"The Way Of All Flesh"
Note moyenne : 13,5/20
Sans faire dans le rébarbatif je ne vais pas vous pondre une intro qui ne servirait à rien, surtout sur Gojira que maintenant tout le monde connait. Bon voilà, Gojira vient de nous balancer son "The Way Of All Flesh" dans la gueule et après le coup de coeur "From Mars To Sirius", autant dire que la tâche qui est d'égaler la puissance, voire de faire mieux que les anciens albums devient dure. Alors à l'écoute de cet album à l'artwork un peu trop "jenesaisquoi" à mon goût, il y a des choses qui m'ont immediatement génée : la voix de Joe Duplantier et ses celèbres riffs de grattes beaucoup moins bien exploités voire tout simplement copiés. Je m'explique, l'évolution de la voix se montre un peu plus travaillée donc moins percutante, ce que j'aimais dans Gojira. Par ailleurs, le groupe n'a pas réellement sû composer des tueries telles que "Backbone" dans l'opus précédent, alors soit, "The Way Of All Flesh" s'écoute très bien, car les gars ont le potentiel pour sortir un disque très bon, mais il manque cette magie qui nous a tous conquis auparavant. Et pour ça je leur en veut aux Duplantier, ouais... Alors soit le groupe a utilisé toutes ses cartouches, soit il se tente une approche plus experimentale de leur style et donc là on assiste à une periode de transition. Remarquez vu le thème de "The Way Of All Flesh", la mort, ben pourquoi pas y associer cette idée (hinhin), mais j'aime toujours autant les idées de Joe, leurs envies, leurs écrits, j'aime la simplicité que dégage Gojira, qui fait que ce groupe est unique, donc pour le thème pas grand chose à redire, pour le contenu à voir... Bon tout de même l'album reste du Gojira, c'est bon, c'est intelligent, c'est parfois des intros très percutantes ("Esoteric Surgery") mais qui finalement retomberont vite au stade de simple bon morceau, en gros le défaut de l'album est tout simplement qu'il manque d'audace. Très peu de coups de coeur c'est certain, mais des morceaux que j'aurai apprecié comme "Esoteric Surgery", tant au niveau du chant que de la compo du morceau qui est superbe, mais sûrement la chanson qui m'aura la plus conquise par sa brutalité sera "The Art Of Dying", qui reste ma préférée pour cet album car magnifiquement composée (a écouter l'intro du titre et ses multiples transitions sur les 10 minutes du titre). Sûrement les frenchies se sont un peu senti pousser des ailes avec leur adoration internationale, il n'empêche que pour faire vivre le mythe il faut alimenter les fans, et là malhreuseusement je me sens un peu frustrée.
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Lenore
Novembre 2008
Note : 14,5/20 |
Cela fait maintenant deux semaines et demie que j’ai acheté cet objet : le quatrième opus de Gojira. Et je dis bien "objet", et pas CD, parce que ce que je tiens entre mes mains est au-delà du simple album : le package ressemble plus à un très joli petit livre, accessoirement accompagné de la galette, que l’inverse. L’artwork, je l’avais trouvé un peu naze au début, ce squelette bizarre, mais il est pas trop mal au final ; le livret est plein de jolies photos et images mystico-fantomatiques, de crânes… On sent d’entrée que ça gamberge sévère dans le cerveau de Mister Joe (Duplantier, chanteur et leader du groupe), qui une fois de plus a écrit les paroles et imprégné tout ça de ses questions existentielles du moment. Ok, Gojira nous avait habitué à ça, ça me plaît. Sur le CD, un dessin d’oroborus, ce serpent qui se mange la queue, symbole du cycle de la vie (et de la mort – et si vous avez suivi de près la promo de cet album vous savez qu’il en est largement question), et aussi titre du premier morceau de ces soixante-dix minutes de death metal.
C’est long. Je n’aurai jamais cru dire cela de Gojira. Et pourtant. "From Mars To Sirius" m’avait collé une claque dès la première minute ; "The Link", dès la première écoute ; "Terra Incognita", plus sombre, a nécessité une seconde fois. Mais que de plaisir ! Brutal à souhait, différent de tout ce que j’avais pu entendre jusque là, Gojira c’était mon plus gros coup de foudre musical depuis System Of A Down (nobody’s perfect) et Queen. "The Way Of All Flesh" lui passe péniblement le cap de l’audible après quelques essais laborieux… et reste largement inférieur à tout ce que le groupe a produit jusque là.
Il y a bien quelques trouvailles et bons points : des nouveaux instruments (orgue, synthé), un batteur décidément magique et qui semble avoir redécouvert ses cymbales (mais qui continue à envoyer des blasts monstrueux quand il le faut), des paroles mieux écrites, intimistes, tournées vers une sorte d’existentialisme (pas hautain ou moralisateur) plus… adulte, peut-être, que l’habituel ésotérisme, et qui transmettent un réel sentiment d’angoisse, mieux, de terreur (sur "All The Tears", par exemple, couchez-vous sur le divan et évacuez tout…).
Mais Mario (Duplantier, batteur) n’avait cessé de le dire avant la sortie de l’album : c’est du Gojira, le fan moyen ne sera pas dépaysé. C’est rien de le dire. Entre des sonorités classiques, déjà entendues sur "From Mars To Sirius" ou "The Link", cet écho dans la voix de Joe (du déjà-vu aussi), et une tendance à des rythmes tous mous, la majorité des morceaux manquent foncièrement d’audace ("Oroborus", "Yama’s Messengers", "The Silver Cord", l’instrumental du tiers de l’album qui après "Unicorn" de "From Mars To Sirius" n’est plus une surprise, "The Art Of Dying" quoique ce soit le premier morceau crié, et non pas chanté, que Gojira produise). Par ailleurs, là où le groupe tente des choses, le risque est souvent mal calculé : typiquement, c’est le cas de la surmodification (et robotisation) de la voix de Joe, par exemple sur "A Sight To Behold", où Gojira s’essaye à un son électro, indus-metal qui ne prend pas vraiment.
En fait, le groupe ne semble pas avoir trouvé de juste équilibre entre des compositions simples et pâles copies de leurs succès antérieurs ("Wolf Down The Earth" et son break copié de "Dawn" n’est qu’un exemple parmi 100), et des morceaux plus complexes, déstructurés (grosse tendance, par exemple, à l’absence de refrain), tapant dans d’autres registres que le death et donc difficiles d’accès. Résultat : c’est soit très prévisible (mais ça peut marcher quand même parfois, quand le rythme s’emballe un peu, par exemple sur "Esoteric Surgery" ou "Vacuity") soit très bon, mais dans les deux cas aucune chanson ne reste en tête.
C’est le cas d’"Adoration For None", en duo avec Randy Blythe de Lamb Of God, qui flirte avec le metalcore moderne. Assurément le meilleur morceau de cet album, il est aussi le plus compliqué, avec son rythme éprouvant, ses paroles chaotiques… bref il a peu de chance de trouver preneur chez les "fans moyens" de Gojira (et c’est aussi en cela que c’est le meilleur).
"C’était pas la peine de chiader l’emballage les gars : il aurait fallu avant tout s’occuper du contenu", voilà ce que je ne peux m’empêcher de penser à l’adresse des Duplantier aujourd’hui. How disappointing.
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Cookie
Octobre 2008
Note : 12,5/20 |
"From Mars To Sirius"
Note : 18/20
Gojira vénère le symbolisme, c’est un fait : puissance et découverte pour « terra incognita », reconnaissance et évolution des racines sur "The Link" et le cercle bouclé par un DVD plus que probant, preuve que Gojira est l’essence même du monde musical qu’ils bâtissent.
Aujourd’hui, changement de cap, de planète. Le concept est fort, à l’image de ce nouvel opus : déroutant, inattendu, et nécessitant une bonne dose d’adaptation. Gojira évolue, prenant à contre-pied notre imagination, nos attentes. La prise de risque est telle que le groupe s’octroie littéralement un nouvel espace de jeu, de découvertes, attirant la mélodie au sein de la puissance et poussant le vice jusqu’à inclure un chant plus pur et clair qu’auparavant. D’un point de vue instrumental, les fondements restent reconnaissables : batterie martelant chaque mesure avec justesse et créativité, cordes techniques, brutales et précises. Mais la musique, elle aussi, subit les conséquences de l’exil. Chaque morceau devient une part unique d’un ensemble paraissant déconstruit aux premiers abords. L’apport de mélodies sombres et monstrueuses, les constructions toujours plus chaotiques et l’apparent fossé entre ce disque et les précédents auront raison des premières écoutes ; le noyau dur ne se livrant qu’au fil d’écoutes acharnées. L’essence même d’une œuvre d’art : révéler une autre vision que celle du spectateur, même par ellipses. Au final, l’auditeur finit possédé par l’enchantement permanent de certains morceaux ("Backbone", "In The Wilderness" et l’intro de "From Mars To Sirius", qui possède la poésie d’une chanson de Devendra Banhardt, rien que ça …). Et si, pour la forme, on reprochera aux premiers abords quelques ressemblances (involontaires selon moi) avec Morbid Angel, l’illusion s’estompe vite, car voilà l’un des disques Français les plus honnêtes, intéressant quoi que déroutant, et technique sans être démonstratif, qu’il m’ait été donné d’écouter.
Gojira. Il semble que jamais un groupe Français n’ait acquis une renommée aussi considérable par le travail et la puissance scénique. Assénant sa musique comme l’on mène un peuple à la révolte, Gojira représente une force brute, faite de technicité et d’originalité, une philosophie (unicité - ipséité), et surtout, surtout, un combo avec lequel il faut désormais compter à part entière, en live et sur disque !!!
"The Link"
Note : 19/20
Bien sûr, il y a les incontournables, les précurseurs : Metallica, Death, Possessed, Morbid angel… Mais si je devais ne retenir qu’un seul groupe parmi mes préférés, ce serait sans conteste Gojira, et s’il me fallait choisir un seul album, ce serait celui-là, "The Link".
Tout a déjà été dit, par d’autres que moi, mais peu importe, je vais le répéter : "The Link" est un album magistral. Non, mieux : monstrueux. On y retrouve déjà bien la "touche" Gojira, qu’on s’était méchamment pris dans la tête avec "Terra Incognita", mais cette fois-ci tout en nuance. Oh attention, je ne dis pas que cet album n’est pas violent, non. Il l’est ; il est puissant, brutal, les blasts de batterie sont étouffants (genre mur du son), s’engouffrent en vous et vous submergent à la fois (plus personne ne niera je pense la technicité à toute épreuve de Mario) … mais une attention particulière semble avoir été accordée à un juste équilibre entre musicalité et rythme, à ce que celui-ci n’écrase pas de son rouleau compresseur toute harmonie. On se retrouve donc parfois avec des tempos obsessionnels ("Indians") ou carrément grindcore ("Wisdom Comes"), d’autres fois avec des cadences presque mid-tempo, plus proches du groove que du death, et qui donnent champs libre à la guitare et à la basse. Si on ajoute à ça l’utilisation d’instruments un peu originaux (didjeridoo par exemple), la tonalité, l’atmosphère que dégage l’album est sans conteste tribale. Furieux, cet opus l’est, mais quelque part moins que le premier de la discographie des Landais ; "The Link", c’est un peu le début de ce long chemin, pas forcément linéaire, qui mène Gojira vers l’apaisement et la communion avec le Monde qui l’entoure. Avec "Terra Incognita", on naviguait à vue dans une noirceur et une colère sans fin, ici on approche de temps en temps la lumière. De quoi faire apprécier le death même aux plus réticents (je peux citer des noms).
Deux interludes, "Connected" et "Torii", permettent de se reposer un peu les tympans, mais, comme Gojira nous y a habitué, ils sont en fait partie intégrante des morceaux qui les suivent, telles des introductions, un peu pensives, qui viennent murmurer à nos oreilles ce à quoi va ressembler la suite.
Avec des paroles simples et accessibles - beaucoup plus que sur "From Mars To Sirius" - mais profondes et qui font mouche, la voix de Joe est brute, peu travaillée, et ainsi paradoxalement plus intéressante que ce qu’elle a pu devenir avec les évolutions récentes du groupe.
Je pourrai conseiller quelques morceaux, "Remembrance" et sa brutalité époustouflante, le presque Meshuggesque "Death Of Me", ou "Dawn", l’instrumental composé par un Mario "alone and tired", sauf que c’est un des rares albums que je connaisse où rien, aucune chanson, aucune minute, aucune note, n’est à jeter, donc je m’abstiendrai.
Derrière cet arbre, "lien" entre le ciel et la Terre, dessiné par Joe, se cache donc une forêts de claques, que je me reprends à chaque écoute, sans jamais me lasser, un album qui me prend aux tripes et s’est imprimé dans chacune de mes neurones comme le summum de la musique (et que "From Mars To Sirius" et "The Way Of All Flesh" qui ont suivi n’ont pas surpassé). A noter qu’il en va de même du DVD "The Link Alive", sur lequel la puissance du son est non seulement décuplée (et pourtant tout en clarté) mais aussi accompagnée d’une prestation scénique désormais typique de Gojira, c’est-à-dire exemplaire (lumière, occupation de l’espace, charisme et complicité des musiciens…).
"Terra Incognita"
Note : 15/20
Nous voila de retour en 2001 pour un album qui a eu l'effet d'un pavé dans la mare du metal Français, et quel pavé ?! Le
premier véritable album de Gojira, "Terra Incognita". Après la sortie de plusieurs EPs / mini CDs, voila enfin le premier
album de ce groupe qui commence a faire du bruit dans un public à la recherche d'un représentant francais pour la scène
death metal.
L'album se compose de 14 titres, pour un total de 62 minutes. Un album conséquent donc ! Et dès les premiers riffs de
"Clone" (le premier morceau de l'album devenu incoutournable), on reconnaît bien ce qui a fait le succès de Gojira. Une
rythmique implacable appuyée par une batterie technique et bourrine à souhait, avec une alternance de passages plus
mélodiques.
Les morceaux se suivent jusqu'a la petite interlude, intitulée simplement "04". A noter que le principe de l'interlude se
retrouvera dans chaque album suivant !
On continue sur "Blow Me Away You" qui repart sur un tempo plus rapide et annonce la suite de l'album. Plus loin, voila le
morceau "Love", qui deviendra aussi un classique et l'album se termine sur un morceau plutot atmosphérique assez sympa à mon
gout, "In The Forest".
En résumé, un premier album puissant, taillé pour la scène, avec des titres devenus cultes depuis ("Clone", "Love"...).
La base sur lequel le groupe va évoluer pour devenir ce que tout le monde connait maintenant, un groupe INCONTOURNABLE !!!
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