"Monstre Ordinaire"
Note : 12/20
Un homme désemparé, probablement aliéné par une société qu'il ne comprend plus et qui le rejette, traîne péniblement sur quelques mètres de bitume (ou de sable solidifié) une atroce pelle qui lui a servi à massacrer quelqu'un, ou plus probablement à enterrer et à enfouir bien profond ses idées, ses rêves et ses fantasmes sur un monde à l'agonie dans lequel il n'a manifestement plus sa place.
Jolie image.
On se perd, on se bat. Si l'on pouvait déjà élever le débat. Aucun miracle sur nos chemins de croix. Ca non.
Je dois bien avouer que pour ma part, j'avais été conquis par le précédent effort des Lofofora, le très critiqué "Mémoire De Singes" où les Lofof prenaient des risques, tablant sur des textes profonds, limite introspectifs par moment et où, en plus, y'avait du Stupeflip et beaucoup de travail, comme pour un album d'Astérix.
Allez hop, je m'ouvre une bonne "Combe Aux Loups", pour fêter le retour des Français, une bonne brune comme je les aime (pas seulement en femmes, et non) à l'odeur de caramel et de raisin mais qui laisse un goût de regret en bouche.
"Je crache les mots plus vite que je les mache", voilà qui est dit. L'intro de l'album pose des bases simples, sans ambages. Reuno, comme à son accoutumée, éructe des lyrics incisifs, haineux et frustrés, loin de la consternation et de la contemplation d'un monde perdu qui faisait à mon sens le charme de l'opus précédent.
En même temps les temps ont changé. Si sur "Mémoire De Singes", l'oppression et la peur que notre monde (et plus prosaïquement notre pays) parte en couille tenait le haut du pavé, de nos jours on le sait. C'est la merde et le peuple est effacé devant une minorité menée par le bout du portefeuille.
Nerveux donc, le nouveau Lofofora est également sur le mode du "tout au taquet", avec des guitares qui hurlent leur rage, une batterie implacable et une voix toujours en avant, qui ne s'occasionne que quelques moments de calme.
Donc qu'on se le dise, cet album de Lofofora est fibreux, sans concession et c'est exactement ce qu'on attend d'eux. On est même très contents et on s'en félicite.
Non ?
...Eh bien... Pas tout à fait...
Car, en effet, à l'image de ma Combe Aux Loups, le lieu, le temps, l'énergie et les moyens mis en œuvre nous faisaient présager à un GRAND moment de musique (ou de bière, c'est selon de quoi on parle). Mais, hélas, comme ma "Combe Aux Loupss", le dernier Lofofora montre les dents mais laisse comme un goût de regret en bouche.
Ok, ça envoie. Ok c'est du lourd, ça gueule et ça dénonce mais tout de même... L'opus tend à se tirer sur la longueur et les morceaux deviennent longs et presque répétitifs à l'écoute sur le temps. Reuno est toujours aussi bon mais, putain, qu'est-ce qu'ils étaient bons les textes de "Mémoire...", pourquoi revenir à des symboliques obscures, qu'est devenu le style de chanson comme "La Belle Vie" ?
Mais attention, hein, l'album est très bon. Ca reste du Lofofora, avec du "tout au taquet" et qui dépote Mémé Jeanine dans son jardin sous la pluie (et c'est sûr que ça tombe drû comme de la merde en tube). Mais les auditeurs qui suivent depuis un bout de temps la bande à Reuno et qui les ont vu évoluer sauront bien voir que le groupe n'est pas à son maxi, assurant juste le minimum syndical.
Par contre, ça doit envoyer en live, du coup.
Les fans se jetteront dessus, les allergiques n'y changeront certainement pas leur opinion.
"Mémoire De Singes"
Note : 17/20
Après les excellents albums "Le Fond Et La Forme" et "Dur Comme Fer", Lofofora revient, toujours aussi énervé, toujours aussi barré ! Le nouvel album du groupe metal-punk / crossover s’appelle "Mémoire De Singes", titre en libre interprétation mais Reuno a bien une idée derrière la tête et on sait combien il aime comparer la nature humaine avec l’instinct animal ! A l'écoute de l'album on ressent un changement dans le style musical de Lofo, mais les fans n’en seront pas déroutés pour autant, c’est bien du Lofo !
L'album débute par la chanson éponyme "Mémoire De Singes", par la phrase qui va bien définir le ton de l'album : "De mémoire de singes, on avait jamais vu ça". Alors forcement Lofofora est un peu énervé par les événements en France de ces derniers mois, et on le ressent ! L'album sonne un peu plus punk, un peu plus hardcore, les riffs de guitare sont plus énervés et plus metal. Mais ce qui est sûr, c'est que cet album évolue musicalement et on peut ressentir aux premières écoutes que la voix caverneuse du machiavélique Reuno est un peu moins mise en avant sur cet album, la musique est au même titre que le chant, ce qui a moins été entendu sur les autres albums du groupe ; cependant Reuno reste présent et incisif avec ses slogans ravageurs, comme dans la chanson "Tous Les Mêmes", avec un refrain qui gueule bien sur la nature humaine : "qui dérouille, qui mitraille, qui matraque, qui tiraille, qui fait si bien le mal". No Comment. En bonus une production excellente car en effet, le producteur de cet album est Laos (Laurenx Etxemendi), responsable du sublime dernier album de Gojira "From Mars To Sirius" ! A noter que la pochette de l’album, qui sort sous format digipack, est une peinture de King Ju, l’épouvantable épouvantail du groupe Stupeflip. D’ailleur la cover donne clairement le ton de l’album, une émeute, des cris, des matraques et du feu, alors c’est ça le nouveau Lofofora ? Eh ouais ! A noter que par la suite Reuno et King Ju se sont associés sur le morceau "Torture", une critique de la société qui correspond parfaitement aux styles des deux chanteurs, un peu moins barré que du Stupeflip et un peu plus déjanté que du Lofofora, un morceau en opposition avec la France que se lève tôt, celle qui travaille…
Finalement, un album à écouter, et pour ceux qui ne connaissent toujours pas Lofo, ce n’est encore pas moi qui pourra leur coller une étiquette, toujours aussi difficile de décrire clairement un album et le style de Lofofora, au final, Pierre de Lofo dira que cet album c'est un peu un mélange entre "Peuh !" et "Lames De Fond", on le croit et de toute façon Lofofora n’aime pas les étiquettes. Un très bon album au final, surement le plus punk, le plus enragé et peut être le plus engagé du groupe.
"Les Choses Qui Nous Dérangent"
Note : 13/20
NB: Comme le dit le proverbe "mieux vaut tard que jamais", et c'est donc avec
presque 2 ans de retard par rapport à sa sortir initiale que je m'attaque à
cette chronique, la maison de disques ayant homis de nous faire passer la promo à
l'époque.
Précurseur du mouvement et poids lourd de la scène alternatif Française, les
Lofos forcent le respect et continuent leur bonhomme de chemin (16 ans de
carrière au compteur) sans se soucier des modes et nous reviennent avec ce cinquième
album studio qui, après moult écoutes, me laisse un sentiment mitigé. D'un
côté, des compos qui, dès l'attaque du titre éponyme "Les Choses Qui Nous Dérangent", me laisse perplexe et qui petit à petit, deviennent vite fadasses
musicalement. Trop classique et sans surprise, la folie de "Dur Comme Fer"
aurait il quitté le cactus magique ? Certes, l'interprétation est sans faille,
le son et la production assuré par Fred Norguet totalement en adéquation avec le
style "Lofo", genre qui leur est si propre et l'ensemble reste efficace, mais
le manque de fraîcheur se fait cruellement sentir, l'ombre de l'opus
précédent ; "Le Fond Et La Forme" , planant sur la majorité des titres. Mais
l'expérience est un atout et certains morceaux arrivent quand même à nous sortir
du marasme ambient comme "Le Pire" et son refrain pogottant ou le très
svinkel "rock 'n' roll Class Affair" marqué par l' efficace collaboration de DJ
Tag Off . Toutefois, on s'ennuyerait rapidement si le grande manitou Reuno
n'avait posé sa voix profonde et rageuse sur ce disque. Ses textes restent
toujours ce qu'il se fait de mieux dans le registre et mettent un poing d'honneur à interpeller l'auditeur. La tradition revendicatif se perpetue sur "Mondiale Paranoïa" ou "Aveugle Et Sourd", mais la nouveauté vient de "Humide
Song", titre à la sensualité violante et crue, ou bien "L'éclipse", porté par
une orchestration feutrée, qui nous montre un visage amer de la rupture
amoureuse.
De plus, on ne pourra pas faire l'impasse sur la bonne surprise qui
clôt ce disque "Buvez Du Cul" qui est depuis devenu un hyme incontournable à la
fin des concerts épicés du groupe. On retiendra donc un album en roue libre de
la part de Lofo où les textes prennent rapîdement le pas sur le côté musical.
"Lames De Fond"
Note : 17/20
Il fut un temps où la décennie du support visuel d'un groupe, n'était réservée qu'aux soit disant grands groupes de ce monde et surtout du petit monde de l'Oncle Sam. Cette période est révolue maintenant pour le plus grand bonheur des concitoyens Français et Européens qui souhaitaient voir leurs propres groupes en action, ce qui parait logique et en continuité avec le support audio, cela est chose faite. Tous commence à bouger de ce côté là mais surtout grâce aux indépendantistes labels, qui commencent à arriver à maturité et à faire évoluer les mentalités comme Sriracha Records ou bien Enragés Productions.
Cela nous ammène donc à la sortie du DVD des Lofofora que l'on attendait depuis pas mal de temps. Déjà le coté désign, toujours aussi bien travaillé et assez sobre, pas de fioriture juste le meilleur.
Ce pack proposé est composé d'un DVD retraçant le concert à la Cigale du 1er et 2 Octobre 2003 mais aussi d'un CD audio du concert pour pouvoir l'écouter dans sa bagnole, quel carnage sur l'autoroute...
Ce concert comprend 16 songs qui retracent dans tous les sens tous les albums de Lofo depuis le début avec "Holiday In France", "L'oeuf".... Jusqu'aux derniers avec "Autopilote", "Le Fond Et La Forme"... Et pour conclure le set, la fameuse reprise des Béruriers Noirs "Vive Le Feu" qui fait maintenant partie de la discographie des Lofos, en concert tous le monde s'attend à ce qu'ils la jouent.
Ce DVD peut se rapprocher par sa générosité de celui des Béruriers Noirs qui a lancé le mouvement "dvdindépendantistes" en France. Au niveau qualité rapport prix il est fabuleux, mieux vaut l'acheter que de se le graver cela coûte presque moins cher. C'est un DVD complet on ne voit pas ce qu'ils auraient pu rajouter, peut être un coin "remerciements" aux anciens membres du groupe qui ont participé a l'évolution de celui-ci. Enfin on en a déja pas mal à voir entre le concert, les photos gallerie, et les bonus live et encore plus avec tous les clips des Lofos.
Les photos gallerie sont de très bonne qualité avec quelques photos qui valent le coup d'oeil surtout celle où le groupe est maquillé, avec des porte jaretelles... vraiment pas mal les Lofotravlos, c'est peut être l'avenir mais c'est déja bien drôle...
Les bonus, il y en a 10 000, bon je viens du Sud, il faut faire la part des choses. Ils permettent de voir comme on pourrait le dire l'arrière boutique Lofo. Quelques petits concerts originaux comme celui où on fait tirer dans un chapeau des reprises, à rééditer peut être... L'anniversaire de Reuno où il pousse une gueulante contre certains kids qui ne comprennent pas encore tous le sens du mot musique où il faut un respect pour le dancefloor... Puis toute une série de concerts dans toute la France qui permet d'entendre certaines songs qui ne sont pas dans le concert à la Cigale, comme le "No Facho" transformé pour l'occasion en "No Sarko"... Puis pour finir, ce bonus nous présente quelques petites blagounettes de la team Lofo et Sriracha Posse qui valent le détour (on se demande s'ils sont normaux enfin pour un en particulier mais je ne dis pas le nom !). Pour conclure, le mot de la fin... C'est le boxon vraiment qui va te foutre le dawa chez toi pour toute ta mifa, claque des doigts et hop il est chez toi, Lofofora rien que pour toi !!!!!!! C'est vraiment la putain de joie !!!!!!!
"Le Fond Et La Forme"
Note : 18/20
Retour en 2003 pour la sortie de l'album "Le Fond Et La Forme" du groupe Lofofora. Le groupe de punk s'étant déjà fait remarqué pour son engagement à dénoncer les maux de la société au travers les textes de Reuno (chant) et une musique sans concession sort un nouvel album ! Quoi de neuf sous le soleil me direz vous ? Des textes engagés, une musique rapide, du chant en Français, du punk quoi ?!? Eh bien non, voilà l'album de loin le plus metal de ce groupe de punk incontournable !
Dès le premier morceau éponyme, le ton est donné ! L'ambiance est plus lourde, la rythmique aussi et la voix de Reuno se prête merveilleusement à cet exercice. Les guitares alternent entre rythme punk et metal. Lofofora a ses racines et cela se reconnaît mais cela donne un des morceaux les plus forts de l'album.
L'album est diversifié, mêlant des titres rapides comme "Psaume CAC 40", "Carapace" a des titres très lents créant une ambiance particulière, une sorte de confidence comme "Requiem Pour Moi-Même", "Bienvenue", ou la première partie de la "bonus track". Et pour finir le boulot, des titres très metal comme "Série Z", "Auto-Pilote" et "Comme A La guerre" (mon titre préféré).
En résumé, 14 titres, 62 minutes qui raviront vos cages à miel ! Un album magistral, un mariage réussi entre ses vieux briscards du punk et le metal. Un album que tout métalleux qui se respecte se devraient d'avoir dans sa discothèque.
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