"A Perfect Absolution"
Note : 16,5/20
Et si le death metal technique Français possédait véritablement son leader incontesté et incontestable en l'entité Gorod ? Et si l'on citait Gorod comme référence, comme lorsqu'on cite Obscura, ou autre Sadist ?
Alors peut-être qu'on irait jusqu'à dire que les Bordelais ont réussi avec ce quatrième album qui fait suite au EP "Transcendence", à passer un nouveau cap. Un cap qui est celui de la morosité, celui de la répétition, celui de la banalité.
En effet il est plus que difficile de ne pas tourner en rond au bout de quatre albums et pourtant Gorod a réussi son nouveau défi de ne pas nous servir forcément un plat réchauffé, mais plutôt quelques nouvelles surprises tout en gardant dans ses grandes lignes son savoir faire et sa signature atypique.
On y découvre une pochette haute en couleurs, en paradoxe total avec ce que l'on avait eu l'habitude d'avoir sur les prédécesseurs, et ceci est certainement dû au changement de conte, à cette nouvelle aventure qui est celle d' Olga.
Mais si la pochette change c'est aussi parce que le line-up a évolué, cet album étant aussi celui de Julien, le remplaçant de Guillaume mais également celui de Nicolas, le "Chuck Schuldiner" Français. En l'espace de quatre albums c'est un line-up dans ses trois quarts qui a été renouvelé pour maintenant donner vie au nouvel esprit de Gorod.
Un Gorod qui garde toujours son aspect brutal, technique et mélodique dans son death metal que l'on retrouve sur des morceaux tels que "The Axe Of God" dans la totale veine des albums précédents. A côté de cela, les quelques surprises présentes sur cet album sont tout de même intéressantes.
A commencer par les diverses incursions de chant parlé, murmuré, voire chanté qui permettent de moduler l'intérêt de la voix de Julien, alors que celle-ci du fait de son timbre relativement monocorde peut quelques fois laisser de marbre.
Des vocaux aussi travaillés que la guitare sur cet album et qui flirtent un peu avec des choses moyennement opportunistes comme sur la fin de "Birds Of Sulphur".
Ensuite, comme on le soulignait, si la brutalité reste omniprésente avec cette technique sempiternellement groovy, on découvre sur ce nouvel album quelques passages véritablement plus langoureux dans le sens où ça vient plus facilement lécher les murs de la maison "heavy metal". C'est peut-être le cas pour "Carved In The Wind" ou encore "Elements And Spirit" où cet esprit vraiment guitaristique heavy dans son sens d'origine, prend toute sa définition, avec un environnement vraiment groovy.
On assiste à une démonstration de guitar hero en plus des anecdotiques vocaux clairs parsemés ici et là qui étonnent à chaque écoute.
Cet album possède la marque de fabrique de Gorod, mais c'est cette évolution qui en plus d'être expérimentale s'oriente vers quelque chose de plus limpide sur beaucoup de chansons qui reste le plus en tête. On a l'impression que la démonstration de technique pure du doigté infernal a laissé plus de place aux ambiances et aux envies environnementales.
L'intelligence de ses membres a fait qu'après la violence de "The Axe Of God", ils nous ont permis de profiter d'un moment de sérénité avec l'introduction de "5 000 At The Funeral" et également une fois de plus une variation vocale épatante de Julien qui est effectivement époustouflant depuis le début du CD.
Quel plaisir de bénéficier de ces guitares tellement fines, tellement pointilleuses pourtant flirtant sur une vague extrême. C'est ce que l'on aime avant tout chez Gorod, cette facilité à rendre accessible la brutalité et la violence en la transformant en mélodie presque mélancolique. Et même si certains passages de ce morceau se veulent limite "core" comme on pouvait l'entendre sur les derniers Fear Factory, Gorod conserve cette spécificité, qui s'est affinée d'album en album pour donner des chefs d'oeuvre de death / jazz / prog comme avec "Carved In The Wind".
"A Perfect Absolution", c'est la haute couture du death metal technique Français, les Jean-Paul Gautier du death, les Yves Saint Laurent de la technique extrême avec la folie d'un Karl Lagerfeld (notamment sur le trip brésiliano-Carnival In Coalo de "Varangian Paradise")
En bossant avec El Mobo, pour une production vraiment en profondeur, bien du terroir Girondin, et avec des guests de poids comme Christian Muenzner (Obscura) and Mike Keene (The Faceless), Gorod montre que l'on peut toujours repousser ses propre limites, et qu'avec seulement huit notes de musique à la base, il reste encore tellement de combinaisons à créer, que ce groupe pourrait avoir l'éternité devant lui afin de nous écrire des albums toujours aussi impressionnants... Et devant une telle virtuosité, on lui donnerait l'absolution parfaite.
"Transcendence"
Note : 17/20
Un EP de Gorod pour vous fracasser la tête mais aussi pour vous relaxer, cela vous dit ? Qu’est-ce que vous dites ? Oui, en effet, j’ai bien écrit le mot relaxer. Et pourquoi ? C’est vrai que d’une manière générale (voire en permanence), Gorod est qualifié comme un groupe de death brutal metal technique. Mais dans cet EP "Transcendence" composé de cinq pistes aux couleurs bien flashies, Gorod montre un potentiel avec certaines chansons qui plairont sûrement à des personnes qui ne sont pas forcément fans de musique metal.
On commence la description piste par piste. Pour la première piste qui s’appelle "Earth Plus", c’est une chanson qui a été écrite pour l’album "Neurotripsicks" en 2004. L’EP contient une nouvelle version de cette piste qui a été enregistrée au printemps 2010. Y a pas photo, c’est de la super qualité où l’on reconnaît de suite la pâte metal de Gorod tellement bien façonnée. "Earth Plus" fracasse bien et envoie tout ce qu’il faut comme énergie pour se lâcher sans modération dessus. Piste suivante : chant absent, guitares acoustiques, basse et percussions douces mais que se passe-t-il donc ? Réponse pour les puristes de Gorod : cette chanson s’appelle "Blackout: Renewed Souls" tirée de l’album "Leading Vision" sorti en 2006. Ce qui frappe avant tout est la qualité du son de la piste : presque l’impression que le groupe joue dans la même pièce que vous. Et niveau travail, on ne peut pas nier, c’est à la fois technique et agréable à écouter. Les différents passages sont tout simplement d’une grande beauté et fait partie des pistes qui pourraient plaire aux personnes non accrocs au metal (eh oui, ça existe malheureusement). Il en est de même pour l’avant dernière piste "Earth Pus: Salvation" tirée du même album que la première piste avec quelques passages au clavier en fond. La troisième piste instrumentale est la reprise de la chanson "Textures" du groupe Cynic. Chanson très appréciable avec des bonnes envolées de mélodies sur des riffs bien saturés ou des rythmiques claires. Sans oublier une basse jouée avec des effets ajoutant un certain charme. Et pour la dernière piste du même nom que l’EP, ce sont 15 minutes de musique avec pour invité Ross Dolan (Immolation) accompagnant le nouveau chanteur de Gorod Julien au chant. Cette dernière piste tape sur différents univers aussi bien death technique que guttural mais toujours dans cette ambiance unique à Gorod.
Quelques moments peuvent être qualifiés de prog avec composition et chant clairs mais je dirais plutôt des morceaux bien techniques marquants avec toujours cette qualité de son vraiment unique. Pour conclure, Gorod marque à nouveau sa force et son ouverture d’esprit dans cet EP tout en démontrant de quoi ils sont capables. Bon, je retourne l’écouter sinon je vais faire une crise de manque.
"Process Of A New Decline"
Note moyenne : 18/20
Quand j'ai eu vent de cet album pour faire une chronique, mon chef vénéré m'a dit attention, Gorod, c'est du gros !
Me suis dit, bon ben je verrais bien de toute manière hein, si ça tombe c'est mauvais hein... Comme à mon habitude,
je vais parler de la pochette, superbe, je vous laisse juger sur photo, je l'ai trouvé magnifique ! Alors, Gorod, kezako...
Je qualifierais ça de technical death metal, ça sonne bien, hein ? Ce CD avait 11 titres pour me convaincre, et il n'en a pas
fallu plus de 2 pour me laisser sur le cul (j'ai écouté le reste aussi tout de même, on est pro ou pas...).
Cet album allie parfaitement brutalité et mélodie, les riffs sont ultra techniques et font dans le brutal mais partent aussi
dans des envolées titanesques de mélodie épique. La batterie est implacable de précision aussi bien dans les pédales que dans tout
reste tout en gardant un groove et un naturel parfait. La voix quant à elle, du guttural, mais du beau guttural hein ! Suffisamment articulé pour pouvoir comprendre l'essentiel. Même la basse est à l'honneur, car il faut l'avouer, dans ce genre musical qu'est le death la basse est souvent très (trop ?) en retrait et c'est loin d'être le cas ici ! Et l'écriture, purée, les chansons sont terribles, les rythmiques une fois entrées dans le cerveau sont difficiles à extirper de là. La production sonore si je devais la définir en un mot : parfaite. Les guitares nous gratifient de solos superbes à hérisser les poils, et ce qu'il y a de bien avec cet album, ils ne nous font pas du techique juste pour dire
"Ouais on déchire" non non, il y a un vrai travail d'écriture derrière. Le groupe a réussi à parfaitement travailler ses titres et les faire arriver à maturité !
A mon humble avis, cet album fera partie des meilleurs album Français de l'année et peut-être même international !
Comment se porte la scène death Française ces temps-ci ? Très bien, ma p’tite dame, merci pour elle. De plus en plus de groupes se font connaître et récoltent moult critiques positives : on pensera à Scarve, Benighted, Recueil Morbide… mais il ne faut pas oublier Gorod qui prouve, une fois de plus, qu’il a le potentiel de se hisser au même niveau que les précédents cités. Les Bordelais officient dans un death technique de haute volée, avec des compositions mettant la barre très haut. On a indéniablement affaire à du death, du vrai, et les quotas de vitesse et d’agressivité réclamés par les amateurs du genre sont largement remplis.
Mais Gorod ne se contente pas d’une débauche de violence stérile et abrutissante comme en font tellement de groupe de brutal death insipides et déjà entendus. Les lignes de guitare, très travaillées, sont d’un niveau technique très élevé, et regorgent de mélodies excellentes, tout en ne déparant pas avec l’agressivité attendue. Les références les plus flagrantes sont Death, Necrophagist ou encore Cynic. Gorod ne pousse pas le côté expérimental aussi loin que ces derniers : pas de vocoders, la voix reste toujours dans le registre d’un grunt caverneux à souhait bien maîtrisé. Du côté de la batterie, ça va vite et ça sait cogner, tout en ne se contentant pas d’une débauche de vitesse et de blasts sans intérêt et en gardant un jeu assez varié et souvent intéressant sur les parties purement death (les quotas de blast sont remplis aussi, ne vous en faites pas pour ça….). Mais, et c’est un des éléments qui font la force de Gorod, elle sait aussi se faire groovy à souhait sur certains passages plus calmes, comme la partie mélodique au milieu de l’excellent morceau d’ouverture "Disavow Your God" ou l’intro de "Guilty Of Dispersal", pour ne citer que ceux-la, passages sur lesquels on sent clairement les influences jazz du batteur. Le quintette sait également s’y prendre pour nous proposer des passages plus lents, lourds et pesants, comme sur "Splinters Of Life". En-dehors de cela, on a du mal à recommander un morceau en particulier : ils sont tous du même niveau de qualité…
Bref, "Process Of A New Decline" est un album d’un degré de technique et de musicalité impressionnant, qui confirme si besoin était le potentiel de Gorod, après l’excellent accueil réservé aux deux premiers albums du groupe. A l’écoute de cet album, non seulement on se dit que Gorod a tout le potentiel pour devenir un des groupes de death Français les plus importants, mais on s’étonne que ce ne soit pas déjà le cas ! Dans nos contrées du moins, car la formation a acquis une certaine notoriété outre-Atlantique, notamment avec sa participation au Maryland Death Festival. Chers compatriotes amateurs de death, ou tout simplement de metal technique et élaboré, vous savez ce qu’il vous reste à faire…
"Leading Vision"
Note : 18/20
ll est des mystères qu’on ne comprend pas, par exemple le cas Gorod ! J’avoue ne pas connaître leurs précédentes réalisations mais comment un groupe aussi doué ne bénéficie-t-il pas d’une notoriété plus établie et amplement méritée, car une fois n’est pas coutume ce groupe n’a rien je dis bien absolument rien à prouver face aux sorties internationales, et j’avoue qu’il ne dépareillerait pas dans le catalogue des énormes Relapse Records par exemple… Vous aimez le death metal ? Rapprochez vous mes amis…
En écoutant cette bombe sonore, plus particulièrement sur certains solos inspirés, je me surprends à penser à Death, oui, LE "Death", celui du défunt génie de la six cordes Monsieur Chuck Schuldiner, ou encore Atheist et Martyr…
Alors, attention, vous l’aurez compris, cet album, c’est tout sauf du easy-listening, les structures sont complexes, bien alambiquées comme il faut, elles contiennent une multitude de plans sans toutefois être dénuées de mélodie au contraire. Nos frenchies savent en effet savamment doser leur formule pour que leurs tours de force rythmiques et guitaristiques ne deviennent jamais chiants, ponctuant leurs démonstrations de technique par des riffs plus "core" taillés pour la fosse, bien salvateurs et tellement jouissifs d’efficacité !
L’ombre des fous furieux Dillinger plane sur nos Français (le début du morceau 2) même si la lourdeur "pachydermique" de certaines rythmiques (comme la fin du morceau 9 et le début du 10) ne sont pas sans évoquer mes chers Frenchies qui s’exportent le mieux outre-atlantique, les géants Gojira.
Gorod, eux-mêmes semblent se réclamer d’une mouvance "jazz" du death metal, et effectivement les dernières minutes du titre 10 "Hidden Genocide" qui clôture l’album, ne dépareilleraient pas chez un certain guitariste culte prénommé Django, surprenant mais très très bon !!!
Le son est énorme, bien produit, ce qui joue en faveur de tous les instruments, notamment la basse et la batterie martyrisée par une certaine Sandrine qui doit faire pâlir de jalousie certains bûcherons !
Alors Mesdames, Messieurs, si vous appréciez le death metal puissant, technique, moderne (dans le sens ou plusieurs styles fusionnent pour notre plus grand plaisir), n’allez pas chercher plus loin en dehors de nos contrées, une excellente formation, Française de surcroît comblera vos attentes, et son nom est GOROD !!!
Promo 2002
Note : 14/20
Avec cette démo, Gorgasm (à ne pas confondre avec le Gorgasm de Chicago à qui l'on doit notamment l'excellent "Bleeding Profusely") qui vient de signer chez Deadsun, nous concocte un album de derrière les fagots dont la sortie est désormais imminente. Produit par Mathieu Pascal (guitare) à Bud Records, ce promo 2002 nous balance un death qui emballe sec qu'on pourrait presque qualifier de progressif par les différentes influences qui l'habitent. Compos torturées, complexité des riffs et chant guttural à la Cannibal Corpse période "Tomb of the mutilated" font de cette démo de qualité une perle pour les amateurs de metal en tout genre. Une pointe d'humour, un côté barré à la Cephalic Carnage par ci, une pensée pour Coprofago par là, on est vraiment contents, très contents. Cette formation a décidément tout pour nous séduire, avec Barby à la basse (ex-Voracious Gangrène), Sandrine la batteuse (et elle c'est pas une moissonneuse, c'est une killeuse), sur cette démo Nico des géniaux Sunken (désormais c'est Arnaud de Trarko qui a repris le flambeau à la gratte), Mat (gratteux et compositeur principal) et enfin Guillaume au chant ; Gorgasm produit des compos variées, des riffs acérés, tour à tour death, voire thrash / death avec quelques pointes heavy et même un côté power. Décidément on ne s'ennuie pas ! Ça joue grave et en plus il y a du solo (j'ai bien dit solo et non pas branlette de manche comme on peut en trouver sur bon nombre de compos death orientées brutales). Indéfinissable tellement les morceaux sont riches en tempos, variations, débits… Bref on assiste à un vrai pacte d'influences au service d'un death dévastateur. Ça tue la bite ! Avec Gorgasm on peut parler de technique comme d'originalité, de professionnalisme comme d'inventivité. Une formation qui déchire véritablement et à qui l'on souhaite d'aller très loin. En tous cas, on attend de pied ferme la sortie de l'album qui s'intitulera "Neurotripsicks". Ça promet !
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