Le groupe
Biographie :

Heart Attack est formé à Cannes en 2007 à l'initiative de Kevin Geyer (chant / guitare) et Flora Capello (basse). Le groupe est influencé par des formations telles que Gojira, Machine Head, Lazarus AD, Pantera ou Lamb Of God. En 2009, Heart Attack sort son premier EP "Lullabies For Living Dead" enregistré au Artmusic Studio (Nice) et masterisé au canada au Wildstudio (Job For A Cowboy, Krisiun...). Ce premier effort a été largement plébiscité et couvert d'éloges par les plus importants webzines français. Après les arrivées successives de Chris Cesari (guitare lead) et Chris Icard (batterie) et une soixantaine de concerts aux côtés de groupes comme Dagoba, Loudblast, Headcharger, The Arrs, ou Vetha, le groupe gagne en expérience et en notoriété pour proposer des shows toujours plus intenses et énergiques. En 2012, Heart Attack prend de la vitesse avec la sortie du clip "Stop Pretending" et ses passages en radio américaine ou norvégienne avec Anthrax notamment. Le groupe est signé par le label Apathia Records et sort son album "Stop Pretending" le 17 Juin 2013. En Mars 2017, Heart Attack, désormais avec Tony Junior Amato à la basse, livre alors son deuxième opus "The Resilience", toujours signé chez Apathia Records et distribué dans toute l'Europe.

Discographie :

2009 : "Lullabies For Living Dead"
2013 : "Stop Pretending"
2017 : "The Resilience"


Les chroniques


"The Resilience"
Note : 16/20

"The Resilience" est le deuxième album des français de Heart attack et pour cette fois on peut dire : "Ils sont de retour et ils sont pas contents". Cet album est effectivement basé sur les évènements de ces dernières années, à savoir attentats et autres attaques en tout genre.

Ne vous fiez pas à "Nocturnal Sight" qui ouvre l'album avec sa guitare acoustique, c'est une feinte, "Burn My Flesh" vient remettre les pendules à l'heure très vite avec ses riffs dans la grande tradition du thrash qui déboîte. Mais le thrash n'est pas le seul visage de Heart Attack sur ce nouvel album, on y sent aussi de grosses influences power qui tâchent et du gros hardcore des familles, bref le groupe n'est pas là pour enfiler des perles. Ce premier véritable morceau est déjà une boucherie en règle, entre le son massif, le groove qui tue et certains passages qui nous rappellent le morceau "Power Trip" de Chimaira, on en prend pour notre grade ! On a même droit à des blasts sur "Congrats To People", "Disorder" ou "When The Lights Dies Down" ! En tout cas, "The Resilience" est d'une efficacité à toute épreuve, un authentique ras le bol doublé d'un coup de pied au cul bienveillant. Typiquement le genre de morceaux qui vont faire des ravages sur scène, il y a le groove pour remuer la fosse et la brutalité pour nettoyer les cages à miel et défouler tout le monde. D'autant que le groupe fait bien le pont entre le old school et le metal plus moderne, deux écoles différentes qui savent tout autant faire parler la poudre. On trouve d'ailleurs régulièrement d'excellents soli de guitares aussi mélodiques que fous dans la grande tradition heavy / thrash. On a même un tube en puissance avec "Dead And Gone" avec son refrain accrocheur en chant clair, loin cependant des niaiseries de certains groupes modernes.

Je le redis mais le son est phénoménal ! Mixé et masterisé par Frédéric Gervais au Henosis Studio et enregistré par Sébastien Camhi au artMusic Studio, le tout est aussi puissant que clair et devrait bien vous ramoner les tympans. Chapeau bas aussi à Christophe Icard qui arrive toujours à trouver des parties de batterie inspirées et bien senties sans jamais trop en faire. Ce nouvel album est un gros défouloir mais vise aussi à faire comprendre à certains qu'il ne faut pas se laisser aller à la peur, qu'il ne faut pas commencer à voir des terroristes partout et qu'il ne faut surtout pas baisser la tête. Un message positif et salutaire dans un contexte pareil, il y a déjà assez de haine et de folie comme ça pour ne pas avoir besoin d'en rajouter une couche. Pour en revenir à la musique, le groupe arrive à insuffler assez de mélodie et de groove pour que l'album reste accrocheur et intéressant, l'ennui ne trouvant jamais une seconde pour s'infiltrer au milieu de ces quarante-cinq minutes de metal en fusion. "The Resilience" se termine d'ailleurs en douceur avec un instrumental de plus de huit minutes bien plus mélodique et posé que le reste de l'album. Une façon de faire retomber la pression en fin d'album et un morceau qui, malgré sa longueur et le fait qu'il soit instrumental, ne montre pas vraiment de faiblesses une fois de plus.

"The Resilience" est un album extrêmement efficace et plein de vie sorti à une période où la mort s'affiche de plus en plus dans nos médias. Alors si vous avez envie d'un bon défouloir ou tout simplement d'un bon album de metal porté sur le thrash, le power, le groove et tout ce qui tâche, je crois que vous venez de trouver un bon client.


Murderworks
Mai 2017




"Stop Pretending"
Note : 16,25/20

C'est intéressant de lire dans l'historique du groupe que celui-ci est influencé par des formations telles que Gojira, Machine Head, Lazarus AD, Pantera ou encore Lamb Of God, quand finalement au vu de toutes les critiques, si on synthétise, on s'aperçoit que la perception des auditeurs à l'égard de Heart Attack se situe plus dans un thrash dit groovy, ou encore old school... Et après quelques écoutes, de mon côté je n'ai pas forcément ressenti cette facette peut-être pas suffisamment, en tous les cas pas immédiatement si jamais on se devait de la ressentir, pour dire que c'était old school. Bien que sur la fin, elle soit plus présente. Mais avant d'aller plus loin il est indispensable de présenter le groupe.

Originaire de Cannes, pour une fois on pourra dire qu'il y a autre chose que des starlettes là-bas et encore plus que Heart Attack est un véritable festival à lui tout seul. Après six ans d'existence, un EP "Lullabies For Living Dead" sorti en 2009 qui semble avoir fait l'unanimité, "Stop Pretending" est le premier album de Heart Attack. La meilleure des choses qui puisse arriver à un groupe, c'est de sortir un album après un certain temps. Un temps nécessaire, même si l'on a toujours envie d'aller plus vite, à la bonne maturité des morceaux, un temps nécessaire à la réflexion quant aux sonorités qu'on a envie de donner à son album, à sa couleur, aux changements de rythmes, aux placement des morceaux. Et en y réfléchissant, c'est aussi sans doute pour cela que ce premier album fait également l'unanimité.

En plus de ça le groupe s'est donné les moyens en réalisant pas moins de trois clips pour l'instant, relatifs à ce premier album, à savoir les chansons "Down The Way" et son humour zombifique, "Sweat Hunting" avec la participation de Shawter (Dagoba) au chant, et "Stop Pretending". Rien que ça suffit à montrer l'envie et la détermination de Heart Attack pour faire valoir son premier album afin que celui-ci soit sur toutes les lèvres et dans toutes les oreilles. Mais comme si cela n'était pas assez, c'est également notre mascotte nationale du metal aujourd'hui, notre fer de lance, notre icône inébranlable qu'est Stéphane Buriez (Loudblast) qui est venue faire un tour du côté des guests en venant prêter un morceau de voix sur le titre "1902".

Si la production (enregistrée au HA Studio par Chris Cesari (guitare lead et rythmique) traduire : du fait maison, hormis pour certains vocaux, puis mixé et masterisé par Gael Hallier à "Le Petit Village Studio"), offre un rendu propre sans prétention aucune mais avec une performance percutante malgré tout (bien que le trigg soit un tantinet trop présent à mon goût et ce sur pas mal de morceaux), c'est d'abord par son visuel que Heart Attack fait la différence. Alors qu'en 2013 tout le monde se bat chez Photoshop chez des graphistes plus talentueux les uns que les autres certes, mais de plus en plus insipides aussi, eh bien certains en reviennent aux fondamentaux. Heart Attack a compris cela, d'ailleurs reconnaissons que par cette attitude, ils sont d'ores et déjà "old school". En effet, avec une cover illustration signée Louis-Edouard Fürste, qui est orientée complètement vers la BD, on sent tout de suite que Heart Attack veut se différencier, veut se mettre à l'écart pour qu'on le remarque. C'est chose faite, parce que ce bleu attire l'oeil et cette religieuse armée offre la vision de ce cruel et insoutenable état d'esprit actuel : Oui, il faut arrêter de faire semblant, c'est clair.

Après avoir fait le tour de la question, et si on parlait enfin de la musique contenue dans ce dix titres ? Un dix titres qui nous fait l'honneur de durer les quarante cinq minutes, parmi lesquelles on retrouve tout de même "Face The Music" et "Raging Load" issus du EP de 2009.

Alors c'est vrai, quand on dit que Heart Attack joue du thrash metal, c'est ce qui pourrait sembler le plus adapté comme étiquette à ce que joue le groupe. C'est d'ailleurs la tonalité que donne le premier titre "Stop pretending", avec des rythmiques très agressives, sans être forcément lourdes, une batterie aussi très violente mais qui reste constamment dans la légèreté (où il faut comprendre cinglant plutôt que puissamment lourd). A contrario, le son global des titres est très moderne, c'est ce qui offre un paradoxe entre le style de Heart Attack qui puise dans des racines assez anciennes, avec ce son qui quant à lui est totalement au goût du jour. C'est clair que même si beaucoup d'idées au cours de l'album auront un côté très jeune, notamment dans des passages très syncopés sur les guitares comme "Face The Music" où l'on ressent la fraîcheur du groupe (et c'est ici que j'ai eu du mal à dire que c'était immédiatement old school) ; sur sa globalité, il faut le reconnaître, le groove est de la partie à chaque fois et c'est ce qui donne du piquant aux chansons.

Les solos sont enragés, des solos qui rappellent effectivement la gloire des anciens du thrash américain, la batterie fait un travail phénoménal, et finalement celle-ci n'est pas totalement thrash par rapport aux guitares, car sur un titre comme "Sweet Hunting" ses accélérations sont véritablement death, appuyées par les vocaux notamment. Les harmonies alliées à cette batterie brutale, permettent de dire qu'à ce moment précis Heart Attack montre un autre côté, un thrash "moderne", un peu comme Xtrunk saurait l'être. La mélodie de ce morceau, peut-être que c'est dû à la présence de Shawter, arrive à faire un bon musical de plusieurs années en avant pour quitter ce statut old school tout en gardant cet esprit traditionnel, particulièrement dans le solo.

On s'aperçoit rapidement qu'on arrive déjà au quatrième morceau, en ayant été agréablement surpris depuis le début, tant par l'efficacité du style, des thèmes, de l'énergie, du groove et de la puissance que par ce groove intarissable. En plus de ça, le travail des vocaux réalisés par Kevin au lead et Christophe au backing, est assez époustouflant. Au départ ce chant clair plutôt torturé très singulier comme celui de Simplixity peut surprendre, mais petit à petit on s'y fait et les incursions de chant death metal dans les titres renforcent cet rugosité pour donner aux chansons de Heart Attack plus de coffre, plus de relief. Bref, jamais Heart Attack ne s'éloigne tout de même d'une ligne musicale mettant en avant l'ode aux solos légendaires qui font du metal, thrash et heavy ce qu'il est, ce qu'il a été et ce qu'il sera. Même sur "Lazarus" qui ne dure que 2mn45 et qui présente autant de côtés modernes que de côtés old school dans ses rythmiques, Heart Attack s'efforce de nous donner le solo, celui qui fait frémir de plaisir, sans compter les attaques du riff de la dernière partie, les dernières trente secondes, qui fait toute la différence. Ce sera la même chose jusqu'à la fin, le chant clair aux lignes quasi grunge de "Raging Load", "Down The Way" et son intensité taillée pour la scène avec encore une fois un solo majestueux et langoureux au possible, "1902"et ses idées très thrash traditionnel issues des vieux morceaux du big four, ça blaste, ça déboite, c'est fun et violent en même temps. On prend un réel plaisir à l'écoute de cet album. Le manque d'aération (qui aurait pu être ressenti à cause de l'absence d'un titre peut être un peu plus lent que les autres, jonglant avec sans doute des passages atmosphériques en tous les cas plus calmes) ne se fait pas réellement remarquer, parce que même s'il eut été indispensable, cette carence est palliée par le fait que les titres eux mêmes arrivent à se moduler suffisamment pour ne pas tomber dans l'effet compact. Bien que "Wasted Generation" (qui elle aussi prend de ces riffs modernes et parfois moins bien inspirés) et "Blackbox" possèdent un passage plus doux qui fait du bien.

Oui, c'est jusqu'à la fin que Heart Attack flirte avec l'infarctus musical, "Thrash Your Neighbour" entre thrash / core / groove et tout ce qu'on veut, amorce la fin de l'album dans une ambiance déjà beaucoup plus basique en premier lieu (à la manière d'un vieux MX Machine quant aux lignes vocales claires), mais surtout plus forte sur ses appuis, car sans prendre de grands risques elle offre tout de même à l'auditeur son lot d'énervement pour finir sur la longue de presque sept minutes "Blackbox". Un titre où les vocaux death se mêlent à des vocaux un peu influencés Limp Bizkit / Suicidal tendencies sur fond de grosses rythmiques effrénées surfant tantôt sur du thrash et tantôt sur du death.

Quarante cinq minutes de furie, entre sonorités modernes et idées traditionnelles en conservant cet esprit du metal des années 80 / 90 avec le bon côté de ces dernières années, Heart Attack vient sur le marché avec un premier album savoureux où chacun y trouvera son compte sur des titres taillés pour la scène mais qui passent merveilleusement bien en studio également. Maintenant difficile de vraiment retenir un titre en particulier, mais cet album vaut le détour...


Arch Gros Barbare
Juillet 2013


Conclusion
L'interview : Chris Cesari

Le site officiel : www.facebook.com/heartattackmetal