"Darker Than Darkness"
Note : 14/20
Un premier CD qui avait marqué quelques esprits de par sa pochette, ce qui est dommage car le groupe a plutôt justement repris la peinture de Gustave Courbet que j'apprécie beaucoup, "L'origine du monde", je ne me prononce pas sur l'assemblage avec les crânes. En tout cas Nameless Orchestral Project nous revient un an après avec un album : "Darker Than Darkness", cette fois-ci à la pochette que je trouve vraiment pas sensass, sorte d'image de film d'horreur caméra embarquée qui ne relève pas du tout de la poésie dont Nameless Orchestral Project veut mettre en avant par cet album. Car au final, "Darker Than Darkness" contient très peu de chant par rapport à ce qui devait être prévu, seulement sur quelques chansons comme sur "Regrets/Remorse", et c'est plutôt un point positif, car, comme on avait pu le relever sur le CD "Gott Ist Tot", leur accent Anglais ne fait pas leur force et le chant ce n'est pas ce qui leur réussit le mieux, puisque la voix est absolument monocorde et molle et ne contient pas la puissance que transmettent leurs instrus. Bien que quelques experimentations au chant puissent se révèler interessantes, comme sur "Spleen", les paroles ne me touchent pas du tout, n'étant pas assez mûres et travaillées à mon goût, relevant d'un simple poème un soir de déprime qui n'aurait pas été relu, et puis quand on appelle une de ses chansons "Schopenhauerian Reality" il faut y aller ! Bref, peut-être que Nameless s'inspire de ce genre de philosophes, il n'empêche que l'inspiration ne se fait pas ressentir dans l'écriture des couplets. Bon pour relever tout ce qui précède je dois dire que j'ai beaucoup aimé tout ce que produit Nameless Orchestral Project musicalement, qui relève de l'experimental fricotant avec le black et même l'électro indus. Les instrus sont lentes, les chansons longues et de bonne production. J'ai adoré les lents morceaux mélangeant claviers, guitare, et sans chant, telles que la superbe "Plus Ca Va, Moins Ca Va". Vous aurez donc compris l'ambiance générale de "Darker Than Darkness", un CD presque exclusivement instrumental, avec une batterie qui se fait très discrète et des compos bien calées, au son propre et parfois des morceaux se rapprochant d'un style indus. Bref, Nameless Orchestral Project est un groupe encore difficile à cerner, mais dont j'apprecie déjà énormement les prouesses instrumentales mais qui, je pense, n'a pas réussi encore à trouver l'equilibre entre l'écriture et les compositions. Pour finir, c'est un CD à écouter, dont chaque chanson révèle un nouvel aspect du groupe et des instruments utilisés à chaque fois différemment, un groupe experimental à suivre donc...
|
"Gott Ist Tot"
Note : 12,5/20
C’est quand même avec une pochette de très mauvais goût que se présente Nameless Orchestral Project (NOP) représentant une femme allongée nue dont on regarde le sexe touffu depuis ses genoux jusqu’à ses seins dévêtus de leur t-shirt blanc. Sur le côté bas droit, on y aperçoit un amoncellement de crânes humains. Les 12 titres présents sur ce méfait sont écrits sur fond de crâne de bête sataniste. Le skeud part sur du lourd ! Gros riffs black et batterie tueuse. Le problème du premier titre "Smells Like Divine Decomposition" est le son ! Bon d’accord on a affaire ici à un groupe blackeux, mais la reverb caverneuse est beaucoup trop forte. Durant l’entière écoute, l’accent Anglais est moyen et les contre temps ou plutôt manques de synchro entre les divers protagonistes sont parfois gênants. Si on n’en reste pas à ces défauts de production, on peut affirmer que les NOP nous proposent ici une qualité technique assez originale. Les gars nous laissent même le temps de souffler sur une instru ma foi (oula, qui parle de foi avec les NOP) bien foutoue au milieu de la lecture ("DCLXVI"). S’il fallait retenir un titre j’en retiendrai un "Still Waiting" qui nous offre un black psychédélique, indus… très spécial. Dommage que le son ne suive pas.
En bref, un disque dont les compos ne sont pas mises en valeur par la production trop légère. Mais presque avec impatience, on attend la suite (ou un live ?).
|