Le groupe
Biographie :

Immolation est un groupe de death metal américain formé en 1986. Ils utilisent un son très sombre et très "rugueux". Après plusieurs demos, leur premier album, "Dawn Of Possession", sortira chez Roadrunner en 1991. Le groupe restera silencieux pendant cinq ans avant de signer chez Metal Blade pour y sortir en 1996 un album très attendu de ses fans, "Here In After". Le groupe fera quelques tournées pendant un an au côté de Cannibal Corpse et de Six Feet Under. Après encore une longue attente pour les fans, ils goûtent enfin au plaisir de la sortie de "Failures Of Gods". Ils sortiront ensuite "Close To A World Below" en 2000, puis signeront sur le label français Listenable Records pour lequel ils enregistreront les albums "Unholy Cult" et "Harnessing Ruin". En 2009, ils signent chez Nuclear Blast et sortent, en 2010, leur huitième album "Majesty And Decay". En 2011, Immolation sort un EP en libre téléchargement, "Providence", suivi d'un nouvel album en Mai 2013, "Kingdom Of Conspiracy". L'album suivant, "Atonement", sort en Février 2017.

Discographie :

1991 : "Dawn Of Possession"
1996 : "Here In After"
1999 : "Failures For Gods"
2000 : "Close To A World Below"
2002 : "Unholy Cult"
2004 : "Bringing Down The World" (DVD)"
2005 : "Harnessing Ruin"
2007 : "Shadows In The Light"
2007 : "Hope And Horror" (EP)
2010 : "Majesty And Decay"
2011 : "Providence" (EP)
2013 : "Kingdom Of Conspiracy"
2017 : "Atonement"


Les chroniques


"Atonement"
Note : 16/20

Les vétérans d'Immolation sont de retour avec "Atonement" et une pochette qui annonce la couleur en affichant un ange exterminateur en guise de bienvenue. Un petit détail qui permet de savoir d'office que le groupe ne s'est pas assagi.

Sentiment confirmé avec "The Distorting Light" qui ouvre l'album de façon aussi dissonante que brutale. On retrouve évidemment très vite aussi le côté démoniaque et vraiment malsain propre à Immolation, cette capacité à pondre des morceaux réellement malfaisants. Comme sur les deux précédents albums on trouve des structures certes tortueuses mais pas autant qu'à l'époque "Failures For Gods", "Close To A World Below" ou "Unholy Cult". Un Immolation un peu plus direct même si on est loin d'un death basique, les morceaux sont à tiroirs et les structures bougent régulièrement mais le groupe se fait tout de même un peu plus frontal. Les ambiances glauques et malsaines sont toujours là par contre, pas de souci pour ça, le groupe sait y faire en matière de climat sonore apocalyptique. Les passages les plus lourds donnent toujours l'impression de se prendre une enclume de dix tonnes sur le coin de la tronche, les mélodies sont toujours aussi sales et les riffs les plus brutaux prouvent aux petits jeunes que la vitesse ne fait pas tout. En gros, cet album ne révolutionne pas le son d'Immolation, et c'est tant mieux, mais crée un équilibre entre sa période la plus brutale et celle plus sournoise et technique. "Atonement" est entre les deux et continue plus ou moins comme je le disais sur la lancée de "Majesty And Decay" et "Kingdom Of Conspiracy". Ne vous fiez pas trop au retour du logo d'origine (légèrement remanié) et des tons de la pochette proches de celle de "Dawn Of Possession", le groupe n'a pas fait un retour aux sources complet. Par contre, il a effectivement réinjecté un peu plus de brutalité à sa musique, et le lien est fait avec "Dawn Of Possession" via le réenregistrement du morceau "Immolation".

Ce qu'on retrouve aussi des deux albums précédents, c'est ce son de batterie encore un peu trop plastique à mon goût, mais bon c'est dans l'air du temps visiblement. En dehors de ce léger bémol, c'est une fois de plus un album solide, du Immolation pur jus et un death metal comme seul ce groupe sait le faire. Un morceau comme "Lower" délivre une ambiance vraiment sinistre de fin du monde, un constat qu'on pourrait généraliser à tout l'album d'ailleurs en disant que sa pochette lui va décidément comme un gant. D'autant que chez Immolation, on sait que c'est de l'authentique, ces gars-là ne sont pas du genre à faire des vagues et leur musique leur vient des tripes. Leur death metal est réellement habité, quelque chose me dit que ce n'est pas par une entité accueillante. Dans une période où le death metal est autant une course à la vitesse qu'à la technique, il est des groupes comme Immolation qui viennent remettre régulièrement les pendules à l'heure. Même si j'aime toute cette scène technique et brutale, il lui manque souvent ce qui fait le death metal, ce côté justement morbide, sinistre, malsain. Chez Immolation, comme d'habitude, tout est là, après 29 ans de carrière ils n'ont pas encore tout dit et arrivent encore à nous envoyer régulièrement des albums qui mettent tout le monde ou presque sur le cul. Il n'y a que chez eux que l'on retrouve une ambiance aussi démoniaque, même si d'autres groupes sont plus malsains aucun ne sonne aussi mauvais (dans le sens malin, méchant hein).

Un nouvel album qui prouve qu'Immolation en a encore sous le pied, aussi brutal que malsain, pas aussi fou et tordu qu'à une époque mais définitivement death metal et efficace. Immolation est une valeur sûre et le prouve une fois de plus avec un album qui ne devrait pas décevoir grand monde.


Murderworks
Mai 2017




"Kingdom Of Conspiracy"
Note : 16/20

Après un "Majesty And Decay" qui aura mis tout le monde d'accord et un EP distribué gratuitement au format numérique, les démons d'Immolation sont de retour, et cette fois la bête s'appelle "Kingdom Of Conspiracy". Je crois qu'il n'est pas forcément utile de rappeler que pour des vieux de la vieille ils ont encore de la ressource, le précédent album l'avait déjà prouvé. On va quand même se pencher d'un peu plus près sur ce nouveau bébé, juste au cas où ils auraient enfin décidé de sortir une daube.

Bon, pas la peine d'essayer de faire durer un suspense foireux, c'est pas encore cette fois qu'on sera déçu. Le seul reproche que certains pourraient leur faire c'est de servir plus ou moins la même formule depuis longtemps, mais ce serait totalement idiot de reprocher à Immolation de faire ce que seul Immolation sait faire. A savoir toujours ce death à la fois brutal, technique, tortueux et aux ambiances littéralement démoniaques. Il est vrai que sur "Majesty And Decay" on pouvait noter une légère accalmie au niveau des structures, peut-être un peu moins folles et plus faciles à cerner qu'auparavant. Pour cette fois ils ont décidé de nous calmer d'entrée de jeu avec le morceau titre qui sort les crocs direct, c'est brutal et ça devrait refroidir les ardeurs des plus téméraires. Après cette entrée en matière, on retrouve le Immolation qu'on connaît tous, à la limite en peut-être plus brutal que sur le précédent.

Toujours est-il que c'est encore une fois une baffe, on a beau connaître la recette par cœur, on se fait toujours avoir ! Le seul point qui me chagrine un peu c'est le son un peu plastique de la batterie, mais il faut avouer que c'est ma bête noire et que ça ne suffit pas pour gâcher l'écoute. Parce que pour le reste on est gâté avec du Immolation en grande forme, on se fait enchaîner avec 10 morceaux plutôt méchants et qui dégagent toujours ce feeling malsain qu'on ne retrouve que chez eux. Les habitués ne risquent pas d'être dépaysés et ce n'est pas plus mal, c'est donc avec plaisir qu'on profite de ce death metal tordu avec ses riffs et ses rythmiques qui partent en vrille à longueur de temps. Ce groupe est la preuve ultime qu'il n'y a pas besoin de mettre des blasts partout et de bourrer comme un âne pour faire du metal extrême, violent et agressif. Chez Immolation c'est la brutalité version "dans ta gueule, tu l'avais pas vue venir celle là", c'est naturellement méchant donc pas besoin de forcer le trait. Bref, c'est le death metal dans toute sa splendeur, c'est comme ça que ça devrait toujours sonner !

J'y reviens un peu mais je trouve vraiment dommage que le groupe ait cédé à une production un peu plus propre, surtout la batterie comme je le disais qui souffre de l'habituel syndrome "boîte de conserve". D'autant plus dommage qu'Immolation avait un son plus rugueux par le passé qui collait parfaitement à leur musique, et même si un son plus gros leur va bien aussi, j'aurais préféré qu'ils gardent une batterie organique au lieu de cette espèce de version Playskool. Le jeu du batteur, lui, n'est pas à remettre en cause par contre, il blaste comme il faut et niveau rythmique rien à dire à part qu'il faut en avoir dans le caleçon pour suivre les délires sonores de Rob Vigna avec une batterie !

Bref, pas besoin d'en rajouter des tonnes en fait, Immolation fait du Immolation et en dehors de quelques variations d'albums en albums on retrouve ce qu'on cherche chez eux. Ce nouvel opus ne déroge pas à la règle et la qualité est carrément au rendez-vous, même si je pense que les mordus du genre l'auront déjà dans les esgourdes depuis un moment.


Murderworks
Septembre 2013




"Majesty And Decay"
Note : 17/20

Immolation, groupe de death qu'on ne présente plus, sort encore une fois un album surprenant, pour le plus grand plaisir des fans de metal extrême. En effet, on devine que ces 12 pistes de pur death old-school résultent d'un travail de composition acharné, tant par la complexité des morceaux que par l'originalité de ce nouvel opus. Deux pistes instrumentales à l'atmosphère pesante et sépulchrale coexistent parfaitement avec le reste du set, sans donner cette impression de "remplissage" parfois agaçante. On est cloués sur place par la section rythmique et les changements de cadence très fréquents ("The Purge", "A Thunderous Consequence", "Power And Shame") et tout autant précis et efficaces. On apprécie le bon effet "bulldozer" typiquement old-school renforcé par une grosse caisse omniprésente,des passages ultra-lourds qui alternent avec des passages à la double pédale destructeurs, sans oublier les riffs thrashy et découpés à la machette ("The Rapture Of Ghosts", "In Human Form", "Majesty And Decay"). Un death bien rugueux et très nuancé : le troisième morceau, "A Token Of Malice", en plus des changements de rythme à couper le souffle, est cousu de passages en hammer, bientôt suivis par un solo suraigu et frénétique. La transition basse+guitare dans "The Purge" s'éloigne un peu de l'esprit "old-school-compact" de l'ensemble, sans pour autant "jurer" avec le reste du morceau, au contraire, elle s'y place très bien, suivie de roulements puissants et de riffs sauvages aux harmoniques pincés. On est stupéfaits par le travail de structure et de composition : les morceaux sont très riches et très nuancés mais ne laissent aucune impression de foutoir ni de remplissage hasardeux. Cet album est avant tout destiné aux initiés, au public initié des death-métalleux. Les fans de néo "mainstream" et de metalcore, entre autres, devront passer leur chemin. Un album de death old school macabre et massif.


Delph
Février 2011


Conclusion
Le site officiel : www.everlastingfire.com