"Soundtrack From The Motion Picture"
Note : 18/20
Armez vos colt mes amis Sheriff. Les frères Maverick sont de retour avec "Soundtrack From The Motion Picture". Enfin, de retour, malgré tous leurs précédents méfaits, ceci n’est que leur premier album. Ne soyez donc pas indulgents, vous savez à quel point ils peuvent être dangereux.
La cavale s’ouvre par "Sir Dany Jack". Un passage d’orgues, comme si cela annonçait l’approche d’une mort future, l’adieu à une vie paisible sous le soleil du Nouveau Mexique. Puis les orgues laissent place aux guitares lourdes, habituelles dans ce genre de musique, le stoner rock.
"Sir Dany Jack" est d’ailleurs une chanson représentative du groupe, cela parce qu’elle mêle 3 chanteurs : Francky et Bobby Maverick, et leur comparse Sonny Maccormick, et c’est indubitablement ce qui fait l’originalité du groupe. D’ailleurs, pour en revenir à ces voix, certains les trouveront fausses. Pour ma part, c’est loin d’être le cas. Trois timbres de voix différents, un timbre plutôt rauque (Bobby), et deux autres plus aiguës (bien que le mot ne soit pas vraiment approprié ici), un mélange de trois voix qui colle parfaitement au concept. Non, pas de "chanteurs à voix" ici, mais bel et bien des frères en cavales, dont la voix a été quelque peu bouffé par le sable et le whiskey. Et après tout, c’est ce qu’on demande à un groupe de stoner non ?
Pour en revenir à "Sir Dany Jack", un riff à noter tout particulièrement, à 2min54. Un riff que l’un des frères Maverick a qualifié de "riff à la Black Sabbath", et que je qualifie de riff faisant groover les saloons. Si vous ne remuez pas sur ce riff, c’est que vous devez avoir un problème de motricité, c’est la seule explication plausible.
L’album comporte treize chansons. Après "Sir Dany Jack", l’album se poursuit sur "All Alone", chanson débutant par un solo de batterie étouffé. Et que dire de plus que c’est une chanson véritablement parfaite pour une cavale. A son écoute, on ne peut que se sentir au volant d’une Ford Shelby, parcourant la route 66 à vive allure afin d’empêcher que le Sheriff, toujours présent lors d’un show des dissidents, ne nous arrête.
Parce que oui, s’il y a bien une chose à dire sur cet album, c’est que les dissidents poussent la perfection à son paroxysme, nous livrant un concept album des plus aboutis. Toutes les chansons ont un rapport avec l’idée de départ, celle de musiciens poursuivis pour des crimes qu’ils n’ont pas commis. Ainsi, la rythmique de la guitare sur "All Alone", à 3min, représente parfaitement une course poursuite, une course poursuite rapide, mais néanmoins maîtrisée. Puis "All Alone", laisse place à "Not Folk", chanson par laquelle l’on comprend que les frères Maverick, bien qu’innocents, ne sont tout de même pas là pour rire, mais bien pour sauver leur peau.
Treize chansons, c’est trop pour les décortiquer une par une. Je vais donc m’atteler aux points les plus importants : toutes les chansons sont groovy. Aussi groovy qu’une danse d’une fille aux bas résilles dans un saloon.
Mais au-delà du groove, les dissidents nous offrent des petits bonus, avec la participation de plusieurs renégats "A Beauty Among The Crowd", "Backdoor Woman", la participation la plus exceptionnelle étant celle de Andy Bengtsson, chanteur de deville, qui fait le lead vocal sur la très bonne chanson "From 66 To 51". Deville, groupe Suédois, bien présent sur la scène stoner actuelle.
Puis l’autre petit bijou de l’album, parce que réalisé grâce à la compagnie d’autres évadés, est "We Rock The World", sorte de tribut à Mickeal Jackson, arrangé à la sauce dissidents. Sur ce morceau, on retrouve les voix de leaders de la scène rock Strasbourgeoise.
Que dire de plus, si ce n’est de courir vite au saloon le plus proche et d’acheter cet album ! Surtout que ceux qui comme moi, ont eu à chroniquer l’album, ont eu droit à un très mignon petit package, contenant des photo du groupe, photo qui reprennent, forcément, l’imaginaire de Tarantino, qui nourrit l’inspiration de nos Strasbourgeois.
Los Disidentes Del Sucio parviennent à nous fournir un concept album, qui ne s’épuise pas de lui-même, et qui n’est pas du tout rébarbatif. Une fois lancé, on n’a qu’une envie, écouter et réécouter ce petit moment de sud Américain. Quant à moi, je retourne à mes moutons Jack Daniel's et cigare, la tête encore remplie de course poursuite et de musiciens peu fréquentables
"Room 159"
Note : 15/20
Qui veut du rock 'n' roll, du rock pur et dur, du rock 'n' roll tout droit sorti des entrailles ? Los Disidentes Del Sucio Motel ne font pas dans la demi-mesure, un 5 titres pur et dur sans concession. Ces Français ont du se mettre au diapason Texan très tôt pour arriver à nous faire voyager aussi loin sans billet de vol. A 8 ans ils ont du recevoir leurs premiers instruments, guitare, basse, batterie... A 9 ans leur première bouteille de Jack Daniel's, descendue en moins d'une demi-heure... A 12 ans leur premier road movie vélo dans leur contrée de Hazard dans la lignée... Voici d'après moi ce que pourrait être leur véritable histoire, bon après j'en suis pas très sûr. Et voici qu'aujourd hui nous arrive un EP avec, il faut le dire, un graphisme et un plan promo vraiment terribles, ils frappent fort très fort, pas que sur la grosse caisse, assez rétro assez second degré, assez décalé dejanté. Il ne manque plus qu'à vous parler de leur son, on va me dire que le plus important c'est le contenu, je m'y attaque alors. Ils font du rock assez lourd, la chanson numéro 3 "Léa" est un véritable hymne, très lancinant, très mélodique et attachant, un morceau qu'on peut écouter inlassablement. L'EP commence très fort par un riff très long, très brut de décoffrage puis s'envole... On pourait les croire cousins du groupe Down de Phil Anselmo, la voix est très posée, assez rockailleuse par moment et assez claire sur les bridges et autres passages. Ce 5 titres nous montre toutes les possibilités de ces cowboys du Texas de chez nous... ils vallent la peine qu'on leur prête une oreille attentive dans les mois et années à venir s'ils continuent à mettre autant d'effort dans leurs travaux. To be continued...
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