Le groupe
Biographie :

Ne Obliviscaris (prononcer : Nay Ob-li-vis-kar-is), qui signifie "ne pas oublier" est la devise sacrée des Écossais du Clan Campbell. Formé en 2003 à Melbourne, le groupe a marqué le monde du metal en Février 2006 et est acclamé par la critique dans toute l'Australie, saluant leur son unique, leur show intense et leur talentueux line-up. Composé de 6 membres (violon-chant clair, 2 guitares, basse, batterie et voix "extrême", saturée à souhait), Ne Obliviscaris comprend une vaste gamme d'influences : du prog au black , en passant par le thrash, le death et le metal mélodique, et même de la musique de l'art occidental, jazz et flamenco. Créant ainsi un style aux nombreuses sonorités, et avec des compositions dépassant souvent 10 minutes, Ne Obliviscaris peut être à la fois très technique, complexe ou simple et subtil, ce qui amène à la création d'un metal qui défie toute catégorisation normale. La sortie de "Citadel", leur deuxième opus, en Novembre 2014 finit de consacrer ce groupe déjà prometteur. Le troisième, "Urn", suit en Octobre 2017.

Discographie :

2007 : "The Aurora Veil" (Démo)
2012 : "Portal Of I"
2014 : "Citadel"
2015 : "Hiraeth" (EP)
2015 : "Sarabande To Nihil" (EP)
2017 : "Urn"


Les chroniques


"Urn"
Note : 16/20

Ne Obliviscaris est un groupe qui a fait parler de lui ces dernières années mais que je n'ai jamais pris le temps d'écouter en profondeur. La sortie de ce quatrième album est, pour moi, l'occasion de m'y intéresser enfin de plus près. Conformément à ce que j'avais déjà pu en écouter auparavant, le groupe officie dans un style death progressif avec des compositions foisonnantes et peu ordinaires nécessitant souvent plusieurs écoutes pour pouvoir être appréhendées dans toute leur complexité. D'ailleurs, l'écoute au casque est plus que conseillée pour apprécier pleinement cet album. En effet, on se trouve alors davantage en mesure de distinguer clairement la partition complexe de chaque musicien. Soyez prévenus, "Urn" est un album qui se mérite. D'ailleurs, il m'aura fallu beaucoup de temps et de nombreuses écoutes pour rédiger cette chronique.

Outre la densité de cette musique, il faut dire aussi que, aux premiers abords, j'ai été assez dérangé le contraste presque dérangeant du chant clair et très (trop ?) maniéré de Tim Charles et de celui, extrême et bestial de Xenoyr… Mais penchons-nous plus en détails sur la construction de cet album. On débute avec un premier diptyque : "Libera (Part I) – Saturnine Spheres" et "Libera (Part II) – Ascent of Burning Moths". Le premier chapitre commence très fort en affichant presque une dizaine de minutes très intenses avec une double pédale ultra présente, une magnifique basse qui tricote dans tous les sens, une alternance de voix claires et hurlées et des violons qui s'invitent dans tout ça. Cette musique n'est pas facile à aborder, mais pour peu qu'on arrive à entrer dedans, on est alors gratifié d’un formidable tour de montagnes russes qui nous fait vibrer au son des multiples mélodies, avec un refrain instrumental puissant qui nous fait décoller vers les nuages. La seconde partie de "Libera" fait plutôt office d'outro au morceau, avec un duo acoustique guitare/violon assez sobre.

L'album retourne ensuite un peu sur les rails de "Saturnine Spheres" avec le titre "Intra Venus". Le morceau est tout de même moins imposant que son prédécesseur, même si on apprécie toujours autant la virtuosité de la guitare basse, plus présente que jamais. On arrive alors sur le plus long morceau de cet album avec "Eyrie". Très aérien et sensible durant tout le premier tiers du morceau. On gagne ensuite en dynamique sur le second tiers avec l'entrée de la guitare saturée, de la double pédale, et du chant extrême sans pour autant perdre la dimension positive et lumineuse du morceau. Après un petit retour au calme, on arrive à un troisième mouvement toujours plus épique et lumineux, dans lequel les violons aux sonorités un peu folk donnent le dernier mot.

L'album se conclut par un second diptyque avec "Urn (Part I) : Within The Void We Are Breathless" et "Urn (Part II) : As Embers Dance In Our Eyes". Ici, la musique du groupe devient plus violente et plus sombre. Le chant extrême prend une place plus importante en tirant parfois vers le black dans "Within The Void...". Le violon, jusqu’alors très bucolique, se fait ici larmoyant ou angoissant avec des sonorités parfois très dissonantes comme sur le début de la deuxième partie. Malgré cette entrée en matière déconcertante, ce dernier morceau se révèle être finalement le plus facile d'accès avec une composition plus dépouillée, qui s'appuie essentiellement sur de bons gros riffs de guitare propulsés par une batterie qui ne lésine pas sur la double pédale et les blast beat.

Au final, pour ce quatrième album, Ne Obliviscaris déploie une large palette de sonorités à travers quarante-cinq minutes de musique intense et contrastée. Le seul gros défaut reste, à mon sens, le chant clair de Tim Charles qui se veut chargé en émotion mais qui tombe souvent dans la mièvrerie, gâchant ainsi l'importante dimension lumineuse de cet album. "Urn" n'en reste pas moins une œuvre très aboutie, interprétée avec une très grande virtuosité qui ne devrait pas décevoir les fans du groupe.


Zemurion
Novembre 2017




"The General Strike"
Note : 17/20

"Citadel" est un album-concept des plus audacieux et complexes que j'ai eu l'occasion d'écouter ces 5 dernières années. Composé de seulement 6 morceaux, il n'a rien à envier à ses comparses niveau durée (48 minutes). Les morceaux les plus longs (16'35, 9'50 et 12'38) font penser à de longs paragraphes de descriptions, avec leurs variations et leur diversité musicale, le tout découpé en deux mouvements principaux : un tryptique, "Painters Of The Tempest" incluant les trois premiers titres, et un diptyque, "Devour Me, Colossus" qui englobe quant à lui les deux derniers.

"Wyrmholes" est ce que l'on peut qualifier sans problème d'intro à l'album, un piano doux accompagné de longues nappes de synthé et d'un violon criard où l'on peut retrouver une petite ressemblance avec Apocalyptica. Uniquement instrumentale, cette intro nous met tout de suite dans l’ambiance sombre et froide du groupe. Une fin traînante avec le piano, puis l’arrivée des guitares, qui annoncent la partie "bourrine" de l'opus. En effet, on ne reste pas sur notre faim avec "Triptych Lux" : une belle mise en bouche instrumentale, carrée, sans fioritures, et la voix extrême de Xen s'impose, profonde, puissante. Le violon de Tim est là pour donner une approche plus douce et permet les transitions mélodiques du morceau, accompagné par des guitares plus calmes et une batterie mise en arrière-plan, mais toujours présente. La voix claire et envoûtante de Tim fait tranquillement son entrée, parfait contraste avec Xen. Les voix se mélangent et se répondent à merveille. Longs passages instrumentaux dignes d'un prog de qualité, changement de rythme, changement de sons, changement d'influences, et tout ça dans un seul et même morceau !! La transition arrive et clôture le triptyque de l'album... Guitare sèche et violon, les Australiens nous emmènent dans l'Andalousie profonde avec cette composition fortement influencé par des sonorités flamenco !! Surprenant au vu de ce qui a été entendu avant, mais je suis sous le charme. Pas pour rien que le morceau porte le doux nom de "Reveries" !...

...Et bim ! "Pyrrihic", le petit "intrus" entre les deux mouvements, arrive. On embraye directement avec des guitares lourdes et Xen qui revient à la charge sans préavis, comme si l'interlude précédent l'avait bridé ! Amusant, et bluffant, quand on ne s'y attend pas.On retrouve la même recette que pour "Triptych Lux", mais pas cuisinée de la même façon, ce qui donne un résultat différent tout en restant dans l'optique du groupe. Et ça pour moi, c'est du tout bon.

Enchaînement sans transition avec le diptyque "Devour Me, Colossus" et le morceau "Blackholes". Deuxième morceau le plus le long de la galette, il donne la part belle au chant clair de Tim, et Xen se fait un poil plus effacé, on peut imaginer que le dialogue est pour une fois plus mené par Tim et Xen ne fait que répondre ! J'aime souvent m'imaginer ça dans ce que j'écoute, et quand deux chanteurs se partagent le travail. Une fois n'est pas coutume, c'est d'ailleurs Tim qui termine le morceau sur une note chantée longue, et Xen qui ponctue avec son saturé, à en coller des frissons... et nous emmène vers le dernier morceau, "Contortions", conclusion de cet opus mené d'une main de maître. Tim se lâche sur son violon, avec en fond des chœurs et un piano mélancolique...

Je sors de cette écoute ravie. Je n'ai rien de plus à dire ! Ne Obliviscaris a désormais une place de choix dans ma collection (et dans mon MP3) !!


Arvana
Novembre 2014


Conclusion
Le site officiel : www.neobliviscaris.bandcamp.com