Le groupe
Biographie :

Bien que les racines de Hardcore Anal Hydrogen se situent dans le metal et la musique contemporaine, la musique de Hardcore Anal Hydrogen touche à beaucoup de genres musicaux. La structure formel des morceaux en perpétuel mutation et l’éclectisme des genres musicaux sont une constante de création du groupe. Le chant, très peu conventionnel, utilise des styles vocaux qui peuvent emprunter au métal, à la musique ethnique, et à l’expérimentation personnelle. Il est traité en temps réel par des effets développés spécifiquement. La guitare, très virtuose, est elle directement inspirée de l’héritage metal, mais balade ses cordes du rock & roll à la musique répétitive. Les titres de Hardcore Anal Hydrogen sont souvent discordants, dissonants, et utilisent souvent des éléments bruitistes. Cependant, certain morceaux peuvent être classés sans aucun doute dans la musique acousmatique, et le paysage sonore. Malgré cela, Hardcore Anal Hydrogen n’est pas un groupe de musique bruitiste à 100%, et la plupart de leurs titres reposent sur des rythmes mesurés (même si complexes) et sur un système mélodico-harmonique. Hardcore Anal Hydrogen est né en 2009, de la rencontre entre Martyn Circus et Sachamouk. Ensemble ils ont produit deux albums, "Fork You" et "Division Zero". Le troisième opus "The Talas Of Satan" sortira en 2014 chez Apathia Records. Composée à deux en studio, la musique de Hardcore Anal Hydrogen a imposé une restructuration du groupe pour la scène. Damien (batterie) et Jo (basse) ont complété la formation, permettant la performance en live des morceaux.

Discographie :

2009 : "Fork You"
2011 : "Division Zero"
2014 : "The Talas Of Satan"


Les chroniques


"The Talas Of Satan"
Note : 15/20

Hardcore Anal Hydrogen, ça c'est du blaze ! Premier indice pour ceux qui ne connaissent pas c'est signé chez Apathia, donc vous savez que ça risque de secouer un minimum. La première écoute de l'engin le confirme, ces malades ne se sont pas calmés depuis "Division Zero". Ne me demandez pas ce que c'est, impossible de classer un truc pareil alors disons que c'est un énorme melting pot de tout et n'importe quoi, le tout sous LSD ou je ne sais quel euphorisant. Sachez juste pour commencer qu'on reste comme pour les deux ovnis précédents dans la vingtaine de minutes à tout casser, et que c'est largement assez pour détériorer votre santé mentale !

Parce que oui, vous risquez de souffrir un minimum à l'écoute de ce "The Talas Of Satan", mais dans la joie et la bonne humeur hein attention ! On commence par quelques notes empreintes de musiques ethniques, sûrement indienne, enchaînées directement sur une espèce de délire à la The Dillinger Escape Plan qui serait en train de faire un bad trip, pour en revenir à la musique indienne, et ça ce n'est que la première piste d'un album de 22 minutes qui va nous secouer comme ça dans tous les sens du début à la fin ! On croise du grind aussi, des touches electro-indus, une pincée de Devin Townsend, des influences Mr Bungle-Zappa-Zorn, et surtout pas mal d'humour et de jeux de mots foireux. "Release The Crackhead" recèle un de ces jeux mots foireux et si je ne m'abuse une petite pique musicale envers les groupes à la Dimmu Borgir qui balancent des orchestrations à tout va sur fond de blast avec une voix pitchée qui essaie désespérément d'être menaçante. En dehors de ça on trouve du hardcore sur "COI" avec un break doté d'un chant magistralement nawak qui pastiche avec brio (avec qui ?) le chant presque aboyé des tough guys de Brooklyn.

Pour des oreilles non familières de ce genre de délires ça peut vite passer pour du n'importe quoi, mais on entend bien que ces gars-là ne sont pas des manchots et que c'est surtout un gros défouloir. A noter aussi que cette fois encore un plat est à l'honneur sur "The Talas Of Satan", après le bœuf bourguignon de "Division Zero", on a droit cette fois au coq au vin (mon petit doigt me dit que pendant l'enregistrement de cet album il n'y a pas que le coq qui était au vin...). Je ne suis pas sûr de pouvoir m'enfiler ce genre de trucs tous les jours, mais bon ça fait du bien par où ça passe de temps en temps (il y a un double sens dans cette phrase, saurez-vous le retrouver ?). Je précise aussi comme ça en passant que Hardcore Anal Hydrogen va partir en tournée vers la fin du mois de Mai avec Pryapisme, et je me dis qu'entre un groupe qui bande tout le temps et l'autre qui a le feu au cul l'entente devrait être cordiale, en plus les deux sont amateurs de sons huit bit(e)s.

Il est bien difficile de donner une note à un tel foutoir, contrôlé mais foutoir quand même, mais c'est clair que ça va en bousculer et en réjouir quelques uns. Bon c'est vrai j'avoue, ça fait du bien de s'écouter ce genre de trucs totalement déjantés de temps en temps, un groupe qui ne se prend pas au sérieux au milieu de tous ces pseudos musiciens evil c'est toujours sympa. A ne pas mettre entre toutes les oreilles cependant, un metalleux puriste risque une attaque cardiaque à l'écoute de la bête ! En tout cas, avec un nom de groupe pareil, il ne faut s'étonner que sa musique pète le feu (voilà comme ça, ça c'est fait...).


Murderworks
Mai 2014




"Another Me"
Note : 14/20

L’appellation Hardcore Anal Hydrogen laisse présager le meilleur puisqu’elle comprend une discipline que nous aimons tous, nous les hommes, et aussi quelques femmes bien entendu, je parle évidemment du hardcore. Première blague passée, voyons ce que ce "Division Zero" renferme dans ses entrailles. "Le Jour De La Purification" a sonné et offre une entrée en matière bien sage mais décalée.

Les cordes s’hérissent sur "666 Teron" qui ressemble bien plus à ce qu’on s’attend, un punk-hardcore bruitiste infusé dans un bouillon electro. Vous entendrez Porcinet rendre l’âme dans un carnage auditif avec "Crème Glacée De Cochon". Merci à HAH de nous offrir ce type de titres. Il est temps de placer nos mains à hauteur de ceinturon, là on nos deux pistolets repose car "L’Ouest" met en place une atmosphère de duel, prête à exploser, ce qui bien entendu, arrive. Après le cochon, le "Le Bœuf Bourguignon" qui, pour le coup, n’a que très peu de rapport avec la musique. Ceci dit, le morceau énergique aux cris dégueulasses et aux riffs bruts n’est pas pour déplaire. Petit coup d’œil dans le "Carnet Intime D’un Hippy Drogué" qui comme on peut l’imaginer est apaisant. Les oiseaux chantent mais rien de tout ça n’aurait d’intérêt sans un peu de bordel made in HAH. "Da Funk In Da Shit" commence sur la même lancée pour finalement se jouer d’electro minimaliste très "jeux vidéo" du milieu des 90’s parsemé ici et là d’un riff qui n’est pas inconnu de nos oreilles mais sur lequel je ne parviens pas un mettre un nom et je m’en excuse d’avance (Avis à ceux qui trouveraient de faire passer le message parce que cela m’empêche de dormir !). Le cri sauvageon du morceau qui suit est fidèle à son titre "Rah !". Un titre violent très court. Retrouvons les sentiers de l’enfance avec "Fantaisie Pour Piano Préparé", une ballade pittoresque légèrement angoissante sur les bords. On retrouve cris et disto sur "Zoy Houy", un titre coincé dans la tête d’un coreux pris de folie passagère démesurée. L’orage du "Printemps 1982" résonne dans nos têtes accompagné de la pluie qui frappe le sol. Une belle excuse pour rester blotti sous la couette. "Division Zero" s’achève sur le titre le plus "conventionnel" de cette galette avec son hardcore bien pesé saupoudré des bruits suspects qui ne surprennent plus.

Cet album est destiné à un auditoire fou, au moins autant que ses deux créateurs. De belles idées, une audace évidente et un sens de l’humour qui devrait plaire à pas mal de détraqués. Malheureusement la qualité du son ne met aucunement en valeur l’inventivité du groupe. Un album barré ne rend barré qu’à condition de l’écouter aussi fort que possible. Rien ne vous empêche de le faire ici bien sûr, mais certaines sonorités stridentes risquent de rendre l’écoute douloureuse, et d’en réduire le plaisir.


Kévin
Mai 2011


Conclusion
Le site officiel : www.hardcoreanalhydrogen.com