Le groupe
Biographie :

Gojira, est un groupe de death metal Français formé à Ondres (Landes) en 1996. Les paroles de Gojira ont comme principal sujet la vie et la mort, la spiritualité et la protection de l'environnement. Le nom du groupe est la traduction japonaise de Godzilla, qui était aussi l'ancien nom du groupe avant que celui-ci doive le changer pour des problèmes de droit d'auteur. Leur musique se rapproche de certains groupes comme Morbid Angel, Tool, Meshuggah ou encore Death. "The Way Of All Flesh", "From Mars To Sirius" ainsi que leur DVD "The Link Alive" ont fait l'objet d'une sortie en Amérique du Nord. Gojira a joué dans de nombreux festivals (dont le Download Festival), à Bercy le 7 Novembre 2006 (pour le Unholy Alliance Tour, tête d'affiche : Slayer) après une longue tournée française de plus de cent dates, une tournée anglaise en Octobre, et sont revenus d'une tournée marathon aux États-Unis (avec Lamb Of God, Machine Head et Trivium) et au Canada en Avril 2007. Ils ont également pris part au Radio Rebellion Tour (avec Job For A Cowboy, Behemoth et Beneath The Massacre) qui s'est déroulé à travers les États-Unis du 18 Octobre au 18 Novembre 2007. En Octobre 2008 est sorti "The Way Of All Flesh". Ce quatrième album studio, sans renier l'identité du groupe, se caractérise par une plus grande influence du metal Américain. Joseph et Mario Duplantier jouent aussi dans le groupe Empalot, inactif depuis 2003. En 2010, Gojira joue au festival Wacken Open Air en Allemagne, au côté du groupe Français Nightmare et à Selestat dans le festival Lez'arts Scéniques le 30 Juillet 2010. Le 27 Octobre 2010, Gojira annonce son entrée en studio pour l'enregistrement de 4 titres en soutient à l'association Sea Shepherd. En Août 2011, le groupe annonce rentrer en studio à Los Angeles pour enregistrer le prochain album, prévu pour le printemps 2012. En Novembre 2011, le groupe signe avec le label Roadrunner Records. "L'Enfant Sauvage" sort le 25 Juin 2012. L'enregistrement de l'album suivant, "Magma", est perturbée par le décès de la mère des frères Duplantier. De retour en studio après une tournée différée, le groupe reprend en totalité son album et adopte une ligne nouvelle dans les textes et le chant clair utilisé plus largement. L'album sort le 17 Juin 2016.

Discographie :

1999 : "Possessed" (Démo)
2001 : "Terra Incognita"
2003 : "The Link"
2005 : "From Mars To Sirius"
2008 : "The Way Of All Flesh"
2012 : "L'Enfant Sauvage"
2016 : "Magma"


Les chroniques


"Magma"
Note moyenne : 16,5/20

Il est peu de dire que Gojira est l’un des groupes qui me fascinent le plus. Au niveau du son tout d’abord, des sonorités, des clips et de l’énergie sans concession envoyée par le groupe lors de ses concerts. "Magma" étant donc attendu avec une certaine impatience (pour ma part mais je ne suis pas le seul) après un silence de la part du groupe et des événements ayant des impacts sur la vie des frères Duplantier, déviant la composition en quelque chose de différent. Pour tout dire, cet album ne m’a pas déçu, malgré quelques interrogations lors des premières écoutes.

Tout d’abord, il est sensiblement différent de ce que le groupe a pu proposer auparavant sur les albums précédents. Certes l’on retrouve toujours cette énergie brute, et cette voix si reconnaissable de la part de Jo mais il ajoute désormais dans certains morceaux une dimension supplémentaire avec des parties chantées tout à fait intéressantes. Une façon d’aborder le chant de façon différente, plus nuancée, dans des termes plus proches du public, avec cette proximité et cette intimité. "Magma" s’écoute, puis s’écoute de nouveau et encore. Les morceaux s’enchaînent, sans fausse note, j’ai eu, il faut le dire, aux premières écoutes, des doutes, notamment sur les effets dans le chant clair de Jo Duplantier. Au fil des morceaux, tout le monde y trouvera son compte pour peu qu’il se laisse porter par cet album, "Magma" porte bien son nom, donnant cette sorte d’impression de feu consumant de l’intérieur, quelque chose qui coule sans jamais se réveiller et exploser.

Dans chaque morceau, il y a une subtilité ou quelque chose qui se dégage, le riff d’entrée de "The Shooting Star", le martellemant puissant de la batterie dans "Silvera" qui sert de refrain également entrecoupé de cette petite mélodie transitionnelle dissonante, l’introduction à la guitare de "Stranted", qui sert également de riff principal, typiquement du Gojira des débuts. La construction de "Only Pain" est simplement fabuleuse et fait la part belle à la batterie et une double pédale subtilement placée sur des passages au chant presque a cappella…. Chaque morceau de Gojira de cet album regorge de subtilités, et l’on se trouve happé par cet album, bourré d’émotions et de puissance.

Gojira passe encore un cap, avec plus de maturité, plus de liant et d’émotions dans les compositions, plus de technicité et plus de dextérité dans celles-ci. J’ai eu du mal, il faut le dire, au départ, surtout sur les effets sur la voix, trop poussés pour moi, et je gardais une image assez violente des derniers Gojira desquels j'étais, il faut le dire, assez fan. Mon avis était donc assez mitigé, sans vraiment réussir à m’en faire un (d’avis) et puis, oui, je me suis laisser emmener dans cet album qui prend à la gorge et qui transporte.

Le morceau qui résume parfaitement cet album est "Low Lands". Grosse technicité de la batterie, mais tout en étant simple et épurée, une guitare présente mais juste assez pour donner la profondeur et le support à un chant qui, lui, ne veut plus être gros, ni gras, mais aérien et entre deux tons pour donner de l’émotion. Et au milieu de ce morceau, on passe à quelque chose de très violent avec un Jo qui vient réimposer son énorme timbre de voix si reconnaissable… "Tell me what you see…"


Sam
Juillet 2016
Note : 18/20

Quatre ans après "L'Enfant Sauvage", le plus célèbre groupe de l'hexagone nous revient aujourd'hui avec "Magma", leur nouvelle offrande. Disons-le tout de suite, j'ai toujours accroché que moyennement à la musique de Gojira. Il y a, bien sûr, quelques morceaux tels que "Oroborus" ou "The Gift Of Guilt" que je trouve excellents mais, dans l'ensemble, j'ai tendance à trouver leur musique un peu lourdingue. Cependant, ayant été assez séduit par les deux premiers titres mis en écoute avant la sortie officielle de ce nouvel album, je me suis dit qu'il pourrait être intéressant de réaliser cette chronique.

Dès les premières secondes, un premier constat s'offre à nous : la qualité du son est vraiment au rendez-vous ! Il faut dire que, pour la réalisation de ce nouvel opus, les Français se sont donnés pleinement les moyens de faire les choses à leur façon en montant leur propre studio. Une démarche qui se révèle être bien inspirée lorsqu'on entend la qualité du rendu sonore ! Le premier morceau, "The Shooting Star", apparaît comme une ouverture assez ambiante portée par un chant clair magnifié par un mixage aux sonorité intersidérales. Ce chant paisible et envoûtant, jamais entendu jusqu'ici, sera un des éléments récurrents les plus marquants de cet album. On enchaîne ensuite avec "Silvera", un excellent morceau dans lequel on retrouve parfaitement l'identité du groupe avec des riffs tantôt pachydermiques, tantôt aériens. On notera d'ailleurs une excellente utilisation du tapping digne des meilleurs morceaux du groupe. Mais ce morceau n'est pas qu'un simple rabâchage, notamment grâce à l'utilisation du fameux chant clair décrit précédemment qui donne aux refrains une dimension plus planante qu'à l'accoutumé. Le troisième titre de l'album, intitulé "The Cell", est quant à lui, tout à fait représentatif du côté lourdingue que je n'aime pas chez Gojira. Notamment à cause du rythme de batterie entièrement à contre-temps qui introduit le morceau. Une partie qui doit, certes, être ultra difficile à jouer mais dont le rendu est vraiment affreux. Passons maintenant à "Stranded", un titre qui a fait pas mal parler de lui pour son côté très accessible. Tout d'abord, sachez, pour ceux qui ne l'aurait pas encore écouté en entier, que ce titre n'est pas le plus représentatif de ce "Magma". En revanche, je trouve qu'il s’intègre très bien dans ce début d'album par son côté très direct et accrocheur. C'est d'ailleurs, clairement, le morceau qui nous restera le plus en tête avec son refrain, peut-être simpliste, mais extrêmement bien senti.

Cette première moitié d'album se conclut par "Yellow Stone". Un morceau instrumental qui consiste en un riff lancinant de basse saturée appuyé par quelques percussions. Pris individuellement, ce morceau n'a aucun intérêt mais il permet ici de préparer l'auditeur à la deuxième partie de l'album, plus introspective. Notamment avec l'enchaînement des deux titres très ambiants : "Magma" et "Pray". Deux morceaux que certains trouveront envoûtants, d'autres ennuyants... Le huitième morceau, "Only Pain", viendra tout de même réveiller l'auditeur par sa brutalité avec, notamment, la même très bonne utilisation de la whammy que dans "Stranded". On terminera avec "Low Lands", un autre morceau très planant dédié à la mère des frères Duplantier décédée récemment. Là encore, le chant clair "intersidéral" jouera un rôle très important avec une montée très progressive, tout au long du morceau, vers le chant hurlé.

En guise d'outro, on aura droit à un petite impro acoustique des deux frangins enregistrée, volontairement, à la va-vite. Un morceau qui, comme "Yellow Stone", ne représente pas un grand intérêt musical mais qui apporte quelque chose d'un peu dépaysant pour clôturer cette seconde partie. Au final, on pourra dire que, pour ce nouvel album, Gojira aura réussi à conserver les bases solides de sa musique tout en parvenant à y intégrer de nouveaux éléments qui viennent enrichir son propos. Si je n'ai pas accroché à tous les morceaux, l'ensemble est suffisamment court et varié pour ne pas être lassant. On aura même droit à des titres très prenants avec les deux tubes "Stranded" et "Silvera" qui devrait bien cartonner en live. Ce "Magma" pourra donc intéresser aussi bien les fans du groupe que les outsiders dans mon genre. Il semble décidément qu'on n'aura pas fini d'entendre parler de Gojira de sitôt.


Zemurion
Juillet 2016
Note : 15/20




"L'Enfant Sauvage"
Note : 16,5/20

De toutes les sorties, celles de Gojira sont souvent les plus attendues, jugées, critiquées, afin de guetter le faux pas. Pour la sortie de son CD "L'Enfant Sauvage" qui fait suite à "The Way Of All Flesh" où un changement de style avait été opéré par les frères Duplantier, le groupe était attendu. Malgré le fait que Gojira n’ait plus rien à prouver, que l’unique fait d’avoir été adoubé aux Etats-Unis suffit à prouver une crédibilité et à poser le groupe en haut de l’affiche, chaque sortie est un nouveau test où l’on cherche le déclin de la bête.

Point de déclin dans "L'Enfant Sauvage" mais bien une continuité, une avancée, une progression, où le groupe repousse les limites. On reconnaît bien le son, le style, la marque de fabrique du groupe, avec ce son si caractéristique, ces plans décomposés et syncopés qui ont fait la renommée de Gojira, mais le groupe ne prend pas, contrairement à d’autres grands noms, des formules toutes faites qu’il applique à toutes ces galettes. Non, il se renouvelle sans cesse dans la créativité, les plans et les variations. Pour la signature sur son nouveau label, le groupe continue sa marche en avant, et impose encore et toujours un son si parfait, si puissant.

Les années ont passé et après un "From Mars To Sirius" extrêmement violent et sans concession, mais sans forcément de maîtrise vocale totale, le groupe a fait du chemin, et dans "L'Enfant Sauvage" la puissance est peut-être moindre, mais la maîtrise de celle-ci est totale, tant au niveau des instruments, que de la voix. "The Axe" illustre parfaitement cet album et cette évolution : calme lorsqu’il le faut, ultra technique notamment dans les parties batterie, se reposant sur un Joe Duplantier à la voix si caractéristique qui agit véritablement comme un instrument.  "The Mouth Of Kala" nous rappelle sans détour "The Way Of All Flesh" par sa construction et un son si caractéristique. L’évolution du groupe se mesure également dans les variations de rythmes, et les passages alternant entre le lent et le rapide. Il est vrai que comme dit une célèbre maxime : "sans maitrise la puissance n’est rien". Gojira l’applique à merveille, rajoutant une dose musicale et technique énorme dans ses morceaux. Le groupe s’appuie toujours sur des influences et des rappels de groupes comme Meshuggah ou Mastodon dans ses morceaux, ce qui n’est pas pour nous déplaire.

Loin des constructions ultra speed et énervées, le groupe est toujours énervé mais maîtrise beaucoup plus sa colère, en témoigne l’excellent "The Gift Of Guilt" véritablement régal technique pour tous les amoureux de Gojira. Un batteur toujours clef de voûte du groupe, une basse toujours aussi présente, des guitares toujours aussi techniques, et un chant caractéristique, Gojira a fait de ces particularités des armes, et ces armes perdurent au fil des albums, devenant des particularités et des marques de fabrique. Superbement produit, comme à l’accoutumée, "L'Enfant Sauvage" ne contentera pas tout le monde. Impossible. Certains diront que Gojira a vendu son âme au diable, et aux sirènes de l’argent, d’autres rendront gloire et grâce à ce nouvel album, posant une pierre supplémentaire dans l’empire Gojira, posant la barre encore un peu plus haut, repoussant encore un peu les limites de ce qui est un metal inventif, hors des sentiers battus, extrême et puissant.

Pour cet album, pas de collaboration comme il était question dans le précédent, le groupe est resté en un bloc, les rythmes syncopés ont la part belle, même si l’ensemble est plus lent, mesuré, comme possédé, dans un état second, en comparaison avec les autres albums. Niveau voix, des tests sont effectués et quelques rappels des anciens albums dans des riffs sont au programme comme dans "The Fall" par exemple. Un petit regret cependant, même si l’on ne touche pas à une icône, c’est une perte de vitesse sur les cinq derniers morceaux qui sont plus en retenue et beaucoup moins intéressants dans la construction. Les titres "Explosia", "L'Enfant Sauvage", présents au début de l’album, resteront de très bons morceaux marquant bien l’évolution du groupe et un véritable régal pour les oreilles.

Cet album de Gojira, excellemment bien produit, reste comme toujours une bonne référence, malgré une évolution et un tempo plus lent, de véritables pépites résident en son sein. Gojira n’est pas mort qu’on se le dise, et c’est parti pour durer encore longtemps… Au fait, l’EP "Sea Sherperd" c’est pour quand ?!


Sam
Juin 2012




"The Way Of All Flesh"
Note moyenne : 13,5/20

Sans faire dans le rébarbatif je ne vais pas vous pondre une intro qui ne servirait à rien, surtout sur Gojira que maintenant tout le monde connait. Bon voilà, Gojira vient de nous balancer son "The Way Of All Flesh" dans la gueule et après le coup de coeur "From Mars To Sirius", autant dire que la tâche qui est d'égaler la puissance, voire de faire mieux que les anciens albums, devient dure. Alors à l'écoute de cet album à l'artwork un peu trop "jenesaisquoi" à mon goût, il y a des choses qui m'ont immediatement génée : la voix de Joe Duplantier et ses celèbres riffs de grattes beaucoup moins bien exploités voire tout simplement copiés. Je m'explique, l'évolution de la voix se montre un peu plus travaillée donc moins percutante, ce que j'aimais dans Gojira. Par ailleurs, le groupe n'a pas réellement sû composer des tueries telles que "Backbone" dans l'opus précédent, alors soit, "The Way Of All Flesh" s'écoute très bien, car les gars ont le potentiel pour sortir un disque très bon, mais il manque cette magie qui nous a tous conquis auparavant. Et pour ça je leur en veut aux Duplantier, ouais... Alors soit le groupe a utilisé toutes ses cartouches, soit il se tente une approche plus experimentale de leur style et donc là on assiste à une periode de transition. Remarquez vu le thème de "The Way Of All Flesh", la mort, ben pourquoi pas y associer cette idée (hinhin), mais j'aime toujours autant les idées de Joe, leurs envies, leurs écrits, j'aime la simplicité que dégage Gojira, qui fait que ce groupe est unique, donc pour le thème pas grand chose à redire, pour le contenu à voir... Bon tout de même l'album reste du Gojira, c'est bon, c'est intelligent, c'est parfois des intros très percutantes ("Esoteric Surgery") mais qui finalement retomberont vite au stade de simple bon morceau, en gros le défaut de l'album est tout simplement qu'il manque d'audace. Très peu de coups de coeur c'est certain, mais des morceaux que j'aurai apprecié comme "Esoteric Surgery", tant au niveau du chant que de la compo du morceau qui est superbe, mais sûrement la chanson qui m'aura la plus conquise par sa brutalité sera "The Art Of Dying", qui reste ma préférée pour cet album car magnifiquement composée (a écouter l'intro du titre et ses multiples transitions sur les 10 minutes du titre). Sûrement les frenchies se sont un peu senti pousser des ailes avec leur adoration internationale, il n'empêche que pour faire vivre le mythe il faut alimenter les fans, et là malhreuseusement je me sens un peu frustrée.


Lenore
Novembre 2008
Note : 14,5/20

Cela fait maintenant deux semaines et demie que j’ai acheté cet objet : le quatrième opus de Gojira. Et je dis bien "objet", et pas CD, parce que ce que je tiens entre mes mains est au-delà du simple album : le package ressemble plus à un très joli petit livre, accessoirement accompagné de la galette, que l’inverse. L’artwork, je l’avais trouvé un peu naze au début, ce squelette bizarre, mais il est pas trop mal au final ; le livret est plein de jolies photos et images mystico-fantomatiques, de crânes… On sent d’entrée que ça gamberge sévère dans le cerveau de Mister Joe (Duplantier, chanteur et leader du groupe), qui une fois de plus a écrit les paroles et imprégné tout ça de ses questions existentielles du moment. Ok, Gojira nous avait habitué à ça, ça me plaît. Sur le CD, un dessin d’oroborus, ce serpent qui se mange la queue, symbole du cycle de la vie (et de la mort – et si vous avez suivi de près la promo de cet album vous savez qu’il en est largement question), et aussi titre du premier morceau de ces soixante-dix minutes de death metal.

C’est long. Je n’aurai jamais cru dire cela de Gojira. Et pourtant. "From Mars To Sirius" m’avait collé une claque dès la première minute ; "The Link", dès la première écoute ; "Terra Incognita", plus sombre, a nécessité une seconde fois. Mais que de plaisir ! Brutal à souhait, différent de tout ce que j’avais pu entendre jusque là, Gojira c’était mon plus gros coup de foudre musical depuis System Of A Down (nobody’s perfect) et Queen. "The Way Of All Flesh" lui passe péniblement le cap de l’audible après quelques essais laborieux… et reste largement inférieur à tout ce que le groupe a produit jusque là. Il y a bien quelques trouvailles et bons points : des nouveaux instruments (orgue, synthé), un batteur décidément magique et qui semble avoir redécouvert ses cymbales (mais qui continue à envoyer des blasts monstrueux quand il le faut), des paroles mieux écrites, intimistes, tournées vers une sorte d’existentialisme (pas hautain ou moralisateur) plus… adulte, peut-être, que l’habituel ésotérisme, et qui transmettent un réel sentiment d’angoisse, mieux, de terreur (sur "All The Tears", par exemple, couchez-vous sur le divan et évacuez tout…).

Mais Mario (Duplantier, batteur) n’avait cessé de le dire avant la sortie de l’album : c’est du Gojira, le fan moyen ne sera pas dépaysé. C’est rien de le dire. Entre des sonorités classiques, déjà entendues sur "From Mars To Sirius" ou "The Link", cet écho dans la voix de Joe (du déjà-vu aussi), et une tendance à des rythmes tous mous, la majorité des morceaux manquent foncièrement d’audace ("Oroborus""Yama’s Messengers", "The Silver Cord", l’instrumental du tiers de l’album qui après "Unicorn" de "From Mars To Sirius" n’est plus une surprise, "The Art Of Dying" quoique ce soit le premier morceau crié, et non pas chanté, que Gojira produise). Par ailleurs, là où le groupe tente des choses, le risque est souvent mal calculé : typiquement, c’est le cas de la surmodification (et robotisation) de la voix de Joe, par exemple sur "A Sight To Behold", où Gojira s’essaye à un son electro, indus-metal qui ne prend pas vraiment.

En fait, le groupe ne semble pas avoir trouvé de juste équilibre entre des compositions simples et pâles copies de leurs succès antérieurs ("Wolf Down The Earth" et son break copié de "Dawn" n’est qu’un exemple parmi 100), et des morceaux plus complexes, déstructurés (grosse tendance, par exemple, à l’absence de refrain), tapant dans d’autres registres que le death et donc difficiles d’accès. Résultat : c’est soit très prévisible (mais ça peut marcher quand même parfois, quand le rythme s’emballe un peu, par exemple sur "Esoteric Surgery" ou "Vacuity") soit très bon, mais dans les deux cas aucune chanson ne reste en tête. C’est le cas d’"Adoration For None", en duo avec Randy Blythe de Lamb Of God, qui flirte avec le metalcore moderne. Assurément le meilleur morceau de cet album, il est aussi le plus compliqué, avec son rythme éprouvant, ses paroles chaotiques… bref il a peu de chance de trouver preneur chez les "fans moyens" de Gojira (et c’est aussi en cela que c’est le meilleur). "C’était pas la peine de chiader l’emballage les gars : il aurait fallu avant tout s’occuper du contenu", voilà ce que je ne peux m’empêcher de penser à l’adresse des Duplantier aujourd’hui. How disappointing.


Cookie
Octobre 2008
Note : 12,5/20




"From Mars To Sirius"
Note : 18/20

Gojira vénère le symbolisme, c’est un fait : puissance et découverte pour « terra incognita », reconnaissance et évolution des racines sur "The Link" et le cercle bouclé par un DVD plus que probant, preuve que Gojira est l’essence même du monde musical qu’ils bâtissent. Aujourd’hui, changement de cap, de planète. Le concept est fort, à l’image de ce nouvel opus : déroutant, inattendu, et nécessitant une bonne dose d’adaptation. Gojira évolue, prenant à contre-pied notre imagination, nos attentes. La prise de risque est telle que le groupe s’octroie littéralement un nouvel espace de jeu, de découvertes, attirant la mélodie au sein de la puissance et poussant le vice jusqu’à inclure un chant plus pur et clair qu’auparavant. D’un point de vue instrumental, les fondements restent reconnaissables : batterie martelant chaque mesure avec justesse et créativité, cordes techniques, brutales et précises. Mais la musique, elle aussi, subit les conséquences de l’exil. Chaque morceau devient une part unique d’un ensemble paraissant déconstruit aux premiers abords. L’apport de mélodies sombres et monstrueuses, les constructions toujours plus chaotiques et l’apparent fossé entre ce disque et les précédents auront raison des premières écoutes ; le noyau dur ne se livrant qu’au fil d’écoutes acharnées. L’essence même d’une œuvre d’art : révéler une autre vision que celle du spectateur, même par ellipses. Au final, l’auditeur finit possédé par l’enchantement permanent de certains morceaux ("Backbone", "In The Wilderness" et l’intro de "From Mars To Sirius", qui possède la poésie d’une chanson de Devendra Banhardt, rien que ça …). Et si, pour la forme, on reprochera aux premiers abords quelques ressemblances (involontaires selon moi) avec Morbid Angel, l’illusion s’estompe vite, car voilà l’un des disques Français les plus honnêtes, intéressant quoi que déroutant, et technique sans être démonstratif, qu’il m’ait été donné d’écouter. Gojira. Il semble que jamais un groupe Français n’ait acquis une renommée aussi considérable par le travail et la puissance scénique. Assénant sa musique comme l’on mène un peuple à la révolte, Gojira représente une force brute, faite de technicité et d’originalité, une philosophie (unicité - ipséité), et surtout, surtout, un combo avec lequel il faut désormais compter à part entière, en live et sur disque !!!


Niaf
Novembre 2005




"The Link"
Note : 19/20

Bien sûr, il y a les incontournables, les précurseurs : Metallica, Death, Possessed, Morbid angel… Mais si je devais ne retenir qu’un seul groupe parmi mes préférés, ce serait sans conteste Gojira, et s’il me fallait choisir un seul album, ce serait celui-là, "The Link".

Tout a déjà été dit, par d’autres que moi, mais peu importe, je vais le répéter : "The Link" est un album magistral. Non, mieux : monstrueux. On y retrouve déjà bien la "touche" Gojira, qu’on s’était méchamment pris dans la tête avec "Terra Incognita", mais cette fois-ci tout en nuance. Oh attention, je ne dis pas que cet album n’est pas violent, non. Il l’est ; il est puissant, brutal, les blasts de batterie sont étouffants (genre mur du son), s’engouffrent en vous et vous submergent à la fois (plus personne ne niera je pense la technicité à toute épreuve de Mario) … mais une attention particulière semble avoir été accordée à un juste équilibre entre musicalité et rythme, à ce que celui-ci n’écrase pas de son rouleau compresseur toute harmonie. On se retrouve donc parfois avec des tempos obsessionnels ("Indians") ou carrément grindcore ("Wisdom Comes"), d’autres fois avec des cadences presque mid-tempo, plus proches du groove que du death, et qui donnent champs libre à la guitare et à la basse. Si on ajoute à ça l’utilisation d’instruments un peu originaux (didjeridoo par exemple), la tonalité, l’atmosphère que dégage l’album est sans conteste tribale. Furieux, cet opus l’est, mais quelque part moins que le premier de la discographie des Landais ; "The Link", c’est un peu le début de ce long chemin, pas forcément linéaire, qui mène Gojira vers l’apaisement et la communion avec le Monde qui l’entoure. Avec "Terra Incognita", on naviguait à vue dans une noirceur et une colère sans fin, ici on approche de temps en temps la lumière. De quoi faire apprécier le death même aux plus réticents (je peux citer des noms).

Deux interludes, "Connected" et "Torii", permettent de se reposer un peu les tympans, mais, comme Gojira nous y a habitué, ils sont en fait partie intégrante des morceaux qui les suivent, telles des introductions, un peu pensives, qui viennent murmurer à nos oreilles ce à quoi va ressembler la suite. Avec des paroles simples et accessibles - beaucoup plus que sur "From Mars To Sirius" - mais profondes et qui font mouche, la voix de Joe est brute, peu travaillée, et ainsi paradoxalement plus intéressante que ce qu’elle a pu devenir avec les évolutions récentes du groupe. Je pourrai conseiller quelques morceaux, "Remembrance" et sa brutalité époustouflante, le presque Meshuggesque "Death Of Me", ou "Dawn", l’instrumental composé par un Mario "alone and tired", sauf que c’est un des rares albums que je connaisse où rien, aucune chanson, aucune minute, aucune note, n’est à jeter, donc je m’abstiendrai.

Derrière cet arbre, "lien" entre le ciel et la Terre, dessiné par Joe, se cache donc une forêts de claques, que je me reprends à chaque écoute, sans jamais me lasser, un album qui me prend aux tripes et s’est imprimé dans chacune de mes neurones comme le summum de la musique (et que "From Mars To Sirius" et "The Way Of All Flesh" qui ont suivi n’ont pas surpassé). A noter qu’il en va de même du DVD "The Link Alive", sur lequel la puissance du son est non seulement décuplée (et pourtant tout en clarté) mais aussi accompagnée d’une prestation scénique désormais typique de Gojira, c’est-à-dire exemplaire (lumière, occupation de l’espace, charisme et complicité des musiciens…).


Cookie
Janvier 2009




"Terra Incognita"
Note : 15/20

Nous voila de retour en 2001 pour un album qui a eu l'effet d'un pavé dans la mare du metal Français, et quel pavé ?! Le premier véritable album de Gojira, "Terra Incognita". Après la sortie de plusieurs EPs / mini CDs, voila enfin le premier album de ce groupe qui commence a faire du bruit dans un public à la recherche d'un représentant francais pour la scène death metal. L'album se compose de 14 titres, pour un total de 62 minutes. Un album conséquent donc ! Et dès les premiers riffs de "Clone" (le premier morceau de l'album devenu incoutournable), on reconnaît bien ce qui a fait le succès de Gojira. Une rythmique implacable appuyée par une batterie technique et bourrine à souhait, avec une alternance de passages plus mélodiques. Les morceaux se suivent jusqu'a la petite interlude, intitulée simplement "04". A noter que le principe de l'interlude se retrouvera dans chaque album suivant ! On continue sur "Blow Me Away You" qui repart sur un tempo plus rapide et annonce la suite de l'album. Plus loin, voila le morceau "Love", qui deviendra aussi un classique et l'album se termine sur un morceau plutot atmosphérique assez sympa à mon gout, "In The Forest". En résumé, un premier album puissant, taillé pour la scène, avec des titres devenus cultes depuis ("Clone", "Love"...). La base sur lequel le groupe va évoluer pour devenir ce que tout le monde connait maintenant, un groupe INCONTOURNABLE !!!


Fred K
Janvier 2010


Conclusion
A écouter : The Heaviest Matter Of The Universe (2005)

L'interview : Christian Andreu

Le site officiel : www.gojira-music.com