"Until We Breathe"
Note : 15/20
Après la bonne surprise de leur premier EP paru en 2008, soit 2 ans
seulement
après leur formation, My Only Scenery transite à nouveau par un mini album 5
titres (certainement avant le grand saut) et nous fait constater sa
progression par une boulemie créative qui montre que les Messins ont envie d'en
découdre très sérieusement. Premier constat, si on retrouve ici les bases
de
leur premier effort "Begin To Walk", à savoir un scremo inventif et
progressif,
on remarquera que les touches les plus dures se sont presque effacées pour
laisser place à un rock émotif un peu plus tourtueux, toujours évolutif et
s'aérant par des cassures bien pensées. M.O.S en 5 titres nous prouve qu'il a
grandit, sa maturité future perceptible de par son tissage de sonorités post
HxC
et de relent power. Les structures sont encore un peu plus riches et variées,
appellant au voyage comme le démontre la douceur cosmique de "Universe",
titre
habillé de syncopes acides, un parfum plus core nous enivrant quand il le
faut.
Souvent exaspérant pour ma part dans ce style musical, le chant sur les 5
titres
ne souffre d'aucunes fautes de goût, amenant l'auditeur là où on l'espère,
et ce malgré les couleurs très différentes de "Meeting With My Helical
Queen"
ou encore "When Housewives Pull The Trigger", parfaits exemples de la richesse
hypnotique du combo. Musicalement, M.O.S. maîtrise son sujet avec sérieux et
justesse, rythmant l'ambiance générale par une traversée dans une brume
sombre,
passant au gré de ses envies par des tempêtes enragées ou des clairières
ensoleillées, la production parfaite de Christophe Edrich de X-Vision
clarifiant
ce qui aurait pû être purée de pois. Devant tant de potentiel, on ne peut
qu'être impatient d'entendre My Only Scenery sur un véritable album, en
attendant,
vous pouvez les découvrir sur notre dernière compilation "Songes et
cauchemars".
"Begin To Walk"
Note : 13/20
Fraîchement monté, puisque que le groupe s'est formé en 2008, My Only Scenery
nous propose déjà un premier EP 5 titres plutôt convaincant. En effet, même si le
style pratiqué, à savoir l'émo hardcore, peut en rebuter plus d'un de part le
nombre de groupes juvéniles à mèche qui le pratique, la manière dont ont axé
les Messins leurs compositions se veut des plus intéressantes. Ici les structures
sont évolutives à souhait, donnant un côté progressif à la musique du groupe, se
calant préférablement sur le chant de Yoann Antignac. Une voix d'ailleurs qui
nous malmène allégrement, son côté "screamo" écorchant les montées tendues du
titre éponyme "Begin To Walk", les guitares ; tout d' abord fluettes ; posant
une ambiance presque feutrée, le tout soutenu par une basse omniprésente pour
arriver à un paroxisme flamboyant. "Worst Day Ever" s'enchaîne, rageur sur son
intro, pour nous dévoiler une souplesse harmonique donnant l'impression d'être
dans un grand 8, alternant moments d'acalmies et dynamiques popisantes, le
chant se faisant alors un peu poussif sur les parties de voix claires. Ecorché
vif, "The Fourth Breath" reproduit les schémas précedents, le grand mouvement
émotionnel marchant relativement bien, aidé pour cela par des arpèges
dissonnants à la couleur grisâtre, l'alcalmie est minimaliste, explosant sur un
refrain efficace et accrocheur. Le chant évolue plus de part ses intonations
vers Roddy Walker de Protest The Hero sur "Me & My Ghost", le final saccadé
arrivant comme salvateur, le ronronnement de l'ensemble ayant tendance à tourner
un peu en rond une fois les pépites du début lachées. "Far From My Eye" se veut
plus convaincant, alternant douceur acide, le travail mélodique des guitares
prenant l'ascendant sur la lourdeur post HxC de la rythmique basse / batterie,
le cataclysme final faisant agréablement son travail. Au final M.O.S se montre
plutôt doué pour une première épreuve discographique, certains titres ("Begin To
Walk", "Worst Day Ever") se détachant de part leur structure et leur intensité
propre, il manque juste un peu de consistance sur la longueur pour faire mouche.
|
|