"The Architect"
Note : 12/20
Originaire de St Etienne, le groupe Heavylution a sorti son premier EP "The Architect" qui comprend 6 musiques.
Mais on apprendra par la suite que l’EP contient en fait, 4 chansons, car sur les 6 vraies chansons, une sert d’intro et "Reconnection" clôture cette galette.
En 4 musiques, on peut commencer à se faire une idée, bien entendu, de quoi est capable le groupe.
"The All Seeing Eyes" ainsi que "Dehumanization" prouvent que le groupe en a dans les tripes, même si cela ne reste pas vraiment ma tasse de thé, trop travaillé selon moi. Certes, on sent les influences de Maiden, Judas Priest et autres groupes cultes de la scène heavy metal des années 80, mais l’ensemble ressort assez "prog" pour ma part, ainsi que le son légèrement trop travaillé aussi. Ce qui est dommage, car j’ai l’impression de perdre en dynamisme et en pureté de son.
Mais "Dream Paranoïa" et "Keep Going" seront les deux petites sœurs de celles du dessus. On ressent tout de même des influences power metal, ce qui donnera du punch aux compos et qui sera plus en relation avec la production que nous sert le groupe. Certes, c’est très bien travaillé, on ne ressent aucun effet de remplissage, ce qui fait monter des points pour Heavylution en gage de sincérité.
Comme vous pouvez le voir, on a une courte chronique, pour un CD assez court (malgré des titres assez longs dans l’ensemble). Mais mis à part la production, je reste assez satisfait de l’EP, et je me le réécouterai avec plaisir.
"Metal Is Our Blood"
Note : 14/20
Allez hop, Heavylution nous embarque, avec sa première démo "Metal Is Our Blood", pour un voyage dans le temps vers les racines du metal. Et c’est pas de refus : le hardcore, le death, tout ça, ça finit parfois par être fatiguant.
Sous cet artwork sombre, cette police vieillotte argentée, se cache un opus quasiment voué à rendre hommage à Iron Maiden (cité dans les remerciements !), ou plutôt à toute la New Wave Of British Heavy Metal. Un hommage court (cinq véritables titres), mais efficace. Une introduction instrumentale et le premier morceau, "Warrior" (le meilleur), qui raille l’honneur des guerriers qui meurent au combat, nous emmènent directement dans un monde épique, peuplé de bruits d’épées qui s’entrechoquent. Les riffs sont très clairement heavy ; la voix, claire et old school ; le tout est digne des Maiden, pas rapide, pas saturé (en comparaison au metal contemporain extrême), juste équilibré et très bon, quasi jouissif même sur un petit solo sans prétention. On craint un peu pour la batterie, dont les sons graves sont pas mal étouffés, mais elle se révèle bien plus présente sur le reste de l’album. Passons sur "Betrayers", un peu plus speed mais vraiment simplette ; "Riffolution", "Fear Is Gonna Lead Us" et "Metal Is Our Blood", sans jamais atteindre la richesse de "Warrior", font aussi dans la qualité. La première d’entre ces chansons, plutôt thrash, proche d’un Metallica des premières heures, fustige "la société de consommation et le formatage musical" ; ça dépote, quoique naïf, et après tout c’est vrai : revendiquer Maiden à moins de 40 ans, c’est plus que du courage, c’est de la liberté. "Fear Is Gonna Lead Us", ensuite, traitant de l’hypothèse d’une prise de contrôle de la politique mondiale par le terrorisme nucléaire, comporte des harmoniques au chant assez différentes et une intro et un break heureusement bien menés par un duo basse - batterie qui gagne à être entendu. Enfin, "Metal Is Our Blood", hymne à notre genre musical préféré à tous, notre "common faith", notre "own religion", comme l’appelle ici Paul, clôt tout ça sur une touche heavy qui envoie.
Vraiment, ça sent l’Angleterre des années 80, mais là où Heavylution réussit sont pari, c’est qu’il évite le piège du copier - coller et intègre à son "hommage" une sacrée dose de modernité, grâce à la densité d’une basse et d’une batterie aux influences résolument power voire black. Reste à améliorer l’écriture, parce que si le style impose des paroles en Anglais (retranscrites dans le livret), la candeur qui s’en dégage parfois dissone un peu. Tout comme la voix d’ailleurs, qui pourtant montre par petites touches qu’elle peut mieux faire (sur "Fear Is Gonna Lead Us" et surtout "Metal Is Our Blood" !) mais ne tient pas la longueur.
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