Le groupe
Biographie :

C’est avec plaisir que nos Hollandais revêtissent peau de bête, épée et bouclier pour le nouvel opus d’Heidevolk : "Uit Oude Grond". Actif depuis 2002, Sebas Bloeddorstv et Reamon Bloem à la guitare, Rowan Middelwijk à la basse, Joost Westdijk avec les baguettes en main et Joris Boghtdrincker ainsi que Mark Bockting au chant, nous offrent trois albums avec le tout nouvel opus sorti en Mars dernier. D’ailleurs chacun de leur album sort officiellement chez Napalm Records en Mars, le mois du printemps tel une fleur qui éclot, leur opus possèdent toute la douceur des beaux jours qui reviennent et le mystère de la nature qui s’éveille sans oublier les nombreuses références mythologiques et légendaires, littéraires et historiques des Pays-Bas. A écouter sans modération qui convient à tous les fans du style pagan folk metal dans lequel Heidevolk s’établit parfaitement.

Discographie :

2008 : "Walhalla Wacht"
2010 : "Uit Oude Grond"
2012 : "Batavi"


Les chroniques


"Batavi"
Note : 08/20

Quand les Pays-Bas veulent faire du pagan metal, c'est le groupe Heidevolk qui se met en avant avec son album "Batavi" (je n'ose point faire de jeu de mots). Côté instrumental, c'est un combo de base avec batterie, guitare et basse. La seule originalité est la présence de deux chanteurs. En écoutant les deux premières pistes "Een Nieuw Begin" et "De Toekomst Lonkt", on remarque très vite le côté pagan metal avec des riffs bien lourds ou plus rapides qui restent corrects mais pas marquants. Ce qui est surtout insupportable est le chant qui ne colle pas du tout. Imaginez deux gars bourrés qui essayent de chanter des chansons paillardes, c'est à peu près la même chose. Aucun effort, de la monotonie à souhait à presque faire croire qu'ils vont s'endormir sur place. J'ai oublié de préciser, ils chantent en Néerlandais et ça n'amène même pas une réelle touche d'originalité. Pour les trois autres pistes "Het Verbond Met Rome", "Wapenbroeders", "In Het Woud Gezworen", c'est la même recette à base d'ennui et de lassitude. Dommage car les ingrédients auraient pu être là si la musique avait plus collé au chant ainsi qu'une meilleure qualité de son. Tiens, la piste suivante "Veleda" qui est une ballade jouée au violon et guitare folk est un peu plus agréable par sa douceur. Enfin un morceau qui reste appréciable. Et pour les dernières pistes, on revient au thème musicale des premières pistes avec cette même impression d'ennui. Dans l'ensemble, l'album "Batavi" du groupe Heidevolk ne casse pas vraiment des briques, juste de quoi satisfaire lors d'une soirée pagan metal quand on a quelques grammes d'alcool dans le sang mais pas plus. Tant pis.


JU
Avril 2012




"Uit Oude Grond"
Note : 15/20

Avec tous ces groupes de folk metal qu’on retrouve un peu partout, il est difficile de trouver le petit plus pour se différencier des autres déjà bien nombreux, et pourtant, Heidevolk n’a pas de mal pour faire son petit bonhomme de chemin dans la musique pagan et sait trouver les arguments pour plaire. Pour résumé : de très bonnes rythmiques entrainantes et une musique variée aussi bien en instruments qu’aux différentes mélodies. Bien sur leur musique s’inscrit clairement dans une ambiance pagan / folk avec de solides références historiques, littéraires et mythologiques.

On sent vraiment à l’écoute de l’album une véritable maturité musicale, leur musique est bien carrée et approfondie de manière à ne rien laisser au hasard en ajoutant à ça une véritable passion des musiciens. On peut également s’arrêter sur la grande présence de références mythologiques et légendes, sans rentrer dans les détails tous les titres qui figurent sur l’album portent le nom d’un personnage de la mythologie Nordique ou historique, d’une légende provenant de la même région ou encore une référence littéraire à un poème d’un auteur Néerlandais, pays de nos musiciens. Au moins la source d’inspiration du groupe et plus particulièrement de Joris Boghtdrincker parolier et vocaliste d’Heidevolk, n’est pas dénuée de sens et fait appel à des faits qui relèvent de toute une tradition. Ce qui fait la différence avec d’autres groupes pagan c’est l’originalité de leur musique, déjà ils ont privilégié deux chanteurs, ils chantent en même temps mais donnent un bon effet à la mélodie. Des vocalises typiquement folk à base de "oh, oh" et de "la, la" et un petit écho dans la voix. En fait, on imagine très bien une troupe de guerriers partir au combat en chantant les traditions de leur village pour se donner tout le courage nécessaire. Leur musique est loin d’être attristante et bien contraire elle est joyeuse et convient très bien à une ambiance de fête. Alors qu’on imagine les champs de bataille dans certains morceaux, d’autres laissent penser à une fête de village à une époque loin de notre civilisation actuelle, surtout dans le morceau instrumental : "Alvermans Wraak" (La revanche des Alverman). La mélodie possède également une part de sévérité, encore une fois les sujets exprimés ne sont pas tous joyeux et traitent aussi de la mort et de la fatalité du destin.

Il n’y a pas grand-chose à reprocher à ce groupe, sans faire leur particularité sur la voix et leur sujet d’inspiration, ils ne laissent pas de côté les instruments et mettent en avant le côté metal de leur musique. Les guitares et la batterie sont bien présentes, (la guitare acoustique a su amener tout son charme et les solos de grattes sont plutôt bien réussis), et prennent le dessus sur d’autres instruments beaucoup plus folk comme la flûte qui d’ailleurs n’est pas présente sur cet opus, en revanche le violon trouve sa place dans des passages mélodiques plus folk ou plus lents et plein de douceur comme les magnifiques morceaux : "Levenlots" (Le destin) et celui qui suit : "Deemstering" (Crépuscule). Ce dernier étant une petite mélodie instrumentale emplie d’un romantisme folklorique. Heidevolk n’a donc rien oublié à la composition d’un bon opus et nous offre encore une fois le plaisir de nous régaler de leur musique pagan folk metal. Alors tous à vos cornes et trinquons à l’existence d’Heidevolk et de leur nouvel opus : "Uit Oude Grond".


Liz
Juin 2010




"Walhalla Wacht"
Note : 16/20

Un coup de tonnerre et c'est parti ! Les guerriers sont en furie... au cœur des vallées du "Saksenland" une bataille se déroule. Chantant à propos de leur pays et de l'amour qu'ils y portent, des dieux, des guerres, de la vie, de la mort...

Un cors nous appelle ! Rassemblons nos troupes, "Koning Radbound" ! Tambour et épées s'entrechoquent. Le rythme est lancé, se battre ou mourir, il faut choisir ! Le dialogue entre les deux chanteurs sonne juste, nous devons riposter ! (même si un peu plus de force dans leur voix pourrait nous emmener bien plus loin en quête de victoire) Le repos du guerrier ! Mais où ? …à la taverne bien sûr "Hulde Aan De Kastelein", oh oui laissons nous emporter par les effluves d'hydromel, les odeurs de porc grillé et de gros barbus sales et ivres remerciant en chœur leur kameraad (camarades) et la boisson, vodka, blonde, whisky… et même l'eau ! 'Sont fous ces païens ! J'apprécie particulièrement, le chant, typiquement folk, en Néerlandais, très batailleur, un prof de chant s'en arracherait les cheveux mais la bataille et la patrie avant tout. Bref, ceci est du pagan / folk metal, pas de mal à identifier les influences. Peut-être le genre de groupe que l'on se lasse d'écouter au bout d'un moment… peu importe pour l'instant je voyage, juste à fermer les yeux et voir ces contrées vertes et prêtes à être envahies par l'ennemi ! Le violon est par moments d'une beauté certaine et ajoute une touche mélancolique à ce monde de brutes. La batterie ajoute l'effet de tambourinage épées / bouclier, épées / épées, mais sans la violence (un peu dommage cette absence de lutte… mais pas les vacances pour autant). Bref pas si brouillonne cette bataille. Le morceau "Zwaarden Geheven" ne serait rien sans cette énergie entraînante que nous apporte la guitare… Espérons que les dieux l'entendent ! Nous voilà plongés dans la forêt ("Dageraad"), au son de la flûte nous implorons les dieux de nous venir en aide pour cette bataille… peut-être la dernière. Ou bien sommes nous en train de supplier Odin d'envoyer nos humbles guerriers morts en Walhalla ! Les oiseaux et les instruments traditionels nous accompagnent au long de ce cortège funéraire. Et c'est sur cette note nostalgique, que le voyage se termine.

Dur, dur le retour à la réalité… Dix titres, qui se ressemblent mais avec un esprit et une atmosphère différents, pas d'impression de déjà vu (c'est un bon point pour un groupe folk !). La partie frustrante serait peut-être le fait que l'on a du mal à s'imprégner des paroles du fait qu'elles sont en Néerlandais mais c'est ce qui fait aussi le charme de ce groupe. Cela peut toujours nous encourager à apprendre cette langue ! En conclusion, bon album sans surprise (jusqu'à la pochette de l'album qui nous indique clairement ce que l'on s'apprête à écouter), bataille à vivre allongé dans l'herbe humide, un casque sur les oreilles, sans risque de se faire trancher la gorge par un gros barbare méchant pas beau.


Anaïs
Juillet 2010


Conclusion
Le site officiel : www.heidevolk.com