure"
2007 : "The Novella Reservoir"
2008 : "The Novella Vosselaar: Live in Belgium" (DVD)
2009 : "Into Night's Requiem Infernal"
2011 : "Aphotic"
2014 : "Bled White"
2017 : "Hamartia"


Les chroniques


"Hamartia"
Note : 17/20

Novembers Doom, qui n'a plus à faire ses preuves grâce à une belle carrière à son actif, revient avec un dixième album nommé "Hamartia", et qui est donc le successeur de nombreux bijoux dont "Aphotic" et "Bled White", les derniers en date. Les Américains, forts de leur expérience et de leurs bagages, reviennent avec une musique toujours très reconnaissable facilement. Ils font partie de ces rares groupes que l'on reconnaît directement à l'écoute d'un titre, ce qui démontre une vraie personnalité. Et cette personnalité se remarque aussi dans un style plutôt indéfinissable mêlant le doom, le death, et une musique plus mélodique voire "gothique".

Les dix nouveaux morceaux qu'ils nous offrent ici sont dans la continuité de "Bled White", avec une grande homogénéité et surtout une maturité grandissante. C'est un album personnel qui ne cherche pas la démonstration mais la justesse des sentiments et une volonté de faire ce qu'ils ont envie. Et cela se ressent avec des titres passionnés et vrais, sans en faire des tonnes dans la mélancolie forcée que l'on note parfois dans d'autres groupes qui perdent du coup leur fraîcheur et leur crédibilité. Il y a dans cet album une belle harmonie et les morceaux s’enchaînent avec beaucoup de fluidité, ils se complétent très bien. On a ainsi de beaux moments, tantôt reposants avec "Ever After" qui est bien planant et groovy, et "Bordeline", ou plus touchants avec "Ghost" qui est subtil et désarmant, notamment grâce à la voix charismatique de Paul. Il y a beaucoup de chant clair dans cet opus, et même si les growls ne sont pas oubliés, ils sont clairement en retrait par rapport à avant. Ce n'est pas forcément une mauvaise chose car Paul a un très bon chant clair, marquant, et il sait donner de l'émotion. Dans plusieurs morceaux, nous découvrons aussi le chant délicat de sa fille pour de beaux duo père-fille comme dans "Miasma" et "Zephyr" qui est excellent, riche et avec un refrain marquant.

On retrouve ses growls surtout dans les deux morceaux plus directs et death de l'album que sont "Devils Light" qui est énergique et efficace, et "Apostasy" qui est un bon gros titre comme on aime. Sinon, il y a aussi des pistes plus mélodiques avec une belle force, comme "Waves In The Red Cloth" qui a un petit côté épique, et le superbe "Plague Bird" qui aurait pu être un titre de Katatonia vu le nom et qui est sur un ton très froid d’extrême désespoir. Enfin, "Hamartia" crée la surprise avec une ballade un peu décalée entre légèreté et gravité, tout à fait sympa.

Voilà donc un opus totalement diversifié et riche tout en restant cohérent et réfléchi. Le groupe nous livre une émotion plus mature, réelle et surtout personnelle qui fait mouche. Du beau travail une fois encore !


Nymphadora
Mai 2017




"Bled White"
Note : 16/20

Rien de tel quand il fait chaud l’été que de se poser tranquillement avec un bon album. Surtout quand celui-ci est bien froid comme "Bled White", le nouvel album de Novembers Doom. Ce nom ne vous est sûrement pas inconnu et pour une simple raison, les Américains gagnent de plus en plus en notoriété dans le milieu death / doom. Après "Aphotic" qui s’est révélé être un excellent album et le plus abouti de tous, leur neuvième opus est alors dans une thématique du blanc comme l’indique le titre et la sublime pochette pleine de poésie.

Mais le blanc ici nous renvoie à la souffrance et à la peine et non au bonheur au travers des 11 titres. En effet, Novembers Doom est toujours habité par les mêmes démons et n’a pas changé la recette avec une musique qui envoie mais qui est mélancolique à souhait. Dans les anciens albums, on retrouvait souvent des titres bien punchy et a contrario des ballades. Ici, c’est toujours un peu le cas mais le fossé est moins grand entre les deux. En effet, les ballades ressortent plus comme des titres mid tempo avec des passages plus calmes, comme pour "The Silent Dark" ou "Just Breathe" qui est le meilleur moment de l’album. C’est un titre assez progressif et atmosphérique dans un esprit avant-gardiste qui comprend des passages très profonds et touchants et d’autres plus violents. Les titres rentre-dedans sont du Novembers Doom tout craché mais bien faits, attention ! Ainsi, "Unrest", qui enchaîne après un interméde acoustique, gagne encore plus en violence et se trouve très direct ! En plus de son son brut et de sa rapidité, "Heartfelt" nous offre des instants plus mélodiques dans les refrains. "The Brave Pawn" est lui aussi bien énergique avec des influences thrash et l’on ressent une certaine détermination.

Le son d’ensemble est plus lourd et sombre que par le passé, on le ressent vraiment avec "Bled White" qui est glacial et obscur avec des riffs lancinants et mortuaires... De quoi donner la chair de poule ! C’est aussi le cas pour "The Grand Circle" qui est mélancolique et prenant avec ses beaux riffs expressifs ! "Animus" est un peu à part et on peut le dire, il interpelle avec ses passages de guitares décalés et ses super arrangements pleins de subtilité ! Il y a comme un air de nostalgie dans cet album qui se remarque surtout dans "The Memory Room", titre planant et énergique à la fois. Au niveau du chant, on retrouve bien évidement Paul Kuhr aux commandes et il y a tout ce qu’il faut : des growls maîtrisés et bien lourds et son chant clair toujours aussi expressif. Celui-ci est bien plus mis en avant que dans leurs précédents albums. Deux morceaux sont même uniquement en clair ici, avec "Clear" et "Just Breathe".

Il était attendu cet album et il en vaut la peine ! Certes ce n’est peut-être pas leur meilleur et il est plutôt difficile d’accès, mais il n’en reste pas moins excellent !


Nymphadora
Août 2014


Conclusion
Le site officiel : www.novembersdoom.com