"Signs Of Decay"
Note : 15,5/20
Un concept album, c'est quelque chose de pas vraiment courant de nos jours. Si les années 80 et 90 ont vu se multiplier ce genre d'albums, maintenant on a l'impression que tout le monde a laissé tomber. Livarkahil en a fait son cheval de bataille pour ce second album. Un concept album basé sur l'autocratie religieuse.
Livarkahil, un groupe devenu bien en vogue, en seulement deux albums, ce qui est plutôt pas mal pour des Parisiens.
Il est indéniable que "First Act Of Violence" avait marqué les esprits dans la métropole, et c'est intéressant de les voir évoluer maintenant chez Listenable qui reste un label découvreur de talent. "Signs Of Decay" a l'air bien parti pour montrer que le talent qui était annoncé par le premier album n'était pas une erreur d'impression et que ce groupe ne demande qu'à gravir les marches de la notoriété méritée.
Ce qui arrive en premier dans la face, c'est la production faramineuse dont ont pu profiter les Franciliens. En effet, c'est produit par HK et BST, on a l'agréable sensation malgré tout que ce CD sort direct des Hertz Studios, digne des Behemoth et autres Vader. C'est impressionnant de puissance, la batterie déchire l'air, et dévore les mouvements par sa frappe brutale et massive. On reste sur le cul, totalement par une telle production pour un groupe Français aussi jeune. Il est relativement rare d'avoir un niveau sonore d'une telle qualité. C'est ce qui fait un des points forts de ce nouvel album.
Alors justement en pensant à Behemoth, la musique qui se trouve sur ces onze titres s'en rapproche tout de même un peu, même si le death metal de Livarkahil n'en n'a pas la même teneur, ni la même prétention, la voix du chanteur HK possède aussi quelques similitudes avec Nergal ce qui n'est pas pour me déplaire.
On prête souvent à Livarkahil une tendance core, mais c'est assez limité comme définition car la plus grande étiquette qui puisse coller à ce groupe c'est tout d'abord le death metal. Un death metal moderne, puissant et très massif. Un death metal qui prend effectivement des airs de Behemoth parfois dans le déploiement de l'artillerie lourde, mais qui sait prendre aussi de nombreux chemins différents pour obtenir quelque chose de plus personnel. Un titre comme "Art Of Bleeding" où l'on découvrira Lyzanxia en invité, arrive à scinder les impressions en deux. On est abasourdi par la brutalité de certains riffs et subjugué par toutes les subtilités offertes en un seul morceau. Il y a la technique, la violence, la créativité, autant d'ingrédients utiles à la conquête d'un public, d'abord Français, toujours plus difficile et toujours plus critique.
Dans chaque morceau se trouve un composé personnel de puissance, mais sur l'ensemble, on observe un froid glacial qui domine, un froid dans le sens où il semble très obscur, très noir, donnant à la musique de Livarkahil le recul nécessaire afin de pouvoir dominer son auditeur.
Pour revenir à la comparaison avec la scène "core", qui n'est pas justifié ici pour ce groupe, et encore moins cet album, on peut l'expliquer par le fait que certaines rythmiques restent souvent très basiques, par échanges de trois et c'est quelque chose que l'on retrouve de plus en plus souvent dans la scène appelé "core" maintenant. C'est cette manière d'envoyer les riffs par rafales de trois qui donne cette idée, mais c'est aussi cette manière de jouer qui peut nous faire tomber dans la saturation du riffs trop ressemblant aux autres. Il faudra faire attention à ne pas tomber dans ce piège là, car beaucoup de jeunes groupes ont trop tendance à ne faire que ce style de rythmiques devenues trop classiques et prévisibles.
A côté de cela Livarkahil offre des multitudes de combinaisons différentes dans sa violence death metal. Certaines ambiances très "peplum" comme sur "Above All Hatred", prennent toute leur dimension en live, j'en reste persuadé. Mais aussi des passages écrasants de grandeur comme "The Flesh Of All Damned"
nous détruisent la face littéralement.
Tout le monde dira que ça pue le Behemoth ou le Hate à plein nez. Mais j'en n'ai rien à foutre j'adhère, puisque déjà Hate sent le Behemoth à plein nez, donc à un moment donné pourquoi donner du crédit à certains et pas à d'autres, encore plus quand ils sont Français.
"Signs Of Decay" est un bon album puissant, très puissant même, dans sa production totalement réussie mais aussi dans ses chansons. Moins créatif qu'on aurait pu le croire, mais bigrement death, avec du massif, du caterpillar en guise de rythmiques où les ambiances comme sur "Heaven Shall Fall" amène rudement bien l'état d'esprit du groupe. Un esprit plutôt martial en effet sur la plupart des titres, un esprit de conquérant. De plus outre les Lyzanxia, Inrvi de Aosoth et BST de The Order Of Apollyon sont venus y mettre du leur également.
Rien à redire, ça bute, c'est propre et ça fracasse... un second album qui fait monter le groupe d'un cran.
"First Act Of Violence"
Note : 17/20
Comme je l’apprécie dans de nombreux albums, l’introduction de "First Act Of Violence" commence par un passage sombre industriel annonçant la prochaine tempête qui va siffler dans vos oreilles. Celle-ci est vraiment prenante et donne envie d’écouter la suite. Et le jeu de batterie et de guitares d’"Ode To Delirium" commence. Je constate d’entrée que le son est très propre au niveau de tous les instruments, chant compris.
Au niveau technique, on ressent vraiment le travail accompli derrière. Le jeu des instruments est indéniablement en grande majorité à riffs death metal. Les morceaux d’une même chanson varient énormément et il est impossible de s’en lasser. Et si votre cerveau commence à bouillir, la piste "Interlude" uniquement instrumentale vous reposera quelques minutes avant de vous remettre dans l’ambiance. Je ne peux pas dire que j’ai trouvé une chanson trop répétitive ou identique à une autre.
Au niveau du chant, je reconnais que j’ai eu assez de difficultés. En effet, je suis peu habitué à ce style de voix (surtout qu’en ce moment, j’écoute Adagio et Septic Flesh). Mais après plusieurs écoutes, j’ai bien constaté que le chant plutôt tendance hardcore est vraiment bien calé sur chacune des chansons. Et c’est à force d’écouter l’album que l’on peut penser à une vraie symbiose dans le groupe. Au final, le chant ne me choque plus et passe très bien.
En conclusion, c’est un album de 12 pistes qui s’écoute du début à la fin. Je n’ai pas de préférence pour l’une d’entre elles en particulier. Mais comme le dit Livarkahil sur leur MySpace : "Livarkahil est avant toute chose un groupe à voir en live". Et je confirme : un aussi bon son en studio ne peut être qu’encore plus explosif en live. Et vu la vidéo live de "Songs Of The Falling Gods" en duo avec Seb de Aborted, c’est un groupe qui dégage énormément d’énergie et j’espère qu’ils feront bien une date à Toulouse ou aux environs afin d’apprécier leur performance scénique.
Le "First Act of Violence" est concluant. Bonne écoute à tous en attendant l’ouverture du deuxième acte. Un album à posséder et un groupe à suivre de près. Longue vie au metal tricolore !!!
"No Cure For The Fools"
Note : 16/20
Livarkahil est l’une de ces valeurs montantes qui arrive à mettre tout le monde d’accord à travers un CD promo 3 titres et quelques concerts avec Zuul Fx ou encore Klone…
Les bons points ne manquent pas et la musique est sans compromis, comme le groupe le dit si bien les morceaux sont issus d’un mélange de l’agressivité du deathcore et de l’énergie du hardcore.
Il ne faut que quelques secondes pour comprendre que Livarkahil a réussi ce mélange, "Be My Plastic Queen" ouvre cette belle galette.
Riffs acérés, batterie efficace et le morceau est accrocheur bien comme il le faut.
S’en suit de “For Everything You're Not”, un morceau qui me fait vraiment pensé à un bon vieux Fear Factory et le refrain vient directement se greffer dans le cerveau.
La batteur toujours efficace à souhait avantagé par la production puissante et réussie.
"Your Thin Line" ferme ce CD promo trop court, une claque sur une joue et on souhaite donner l’autre !
Ce morceau envoie vraiment bien comme il le faut également avec un petit solo simple mais efficace puis c’est speed et un poil mélodique.
Livarkahil est le chaînon manquant entre Fear Factory, Machine Head… et forme une très belle paire Française avec Zuul Fx.
On attend le vrai premier album prévu pour l’automne 2008 avec plaisir et ça risque d’être un réel succès avec aux manettes monsieur Stéphane Buriez.
En attendant n’hésitez pas à aller les voir en concert !
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