Le groupe
Biographie :

Nightmare se forme 1979 et se fait connaître en faisant la première partie de Def Leppard à l'Alpexpo de Grenoble en 1983 devant 5000 personnes. Le groupe signe ensuite chez Ebony Records, label sur lequel sort l'album "Waiting For The Twilight". Le disque entre dans les charts au Japon et est distribué en Grèce par Virgin Records. Nightmare remplace Christophe Houpert par Jean-Marie Boix pour l'enregistrement de "Power Of The Universe". Peu de temps après, le groupe met fin à sa collaboration avec Ebony Records et l'album est réédité en France par Dream Records. Leur nouveau label subit alors des difficultés financières ce qui retarde la sortie d'un LP sur lequel le groupe travaillait. Par ailleurs, Jean-Marie Boix est contraint de quitter le groupe à cause de problèmes de santé. Il est remplacé par Tom Jackson (ex-Praying Mantis) dont on espère que ses qualités vocales et sa maîtrise de la langue anglaise (il est Écossais) aideront au succès de Nightmare outre-manche. Une démo 2 titres est mise en boîte et Nightmare enchaîne quelques shows en France et en Angleterre qui recueillent un succès honnête. L'histoire s'arrête pourtant là, des dissensions entre les musiciens entraînant la dissolution du groupe.
Nightmare renaît de ses cendres en 1999 avec une formation remaniée. Jo Amore, anciennement batteur, prend le poste de chanteur et laisse les baguettes à son frère cadet, David. Le groupe signe un contrat avec Adipocère et fait paraître un mini-album "Astral Deliverance" enregistré en hommage à Jean-Marie Boix décédé quelques mois auparavant. Par ailleurs, les anciens albums sont réédités par Brennus Records. Nightmare sort dans la foulée un double-live ("Live Deliverance") qui immortalise le concert de reformation donné le 30 Octobre 1999 au Summum de Grenoble. À la fin de l'année, Nightmare officialise sa collaboration avec Napalm Records et débute en Juin 2001 l'enregistrement de "Cosmovision" au Soundsuite Studio sous la houlette de Terje Refnes (Theatre Of Tragedy, Enslaved, Carpathian Forest...). L'année suivante, Nightmare s'envole pour les États-Unis pour participer au Metal Meltdown Festival avec notamment Manowar et Saxon.
En 2003, Nightmare retourne au Soundsuite Studio pour enregistrer un concept album, "Silent Room" et enchaîne début 2004 avec une tournée Européenne (France, Espagne et Belgique) en compagnie de After Forever et de Dark Moor et avec quelques festivals comme le Rotonde Festival et le Raismes Fest. Quelques temps plus tard, Nightmare met fin à l'amiable à sa collaboration avec Napalm Records. En fin d'année, Nicolas De Dominicis, membre historique de Nightmare, s'éloigne du groupe et est remplacé par Franck Milleliri. Un contrat est signé avec Regain Records pour l'enregistrement de "The Dominion Gate", toujours au Soundsuite Studio avec Terje Refnes. Une tournée consistante s'ensuit en 2006, accompagnée comme lors de la précédente d'After Forever. En Août 2008 Alex Hilbert décide de quitter le groupe pour "raison personnelle" après 6 ans de service. Il sera remplacé par JC Jess. En Septembre 2009 Nightmare sort son septième album, "Insurrection", chez AFM Records.Le 31 Octobre 2009 un concert anniversaire est organisé pour les 30 ans du groupe à la salle Edmond Vigne de Grenoble d'où le groupe est originaire. Ce concert sera filmé pour une sortie DVD ("One Night Of Insurrection"), celui-ci sortant début 2011 chez AFM Records. Le huitième album, "The Burden Of God"", sort le 18 Mai 2012, toujours chez AFM Records.

Discographie :

1984 : "Waiting for the Twilight"
1985 : "Power of the Universe"
2000 : "Astral Deliverance" (mini CD)
2000 : "Live Deliverance" (Live)
2001 : "Cosmovision"
2003 : "Silent Room"
2005 : "The Dominion Gate"
2007 : "Genetic Disorder"
2009 : "Insurrection"
2011 : "One Night Of Insurrection" (Live)
2012 : "The Burden Of God"


Les chroniques


"The Burden Of God"
Note : 19/20

Continuant sur sa lancée depuis sa reformation en 1999, Nightmare nous revient pour un huitième album, avec une fois de plus une qualité qui les place parmi le gotha mondial et cela sans aucun chauvinisme racoleur. "The Burden Of God" est quasi parfait, compositions taillées dans la pierre la plus noble, prestation époustouflante une fois de plus de Mr Amore, seul ombre au tableau pour ma part une production un peu molle, des guitares légèrement en retrait et le son général de la batterie qui manque de dynamisme à mon goût. De plus, il est vrai que le groupe nous avait habitué à des productions monstrueuses sur ses précédants opus (Fredrik Nordström sur "Genetic Disorder" et Alex Kohler sur "Insurrection" notamment). Mais tout cela reste du chipotage car comme dit le proverbe "Qui aime bien, châtie bien". Il est à signaler que le travail de Patrick Liotard offre un spectre sonore des plus propres et qu'il n' a pas hésité à se transformer véritablement en sixième membre du groupe en signant l'écriture des deux titres qui clôturent l'album ("Final Outcome" et "Afterlife") ainsi que la sublime intro "Gateways To The Void". Musicalement, les Grenoblois forcent le respect, faisant preuve d'une classe maléfique sur l'ensemble de l'opus, retrouvant certaines ambiances orchestrales de "The Dominion Gates", le fabuleux élan donné par les cordes sur le début de "The Preacher" en atteste. Forgeant son heavy power vers des sommets de plus en plus mélodiques, Nightmare fait proliférer les paradoxes entre lourdeur des guitares à la limite du death Suédois école Michael Amott et la mélodie enivrante des vocaux de Joe Amore. On notera d'ailleurs au niveau des guitares l'arrivée de Matt Asselberghs en remplacement de JC Jess souhaitant se concentrer sur son excellent projet solo. Le Suédois s'en sort avec les honneurs tout au long de l'album avec des solos parfaitement complémentaires aux rythmiques beaucoup moins heavy qu'à l'accoutumée de Franck Millileri. Alliée à la puissance de feu percussive de Yves Champion et de David Amore, l'offrande se transforme en mise à mort, la chaleur montante dans nos esgourdes sur les joyaux que sont "Shattered Hearts", "Crimson Empire" ou encore "Sunrise In Hell" nous achevant dans un râle de jouissance. Nightmare signe avec ce "The Burden Of God" son entrée au panthéon des géants du heavy metal mondial, pas plus, pas moins !


Lole
Mai 2012




"One Night Of Insurrection"
Note : 18/20

Les vétérans de Nightmare avaient eu la très bonne idée de se reformer en 1999 en pondant l'EP "Astral Deliverance" et en sortant l'année suivante le "Live Deliverance", premier double live album de l'histoire pour un groupe de metal Français, nous présentant alors un bilan des débuts de sa longue carrière. Les Rrenoblois réécrivent aujourd'hui cette belle histoire avec ce "One Night Of Insurrection", cadeau offert à leurs fans pour les 30 ans du groupe. Enregistré lors du concert d'Halloween organisé dans leur région d'origine pour un évenement que peu de groupes peuvent se vanter d'effectuer, on retrouve une douce folie imprégnier les 13 titres de cette galette.

Fier constat de la deuxième jeunesse du quintette, la part belle est certe faite aux titres du dernier album en date, le superbe "Insurrection" dont on retrouve pas moins de 5 titres, mais les titres de "Cosmovision", de "The Dominion Gate" ou de l'excellent "Genetic Disorder" ne sont pas en reste. On louera l'authenticité du groupe qui n'aura pas bourré ce live d'overdub et autres retouches studio, quelques larsens apparaissant ici et là, mais ne génant en rien le confort d'écoute, et donnant l'impression vraie d'être au premier rang de cette prestation. Niveau ambiance, la retranscription d'un public des plus enthousiastes participe grandement à la très bonne tenue de ce live, comme quoi 500 personnes motivées suffisent à générer une atmosphère électrique. Il faut bien dire que Nightmare le leur rend bien, le groupe effectuant une prestation sans faille, la tracklist mettant alors en valeur les titres les plus efficaces des derniers albums ("Eternal Winter", "Heretic", "Wicked White Demons", "Queen Of Love And Pain", "The Watchtower", etc...). Si je ne dirai jamais assez le talent incroyable du vocaliste Joe Amore, la classe naturelle de ce dernier prend ici encore une autre dimension, éclatante de générosité. Dépourvue des artifices présents sur les derniers enregistrements, fabuleusement chaude et spontanée, les prouesses de la voix du "Dio" Français nous collent le frisson, exhibant avec générosité une interprétation un peu plus noire que sur disque. Pour le reste du combo, la démonstration est parfaite, la rythmique bastonnant l'auditeur comme il faut, les tempos étant quelques fois un peu plus élevés que sur les versions originales, pendant que la jeune doublette JC Jess/ Franck Milleliri montre toute ses qualités guitaristiques en nous affublant de solos de grandes classes.

Finalement le seule chose que l'on regrettera sur ce CD (hormis la légéreté de certains choeurs et la couleur assez médium grave de l'enregistrement) est de ne pas avoir eu la même version que sur le DVD l'accompagnant, les divers featurings et certains titres passant ainsi à l'as. Nightmare démontre ici toute son énergie en concert et cela tombe bien, ils tournent actuellement dans nos contrées avec Sabaton, je ne peux que vous encourager à aller les soutenir !


Lole
Mars 2011




"Insurrection"
Note : 18/20

30 ans est un bel âge... non ? Fini les affres d'adolescent, les expérimentations et les interrogations, la maturité est en pleine action et c'est pour cet anniversaire que peu de groupes atteignent que les Nightmare, 2 ans après le fabuleux "Genetic Disorder", nous reviennent avec ce septième album qui sort chez les Germaniques d'AFM Records (Doro, U.D.O...), ce qui est en soi, déjà, une certaine marque de reconnaissance... quand même !! Niveau production, le groupe a mis les petits plats dans les grands en confiant le bébé à Achim Kölher (Accept, Primal Fear, Masterplan) et on se doute alors de prendre une grosse baffe dans la tronche, vu le fringuant passé du monsieur et le talent des Grenoblois. La suite n'est que pur plaisir ultime pour tout fan de heavy metal, s'éloigant un peu de la brutalité (relative) de l'opus précedant tout en continuant sur les bases posées depuis l'abandon des claviers et du style progressif de "The Dominion Gate" paru en 2005.

On attaque par "Eternal Winter", le son est impressionnament incisif, la section rythmique massive et calibrée parfaitement, les guitares, elles, se mêlent à un côté plus moderne tout en conservant les valeurs d'antan, le chant de Joe d'Amore au top, divinement maléfique et langoureux quelques fois. Le groupe mise sur une entrée un peu plus posée que sur ses précédents opus, signe que le cauchemar va s'emballer. Et ils ne me feront pas mentir par le titanesque "The Gospel Of Judas", qui fait la part belle à un Judas Priest diabolique et un discret côté Suédois nouvellement amené par la jeune garde dernièrement recrutée. On remarquera de nouveau que le chant est judicieusement porté en avant, les prouesses vocales de Joe se faisant de plus en plus impressionnantes (et dire qu'il ne chante que depuis 1999 !!!), tapant les contre Ut le temps de rivaliser avec les guitares impeccables de J.C Jess. Remplaçant de Alex Hilbert, il a su s'intégrer admirablement au groupe, apportant discrètement son style sans dénaturer les bases de Nightmare. La nouvelle doublette (avec Franck Millileri, présent depuis 2004) donne sur ce "Insurrection" une couleur relativement nouvelle de par certaines incursions que ne dénigrerait pas Arch Enemy et consorts, et en fait un atout non négligeable. Les Grenoblois toutefois ne crachent pas dans la soupe et nous déversent d'excellentes parties purement heavy metal, notamment sur le très épique "Legions Of The Rising Sun" avec son excellent refrain, et "Mirrors Of Damnation" pur joyaux à l'acidité morbide. Le groupe nous rappelle qu'il sait aussi se poser, en preuve "Target For Revenge", balade rageuse avec ses choeurs guerriers et le fabuleux "Three Miles Island" qui démarre tranquillement sur un arpège simplisime pour nous exploser à la gueule dès que la saturation rentre en ligne de mire. Unique titre composé par J.C Jess et long de près de plus de 8 minutes, ce morceau s'impose en véritable pierre angulaire de l'album, complet dans son écriture, montrant tout le talent des Grenoblois qui n'ont rien à envier aux autres formations internationales.

J'irais même à dire que depuis ces 3 derniers albums, Nightmare démontre une réelle qualité et une constante assez exceptionnelle qui en font une valeur sûre sur la scène européenne. Et ce n'est pas les autres titres de l'album ("Cosa Nostra", le démoniaque "Insurrection" ou encore "Angels Of Glass") qui me feront dire le contraire. Véritable cause au headbanging, ce "Insurrection" fait vraiment très mal, on ne pourra que regretter qu'un système de composition au niveau des structures un peu récurrent sur certains titres, toutefois appliqué avec un savoir faire parfait, et qui ne gêne nullement dans l'appréciation de cet opus. Nightmare fête donc en grandes pompes ses 30 ans, croisant avec une classe incroyable tous les styles qu'il a pratiqué depuis ses débuts, progressif, power et heavy metal furieux. J'en reprendrais bien pour 30 ans missieu le juge !!!


Lole
Janvier 2010


Conclusion
L'interview : Yves Campion

Le site officiel : www.nightmare-metal.com