"On Evil’s Right"
Note : 18/20
2 ans. Il aura fallu deux années aux gars de chez Indust pour nous pondre le monumental "On Evil’s Right". Ouais mais là où d’autres proposent juste une petite évolution de leur musique au mieux, Indust frappe fort et laisse des traces. Comme par exemple, un changement conséquent de line-up Fred ayant laissé le manche de la seconde guitare a Marc et Razdul, le chanteur screamo étant remplacé par Fifi).
Déjà la cover est nettement plus travaillée. Des portaits de serial-killers noyés dans la masse sur un fond de coupures de presse (il me semble reconnaître Richard Ramirez sur la cover), des lyrics tapées à la machine à écrire qui bave sur des papiers sanglants, une photos sobre du groupe en live au milieu. Ca pue le bonheur et les papillons roses à plein nez cette histoire.
Vous l’auriez deviné, cet album va causer de serial killers, c’est ce que la mouvance hardcore reproche à cet opus. Moi je préférerais le rapprocher de l’ambiance de "Divine Intervention" de Slayer, mais cela ne gâche en rien l’immense plaisir que me procure l’opus (loin de là).
Hop, une bonne Fischer pour m’écouter ça.
Car si "A Quiet Place" (suivi de "A Quiet Live") était un simple apéritif de hardcore screamo lorgnant parfois du coté thrash de la bête, "On Evil’s Right" est une véritable bombe de lourdeur et de violence. A limage de l’intro, oppressante, a mi-chemin du power groovy de Pantera et du Thrash de Slayer, il ne reste plus grand-chose du son originel de "A Quiet Place". C’est à se demander ce qu’il s’est passé entre temps. LA production saute aux yeux, la puissance du groupe est lourde et noire, oppressante a souhait.
Mais si longue que puisse être l’intro, c’est tout bonnement l’explosion quand le chant nouveau d’Indust explose littéralement. Une voix déchirée et énervée à laquelle je ne trouve pas vraiment de référence. Le chant de Fifi explose littéralement tout et rehausse d’un coup tout l’intérêt de l’opus -alors qu’on est déjà écrasé par le poids du groupe. Le morceau donnant son titre à l’opus offre donc une musicalité très "nouvelle école", avec des changements de tempo et des impulsions sonores de tous les instruments. Mais finalement, après les hurlements saturés il apparaît qu’être que l’introduction du fabuleux "Whore". Un titre rapide, percutant et violent, un des bijoux de l’opus, suivi de très prête par "Head (Failure)", qui alterne les riffs thrash et des refrains largement plus punk. Indust retombe donc sur ses pattes et reste fidèle à ses racines hardcore. Mais loin de s’en contenter, le groupe cultive l’ambiguité hardcore / thrash. Les titres se bousculent à nos oreilles. "No More" et son efficacité, "Silence In The Grave" et son riff énergétique… En fait tous les titres de l’album sont de purs chefs-d’œuvre combinant aisément un thrash surpuissant mélangé avec des passages punk des parties hardcore. Fifi est tout simplement écrasant de maîtrise et du rage (surtout de rage) et se révèle parfait en hurleur du groupe, piquant même des hurlantes encore plus furieuses par moment ("Living In Hell").
C’est bien beau, mais c’est quand même avec l’énorme "Slasher"que le groupe confirme qu’il manie a la perfection cette ambivalence thrash / hardcore en nous explosant les tympans une bonne fois pour toutes avant de clôturer l’opus.
Un album culte donc, que tout fan de hardcore devrait posséder dans sa discothèque, que tout curieux un peu ouvert devrait a tout prix écouter. Moi je le passe en boucle depuis. Indust s’est hissé très haut avec cet opus. A suivre de très prés.
"Happiness"
Note : 15/20
Sur du noir et blanc, une photo de live inaugure l’opus. L’intérieur lui, est bien plus parlant.
Messieurs, mesdames, Indust est dans la place !
Entre une avalanche de clichés pris n’importe quand et comment, l’auditeur aura la surprise de déballer une page de journal, le Indust’s News. En effet, la formation aura choisit cet artifice pour mettre en avant les paroles de ses compos. Un petit clin d’œil au "Lies" des Guns N' Roses probablement, mais qu’importe, la surprise est efficace.
Aller hop, je m’envois une Barbar pour m’écouter ça.
D’entrée, les Indust marquent le coup en proposant des riffs puissants flirtant avec Slayer ou Hatebreed. La voix du chanteur de l’époque, Radzul, n’est pas sans rappeler celle de Nations On Fire . Avoisinant parfois le screamo sans trop en user, elle manque parfois -à mon sens- de puissance dont font preuve les riffs et la rythmique en arrière. Le phrasé est, lui, typiquement HxC et lorgne du coté de Sick Of It All ou d’Agnoctic Front.
La production est vraiment bonne pour un premier album, elle sert à merveille la puissance écrasante du groupe. Notons aussi que la tracklist est impressionnante pour un premier opus (14 titres, ce n’est quand même pas à la portée de toutes les formations).
La musique, à mi-chemin entre le thrash et le punk s’emballe parfois, ("Fake", "CheckMate") et certains morceaux proposent des bridges assez percutant qui pète la tronche de mon cousin Martin ("R.A.P.E"), mais la plupart des morceaux servent l’efficacité du groupe, son honnêteté et sa volonté de tout livrer d’un bloc ("Dissoci-Hate", "Fuck Your Education"). D’ailleurs les compositions s’enchaînent à une vitesse folle, souvent rattrapées par des chœurs de groupe qui scandent -en général- une phrase bien efficace ("This Difference is what MAKE US STRONG !" sur "Difference").
Mais c’est sur "Legitimate Pride" que le groupe explose littéralement, maniant a merveille les riffs thrash et les airs punk, ce qui deviendra le fer de lance de l’énorme album suivant, "On Evil’s Right". Un riff lourd, un chant hurleur et l’explosion punkisante suffisent à hisser ce morceau au sommet dans la tracklist de l’opus. Si bien qu’on passerait presque a coté de la reprise des Final Exit, "Not A Punkrock Song".
Au final, je conseille cet album a tous les fanas de hardcore (s’ils ne l’ont pas déjà). Un condensé d’honnêteté furieuse, d’envie de tout casser et de bonne humeur à se mettre sous l’oreille, en attendant d’écouter le fabuleux, l’immense, que dis-je, l’incontournable "On Evil’s Right".
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