"The Burden Of God"
Note : 19/20
Continuant sur sa lancée depuis sa reformation en 1999, Nightmare nous revient pour un huitième album, avec une fois de plus une qualité qui les place parmi le gotha mondial et cela sans aucun chauvinisme racoleur. "The Burden Of God" est quasi parfait, compositions taillées dans la pierre la plus noble, prestation époustouflante une fois de plus de Mr Amore, seul ombre au tableau pour ma part une production un peu molle, des guitares légèrement en retrait et le son général de la batterie qui manque de dynamisme à mon goût. De plus, il est vrai que le groupe nous avait habitué à des productions monstrueuses sur ses précédants opus (Fredrik Nordström sur "Genetic Disorder" et Alex Kohler sur "Insurrection" notamment). Mais tout cela reste du chipotage car comme dit le proverbe "Qui aime bien, châtie bien". Il est à signaler que le travail de Patrick Liotard offre un spectre sonore des plus propres et qu'il n' a pas hésité à se transformer véritablement en sixième membre du groupe en signant l'écriture des deux titres qui clôturent l'album ("Final Outcome" et "Afterlife") ainsi que la sublime intro "Gateways To The Void". Musicalement, les Grenoblois forcent le respect, faisant preuve d'une classe maléfique sur l'ensemble de l'opus, retrouvant certaines ambiances orchestrales de "The Dominion Gates", le fabuleux élan donné par les cordes sur le début de "The Preacher" en atteste. Forgeant son heavy power vers des sommets de plus en plus mélodiques, Nightmare fait proliférer les paradoxes entre lourdeur des guitares à la limite du death Suédois école Michael Amott et la mélodie enivrante des vocaux de Joe Amore. On notera d'ailleurs au niveau des guitares l'arrivée de Matt Asselberghs en remplacement de JC Jess souhaitant se concentrer sur son excellent projet solo. Le Suédois s'en sort avec les honneurs tout au long de l'album avec des solos parfaitement complémentaires aux rythmiques beaucoup moins heavy qu'à l'accoutumée de Franck Millileri. Alliée à la puissance de feu percussive de Yves Champion et de David Amore, l'offrande se transforme en mise à mort, la chaleur montante dans nos esgourdes sur les joyaux que sont "Shattered Hearts", "Crimson Empire" ou encore "Sunrise In Hell" nous achevant dans un râle de jouissance. Nightmare signe avec ce "The Burden Of God" son entrée au panthéon des géants du heavy metal mondial, pas plus, pas moins !
"One Night Of Insurrection"
Note : 18/20
Les vétérans de Nightmare avaient eu la très bonne idée de se reformer en 1999 en pondant l'EP "Astral Deliverance" et en sortant l'année suivante le "Live Deliverance", premier double live album de l'histoire pour un groupe de metal Français, nous présentant alors un bilan des débuts de sa longue carrière. Les Rrenoblois réécrivent aujourd'hui cette belle histoire avec ce "One Night Of Insurrection", cadeau offert à leurs fans pour les 30 ans du groupe. Enregistré lors du concert d'Halloween organisé dans leur région d'origine pour un évenement que peu de groupes peuvent se vanter d'effectuer, on retrouve une douce folie imprégnier les 13 titres de cette galette.
Fier constat de la deuxième jeunesse du quintette, la part belle est certe faite aux titres du dernier album en date, le superbe "Insurrection" dont on retrouve pas moins de 5 titres, mais les titres de "Cosmovision", de "The Dominion Gate" ou de l'excellent "Genetic Disorder" ne sont pas en reste. On louera l'authenticité du groupe qui n'aura pas bourré ce live d'overdub et autres retouches studio, quelques larsens apparaissant ici et là, mais ne génant en rien le confort d'écoute, et donnant l'impression vraie d'être au premier rang de cette prestation. Niveau ambiance, la retranscription d'un public des plus enthousiastes participe grandement à la très bonne tenue de ce live, comme quoi 500 personnes motivées suffisent à générer une atmosphère électrique. Il faut bien dire que Nightmare le leur rend bien, le groupe effectuant une prestation sans faille, la tracklist mettant alors en valeur les titres les plus efficaces des derniers albums ("Eternal Winter", "Heretic", "Wicked White Demons", "Queen Of Love And Pain", "The Watchtower", etc...). Si je ne dirai jamais assez le talent incroyable du vocaliste Joe Amore, la classe naturelle de ce dernier prend ici encore une autre dimension, éclatante de générosité. Dépourvue des artifices présents sur les derniers enregistrements, fabuleusement chaude et spontanée, les prouesses de la voix du "Dio" Français nous collent le frisson, exhibant avec générosité une interprétation un peu plus noire que sur disque. Pour le reste du combo, la démonstration est parfaite, la rythmique bastonnant l'auditeur comme il faut, les tempos étant quelques fois un peu plus élevés que sur les versions originales, pendant que la jeune doublette JC Jess/ Franck Milleliri montre toute ses qualités guitaristiques en nous affublant de solos de grandes classes.
Finalement le seule chose que l'on regrettera sur ce CD (hormis la légéreté de certains choeurs et la couleur assez médium grave de l'enregistrement) est de ne pas avoir eu la même version que sur le DVD l'accompagnant, les divers featurings et certains titres passant ainsi à l'as. Nightmare démontre ici toute son énergie en concert et cela tombe bien, ils tournent actuellement dans nos contrées avec Sabaton, je ne peux que vous encourager à aller les soutenir !
"Insurrection"
Note : 18/20
30 ans est un bel âge... non ? Fini les affres d'adolescent, les
expérimentations et les interrogations, la maturité est en pleine action et
c'est pour cet anniversaire que peu de groupes atteignent que les Nightmare, 2
ans après le fabuleux "Genetic Disorder", nous reviennent avec ce septième album
qui sort chez les Germaniques d'AFM Records (Doro, U.D.O...), ce qui est en
soi, déjà, une certaine marque de reconnaissance... quand même !! Niveau
production, le groupe a mis les petits plats dans les grands en confiant le bébé
à Achim Kölher (Accept, Primal Fear, Masterplan) et on se doute alors de
prendre une grosse baffe dans la tronche, vu le fringuant passé du monsieur et
le talent des Grenoblois. La suite n'est que pur plaisir ultime pour tout fan
de heavy metal, s'éloigant un peu de la brutalité (relative) de l'opus
précedant tout en continuant sur les bases posées depuis l'abandon des claviers
et du style progressif de "The Dominion Gate" paru en 2005.
On attaque par
"Eternal Winter", le son est impressionnament incisif, la section rythmique
massive et calibrée parfaitement, les guitares, elles, se mêlent à un côté plus
moderne tout en conservant les valeurs d'antan, le chant de Joe d'Amore au
top, divinement maléfique et langoureux quelques fois. Le groupe mise sur une
entrée un peu plus posée que sur ses précédents opus, signe que le cauchemar va
s'emballer. Et ils ne me feront pas mentir par le titanesque "The Gospel Of
Judas", qui fait la part belle à un Judas Priest diabolique et un discret côté
Suédois nouvellement amené par la jeune garde dernièrement recrutée. On
remarquera de nouveau que le chant est judicieusement porté en avant, les
prouesses vocales de Joe se faisant de plus en plus impressionnantes (et dire
qu'il ne chante que depuis 1999 !!!), tapant les contre Ut le temps de
rivaliser avec les guitares impeccables de J.C Jess. Remplaçant de Alex
Hilbert, il a su s'intégrer admirablement au groupe, apportant discrètement
son style sans dénaturer les bases de Nightmare. La nouvelle doublette (avec
Franck Millileri, présent depuis 2004) donne sur ce "Insurrection" une couleur
relativement nouvelle de par certaines incursions que ne dénigrerait pas Arch
Enemy et consorts, et en fait un atout non négligeable. Les Grenoblois toutefois
ne crachent pas dans la soupe et nous déversent d'excellentes parties purement
heavy metal, notamment sur le très épique "Legions Of The Rising Sun" avec
son excellent refrain, et "Mirrors Of Damnation" pur joyaux à l'acidité
morbide. Le groupe nous rappelle qu'il sait aussi se poser, en preuve "Target
For Revenge", balade rageuse avec ses choeurs guerriers et le fabuleux "Three
Miles Island" qui démarre tranquillement sur un arpège simplisime pour nous
exploser à la gueule dès que la saturation rentre en ligne de mire. Unique titre
composé par J.C Jess et long de près de plus de 8 minutes, ce morceau s'impose
en véritable pierre angulaire de l'album, complet dans son écriture, montrant
tout le talent des Grenoblois qui n'ont rien à envier aux autres formations
internationales.
J'irais même à dire que depuis ces 3 derniers albums,
Nightmare démontre une réelle qualité et une constante assez exceptionnelle
qui en font une valeur sûre sur la scène européenne. Et ce n'est pas les autres
titres de l'album ("Cosa Nostra", le démoniaque "Insurrection" ou encore
"Angels Of Glass") qui me feront dire le contraire. Véritable cause au
headbanging, ce "Insurrection" fait vraiment très mal, on ne pourra que
regretter qu'un système de composition au niveau des structures un peu récurrent
sur certains titres, toutefois appliqué avec un savoir faire parfait, et qui ne
gêne nullement dans l'appréciation de cet opus. Nightmare fête donc en grandes
pompes ses 30 ans, croisant avec une classe incroyable tous les styles qu'il a
pratiqué depuis ses débuts, progressif, power et heavy metal furieux. J'en
reprendrais bien pour 30 ans missieu le juge !!!
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