"XXVI : The Deeper The Better"
Note : 18/20
Necroblaspheme a changé. Le groupe de Paris se composait alors de 5 membres. Suite à départ de l’un des deux guitaristes, Christophe, le groupe décide ne pas le remplacer et continue sa route à 4. Puis, c’est au batteur Zoupa de faire ses aurevoirs après l'enregistrement "The Deeper The Better". A cela, rajoutons leur départ volontaire du label Polonais et voilà Necroblaspheme. On sent bien dans cet album une volonté marquée d’aller plus loin que dans leurs précédents albums et de creuser de façon plus personnelle et plus indépendante leur musique. D’aillleurs, vous vous rendrez très vite compte de l’évolution par rapport au dernier album. C’est donc un EP autoproduit, enregistré au Studio Sainte Marthe avec Francis Caste que nous propose le groupe. Certains pourront être déroutés par les chemins empreintés par Necroblaspheme pour nous mener là où ils veulent mais, le mieux est réellement de se laisser porter et de s’ouvrir à leur univers.
Car oui, Necroblaspheme, c’est un univers à part, créatif, inventif, surprenant et libre. Il n’y a qu’à jeter un rapide coup d’œil à l’artwork de Bruno Mangyoku, visuel très personnel d’un être emmené par un nuage... Côté son, une ambiance sombre, lourde et captivante fera place progressivement, au fil des morceaux, à une atmosphère plus brillante et puissante. Necroblaspheme fait le choix de lier death et black metal. Ce genre de mélange, ça passe ou ça casse. Eh bien dans le cas présent, ça passe et de très loin. Car Necroblaspheme ne fait pas dans la simplicité et le convenu en prenant tel ou tel apparat relevant et du death et du black pour faire du death / black facile et attendu. La recherche va plus loin notamment avec des compositions surprenantes et riches en changements rythmiques. A cela, seront appliqués sur certaines pistes des samples vocaux. On notera donc sur "Human vs Human" l’ajout d’un passage d’un film des années 70 sur la révolution Française puis sur "I Shemale" un morceau de dialogue tiré d’Easy Rider où il est question de réincarnation en Porky Pig. Il y a aussi l’inattendue reprise de Simon & Galfunkel : "The Sound Of Silence", une réelle réussite malgré un choix plus qu’audacieux. L’interprétation donnée est toute simplement ultra classieuse. Outre donc cette intelligence dans les compos et les références cinéphiles et musicales pointues et éclectiques, l’autre marque de fabrique du groupe, un final sur chaque morceau vaporeux et aérien après une tempête violente de sons matinés au black, comme sur "Seated To The Left Of The Seed" avec un final basse superbe. La batterie est prodigieuse, avec un son très particulier et une double pédale très présente qui accentue encore cette ambiance black. La guitare assure de très beaux riffs et le chant guttural de Yann vous prend aux tripes. Grâce à tout cela, Necroblaspheme arrive à nous transporter littéralement ailleurs, dans un climat doom chargé en émotion malgré la violence ambiante. On se laisse porter au fil des morceaux, évoluant et touchant encore plus la puissance sur le formidable morceau "Vautour" et sur "The Great Dead Moose" avec un passage guitare somptueux suivi d’une fin sensible et aérienne.
Cet album est la pépite qu’il faut avoir écouté en ce début d’Avril. Le travail effectué est plus que louable. Necroblaspheme a réussi à mêler intelligemment la puissance du death, l’ambiance du black et ses propres références pour créer un son nouveau, une ambiance brute mais apaisante à la fois et nous faire vivre une expérience musicale nouvelle. Oui, cela semble paradoxal d’associer le mot "metal" avec le mot "apaisant" ou encore "sensibilité". Et pourtant, pour cet album hommage, on le peut et c’est juste remarquable. Je ne saurais vous dire mon regret et d’une que cet album ne fasse que 6 pistes puis de les avoir loupés lors de leur concert Parisien où ils étaient en support de Napalm Death. On attend avec impatience de nouvelles dates. A suivre…
"Destination : Nulle Part"
Note : 16/20
Après leur premier opus et une certaine attente, le groupe de brutal death Parisien nous revient avec davantage de maturité dans leur nouvel album intitulé "Destination : Nulle Part". Ce titre a plusieurs significations : la première, transmettre des émotions sombres telles que la dépression, la mélancolie, l'abattement, qui sont les thèmes de leurs paroles, et d'un point de vue plus personnel, pour l'un des membres de Necro, sa représentation signifie "destination" une route irréversible, et "nulle part" la perte de soi dans un tout. Après chacun l'interprète comme ça lui convient. La pochette de l'album est plutôt originale pour un groupe death, une fois de plus Necroblaspheme sait nous étonner. Cette image nous interroge, et fait bien référence au titre de l'album. Assez réussie dans l'ensemble, son seul problème la tâche noire un peu trop grossière. Pour terminer pourquoi ce titre en Français plutôt qu'en Anglais ? C'est pour marquer l'empreinte d'un groupe Français qui a su s'imposer sur la scène du metal international. Après ce paragraphe de l'explication du titre, passons au contenu. Des la première écoute, le ton est donné avec l'intro, qui nous lance "doucement" dans leur musique, pour ensuite nous bombarder de bon brutal death ; on en reconnaît bien les sonorités, et ils ont su dépasser les clichés, comme Aborted. C'est un album plus personnel qu'on retrouve là, où on ne se lasse pas de l'écouter jusqu'à la fin, ainsi que de se laisser surprendre (dont un petit clin d'œil à la fin d'une de leurs musiques). L'album envoie sec du début à la fin, ce qui doit sûrement donner en concert. Le son est vraiment propre, ainsi qu'une production énorme, ce qui rend le groupe professionnel. On sent le chemin parcouru depuis leur premier album. Pour conclure, après des années d'absence et beaucoup de travail, arrive "Destination : Nulle Part", qui mérite vraiment qu'on lui prête l'oreille. Ce dernier a su marquer au fer rouge un tournant dans l'évolution et l'histoire de Necroblaspheme, qui rend fière la scène Française.
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