Le groupe
Biographie :

Helioss est né au début de 2009 quand Nico (guitares, basse, programmation) a décidé de créer un nouveau projet musical plus extrême que ce qu’il avait fait jusqu’à ce jour. Inspiré du heavy metal, du symphonic black mais aussi de la musique classique et baroque, il commença à écrire des morceaux. Il demanda alors à Pierre (Scornforger, Unchained et ex-Dividead) de travailler avec lui. Helioss a déjà sorti un EP 6 titres en 2010, "Confessions", qui a reçu un assez bon accueil sur le web. Peu après, Nico commença à écrire le premier véritable album, "The Forthcoming Darkness", qui a été écrit fin 2010 / début 2011. L’album a été enregistré par Sylvain Raulin (Hellixxir, Supplicium, Auspex...) et Nico puis masterisé par Gaël Hallier au studio Le Petit Village. L’artwork a été réalisé par Eacone. Helioss revient en 2015 avec un nouvel album, "One With The Sun", et un nouveau chanteur, Thomas Prunet. L'album suivant, "Antumbra", sort en Mars 2017 chez Apathia Records.

Discographie :

2010 : "Confessions " (EP)
2012 : "The Forthcoming Darkness"
2015 : "One With The Sun"
2017 : "Antumbra"


Les chroniques


"Antumbra"
Note : 15/20

Vu que le soleil est de retour, je crois que c'est le moment de chroniquer le nouvel album des Français d'Helioss (helios, soleil en grec tout ça tout ça... ). Le duo officie dans une sorte de black / death symphonique et délivre ici son troisième album "Antumbra".

"The World Is Ours" ouvre l'album de façon directe avec de bons gros blasts surmontés d'arrangements orchestraux fortement teinté de néo-classique. Premier morceau majoritairement brutal et frontal mais qui ne laisse pas pour autant la mélodie au placard. Helioss n'est pas du genre à bourriner non stop et à se contenter de nous assommer sous un tapis de blasts même si ceux-ci sont nombreux sur "Antumbra". Le duo sait créer des ambiances et placer des passages plus lourds quand il le faut, sans compter les arrangements néo-classiques dont je parlais plus haut qui viennent régulièrement apporter une dose supplémentaire de mélodie au milieu d'un album tout de même assez intense. On sent en tout cas que le groupe maîtrise l'art du contraste, j'en veux pour preuve le break de "Santhara" qui arrive avec une partie acoustique après une pluie de blasts le tout pour repartir sur des riffs de bûcheron soutenus par de gros coups de double grosse caisse ! L'acoustique fait d'ailleurs plusieurs apparitions bienvenues sur ce nouvel album, que ce soit en entame de "Dernière Nuit" ou de "Forsaken", cela permet d'apporter à la fois un calme au milieu de la tempête et de varier les sonorités et les ambiances. C'est d'autant plus appréciable que les morceaux tournent au minimum autour des cinq minutes, certains allant jusqu'à huit minutes, et que l'on se serait vite lassé si Helioss avait répété ad vitam les mêmes structures.

Malgré cette relative variété de sonorités, le duo à réussi à produire un album assez homogène et "Antumbra" crée tranquillement son monde au fil des morceaux. Un monde assez torturé d'ailleurs, même si on ne tombe jamais dans le bourrinage intensif ou les ambiances de dépressif chronique "Antumbra" montre tout de même une certaine brutalité que ce soit dans les passages blastés ou les riffs qui pèsent des tonnes d'un côté et des mélodies au moins mélancoliques de l'autre. Le revers de la médaille avec cette homogénéité dont je parlais c'est qu'à la première écoute, certains risquent d'être perdus et d'avoir l'impression de se retrouver face à une masse sonore. Je tiens d'ailleurs à préciser que Helioss a une personnalité bien à lui et que, même si nous ne sommes pas en présence d'un album expérimental, il n'est pas aisé de rapprocher la musique du duo de celle d'un autre groupe, un très bon point. L'autre point qui fait plaisir c'est la présence de plusieurs soli de guitare plutôt sympas et toujours mélodiques. Niveau production, c'est du bon boulot, Nicolas Muller et D.M. ont enregistré eux-mêmes l'album et l'ont fait mixer et masteriser au Henosis Studio par Frederic Gervais. Le résultat est un son puissant et assez clair pour que tous les instruments se fassent entendre, indispensable pour une musique aussi riche en arrangements.

Au final, un troisième album plutôt efficace, dense et à la fois violent et mélodique. Les arrangements néo-classiques et les passages acoustiques viennent apporter un peu d'air frais au milieu d'un album tout de même assez brutal.


Murderworks
Juin 2017




"One With The Sun"
Note : 16/20

Helioss, divinité solaire chez les grecs anciens, est aussi une projet de metal extrême français, dirigé d'une main de fer par Nicolas Muller, multi-instrumentiste et et très bon compositeur. Si le premier album "The Forthcoming Darkness", avait recueilli de bons échos dans la presse spécialisée il y a quatre ans maintenant, l'entité n'a pas beaucoup fait parler d'elle depuis. Confiné (pour l'instant ?) à l'état de groupe de studio, le Dieu du Soleil livre un deuxième chapitre qui lui ouvrira peut-être les portes de l'Elysée, et franchement, il a, avec "One With The Sun", tout pour atteindre la reconnaissance.

Oeuvrant dans un style extrême, entre black et death metal, Helioss ne croupit pourtant pas dans les profondeurs du Tartare mais tend à toucher les étoiles. Hautement mélodique, orchestral, voire néo-classique par moments, "One With The Sun" est un astre brillant, resplendissant de couleurs, de diversité et de virtuosité. On pense à un groupe comme Artefact à l'écoute de l'album, un Artefact débarrassé de ses velléités médiévales et adoptant une approche plus romantique et moderne. Le black metal progressif et ultra-mélodique de Helioss est un petit trésor caché, difficile à appréhender au début mais qui se révèle très vite au fil des écoutes. Ses nombreuses digressions ne sont jamais gratuites. Le travail d'écriture est très poussé et une grande cohérence s'installe entre les différentes parties. Les morceaux présentent des structures complexes mais logiques. Les progressions sont fluides et les morceaux prennent la forme de grandes fresques épiques antiques où l'on prend plaisir à déambuler.

Après une intro spatiale, "One With The Sun" nous entraîne dès son titre introductif dans une tornade black metal mélodique aux riffs frondeurs et incisifs. Immersion directe et réussie pour un long voyage dans le cosmos, à la fois noir et majestueux. Ce metal orchestral plaira aux amateurs d'Anorexia Nervosa, Old Man's Child ou Artefact, ou d'autres groupes de black ou de death intelligents et aventureux. Le talent mélodique de Nicolas Muller est époustouflant. Les soli de guitares sont mélodiquement exacerbés et portent une patte personnelle, teintée de néoclassique. Accouplées à de nombreux arrangements au synthé, les compos ressemblent à des tempêtes symphoniques extrêmes ("Unnamed Soul" est un monument).

Il y a des titres mémorables comme "We, The Kings", morceau au riff conquérant, aux leads de guitares mélodiques et clavecin sur le refrain ainsi que son passage martelé central (les "hey" fédérateurs) ; le riff dévastateur à 1min12 sur "Bondage Of Oppression", viscéral et ravageur ; ou encore "The Filth Of Mankind" avec son motif tournoyant et son refrain en voix claire et en français. Des compositions riches mariant puissance, rage, subtilité et délicatesse.

Quelques surprises sont également aux programme. "Espace-Temps", chanson en français aux lyrics très bien écrites et presque poétiques, se démarque surtout par son refrain, chanté par Aurélien Fouet-Barak, qui a une étrange sonorité pop / r'n'b du début des années 2000 (on a l'impression d'entendre un titre de Laam ou un truc du genre, la mélodie et le rendu nous évoque fortement ce genre de chanson de variété, ceci n'étant qu'une impression très subjective). L'énorme décalage entre ce passage et le reste du morceau, nihiliste et ténébreux, détonne mais on se prend au jeu à force. Autre détail, le growl en français, s'il est tout à fait louable, fonctionne mal sur ce titre et fait très cliché. "Her Song Of Ruin", morceau sur un amour détruit sur le front de l'Est en 39-45, surprend avec ses passages dansants et traditionnels slaves succédant à des cavalcades black / death.

Le son est propre et de très bonne facture, équilibré et clair, même si l'on sent quelques défauts inhérents liés à l'autoprod': l'égalisation des volumes n'est pas parfaite (notamment sur l'intro où le contraste entre la partie clavier et la partie metal est saisissant), la BAR est surmixée et les cymbales manquent de répondant. Aussi pourrait-on reprocher un maque de puissance au niveau des grattes, un peu plus de pêche sur les six-cordes aurait boosté davantage l'album. Mais ne tombons pas dans l'hypercritique gratuite, la prod' est tout à fait honnête pour un album fourmillant de détails et d'apparats mélodiques complexes. Un bon point également pour la BAR qui ne sonne pas de façon synthétique et est bien dosée et programmée.

Helioss a créé un album remarquable d'une richesse si abondante qu'il est impossible d'en parler avec précision. Disons simplement que "One With The Sun" est une vraie réussite, travaillée, maîtrisée et à la créativité inépuisable. Ce deuxième album sera dur à surpasser. Un petit saphir noir que l'on recommande chaudement.


Man Of Shadows
Juillet 2015




"The Forthcoming Darkness"
Note : 17/20

Je mets toujours de bons espoirs dans la scène métallique française, et particulièrement dans son black metal. Aussi je me vois confier la galette d'Helioss, groupe de Paris qualifié de black death symphonique, et j'ai même la chance d'avoir reçu le support physique (merci aux deux papas du rejeton musical d'ailleurs). Helioss, ayant déjà fait la promotion du disque sur YouTube avant la sortie (vu plusieurs fois sur Facebook), nous sort son premier album plein de bonnes promesses. Il aura plus ou moins fait parler de lui au sein de la communauté chevelue. L'intro est de prime abord assez peu représentative du reste de l'opus. Une partie au piano assez mélancolique, mais teintée d'une touche de romantisme. Finalement, elle est à sa place. Non, déjà d'office, si vous cherchez un album pour les gros durs sans coeur, Helioss n'est pas pour vous. "The Worm Inside" tape direct là où ça fait mal. Le riff introductif est peu courant, et la suite et fin du morceau est plus qu'intéressant. L'introduction de "From The Buddha To The Cross" ne m'a par contre pas trop plu. Le piano y est pour beaucoup, je le trouve trop artificiel et trop "prout prout". Seule véritable ombre au tableau nous dirons. Cependant, également sur cette piste, la fraîcheur est présente. Au fil des morceaux, on sent quand même la grosse influence néoclassique et baroque dans le jeu "guitaristique". Le clavier est présent surtout aux endroits clés, le reste du temps, quartier libre est offert aux grattes qui s'en donnent à coeur joie. En bref, on a plus affaire à une oeuvre de metal néoclassique "assombri" typé baroque, qu'un véritable album de black death metal. Ce n'est cependant pas un défaut, l'oeuvre s'auditionne très bien. Ce style-là est relativement rare, à moins que je n'ai loupé un épisode. Donc rien que pour la curiosité, à écouter ! Quoi qu'il en soit, Helioss nous livre une oeuvre sincère, fraîche et inspirée, qui présage d'une très belle carrière, espérons-le. J'ai même envie de dire qu'avec "The Forthcoming Darkness", Helioss éclate au grand jour, tel le soleil dont il emprunte l'éthymologie grecque...


Lukos
Septembre 2012




"Confessions "
Note : 12/20

Helioss, encore une jeune formation de black metal symphonique qui nous fait l’honneur d’un premier EP "Confessions " plein d’espoir pour l’avenir du groupe et de la scène Française actuelle.

Un album qui s’ouvre sur une agréable mélodie de clavier puis c’est l’explosion et on se retrouve en plein cœur d’un heavy black metal symphonique au clavier très présent. Un peu comme Stormlord, le groupe Italien pour ceux qui connaissent. Le clavier ici est un peu plus diversifié, passant des simples notes de pianos, au clavecin, à l’orgue et aux nappes atmosphériques. Très riches, les influences baroques et classiques au clavier sont un véritable plus sur cet EP. Comme je vous le disais, les influences heavy metal sont très présentes sur cet opus, ce qui en fait un album très accrocheur du début à la fin. Les rythmiques y sont efficaces, puissantes tout comme la batterie qui bénéficie d’un son peut-être un peu trop synthétique sur ce premier EP.

Helioss se distingue d’un Malevolentia grâce à cette touche très futuriste créé par ce chant parlé si particulier, que l’on retrouve presque sur tous les morceaux. "God is not taking you into things, God is taking you through things", une phrase qui m’a laissé perplexe pendant plus d’une écoute. Aurais-je affaire à un groupe chrétien ? Ou est ce là de l’ironie ? En regardant la pochette angélique de "Confessions " je me dit que ce groupe loue peut être un véritable culte au seigneur tout puissant…

Bref, quoi qu’il en soit, je vous l’ai dit sur ce premier EP, Helioss fait preuve d’une très grande efficacité. Bien sûr certains passages, certains arrangements méritent encore d’arriver à maturité. Je pense notamment à "The Other Side Of Midnight", un titre assez maladroit qui aurait mérité des arrangements plus travaillés. "Mirrors" est un morceau très intense, où le chant se rapproche plus du death que du black mais c’est très bien comme ça. Je regrette encore une fois cette batterie un peu trop en retrait et aussi trop synthétique mais que voulez-vous, c’est en forgeant que l’on devient forgeron, n’est-ce pas ? Sur "Alone" on se retrouve dans une ambiance définitivement death metal, c’est très accrocheur et on imagine facilement le bordel dans la fosse à ce moment là.

Un album très mélodique donc et qui laisse présager un certain feeling du groupe au niveau des mélodies. Les solos font également leur apparition sur ce "Confessions ". C’est plein de bonnes idées et d’inspiration, il ne reste plus qu’à laisser le temps faire son travail à présent.


Célin
Août 2011


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/heliossband