Le groupe
Biographie :

Midnight Odyssey est un one-man band d'ambient black metal australien formé en 2007 et dans lequel opère Dis Pater (instruments, chant / ex-Tempestuous Fall, ex-The Crevices Below, Dissvarth, ex-Aeon Winds). Midnight Odyssey sort son premier album, "Funerals From The Astral Sphere", en Août 2011 chez I, Voidhanger Records, suivi de "Shards Of Silver Fade" en Juin 2015 et de la compilation "Silhouettes Of Stars" en Mai 2017.

Discographie :

2011 : "Funerals From The Astral Sphere"
2015 : "Shards Of Silver Fade"
2017 : "Silhouettes Of Stars" (Compilation)


Les chroniques


"Silhouettes Of Stars"
Note : 15/20

Le one-man band Midnight Odyssey est de retour avec "Silhouettes Of Stars" qui est non pas un album mais une compilation de morceaux sortis auparavant sur divers supports et pour la plupart difficilement trouvables ou tout simplement jamais sortis.

Pour ceux qui ne connaîtraient pas, Midnight Odyssey est présenté comme un groupe de cosmic black metal (oui je sais ça fait un peu con dit comme ça mais ça colle plutôt bien), en gros du black atmosphérique très porté sur les thèmes reliés à l'univers, l'espace, le vide et la petitesse de l'être humain devant tout ça. Les ambiances crées sont donc du genre mélancoliques, planantes et vous comprendrez par conséquent très vite que la violence ou la haine n'est vraiment pas le propos de ce projet. Si vous cherchez du black pur et dur qui va vous écraser et vous laisser le goût du sang dans la bouche, vous pouvez fuir de suite ! Midnight Odyssey donne dans un black très ambiant, je serais même tenté de dire qu'il fait de l'ambiant avec une touche de black. Par exemple sur le premier album, le premier morceau "Fallen From Firmament", de plus de douze minutes, est constitué de sept minutes d'ambiant avant de partir en black metal mélodique ! Le maître d'œuvre Dis Pater dit d'ailleurs que le black metal est la racine de sa musique mais qu'il s'inspire aussi beaucoup de dark ambiant, de folk ou de doom. Vous allez donc retrouver exactement le même type de musique sur "Silhouettes Of Stars", à ceci près que le son va varier d'un morceau à l'autre puisqu'ils ne datent pas tous de la même époque et des mêmes sessions d'enregistrement. Cependant, tout s'écoute sans problème et aucun morceau ne se retrouve avec une production inaudible, même si le son des albums du projet est généralement assez cru (on n'est pas loin des prods à la Xasthur par moments). Il y a un autre détail qui ne change jamais chez Midnight Odyssey, c'est la durée des albums, on retrouve donc cette fois encore un double CD pour plus de deux heures de musique.

Pour vous donner une idée, encore que je ne suis pas sûr que tout le monde percute à la référence, les mélodies et ambiances développées chez Midnight Odyssey me rappellent souvent le "Ode To The Nightsky" de Mundanus Imperium. Quelques accélérations font de temps en temps leur apparition mais la violence n'est vraiment pas le maître-mot ici, ce sont bien les nappes de claviers et les ambiances mélodiques et quasiment oniriques qui se taillent la part du lion. On sent aussi un côté épique sur certains morceaux, comme par exemple "The Night Has Come For Mme" qui passe d'ailleurs par presque toutes les facettes de Midnight Odyssey au cours de ses douze minutes. On retrouve aussi une reprise du "Cosmic Keys To My Creations And Times" d'Emperor, une version plus posée que l'originale et plus "spatiale" dirons-nous. Plus généralement, les guitares sont tranchantes comme le veut la tradition black metal mais l'ambiance globale est bien plus à la contemplation qu'à la guerre. Midnight Odyssey va faire fuir les puristes du genre mais sa musique ne leur est de toute façon pas destinée et n'a de toute façon pas la prétention de faire du black pur et dur. Les morceaux sont tous très longs et flirtent volontiers avec les dix ou douze minutes, prennent bien le temps d'installer leurs ambiances et c'est uniquement à ce niveau-là que les quelques comparaisons à Darkspace que j'ai pu lire prennent leur sens. Pour le reste les deux groupes sont tout de même très différents, Darkspace ayant une approche bien plus brutale et crue du genre même si dans le fond le but est presque le même.

Contrairement à certaines compilations dont l'intérêt est discutable, "Silhouettes Of Stars" propose un vrai contenu avec des morceaux difficilement trouvables ailleurs. Cette compil' est remplie à craquer sur deux CDs, les morceaux sont très proches en qualité de ce qu'on peut trouver sur les albums du groupe (enfin one-man band) et si vous aimez Midnight Odyssey, il n'y a aucune raison de bouder cette nouvelle sortie.


Murderworks
Octobre 2017




"Shards Of Silver Fade"
Note : 14/20

Midnight Odyssey... groupe / one-man band australien qui aime nous perdre. S’il existe un groupe qui mériterait l’adjectif de cosmique, c’est bien celui-là. Et si vous voulez un aperçu imagé de cette idée précise, il suffit de regarder les pochettes de leurs albums. Je vous assure, c’est très évocateur, et ça annonce directement la couleur. Je vous avoue en toute franchise qu’en recevant cet album à chroniquer, j’ai juré dans plusieurs langues simultanèment en observant la tracklist. Car oui, nous avons ici deux CDs, pour un total d’environ deux heures d’écoute. Deux longues heures, perdue dans l’espace. En me mordant les lèvres, et en envisageant sérieusement la fuite sur une salamandre volante fonctionnant avec des produits Lustucru, j’essayais de théoriser comment chroniquer un tel monstre. Et j’ai tout simplement décidé de vous faire un résumé global des deux parties, donc des deux CDs, sans m’attarder morceau par morceau. Le but étant bien entendu de vous donner une impression générale de la bête, sans vous en décrire les étapes dans les moindres détails. Parce que sinon, on ne s’en sort plus.

En avant donc vers la première partie avec les quatre premiers titres qui essaient d’instaurer une atmosphère onirique, où une voix céleste nous guide à travers des paysages désolés et glacés. Tout est ici un travail d’ambiance, où Midnight Odyssey essaye de vous extirper de votre quotidien insipide pour vous faire voyager... dans l’espace. L’expérience se révèle très sensorielle, et selon votre degré de sensibilité à la chose, vous pourrez être largué ou alors totalement envoûté et passer cette première d’écoute allongé par terre, yeux fermés à imaginer des choses. Dans l’espace. Cette première partie est pour moi la plus réussie pour la richesse des ambiances, et la pureté que l’on peut ressentir dans "Hunter Of The Celestial Sea" pour ne citer que ce titre. Les guitares sont un peu étouffées, et les claviers sont la préoccupation principale et largement mis en avant. Les vocaux sont à la fois planants, et glacials par moments. C’est une sensation de vent froid qui domine cette première partie. Mention spéciale à "A Ghost In Gleaming Stars" qui joue avec finesse entre mélancolie, tristesse et onirisme. Sans doute une des expériences les plus fortes de cet album, et qui vaut largement l’écoute si vous ne voulez pas vous lancer dans l’entiéreté de cet album, ce que je comprendrais parfaitement.

Abordons ensuite la seconde partie qui se révèle plus obscure. On y retrouve un côté davantage black metal. Et pour moi, c’est sans doute la partie qui est la moins maîtrisée. Pas au sens que cela fait brouillon, mais plus dans l’optique où il y aurait largement moyen de condenser et d’obtenir un résultat plus probant. Bien entendu que j’apprécie le côté ambiant de "Asleep Is The Fire", mais j’en couperais néanmoins une bonne partie. Dis Pater est un musicien talentueux, je ne le nie pas mais j’ai l’impression qu’il joue à l’élève modèle qui rend 4 feuilles là où l’exercice n’en demandait que 2. Ou alors peut-être qu’il se prend à son propre jeu, et s’est lui-même perdu dans le cosmos ? A retenir de cette seconde partie, le "Starlight Oblivion" qui tire son épingle du jeu et mériterait d’être sauvé si je ne pouvais conserver qu’un titre sur quatre.

Midnight Odyssey, c’est une expérience qui peut vous perdre. Je reste admirative devant certaines orchestrations proposées, mais je ne peux qu’être déçue du manque de condensation. J’ai parfois envie de faire une avance rapide dans le titre, et de sortir de l’expérience. Et c’est là que réside le souci majeur d’un travail d’une telle longueur : conserver l’auditeur dans le même état d’esprit pendant deux heures relève du miracle. Et à cause de ces longueurs regrettables, il est parfois tentant de faire pause et de ne pas revenir à l’album plus tard, même si je le répète, l’expérience est dépaysante et vaut largement le détour. Je recommanderai donc simplement de vous contenter des quatre premiers titres pour débuter votre écoute, et de poursuivre uniquement si vous vous sentez inspiré par le côté sensoriel de l’album. Si vous saturez après le premier CD, il n’est pas utile de vous forcer avec le second.


Velgbortlivet
Août 2015


Conclusion
Le site officiel : www.midnight-odyssey.com