Le groupe
Biographie :

Fractal Universe est un groupe de death metal progressif de Nancy fondé en 2013. Les membres du groupe sont : Vince Wilquin : guitare lead / chant (Amoeba, Scarred), Hugo Florimond : guitare lead (Slatsher), Valentin Pelletier : basse (The Hat-Rack Quartet) et Clément Denys (batterie / ex-Amnega, ex-Nihilism). Bien que le groupe soit récent, tous ses membres ont participé à divers projets dont ceux mentionnés, et sont professeurs de musique. Ils bénéficient donc déjà d’une certaine expérience du monde de la musique. Fractal Universe présente son premier EP de 4 titres et de 25 minutes, "Boundaries Of Reality", au printemps 2015. C'est au printemps 2017 que Fractal Universe sort son premier album, "Engram Of Decline".

Discographie :

2015 : "Boundaries Of Reality" (EP)
2017 : "Engram Of Decline"


Les chroniques


"Engram Of Decline"
Note : 17/20

Groupe lorrain déjà auteur d'un EP en 2015, Fractal Universe revient avec un véritable album, "Engram Of Decline". Officiant dans un metal aux frontières du death technique et du progressif, ce premier album devrait intéresser les amateurs de musique complexe, technique et mélodique.

"Premiss To Reality" montre d'entrée de jeu la versatilité de la musique de Fractal Universe, commençant par un déluge de notes et de blasts avant de se calmer sur un couplet plus aérien et mélancolique. Un premier morceau qui prouve déjà que ces gars-là ont le sens de la mélodie et de la composition, les influences et émotions diverses se mélangent sans jamais perdre en cohérence. Si les passages blastés peuvent faire penser de loin à des groupes comme Obscura, cela reste léger et c'est surtout le mélange entre la technicité, la brutalité et la mélodie qui peut y faire penser. Fractal Universe a surtout une patte bien à lui, créant un univers personnel tout au long de ce premier album plein de surprises. Le groupe aime composer des morceaux à tiroirs et n'attaque jamais là où on l'attendait, entre les passages limite spatiaux, d'autres plus jazzy ou mélodiques et les riffs de bûcheron qui croisent des structures tortueuses, on peut dire qu'on est servi ! De l'acoustique vient aussi parfois s'intercaler au milieu de ce vivier d'influences extrêmement variées pour créer un climat encore plus particulier. Si on peut entendre beaucoup de groupes mélangeant le death et le progressif ces derniers temps, il y en a peu qui arrivent à créer quelque chose d'aussi personnel, la plupart se ressemblant quand même pas mal. En une petite heure, Fractal Universe montre plus de variété et de richesse que certains groupes du genre en plusieurs albums ! Cela devient de plus en plus rare dans cette scène d'entendre un groupe qui ne se contente pas de reprendre une formule et de la reproduire à l'identique, celui-ci en fait partie.

L'ambiance générale est assez sombre, mélancolique, même si certains passages plus accrocheurs amènent quelques rayons de lumière. "Scar Legacy Of Hatred" varie les plaisirs en balançant des riffs bien lourds sur un mid tempo écrasant, en dehors de quelques blasts bien entendu. "Parricidal Ghosts" présente des mélodies complètement barrées, des riffs tordus et une ambiance toute aussi décalée et folle. Vous l'aurez compris, Fractal Universe ne se pose aucune barrière et ne fait que ce qu'il a envie de faire, c'est d'ailleurs dans cette envie d'expérimenter que l'on sent le côté progressif. On entend même du saxo sur "Backworldsmen" qui, en dehors de ça, balance lui aussi des riffs et mélodies bien barrées. D'une manière générale et même si les morceaux sont tous très techniques, il y a une accroche constante et des ambiances prenantes qui font que même ceux qui ne sont pas habitués à une musique aussi riche ne devraient pas se sentir perdus sur "Engram Of Decline". C'est tout le talent du groupe de savoir distiller une musique complexe, profonde et mélodique sans sacrifier son côté plus direct et violent. Bref, pas de quoi décourager le profane en la matière mais beaucoup de choses à découvrir au fil du temps, ce premier album étant du genre à sortir tel un diable de sa boîte dans les moments où vous l'attendrez le moins. "Collective Engram", qui ferme l'album avec ses dix minutes, s'amuse à jongler avec toutes les facettes du groupe, passant d'une couleur à l'autre tel un caméléon sonore et donnant par là même un aperçu de ce que le groupe peut encore offrir dans le futur. Ajoutez à tout cela une production puissante, claire qui laisse de la place à tout le monde et qui va comme un gant au style pratiqué et vous avez tout ce qu'il faut pour que "Engram Of Decline" tourne en boucle !

Voilà donc un premier album d'excellente facture, varié, personnel et maîtrisé de bout en bout. Une preuve supplémentaire s'il en fallait que la scène metal française se porte décidément très bien en ce moment.


Murderworks
Août 2017




"Boundaries Of Reality"
Note : 16/20

Jeune groupe lorrain formé par des musiciens issus de diverses formations de death technique lorraines (Slatsher, Amoeba, Scarred...), Fractal Universe est surtout l'œuvre de Vince Wilquin qui, en 2013, s'est décidé à créer un projet musical ambitieux, inspiré par les Grands que sont Death, Nocturnus et Atheist. C'est sous la forme d'un trio que Fractal Universe a enregistré ce premier jet intitulé "Boundaries Of Reality", un premier brûlot qui nous littéralement retourné, et nous fait saliver en attendant la suite.

Impressionnant de technique, de maîtrise et surtout d'inspiration, le death metal progressif des jeunes loups lorrains nous entraîne dans un voyage intersidéral vers d'étranges nébuleuses musicales. Fractal Universe (à ne pas confondre avec les Parisiens de Fractal Gates qui donnent également dans le metal technique d'outre-espace mais dans un registre plus thrash), apparemment branché S-F, joue un metal ultra-précis mais aussi ultra-mélodique ; les guitares sont au premier plan et offrent de véritables moments de bonheur. Les enchevêtrements mélodiques (on ne peut véritablement parler de "riff" dans le sens généralement accepté), en version saturée ou claire, sont foisonnants de détails et montrent une créativité et un travail renversants. Attention, nous n'avons nullement affaire ici à un groupe faisant de la technique une fin. Non, Fractal Universe propose de vraies compositions, solides et bien écrites, où la technicité exacerbée des musiciens est parfaitement contrebalancée par une volonté de proposer des structures cohérentes et simples, sans aucun déballage technique sans queue ni tête ou longueurs instrumentales insipides. Tel l'univers qui est régi par des lois physique immuables et universelles, Fractal Universe tend à développer un discours harmonieux et équilibré.

Les quatres compos de cet EP doivent autant à Death, Obscura et Atheist. "Mourning the Loss Of A Dim Glance", à l'intro orchestrale légèrement cheap mais bien foutue, nous le montre d'emblée. Ce titre de 8 minutes est un véritable tour de force qui allie brutalité et mélodie, le tout dans un enrobage progressif qui nous scotche (en parlant de ça, évitez d'être trop imbibé lorsque vous écouterez l'EP, il vaut mieux être concentré à 100%). Les rythmiques concassées modernes ajoutent de la couleur et de la diversité au propos et accroissant même par le fait la dimension froide et stellaire de la musique. On pense à Augury pour le côté "cosmo-mélodique" et la frappe de batterie, rappelant celle d'Etienne Gallo. Le son de guitare très "synthé", voire parfois jeu vidéo (notamment le premier morceau "Mourning The Loss Of A Dim Glance", proche de ce que peut proposer Norrin Radd). Des dires de Vince, l'écriture de ce morceau remonte à bien avant la naissance de FU. On veut bien le croire tant le monstre est impressionnant.

Le second morceau, "Tears Of Misanthropy", est plutot varié. Aux calmes et ambiants passages succèdent de terribles blast beats où un riff fracasseur nous réduit à l'état de poussière. Le morceau-titre est énorme avec cette lead introductive entêtante qui fricotte avec les étoiles et son groove de martien. L'intro de "Starless Aether", faite de guitares claires à l'écho abyssal, est glaçante et reflète l'infini des espaces intersidéraux. L'atmosphère oppressante de ce titre en fait un des plus réussis du lot. Délicate, fourmillante d'idées, et calculée au millimètre près, la musique de FU ne laisse place à aucune approximation. Paradoxalement, les compositions sont fluides et laissent apprivoiser toute seules, sans grand effort. Chaque instrument évolue sur son propre chemin mais n'oublie pas la destination finale. Les parties de basse enrichissent les rythmiques tarabiscottées ("Mourning The Loss...", "Starless Aether"). La production, sans faille (c'est une évidence vu le style), se veut claire et précise. La batterie programmée par le chef d'orchestre Vince est utilisée avec une grande intelligence : elle évité de se perdre dans des méandres techniques imbitables et reste sobre (Vince a visiblement pensé au futur batteur, Clément en l'occurrence, qui devra restituer tout ce bazar en live). Elle soutient parfaitement le travail de composition et ne vient pas écraser la musique. Bien que synthétique, le rendu ne fait nullement tâche et renforce même le côté futuristique de la musique du groupe.

On espère que nos quatre amis feront de Fractal Universe une priorité dans leur carrière musicale, car le potentiel énorme mérite d'être exploité et porté au firmament de la scène metal. Tel un Gorod ou un Benighted, ces jeunes gens ont les capacités de s'imposer et de marquer un large auditoire. Les portes du metal international sont grandes ouvertes devant eux.


Man Of Shadows
Mai 2015


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/fractaluniverseband