"Straight Line"
Note : 16/20
De nos jours, si on pouvait rassembler sous un même drapeau les groupes qui pullulent sans cesse et polluent la scène, ça serait sans hésitation celui du metalcore. Proposant les atouts et du metal, et du hardcore sans être trop extrême ni dans l’un ni dans l’autre, le style a fait bon nombre d’heureux lors de son avènement, mais commence malgré tout à lasser, petit à petit. Bref, le fait est que nous avons là entre les mains un album de metalcore certes, mais des Belges de Komah, dont je vous avais déjà parlé à l’occasion de la sortie de leur premier EP éponyme il y a de cela un an. Depuis, les gars n’ont cessé de retourner la Belgique afin de dénicher des dates, mais ils ont également enregistré ce premier album tant promis, de même qu’ils lui ont trouvé un label en plus de la distribution (assurée par Season Of Mist). Le disque est donc logé dans une pochette à l’impression très moderne et claire, qui n’est absolument de mon goût car trop "industrielle" mais dont je respecterai toutefois le travail ; pas moins de quinze titres constituent la tracklist, pour une durée totale lorgnant tout gentiment vers l’heure. Dès le premier morceau, à savoir "Something To Remember", on se rendra compte que pour un premier album, on aura droit à du très lourd : la production est excellente, proposant un son fluide et très clair pour l’auditeur, mais il est clair aussi que musicalement le groupe a assez bien évolué depuis son EP, nous offrant des morceaux un peu plus complexes mais contenant toujours ce petit côté plus accessible qui fait qu’on retiendra assez facilement les mélodies pour difficilement les oublier. Techniquement parlant, l’évolution se fait sentir également (bien que les membres n’aient jamais vraiment eu quelques problèmes à ce sujet) : tout est bien agencé, beaucoup plus précis et rentre dedans (même si certaines parties de chant semblent un poil trop essoufflées). L’un des atouts du CD est sans aucun doute la présence d’invités pas forcément dans le mouvement metal à la base (Saule, Bruce Ellison) qui insufflera aux compos un vent de fraicheur et diverses émotions (comme sur "Cold-Minded"), ce qui pour moi représente la quintessence de la musique tout de même. Par contre, ce que je considérerai comme le défaut fatal de l’album, c’est l’impression de déjà vu… et surtout cette impression d’écouter du Chimaira mais avant tout du Caliban et Heaven Shall Burn à plusieurs reprises (notamment sur "Empty Life" ou la ressemblance est fulgurante). En conclusion, je pense donc que Komah a fait preuve d’une belle évolution grâce à ce premier opus et qu’en continuant comme ça, l’avenir du groupe ne pourrait être que meilleur… ceci dit, les membres devraient encore travailler à chercher leur véritable identité plutôt que de jouer ce qu’ils aimeraient que leurs groupes préférés interprètent…
"Komah"
Note : 15/20
Déjà un an après sa formation, Komah nous lâche déjà son premier obus, sous forme d’un EP trois titres, sobrement baptisé "Komah". Réussir à coller une étiquette musicale sur les morceaux s’y trouvant relève presque de l’impossible tant la palette des influences se montre variée et complète, attendez-vous toutefois à un savant mélange de thrash, de death, de black, de power, de heavy, d’emo, de hardcore et j’en passe. Le résultat de tout ça nous donne un rendu assez accessible et plutôt accrocheur, sans pourtant tomber dans le simpliste en voulant justement trop accrocher. Les mélodies sont de bonne facture, cohérentes ; elles sont d’ailleurs supportées par des riffs précis et carrés, majoritairement responsables de ces changements d’ambiances, tantôt plus tournées vers le hardcore / metalcore (compréhensible quand on sait que Komah compte en ses rangs deux ex-membres de Do Or Die), surtout sur "Straight Line" et "Money Game", tantôt plus metal (sans vouloir entrer dans des qualifications minutieuses) sur "Reflexion Reaction". La batterie, elle aussi se fait variée au niveau des tempos, sans chercher à exploser les oreilles des auditeurs à tout prix à coup de double et de blasts. Et dernier point à aborder et non pas des moindres, le chant : bien que hurlé du début à la fin, il demeure tout aussi varié, à l’image des autres, et est donc assuré comme il se doit par l’ingé son, Math (chez qui cet EP a été enregistré, ceci dit). Le groupe, avec ce premier CD, renferme donc un potentiel non négligeable, et a de l’avenir avec un son et une motivation pareille, c’est moi qui vous le dis !
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