Le groupe
Biographie :

Une combinaison de hurlements féminins, de riffs pointus et d’électronique marque le style d’Infected Rain. Le groupe naît en 2008 en Moldavie, et ne tarde pas à sortir une demo trois titres, ainsi qu’à se produire sur scène. En Novembre 2011 sort le premier album du groupe : "Asylum". Après maints concerts et la sortie de plusieurs vidéos clips, Infected Rain sort son deuxième album au printemps 2014 : "Embrace Eternity". Après une vaste tournée européenne, le groupe sort son troisième album, "86", en Avril 2017.

Discographie :

2009 : "Judgemental Trap" (EP)
2011 : "Asylum"
2014 : "Embrace Eternity"
2017 : "86"


Les chroniques


"86"
Note : 16/20

Les pays de l'ex-bloc soviétique seraient-ils des viviers insoupçonnés d'excellentes formations musicales capables de réveiller quelque peu nos cortex endormis ? A vrai dire, je n'en sais rien, mais c'est le second groupe d'Europe Orientale qui vient en très peu de temps me délecter. Oui, car après les Ukrainiens de Jinjer (groupe exceptionnel), j'ai entre les feuilles, le dernier album d'un groupe voisin puisqu'il est moldave.

Le groupe Infected Rain s'est formé en 2008 autour de la (très jolie) chanteuse Lena Cataraga ou Lena Scissorhands et a déjà sorti deux albums avant celui qui nous intéresse aujourd'hui : "86". Ne fuyez pas amis métalleux si je vous dis que le groupe se classe lui-même dans un mouvement nu metal. En dépit du fait que je déteste les étiquettes, Infected Rain, c'est un bien plus beau bazar musical que "simplement" du nu metal. Ne connaissant pas les deux premiers albums, j'ai prêté une oreille vierge à "86" et, je l'ai déjà dit dans une précédente chronique, je suis grandement sensible aux chanteuses dans le metal, surtout quand elles ont autant de talent que Lena. Quel coffre mes amis et quelle finesse également, le tout au service de compos VRAIMENT très variées. La base est un metal technique hurlé (voire growlé) ornementé de refrains chantés en voix claire bien souvent. Mais là où les plus obtus pourraient être désorientés, c'est sur les passages electro-indus ("Freaky Carnival") ou encore dubstep électronicore ("Endless Stairs"), voire rap metal à la manière d'Otep ("Intoxicating"), sans oublier les scratchs (une évidence pour un groupe citant Korn ou Deftones), un sacré cocktail.

La question qui peut se poser c'est : "Mais est-ce que ça fonctionne, tout ce souk ?", ah ah, I'm glad you fuckin' ask ! Mais oui, c'est une belle tuerie pour qui saura être un peu curieux et ouvert d'esprit. On n'est pas dans la grosse boucherie mais dans un mouvement plus ouvert et populaire, une démarche diablement intelligente des Moldaves. "86" d'Infected Rain est un album accessible et très rafraîchissant qui donne envie de les découvrir en live. Amis orgas, je dis ça au passage. Courez découvrir ce bel effort, votre ouverture d'esprit va gagner quelques points de vie.


Jean-Philippe M.
Mai 2017




"Embrace Eternity"
Note : 16/20

Ce n’est pas tous les jours que je chronique un groupe moldave ! Il paraît cependant qu’il faut une première fois à tout, alors découvrons ensemble "Embrace Eternity", deuxième album d’Infected Rain.

Pour résumer ce disque en quelques mots seulement : intéressant, dynamique, torturé, mélodique et réussi. Combien de fois avons-nous déjà entendu dire de la part d’une bande de ronchons un peu trop bruyante que tout ce qui touche de près ou de loin le "quelque chose nü" ou le "autre chose core" n’a d’intérêt que pour les plus jeunes d’entre nous, lors de leurs premiers pas dans la musique dite extrême ? Et, d’autre part, combien de fois avons-nous déjà entendu répéter, encore et encore, malgré les exemples parlants prouvant le contraire, qu’une femme dans l’univers metal trouve uniquement sa place dans l’univers "goth" et symphonique ? Non, non, et non ! Et je remercie déjà Infected Rain d’aller à l’encontre de ces clichés, avec brio, s’il-vous-plaît !

Loin de se cantonner dans des constructions simplistes, les musiciens se plaisent à ravir les oreilles tout en démontrant à quel point leurs qualités sont multiples. Je pense ici particulièrement au travail des deux guitaristes Seriy et Vidick. En dehors de leurs riffs incisifs, les deux hommes se plaisent à intégrer ci et là quelques éléments plus mélodiques, une accroche particulière qui parvient à capter en plein cœur d’un morceau. La manière dont leur jeu se complète si adéquatement confère, sans aucun doute, un élément incontournable dans le style du groupe.

Sinon, oui, la chanteuse Lena utilise son timbre clair. Parfois. Lorsque le morceau lui propose une opportunité idéale, à l’image des passages où sa voix hurlée est nettement plus appropriée. Non contente de jouer avec cette dualité classique, certes, mais toujours plaisante quand elle est réussie, la demoiselle varie autant que l’ambiance des différents morceaux. Si ces lignes sont saccadées, les suivantes seront voluptueuses. Si ce couplet déferle de rage, Lena vous surprendra rapidement avec des semi-chuchotements trompeurs.

Et, finalement, je ne peux pas parler d’"Embrace Eternity" et de ses géniteurs sans saluer l’effort superbe d’Infected Rain pour varier ses compositions. Inutile de détailler ; les surprises, sans être de taille pour autant, sont efficaces et ô combien bienvenues ! Les atmosphères varient avec joie, et c’est un vrai plaisir d’écouter des compositions où la volonté de bien faire est aussi perceptible, comme dans le mid-tempo "My Cage", "Lullaby" et son piano illusoire, l’intéressant "Enslaved By A Dream" où la voix de Lena se découvre en substance, et j’en passe.

Quelle découverte agréable ! Amateurs de nü metal ou pas, il serait dommage de ne pas accorder sa chance à ce jeune groupe ambitieux et créatif dans sa simplicité.


Gloomy
Août 2014


Conclusion
Le site officiel : www.infectedrain.com