Le groupe
Biographie :

Havok est un groupe de thrash metal américain formé en 2004 et actuellement composé de : David Sanchez (chant, guitare rythmique / ex-DDC), Reece Scruggs (guitare lead / Monolith, Go Smack Alice, Ecliptic), Nick Schendzielos (basse, chant / AinMatter, Cephalic Carnage, Job For A Cowboy, Reign Of Vengeance) et Pete Webber (batterie / ex-Ravage, ex-The Absence). Le groupe sort son premier album, "Burn", en 2009 chez Candlelight Records, suivi de "Time Is Up" en Mars 2011, de "Unnatural Selection" en Juin 2013 et de "Conformicide" en Mars 2017 chez Century Media.

Discographie :

2005 : "Thrash Can" (Démo)
2007 : "Pwn 'em All" (EP)
2009 : "Burn"
2011 : "Time Is Up" 2012 : "Point Of No Return" (EP)
2013 : "Unnatural Selection"
2017 : "Conformicide"


Les chroniques


"Conformicide"
Note : 17/20

Havok est un groupe de thrash metal américain formé en 2004. Il est aujourd’hui composé de David Sanchez (voix, guitare rythmique), Reece Scruggs (guitare lead), Pete Webber (batterie) et depuis 2015 Nick Schendzielos à la basse. Leur quatrième album "Conformicide" est sorti le 10 Mars chez Century Media.

"Unnatural Selection", sorti en 2013, avait été loin de faire l’unanimité. En effet, le groupe, en voulant s’inscrire dans la vague thrash revival, s’était vu reprocher un manque d’inspiration et d’originalité. Que va donc nous offrir "Conformicide" ? Le titre et la pochette annoncent de prime abord la couleur de l’album, et particulièrement de ses textes. On aura de toute évidence droit à des textes plus ou moins engagés, et posant un regard critique sur la société. "F.P.C." commence par une intro à la guitare acoustique, qui enchaîne sur un gros riff de guitare et de basse, au son impeccable. David vient chanter, rapper plutôt devrais-je dire ! Ce morceau surprend vraiment, tant par sa structure que ses constants changements de rythme. Il est très éloigné musicalement ce que Havok nous avait proposé auparavant. "Hang ‘Em High" continue dans cette veine, avec une basse qui ne se repose pas sur ses lauriers ! Le refrain est ultra efficace et rentre tout de suite en tête. Tout est carré et calculé au millimètre près, le rendu en est presque froid, dépourvu d’émotion. Il ne faut pas y voir une connotation péjorative, au contraire. C’est un autre genre de thrash, qui s’apparente davantage à celui de Vektor, Obliveon ou sur certains points Megadeth. On ne s’arrête bien entendu pas là, "Intention To Deceive" par exemple, virulent à souhait, verse à la fois dans le thrash traditionnel avec des riffs incisifs et des chœurs puissants, et plus tard dans une instrumentale très technique, presque cosmique. Hélas, celle-ci est trop courte ! Mais pas de panique, notre frustration est vite comblée avec le morceau suivant, "Ingsoc" - portant sur Big Brother, personnage de 1984 (George Orwell) -, qui est musicalement le plus abouti. L’introduction guitare / batterie à la rythmique un peu exotique nous met de suite dans l’ambiance. Le riff qui suit nous conduit au fil des minutes vers un morceau au final progressif, et techniquement poussé.

Havok a bien réussi son coup, cet album est pour l’instant une grande surprise. L’évolution musicale est considérable, le groupe n’ayant jamais poussé ses compositions aussi loin. Comme je l’ai dit, techniquement il se surpasse. Pete Webber à la batterie est magistral, il accomplit un travail assez conséquent sur tous les titres. Il en va de même pour la basse, qui d’ailleurs je tiens à le souligner, a LE son qu’il faut pour ce type d’ambiance et de musique. Le reste de la formation n’est bien sûr pas à négliger ! On ne pouvait pas s’arrêter sur une si bonne lancée ! "Peace Is In Pieces" démarre sur les chapeaux de roue avec un riff d’introduction bien trouvé, et au final se révèle être un morceau de thrash pur. La voix de David ressemble étrangement à celle de Dave Mustaine, l’influence est indéniable. Les solos sont comme d’habitude parfaitement exécutés, il n’y a rien à dire. Le retour aux racines est encore plus évident sur "Claiming Certainty" et "Wake Up". Les guitares se lâchent sur un rythme effréné, ils sont parfaits pour le pit. On s’approche même parfois du crossover sur certains passages, et ça fonctionne très bien. Si ce n’est que "Wake Up" nous entraîne plus loin dans la spirale hypnotique du thrash, avec son refrain et ses riffs répétés inlassablement. La seule vraie déception de cet album est "Circling The Drain", le morceau final – en plus ! -. Celui reprend de façon quasi identique le riff de "Wake Up", le tout dans un style de composition clairement pompé sur celui d’Annihilator, mais chanté avec la voix de Mustaine. Excusez-moi, mais là, ça va trop loin… Heureusement, c’est un cas unique !

Quel verdict pour "Conformicide" ? Havok nous présente là un très bon album, complètement différent de ce à quoi il nous avait habitué auparavant. Je n’ai qu’une seule chose à dire… Merci ! Merci pour ces compositions plus qu’honorables, qui sont allées fouiller dans des recoins encore jamais explorés par la formation. Même si le thrash n’est pas réinventé ici, Havok lui-même se renouvelle, en nous proposant des morceaux bien travaillés et des ambiances nouvelles, tout en conservant sa marque de fabrique.


Candice
Mars 2017




"Unnatural Selection"
Note : 16/20

Formé en 2004 et auteur de deux très bons albums, avec notamment leur dernier "Time Is Up" détonnant et défiant toute loi de gravité, on ne peut pas dire que les trashers venus tout droit du Colorado n’aient pas marqué de leurs empreintes l’univers du thrash. Cette année sort "Unnatural Selection", troisième album studio du groupe. Après un EP "Point Of No Return" paru l’année dernière et affichant en quelque sorte de nouvelles perspectives musicales et suite au départ de l’emblématique bassiste Jesse De Los Santos, remplacé par Mike Leon, qu’en est-il donc de l’état de forme du groupe ?

Commençons par l’artwork, fort bien exécuté, très old school qui n’est pas sans rappeler les pochettes pondues par des groupes tels Exodus ou Municipal Waste à l’époque où le style musical proposé était à son apogée. Et ça se confirme musicalement avec le premier titre "I Am The State", très rentre-dedans et très old school en même temps, cette piste donne le ton et fait headbanguer à tout va. Ensuite, le combo délaisse quelque peu le thrash, nous faisant part de pistes plus modérées, tout en gardant l’esprit U.S des années eighties. Ainsi, ne vous étonnez pas si vous avez l’impression à travers quelques mélodies de penser à Exodus, comme sur le très bon "It Is True", aux riffs ravageurs à Annihilator comme sur l’excellent "Chasing The Edge" ou bien à Megadeth sur l’étincelant "Waste Of Life", qu’on croirait sorti tout droit de l’album "Peace Sells…But Who’s Buying ?". Alors contrairement au dernier album "Time Is Up" qui se voulait très brutal et plutôt moderne, Havok nous montre une autre facette de sa personnalité et fait mouche, encore une fois on pourrait dire ! Et ce ne sont pas les titres "Give Me Liberty… Or Give Me Death" et "Unnatural Selection" bien speed et burnés à donf, qui prouveront le contraire, ni même la reprise de Black Sabbath et son incontournable "Childern Of The Grave" revisité de fort belle manière par notre quatuor de Denver. Ce nouvel opus concocté par les ricains de Colorado a de quoi vous faire bouger et vous faire décapsuler grand nombre de binouzes sans le moindre ennui !

Un nouvel album bien construit qui revisite, on pourrait dire, l’univers thrash / speed U.S des années 80. Au premier abord, ça n’a pas l’air très original mais l’empreinte et la fougue d'Havok fait le reste et "Unnatural Selection" est un opus globalement réussi. Amateurs de thrash et de tout autre dérivé à forte intensité, vous allez être comblés ! Pour les autres, prêtez donc une oreille sur ce groupe qui a vraiment du talent à revendre !


Romain
Septembre 2013




"Time Is Up"
Note : 17/20

Les Américains d’Havok sortent leur second album après un énorme premier album prénommé "Burn". Ce nouvel opus "Time Is Up" est très attendu, en espérant qu’il soit aussi bon que le premier ! On commence avec "Prepare For Attack" et "Fatal Intervention" qui introduisent bien l’album qui se veut très carré et assez thrash, ce qui nous met bien en haleine, les riffs sont maîtrisés et on aura droit à quelques solos de guitare très très sympathiques !

On monte d’un cran le tempo avec "No Amnesty", "D.O.A" qui se veulent très speed comparées à leurs consoeurs du début. Mais on reste toujours dans des mmorceaux très harmonieux, d’ailleurs "D.O.A" est très surprenante, elle mélangera heavy metal et speed metal pour le plus grand plaisir de nos oreilles, ce mélange de tempo et de riff est très appréciable, de surcroît avec cette batterie ultra puissante on a l’impression d’un rouleau compresseur qui t’écrase la gueule. On continue cet arrachage de gueule comme on le nomme bien dans le jargon, "Covering Fire", "Killing Tendencies", "Scumbag In Disguise" qui se ressemblent niveau composition, enfin on dira "ressemble" ; mais on sent à partir de ce moment précis la couleur de l’album, ou on sera désormais en terre non inconnue. Comme "D.O.A" ces morceaux changent de tempo pour faire place à des refrains ou des riffs plus heavy pour finir sur du thrash ou du speed qui donnera finalement à cet album une cohérence et non un album "progressif" comme on peut le penser lors de la lecture de cette chronique. Tout changement est parfaitement maîtrisé et tout semble fluide, tellement fluide que je n’ai pas senti de relâchement net entre les intros et riffs ou inversement. Niveau mixage, c’est du lourd. On sent le côté très underground du groupe sans avoir un son crade, tout est propre fluide, et il n’y a aucun sous-mixage apparent à la première écoute, et merci pour ces petits solos de basse, courts mais bien foutus !

On finira donc ce 10 titres par "The Cleric", "Out Of My Way" et l’éponyme "Time Is Up". Je n’ai rien à ajouter, tout est déjà dit plus haut. Mention spéciale à "Time Is Up" avec cette intro qui nous tient vraiment en haleine avant le débalage de décibels "dans ta gueule". On ne peut pas chipoter avec cet album (d’ailleurs on n’a pas le temps de l’ouvrir tellement on s’en prend plein la gueule), c’est carré, et pour un second album c’est déjà du lourd, du très lourd ! Comme quoi, il y a des bêtes de guerre dans l’underground !

PS : Par contre, il manquerait juste un petit morceau épique, mais ce n’est qu’un détail !


Motörbunny
Février 2011


Conclusion
L'interview : Reece Scruggs

Le site officiel : www.havokband.com