Lorsque un groupe atteint un certain nombre de sorties, qu’il est mondialement connu, adulé par des milliers de gens et bien évidemment détesté par d’autres milliers de gens, chacune de ses tournées est un rendez-vous à ne pas manquer de même que chaque album provoque un gros buzz dans le bon comme dans le mauvais sens. En ce dit automne, nous avons droit à pas mal de sorties notoires : Behemoth, Hypocrisy, Vader, Gorgoroth et le cas nous intéressant présentement, Marduk. Si la formation approche tout doucement des vingt ans d’existence, elle n’a en rien perdu de sa verve et hargne envers toute symbolique et idéologie religieuse, tournant sans relâche pour promouvoir ses œuvres et rassembler un maximum d’adeptes sous son commandement. Après leur dernier essai en 2007, "Rom 5:12" qui s’était révélé pour beaucoup être une grande réussite, les Suédois remettent le couvert deux ans plus tard avec de nouvelles revendications sous l’emblème général de l’absinthe car cette nouvelle bombe se nomme "Wormwood". Affublé d’une pochette magnifiquement réalisée, présentant directement les notions principales de l’album et cruciales pour le groupe : la mort, et la religion…voire même la mort de la religion (mais ça n’est un secret pour personne), l’album présente dix titres pour une durée totale de quarante-cinq minutes.
Pour commencer avec la question de la production, je dirais que c’est un point assez délicat : d’accord, en tant que groupe de true black metal, un son crade s’impose plus ou moins, malgré tout j’aurais pensé qu’une pointure du genre telle que Marduk aurait pu s’offrir le luxe d’un son un peu plus fluide, sans toutefois verser dans le mainstream pour autant, j’imagine donc que c’est par tradition et par choix qu’il n’en est pas ainsi. Pour continuer, musicalement parlant il est clair que les musiciens n’ont plus grand-chose à apprendre en la matière, tout est très bien agencé et surtout très bien équilibré : non seulement les tempos varient dans les morceaux eux-mêmes, mais les tempos généraux des titres sont quant à eux très différents les uns des autres (il n’y a qu’à voir l’enchaînement "Nowhere, No-One, Nothing" et "Funeral Dawn" pour s’en rendre compte) et c’est un certainement l’un des points forts de l’album car des blasts à longueur de temps comme ils l’ont déjà fait par le passé ne donnent qu’une impression de répétition sans grand intérêt. Les ambiances quant à elles diffusent un sentiment de colère ("To Redirect Perdition", "Chorus Of A Cracking Neck") bien présent alterné de passages plus malsains et même de quelques interludes mélancoliques ! En ce qui concerne le chant, j’avoue que même en étant une inconditionnelle fan de Legion, Mortuus en a dans le ventre et s’exécute d’une manière beaucoup plus froide, douloureuse et malsaine, ce qui correspond peut-être mieux aux objectifs actuels du groupe… Cependant, sa manière de varier ses parties (notamment des râles sur "Nowhere, No-One, Nothing" ou "Into Utter Madness") est à souligner car rien n’est pire qu’un chant linéaire dans un groupe de black. En conclusion, je pense que Marduk nous a fait là un excellent album, qui nécessite toutefois plusieurs écoutes afin d’en saisir toutes les subtilités et d’accrocher réellement aux titres qui m’ont l’air taillés pour le live. La tournée à venir avec Vader nous donnera l’occasion à tous d’en faire l’expérience, donc si vous êtes fan de Marduk ou de black en général, ne la ratez pas !
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