Le groupe
Biographie :

Harlott est un groupe de thrash metal australien formé en 2006 et actuellement composé de : Tom Richards (basse / chant), Tim Joyce (batterie / Trigger), Andrew Hudson (guitare, chant / Naberus, ex-Mason) et Jake Weber (guitare / ex-Our Last Enemy, ex-Teramaze, ex-Deprivation, ex-The Murdering, ex-Warshifter). Harlott sort son premier album, "Origin", en Novembre 2013 en autoproduction. Le deuxième album, "Proliferation", sort en Avril 2015 puis est réédité en Septembre 2015 chez Metal Blade Records. "Extinction" sort en Avril 2017 chez Metal Blade.

Discographie :

2011 : "Virus" (EP)
2012 : "None" (EP)
2013 : "Origin"
2015 : "Proliferation"
2015 : "Proliferation" (Réédition)
2017 : "Extinction"


Les chroniques


"Extinction"
Note : 14/20

Harlott est un groupe de thrash metal formé en 2006 en Australie. Il est composé de Andrew Hudson (guitare, chant), Ryan Butler (guitare lead), Tomas Richard (basse) et Tim Joyce (batterie). Leur troisième album, "Extinction", est sorti le 7 Avril chez Metal Blade Records.

Avec déjà deux albums à son actif, Harlott revient en cette année 2017 avec un nouvel opus, qui par son visuel et son titre annonce très vite la couleur musicale. Cet album semble être la continuité de la carrière du groupe, axée sur la vague "thrash old school 2.0". Ça va sûrement faire très mal ! Le titre éponyme "Extinction" commence avec une intro à la guitare claire qui entretient l’excitation jusqu’au riff à la basse au son crade et rouillé, ponctué par une batterie forte. Dès la seconde où la voix de Andrew vient se poser, la violence à la Exodus / Steve Zetro Souza vient nous frapper en pleine tête. Tout y est, la rythmique, le phrasé, les riffs entraînants… l’influence est hélas un peu trop évidente pour être ignorée. On ne s’éloigne pas une seconde du titre de thrash préconçu, effréné et rentre-dedans. Ce n’est pas un reproche, sans être non plus une louange ! Car on aurait aimé percevoir une empreinte personnelle du groupe… Enfin, poursuivons notre écoute. Après le titre "First World Solutions" sponsorisé Kreator et qui est pour moi clairement dispensable, on enchaîne avec "The Penitent", retenant davantage mon attention. Harlott fait cette fois dans le thrash groovy mais non moins tapageur. Ce titre est parfait pour le pit, les guitares à la limite du death déchirent tout, Tim Joyce et Andrew Hudson semble se livrer à un concours de celui qui fera le plus de bruit ! Il marque un tournant pour poursuivre sur une partie instrumentale mélodique et plutôt bienvenue, qui couvrira une bonne partie de ce titre. Dans la même veine nous retrouvons "No Past" et "Conflict Revelation", aux refrains hyper groovy et catchy. La puissance rythmique est là aussi indéniable, elle nous mène à la baguette dans différentes ambiances et ressentis. L’air de rien, cela nous prouve que Harlott n’est pas que bon à faire du thrash tournant à 100 à l’heure, mais également des compositions qui sont d’un certain point de vue plus travaillées et mélodiquement plus avancées.

Je dois avouer que je suis surprise par la tournure que prend "Extinction", car celui-ci s’annonçait comme étant plutôt mitigé. Les compositions s’ouvrent petit à petit à de nouvelles influences, et ce n’est pas prêt de s’arrêter là avec "Violent Conspirator", morceau d’à peine deux minutes à la puissance d’un Nuclear Assault qui nous retourne la tête bien comme il faut. L’effet de surprise se poursuit, "And Darkness Brings The Light" rompt brutalement avec le morceau précédent en changeant totalement d’atmosphère. Nous avons là un morceau de pas moins de sept minutes, où la voix rampe le long des riffs languissants. Il est en équilibre entre deux forces, le thrash incisif et celui plus lent, voire mélodique. Le phrasé impeccable rend le refrain efficace et lui apporte une touche relativement moderne. Les guitares ont droit à leur petit moment privilégié, à travers des solos plus que convaincants. Une vraie dose de fraîcheur dans cet album ! Et c’est reparti pour la tempête quand démarre "Final Weapon". A l’image de "Violent Conspirator", il est court et efficace, tout en préservant dans son rythme un certain groove. C’est quand nous sommes réellement comblés que "Extinction" touche à sa fin, hélas… "Epitath" sonne le glas dans une atmosphère lourde, qui rappelle le son des derniers albums desAméricains Overkill et Exodus. Les rythmes sont changeants et entraînants, et les nombreux riffs qui ponctuent ce morceau fonctionnent à merveille. "Epitath" se termine comme il avait commencé, dans un nuage de guitare claire, s’élevant petit à petit jusqu’à disparaître. Une très belle conclusion.

Ainsi s’achève "Extinction", et je dois dire que je suis partagée. Il est rare que sur douze titres, tous fassent l’unanimité. Et en effet, cet opus n’y échappe pas, nous aurions clairement pu nous passer de plusieurs de ces morceaux, trop banals et passe-partout… Cependant nous n’allons pas totalement cracher dans la soupe, car on retrouve notamment dans la seconde partie de l’album de très bonnes compositions, qui sont déjà plus recherchées et caractérielles. J’espère que nos thrashers de Harlott continueront sur cette lancée !


Candice
Avril 2017




"Proliferation"
Note : 16/20

Initialement paru de façon indépendante début 2015, "Proliferation", le deuxième album des Australiens de Harlott a tapé dans l'œil de Metal Blade et se voit coller l'étiquette de la guillotine pour cette ressortie, avec une nouvelle pochette à l'appui. Metal Blade a eu le nez creux en signant Harlott, car ce deuxième album a largement le potentiel pour sortir le quatuor hors de son insularité et a tout pour ravir les thrashers les plus exigeants.

Avec une production en béton armé, "Proliferation" est tel un fusil sniper chargé de douze munitions mortelles qui touchent leur cible à tous les coups. Imprégnés de la musique de ses glorieux aînés que sont Metallica, Exodus, Heathen, Evile ou Onslaught, mais suffisamment hargneux et sanglant pour faire oublier leurs influences, les kangourous de Harlott proposent un thrash brutal et speed à la limite du retrait de permis. Ils déversent un flot de riffs ultra efficaces et de soli tellement furieux, des rythmiques si épileptiques et urgentes qu'il nous faut, après une écoute entière, bien nous assurer que ce n'est pas un train qui nous est passé dessus. Les tempi sont toujours, à l'exception de quelques intros, bloqués sur Mach 2 et il faudra vous accrocher pour tout comprendre. La débauche d'énergie envoyée par ses jeunes fous furieux est sidérante.

L'introductif "Proliferation" fait penser a du Metallica première époque, mais très vite, le tempo s'accélère et ne ralentira plus. Le morceau suivant, "Denature", évoque Exodus ou encore Hatriot, le groupe que Zetro a formé avec ses fils durant son absence de la bande à Gary Holt. "Denature" sonne donc comme du Exodus joué avec une empreinte moderne et plus jeune. Le death s'invite à l'occasion de quelques riffs comme sur "Systematic Reduction" ou "Legion" (c'te cri de malade ! ) et donne une saveur agréable au tout. "Restless" porte bien son nom : un missile ! Le refrain fait pensé fortement à "Devils In The Mist" d'Overkill. "Civil Unrest" montre un riff renversant tandis que "Cross Contamination" ne fait aucun quartier.

Chaque titre, une fois maîtrisé, se démarque de la masse, soit par une paire de riffs assassins fonctionnant à merveille, soit par une mélodie vocale marquante, soit les deux. La qualité globale des arrangements permet néanmoins d'apprécier des compos bien pensées et fluides qui s'immiscent très vite dans nos esprits. Le groupe est très doué pour composer des excellents titres de fast-thrash metal allant droit au but, sans détour et sans complication (les compos oscillent entre 1min34 et 5min). L'exécution se veut précise et chirurgicale, voire même clinique. Autre force du combo, les refrains sont généralement bien troussés ("Restless", "The Fading Light", "Lord Of War"). On félicite au passage Andrew Hudson, le chanteur, qui abat un boulot incroyable sur l'album. Son débit de paroles est hallucinant et la puissance vocale ne baisse pas pour autant. Il fait penser au travail d'un Tom Araya sur "Hell Awaits" et "Reign In Blood" où la règle du jeu était de réciter dix lignes de textes en 6 secondes et demie. Vraiment impressionnant de maîtrise. On n'imagine pas la gageure que cela doit être en live en reproduire fidèlement ce mitraillement de syllabes. Par ailleurs, on n'a pas juste affaire a un flot débile de mots ; de vrais fluctuations et mélodies sont présentes et montre un réel travail, subtil mais indéniable, sur les arrangements vocaux ("Legion", le refrain de "Lord Of War").

En résumé, Harlott propose avec "Proliferation" une arme de destruction massive et totale. Le groupe sera en tournée avec Annihilator en automne, ne les ratez pas, vous pourriez le regretter. En attendant, procurez cet album et apprenez les morceaux par cœur, ce sera sûrement utile pour piger ce qui vous arrivera dans le pit.


Man Of Shadows
Septembre 2015


Conclusion
Le site officiel : www.harlott.com.au