Décidemment ! l’année 2009 sera black ou ne sera pas !
"Elect Darkness", voici le titre de cet album… Mais détrompez vous, contrairement à ce que l’on pourrait croire, je ne pense pas qu’il faille voir ici une preuve de soutien au président Obama mais plutôt une invitation à soutenir la cause du metal le plus sombre, le plus morbide et probablement l’un des plus jouissifs !
Concernant cette galette, ce qui m’a rapidement interpellé c’est ce chant délicieusement "crade", en effet la voix du hurleur de service possède ce grain dans la gorge qui la rend lugubre à souhait. Les compositions sentent bon le black / thrash "old school" pour ne pas dire "raw", le son sale des guitares en témoigne… Mais on sent bien qu’ici tout cela est voulu et non pas accidentel ou dû à un manque de moyens, non il s’agit bien d’une quête d’un son, d’une identité car coté production c’est bon, très bon même ! Ce n’est guère une surprise pour une signature estampillée Candlelight, car en effet si il y a bien un label qui ne flirte plus avec l’amateurisme depuis des années et qui surtout n’a plus rien à prouver en matière de prod’ black metal, ce sont bien eux…
Dés la piste 1 la voix se fait terriblement expressive, glaciale, une voix qui ne pourra qu’évoquer le grand "Kvarforth" de Shining de par la variété des registres qu’elle embrasse… Et cette impression de se renforcer… le côté malsain des riffs, le caractère profondément torturé et théâtrale de certaines compos, le tout accentué par cette voix décidemment très expressive… la comparaison est évidente et pourtant des différences sont à noter dans leur expression musicale respective car là où Shining brillait par sa liberté de création en allant puiser parfois du coté de la musique planante ou progressive (je fais ici bien sur référence au génial "V-Halmstad"), chez IXXI c’est plutôt les vieux démons du black et du rock n’ roll qu’on à choisi d’invoquer et d’évoquer, presque un hommage aux prémices du "metal noiré dont je suis si gourmand !
Prenons par exemple le morceau "Southern Tribes" en piste 3, l’un de mes préférés !
On a en effet ici affaire à un titre bien primaire, très jouissif et crade de black n' roll, limite punkisant… Ce qui nous donne l’occasion de constater que les guitares et les voix sont décidemment les points forts de ce groupe. Les riffs sonnent en effet parfois très "bizarrement" comme au début de ce morceau, sans doute dû à un accordage spécial, toujours est il que l’effet "malsain" voulu est très réussi.
Cette remarque vaudra d’ailleurs pour la piste suivante baptisée "Sinrush" qui remet le couvert dans le domaine de la méchanceté gratuite mais au combien jubilatoire car ici c’est carrément du coté du thrash qu’il faut chercher l’influence… Décidemment cette galette est assez surprenante de par sa variété et de par la largeur du paysage musical qu’elle utilise. Même si l’ensemble donne globalement dans le mid-tempo, les Norvégiens usent fréquemment de la formule qui consiste à alterner parties lourdes et riffs plus enlevés. Cet album est clairement truffé de bonnes idées, notamment dans l’art de poser les ambiances. J’en veux pour argument cette performance vocale, tant le chanteur explore une palette très large, même si malheureusement l’influence d’autres se font sentir… Quand ce n’est pas Shining, la piste 5 m’évoque davantage le cultissime groupe tchèque Root et son leader Big Boss par ce coté "narration", façon maître de cérémonie, qui insuffle un petit coté "rituel" à certaines pistes, et ça, autant vous dire que moi j’aime beaucoup ! En effet à mon humble avis, il n’est nullement nécessaire de jouer à 200km/h et de blaster à tout va pour poser une atmosphère "Evil"à souhait, bien au contraire, la lourdeur, l’insistance font souvent des merveilles dans ce domaine. Excellent titre au passage, somme toute classique mais bougrement efficace !
La batterie, très typée rock n’ roll dans certaines accélérations, est utilisée comme il se doit tout au long de l’album, ni trop en avant, ni en retrait, bref bien mixée et plaisante à écouter sans être transcendante. Les parties de guitares, quant à elles, sont aussi rondement menées, même s’il manque un petit je ne sais quoi (manque d’originalité sans doute) pour emporter mon adhésion et mon soutien aveugle, toujours est il que sur la fin l’ennui à un peu commencé à me gagner… Je ne sais trop comment l’expliquer… C’est bien exécuté, plutôt plaisant à écouter même, mais à mon humble avis il manque un soupçon d’âme, une identité propre, une couleur, un son "IXXI" pour leur permettre d’entrer dans la catégorie des groupes incontournables de la déjà surpeuplée scène black metal Européenne, bref vous l’aurez compris, pas assez convaincant !
Quant à l’existence de ce groupe, on n’a pourtant clairement pas affaire ici à des inconnus puisque ces messieurs oeuvrent dans divers groupes cultes de la scène suédoise : Ondskapt, Zavorach ou encore les brillants Lifelover dont je ne saurais que trop conseiller le dernier opus en date "Konkurs".
En conclusion, j’avouerais que le résultat n’est pas mauvais, loin de là même, cet album est truffé de bonnes petites idées mais pour moi il manque clairement l’étincelle de génie qui aurait pu faire de cette galette un grand disque, il faut que quelque chose se passe !!!
Sans doute une nécessité de se démarquer de ses influences les plus évidentes, (Shining en tête) pour permettre à IXXI de sortir sa tête de l’eau, gageons que le prochain album nous livrera un groupe plus personnel, en tout cas je croise les doigts pour eux car le potentiel est bien là, c’est une évidence mais il manque ce fameux petit quelque chose qui démarque de la concurrence et qui fait les "grands" groupes… Copie à revoir donc…
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