"Inner Madness"
Note : 17/20
23 ans d'existence et No Return ne prend pas une ride, malgré de nombreux changements de line-up au fil des années, No Return reste fidèle à lui même et nous surprendra une fois de plus avec "Inner Madness". Cette magnifique galette commencera sur un "N.I.L. 2", qui aura le don d’annoncer directement la couleur, ça tranche sévère, du bon death technique avec de nombreuses pointes mélodiques, une voix superbe sur les couplets, le son de guitare torche sec, le tout est parfaitement équilibré pour une production de grande qualité. Biffle n°1 : C’est fait !
Je ne me lasse jamais d’un bon No Return avec ces soli énormes, ces passages menés de main de maître, à l’image de "Morgane’s Song", entièrement instrumental, ce morceau est un grand concentré du talent mis en oeuvre par No Return, tu bouffes du riff à tout va, et honnêtement je passe clairement en mode kiki tout dur, ce titre est tout simplement jouissif et sera pour moi la seconde et officielle biffle n°2. On passe 7 minutes d’une intensité à te couper le souffle, le morceau t’envahit de par sa puissance et son intensité, la tension monte et chaque note est une surprise dans l’effervescence d’un tel morceau, du pur bonheur auditif ! Morceau éponyme, "Inner Madness", qui est certes efficace mais qui ne me marquera pas plus que ça par rapport à ce que l’on peut entendre sur l’album, déjà là, le chant j’accroche moins, le tout est correct et tient la route, mais je trouve que le morceau s’essouffle dans son cocon, bien sûr on a une basse énormissime et des guitares qui balancent toujours autant, mais ici sans plus. Juste après "Inner Madness", "Borderline", pur kiff sur des guitares aux riffs tranchants, une batterie au jeu très léger et puissant à la fois, ce morceau est, je trouve, tout en contradiction, on jongle entre les moments emprunts de brutalité, pour passer sur des parties chant plus "douces", plus "posées", ça repart sur un bon breakdown, du No Return dans toute sa splendeur. Des morceaux qui tiennent la durée, des soli, des bonnes variations de tempo, un jeu basse-batterie d’une complémentarité exemplaire, bref l’écoute de cet album est tout simplement un délice.
Biffle n°3 : "The Dead Inside", une vague instoppable ce morceau, ça pète dans tous les sens, ce morceau est dans le même esprit que "Morgane’s Song", morceau qui pourrait sembler à la "m’as-tu-vu", il y a énormément de technique certes, mais ça ne part pas dans le bourre-crâne, et c’est ce qui est plaisant avec No Return, tu manges du riff lourd, des soli à te taper le cul par terre, mais l’ensemble est structuré avec brio, c’est puissant, ça te bouffe littéralement les tripes. Le genre de morceau qui a du ventre et qui te distribue des claques à volonté, le genre de claque qui révèlera ton côté maso, car au final tu en redemandes et n’es jamais rassasié.
L’ensemble de la galette sera dans cet esprit dévastateur et je serai clairement conquis par ce nouvel album de No Return, 23 ans depuis leurs débuts et ils en viennent une fois de plus à nous surprendre, voilà un album que j’ai eu beaucoup de plaisir à écouter et que je recommande fortement.
"Manipulated Mind "
Note : 18/20
Comme dit le proverbe "Ce n'est pas aux vieux singes que l'on apprend à faire
des grimaces" et ce n'est pas ce huitième album des franciliens qui viendra
prouver le contraire. Bientôt presque 2 décénnies d'existence pour No Return,
précurseur du genre dans notre pays (souvenez vous du "Brutal Tour" avec
Massacra, Loudblast et Crusher) et le groupe, au fil du temps, aura trouvé sa
voie et s'accomplit parfaitement dans sa tâche aussi bien dans l'hexagone qu'à
l'étranger: Développer un thrash au forts accents de death metal implaccable.
Plus emprunt à lorgner vers le son de la Bay Area à ses débuts (l'énorme
"Contamination Rises"), No Return aura toutefois cherché à moderniser sa musique
depuis quelques temps (la tentative indus plutôt mitigé de "Machinery") et si
rien n'a radicalement changé depuis ce dernier opus, hormis la disparition
des samples, l'apport d'un line-up enfin stable, a permis au groupe de nous
pondre un album des plus consistants.
On comprend dès l'éponyme "Manipulated
Mind" et son intro au relent de vieux Testament que la machine tourne à plein
régime. No Return est de retour et frappe un grand coup. L'ensemble est des
plus compacts, l'osmose de la production donnant une couleur des plus
naturelles au son, et de nos jours, c'est un élément trop rare. Les tempos se
révèlent rapides, nous plongeant dans une apoplexie salutaire, les parties de
batteries se surplombant les unes des autres en altérnant tempos thrash, blasts,
et beats ternaires, les guitares cisellants l'atmosphère de riffs assassins,
rappellant la douleur acide de Death, notamment sur "The Right Course" et l'impressionnant clone "Out Of Control". Les sixcordistes peuvent aussi s'envoler dans des duels plus harmonieux, rappellant alors les débuts de l'école
Suédoise (le refrain de l'excellent "Take Me Beyond"), les soli d'Alain
Clement (unique rescapé de la formation d'origine) et de Nicolas Coudert
assurant mélodieusement les liaisons entre les parties. Les lignes de chant,
elles, sont grasses à souhait, faisant preuve d'une bestialité dévastatrice, et
si certains pourraient toutefois reprocher leurs linéralités dans les
intonations, la direction prise vocalement respecte les codes du genre sans
compromis, fidèle aux racines old school du groupe.
La longueur relativement
courte de "Manipulated Mind" (moins de 40 minutes), rajoutant une envie de
reviens-y. La jeune garde Française aux dents longues va devoir donc se
faire une raison, les vieux thrashers n'ont pas dit leur dernier mot, cet
excellent album en est l'étendard.
"No Return"
Note : 16/20
L’immense honneur me revient de chroniquer le dernier album éponyme de No Return, groupe qui reste trop souvent dans l’ombre des groupes plus récents ayant plus de succés. Pourtant No Return assène ses compos de pur thrash par monts et par vaux depuis prés de déjà 20 ans, et plusieurs illustres métalleux bien de chez nous ont officié dans leurs rangs, tels que Steeve Zuul, dorénavant frontman de Zuul Fx, ou encore l’illustre Dirk Verbeuren ayant assuré l’intérim à la batterie pour ce dernier album. Alors pourquoi n’entendons nous pas d’avantage parler de ce groupe, digne des plus grands, et qui sans faire de résistance, n’a pas perdu de sa superbe ? Et bien je vous le demande car je n’ai pas la réponse. En effet, comment peut-on se priver d’un tel thrash direct et puissant, ne ressemblant ni au thrash d’outre atlantique, ni à celui des contrés nordiques, mais à un thrash bel et bien massif, carré, je dirais même professionnel, avec une bonne dose de death pour rehausser le tout ?
Les french-thrashers démarrent fort avec "Despair", dont les riffs captent instantanément l’attention alors que la voix vraiment gutturale pour un tel style surprend. Le titre suivant, "Don’t Judge Me" passe comme une lettre à la poste, n’accusant aucun défaut de liaison. Puis "Rust In You" commence à vraiment tout dévaster avec ses parties de blast puissantes et ses accoups réguliers qui enfoncent ce rythme endiablé directement dans notre cerveau. Ce titre déborde largement dans la sphère du death, et c’est orgasmique. "Utopia" garde la pression élevée jusqu’au titre suivant, "Trauma". Ce titre est admirablement varié, avec une intro simpliste qui met les choses au clair avant de nous entraîner dans quelque chose qui n’avait pas été abordé jusque là. On y trouve pelle mêle une mosh part, des harmonies de guitares au petit accent Suédois, des jeux rythmiques entre cordes et batterie et des passages en quadruple croches, le tout s’interrompant net. "Sanction" et "Endless World" peuvent introduire un impression de linéarité par la suite, mais après plusieurs écoutes, il devient évident qu’elles regorgent de passages très rythmiques malheureusement un peu trop noyés dans la masse, et c’est là le seul inconvénient de cet album. Mais il lui donne un gros côté death très plaisant pour l’oreille avertie. No Return ne prend pas toujours la peine de mettre les formes avant de nous servir un bon riff et préfère nous l’envoyer directement en pleine face, à 100 à l’heure…bourrin quoi.
Puis les deux derniers titres, "One Day" et "Holy Money" reviennent dans la veine des premières chansons, avec des intros d’avantage travaillées, et du blast répandu avec parcimonie et efficacité, ainsi qu’un bon solo pour le titre de clôture, en guise de cerise sur le gâteau.
A noter la présence d’un clip sur cet album, celui du titre "Don’t Judge Me". Quant à la prod', rien à dire si ce n’est que le son est puissant, parfait pour se nettoyer les tympans. L’artwork est peut-être un peu sobre quant à lui, mais heureusement l’habit ne fait pas le moine, comme on dit. Donc si vous avez le sentiment qu’il vous manque un petit quelque chose pour être définitivement fan de la scène metal Française, vous avez trouvé !
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