Le groupe
Biographie :

Hatebreed est un groupe de metal hardcore de Bridgeport dans le Connecticut (USA) fondé en novembre 1993 par Jamey Jasta, Dave Russo, Larry Dwyer, et Chris Beattie, groupe terriblement influencé par la scéne hardcore, et la brutalité du metal, ils décident de faire un hardcore brutal, mélant HxC et metal. Le 9 Fevrier 2009 Sean Martin a quitté le groupe. Le groupe est actuellement formé de Jamey Jasta au chant, Frank Novinec et Wayne Lozinak à la guitare, Chris Beattie à la basse et Matt Byrne à la batterie.

Discographie :

1996 : "Under The Knife"
1997 : "Satisfaction Is The Death Of Desire"
2002 : "Perseverance"
2003 : "The Rise Of Brutality"
2006 : "Supremacy"
2009 : "For The Lions"
2009 : "Hatebreed"


La chronique


Ce qu’on peut dire, c’est qu’en 2009, les Américains d’Hatebreed ont été prolifiques. Il y a quelques mois sortait "For The Lions", un album cover avec des reprises de groupes tels que Slayer, Sick Of It All, Agnostic Front etc… Le 29 Eeptembre sort un album éponyme sixième album studio, leur septième si on inclut "For The Lions". J’étais pas vraiment au courant de la sortie de cet album, m’étant dit que "For The Lions" serait la seule sortie de l’année. Puis en plein échange musical avec un pote, ce dernier me dit "il paraît que le dernier Hatebreed est pas top". C’en était assez pour que je jette une oreille dessus. Voyons donc voir ceux qui d’après leur site Internet "Hatebreed Is Now The First Hardcore Band In History To Scan Over 1 Million Cumulative Units In The United States Alone" nous ont concocté cette fois-ci. L’éponyme arrive après "Supremacy", album de 2006, qui pour moi, porte excessivement bien son nom. Cet album m’avait méchamment foutue une claque. Et c’est avec une certaine appréhension que j’ai lancé la lecture de ce dernier. Appréhension à propos de ce qu’on m’avait dit, et aussi parce que l’album était éponyme. Pourquoi ça, dans mon impression musicale, l’album éponyme est généralement le "nom" du premier album (bon, on parlera pas de Deftones, qui est l’exception qui confirme la règle). Et je me dis que quand le sixième album d’un groupe n’a pas de titre, c’est que la musique parle d’elle-même, que l’album va s’avérer être une tuerie. Làs… Làs de moi.

La première chose qui m’apparaît lorsque j’ai lancé le CD, ce sont certains effets sur la voix de Jamey. Effet de mixage ou problème vocalique, sa voix est un tantinet changée. Ca me pose pas de problème, je le remarque simplement, et je considère qu’il faut le noter. Première impression. La première chanson, "Become The Fuse", ouvre plutôt bien l’opus. Je la trouve "entraînante", c’est du Hatebreed, rien de nouveau sous le soleil, mais après tout, c’est leur simplicité qui fait leur effet. Comme dirait un de mes amis malintentionnés "avec un style aussi limité que le hardcore, fallait pas s’attendre à grand chose". Mon petit cœur d’hardcoreXphile saigne à cette méchante parole. Je poursuis mon écoute, pas de problème pour la piste 2 "Not My Master", ni pour la piste 3 "Between Hell And A Heartbeat". Je commence à me dire qu’en effet, cet album promet, et que ce sont des mauvaises langues qui ont dit qu’il en valait pas la chandelle. Mais ça, c’est ce que je pensais avant d’atteindre les 1’45 de "In Ashes They Shall Reap". Chanson que je trouve poignante, qui arrive à mes faire bouger (pas mosher non plus). Et là, 1’45, et je mais "MAIS JAMEY qu’est-ce qui t’arrive"… On a droit à un fac similé de voix claire (enfin, je me comprends quand je dis ça). Enfin, ça fait un refrain qu’on dirait inspiré de la nouvelle scène hardcore. Vous savez, ce que les petits djeun’s qui se disent émo écoutent. Je vais pas non plus cracher dans la soupe, il y a certains groupes de cette scène que j’apprécie grandement, mais je les apprécie moins quand ils se retrouvent dans une chanson d’Hatebreed.

Et ça, c’est le premier élément qui me dépite (les coreux comprendront le jeu de mots non intentionnel). Et puis comme je suis courageuse, je m’arrête pas à ça, je continue mon écoute. On va dire que c’est une petite erreur de parcours. Piste 6 "Everyone Bleeds Now" : ouiiiiiiiiiiii enfin une mosh part / un break / une relance, enfin appelez ça comme vous voulez. Mais là, mon petit corps de hardcoreXphile se sent pris par une sensation intense de se mettre à remuer. Bon bien sûr, faut l’attendre la mosh part, elle arrive pas tout de suite, mais ça en vaut la peine. La première passe, puis voilà Jamey qui se sent d’attaque pour nous balancer un grand "Every one fucking bleeds now", et c’est reparti pour la mosh part, qui clôturera la chanson, mais qui malheureusement sera moins intense que la précédente. Bon allez, une baisse de tension ça arrive à tout le monde. Puis bon, l’écoute se poursuit, encore et toujours. J’ai écouté plusieurs fois l’album, en faisant autre chose, mais en essayant de m’imprégner le plus possible du son. Et à côté de moi, j’avais toujours mes post it roses, misérablement volés à mon ancien employeur, sur lesquels je notais mes impressions. A vrai dire, quand je notais des choses, c’était ce qui me déplaisait, si je notais rien, c’est que la chanson en valait la peine. Et pour la piste 7 "No Halos For The Heartless", j’ai écrit "mais what the fuck ?", et pareil pour la piste 9 "Every Lasting Scar". Pour la 7, pourquoi ? Y a comme un chœur de "whohooooooo" qui fait vraiment tâche, et pour la 9, qui commence pourtant bien avec des relents old schooliens, à 1’05, c’est le drame. Jamey qui se reprend encore pour un chanteur à voix claire. Bon ok, je l’avoue, je me surprends à chanter avec lui "we scream every one"… Mais c’est pas une raison. Non, je ne comprends pas.

Le reste de l’album se poursuit. A noter ce que j’appelle l’interlude de la piste 12 "Undiminished", que je ne comprends pas non plus. Autant quand Arkangel (le groupe de hardcore Belge là, si si vous savez), s’autorise une petite mélodie / ballade à la guitare en ouverture de "Hope You Die By Overdose", j’apprécie, autant là non… Mes petits neurones sont réfractaires. Puis je passe sous silence, la piste 15 "Escape". En l’écoutant, je me dis "tiens, on dirait du Metallica". Bah oui ePo, forcément, c’est une reprise de Metallica… Elle s’écoute, mais je suis particulièrement demandeuse en matière de cover, j’attends ne pas reconnaître l’originale, j’attends que l’"adaptateur" s’accapare la chanson, la fasse à sa sauce pour nous montrer ce qu’il a dans le ventre. Bref. Alors certains diront peut-être, possiblement, que je suis une vieille réac. Certes. L’album s’écoute, je dirais "ça passe", mais bizarrement j’attends bien plus d’un Hatebreed qu’un misérable "ça passe". Moi j’attends qu’Hatebreed ça me dépote, çe me balance des décibels dans la gueule et ça me fasse jumper (oui oui, Jamey nous demande de jumper en concert, enfin, du moins c’était le cas aux Arts scéniques de Sélestat de 2008). Bon, une erreur de parcours, ça arrive, je vais tenter d’être indulgente, mais j’espère que leur prochain album en enverra plus sévèrement, et pendant ce temps, je me remets les anciens Hatebreed histoire de pas rester sur un "échec" (quoi qu’échec soit un peu trop fort comme mot). Donc si vous êtes fan, dites vous simplement que vouloir sortir deux albums en une année, c’est trop.


ePo
Octobre 2009


Conclusion
Note : 12,5/20

L'interview : Jamey Jasta

Le site officiel : www.hatebreed.com