Le groupe
Biographie :

Morta Skuld est un groupe de death metal américain formé en 1990, séparé en 1998, reformé depuis 2012, et actuellement composé de : Scott Willecke (guitare / See also: ex-Profane), Dave Gregor (guitare, chant / ex-9mm Solution, ex-MS2), Eric House (batterie / ex-Jungle Rot) et AJ (basse / Emblazoned, ex-Festerfuck, DSM, Zarathustra, ex-Enfold Darkness, ex-Decrescent). Vingt ans après son quatrième album sorti en 1997, "Surface", Morta Skuld sort "Wounds Deeper Than Time" en Février 2017 chez Peaceville Records.

Discographie :

1993 : "Dying Remains"
1994 : "As Humanity Fades"
1995 : "For All Eternity"
1997 : "Surface"
2014 : "Serving Two Masters" (EP)
2017 : "Wounds Deeper Than Time"


La chronique


Morta Skuld est un groupe de death metal américain formé en 1990. Le groupe se sépare à la fin des années 90 après avoir sorti quatre albums, le dernier datant de 1997. Le groupe a depuis fait son come-back, et revient avec un tout nouvel album "Wounds Deeper Than Time", et un nouveau line-up. Viennent se joindre à David Gregor, chanteur / guitariste fondateur, Scott Willecke (guitare), AJ Lewandowski (basse), et Eric House à la batterie. L’album sortira le 17 Février chez Peaceville Records.

Comme vous avez pu le lire plus haut, Morta Skuld s’est formé pendant l’explosion du death, et a côtoyé des monstres du genre tels que Morbid Angel, Death ou encore Obituary. Malgré le changement quasi total de line-up, il y a de grandes chances pour que ce nouvel opus soit du bon gros death old school. Le premier titre, "Breathe In The Black", ne saurait être plus représentatif. Ça commence fort ! Le premier riff est puissant, et la basse, presque plus forte que les guitares, est claquante. La voix de David est en équilibre parfait ; ni trop gutturale, ni trop criarde, elle est tout à fait adaptée au son travaillé du morceau. La production est bien plus clean que je ne l’aurais cru. On voit que les années ont passé, et que les méthodes d’enregistrement ont évolué ! On continue avec "Hating Life" et "My Weakness", deux excellents morceaux au death encore plus énervé, naviguant avec finesse et dextérité entre les nombreux changements de structure et de rythme. Le chant, quant à lui, est percutant et semble vouloir nous entraîner dans son monde un peu sombre et malsain.

C’est incontestablement de très bon titres que Morta Skuld nous propose jusque là. Les bases sont posées, et elles sont solides. Le groupe est d’une précision remarquable, tout est net et parfaitement coordonné. Trêve de discussion, "In Judgment" nous en met plein les oreilles, avec de la basse retentissante et cette fois des riffs plus crades, qui nous rappelle davantage les jeunes années du death metal. Encore un titre où la mélodie est très présente, tant dans les instruments que dans la voix. Chaque morceau a son caractère, et sa propre histoire à nous raconter. "Scars Within" ne fait pas dans la dentelle non plus, sa puissance et son groove sont parfaits pour le pit. Un beau et mélodique solo de guitare vient tout de même nous apaiser, la pression redescend un peu pour mieux remonter. Le morceau est bien construit dans son ensemble, sans pour autant être excellent, très honnêtement. Ce point est assez récurrent dans cet album, il convient de le dire. La plupart des titres sont bons, oui, mais peut-être pas assez pour devenir les futures classiques du death, ou sans aller jusque là, pour qu’on les écoute sans s’en lasser.

L’avant-dernier titre, "Devour The Chaos", est dans la même veine énergique, tout en étant entraînant. La basse n’est pas étrangère à cela, on l’entend rebondir avec légèreté durant tout le morceau, son rôle dans la qualité de l’album en général est loin d’être négligeable. "Becoming One Flesh" constitue une parfaite continuité, dans le genre "batterie qui se pose là" et riffs groovy. Il ne se place pas dans le top, mais il est appréciable. Le chant suit parfaitement les guitares, le morceau est le résultat d’une forte osmose entre les membres du groupe, c’est presque palpable. L’album se conclut par un solo à plusieurs guitares, en clair et saturées, harmonieux, et surtout inattendu.

Vingt ans se sont écoulé entre "Surface", le dernier album de Morta Skuld, et celui-ci. De l’eau a coulé sous les ponts depuis, comme on dit. Cependant, David Gregor a tenu a préserver l’identité du groupe, à savoir death old school US. On peut dire que le "nouveau" Morta Skuld fait ça avec brio, "Wounds Deeper Than Time" semble sortir des décombres de la fin du vingtième siècle. Il apporte cependant sa petite touche de modernité grâce à la production propre et carrée, il n’y a pas un cheveu qui dépasse. Il a ses quelques titres qui sortent du lot, les trois premiers, vraiment efficaces, et "In Judgment". Bien que les autres soient sympathiques, ils s’essoufflent rapidement et ne se démarquent peu voire pas du tout les uns des autres. On reste dans la même constante tout au long de l’opus, on aurait aimé voir un peu plus de folie et d’originalité.


Candice
Février 2017


Conclusion
Note : 14/20

Le site officiel : www.facebook.com/mortaskuld