Le groupe
Biographie :

Exocrine est un groupe de death metal progressif et technique bordelais formé en 2013 et actuellement composé de : Jordy Besse (basse / chant), Nicolas La Rosa (guitare), Sylvain Octor-Perez (guitare / Sons Of Senoka) et Antoine Fourré (batterie). Exocrine sort son premier album, "Unreal Existence", en Octobre 2015 chez Great Dane Records. Le deuxième album, "Ascension", sort en Février 2017, toujours chez Great Dane Records.

Discographie :

2015 : "Unreal Existence"
2017 : "Ascension"


Les chroniques


"Ascension"
Note : 18/20

Exocrine est déjà de retour à peine plus d'un an après "Unreal Existence" et ils ne sont toujours pas contents ! Le petit nouveau s'appelle "Ascension" et devrait encore ramoner pas mal de cages de à miel amatrices de death metal brutal technique.

C'est "Terra" qui ouvre le bal de façon pour le moins frontale avec des riffs ultra techniques, sweeping à gogo, blasts ultra brutaux le tout enchaîné par un passage jazzy avec basse bien en avant et mélodies éthérées ! Bref, Exocrine n'a pas changé son fusil d'épaule et on va encore être secoué dans tous les sens. Quelques arrangements électroniques viennent régulièrement donner une teinte très science-fiction à ce nouvel album, un mélange qui fonctionne en général assez bien d'ailleurs. Pour faire simple, on retrouve les éléments de "Unreal Existence" sans grande révolution mais plus affirmés dans l'ensemble, donc si le premier essai de ces Bordelais vous avait secoués, vous allez vous reprendre une bonne gifle à l'écoute de "Ascension". Malgré le niveau technique élevé et la brutalité très présente, le groupe balance toujours les mélodies planantes dont il a le secret pour donner un minimum d'accroche et éviter que les morceaux ne ressemblent à une démonstration permanente. Le solo de "Alpha (Chapter 1 : Exode)" est d'ailleurs magnifique et offre un contraste intéressant à la fin d'un morceau éprouvant à tous les niveaux. Je souligne celui-ci mais tous les solis sur cet album sont excellents et très bien placés. Ce nouvel album laisse aussi une plus grande part aux ambiances, souvent cinématographiques d'ailleurs, via un certain nombre d'arrangements comme je le disais plus haut. Si "Unreal Existence" était déjà excellent, "Ascension" présente en plus une épaisseur, un univers particulier que son grand frère ne montrait pas autant.

C'est la traditionnelle méthode du monsieur plus, plus brutal, plus technique, plus mélodique, plus immersif, bref c'est encore une fois une putain de tuerie ! Et cette fois, on a droit à une près de quarante minutes, là où "Unreal Existence" n'en faisait que trente-six en comptant une reprise. Niveau production, ça sonne bien et gros, personnellement je trouve juste le son de batterie un peu trop sec même si je me doute bien que quand ça blaste à cette vitesse, ça devient dur de faire sonner ça clairement sans passer par une production de ce genre (oui, c'est toujours ma bête noire ça). Techniquement, pas de surprise, c'est aussi impressionnant que carré, certains plans sont affolants et vont rendre malades bien des apprentis musiciens. Pourtant, je le répète, Exocrine ne devient jamais indigeste et n'abuse jamais de la technique, les mélodies planantes et spatiales viennent régulièrement contrebalancer ce déluge de notes et de brutalité. Ce côté science-fiction et spatial est d'ailleurs une réussite, les ambiances sont prenantes et l'album présente une cohésion à toute épreuve. Ce qui est logique puisque contrairement à "Unreal Existence", ce nouvel album est bien un album concept et ça s'entend clairement, les parties d'un même chapitre s'enchaînent sans blanc entre les morceaux et on sent le travail fait sur les ambiances et les arrangements.

Une fois de plus, "Ascension" n'est pas l'album le plus original de la scène death brutal technique mais il est assurément dans le haut du panier en termes de qualité et d'efficacité. Si vous avez aimé "Unreal Existence", foncez de suite sur ce nouvel album vous allez en prendre pour votre grade. Si vous ne connaissez pas encore Exocrine, il n'est jamais trop tard pour vous y mettre, d'ailleurs qu'est ce que vous faites encore ici ?


Murderworks
Avril 2017




"Unreal Existence"
Note : 17/20

Amateurs de death metal technique, ceci est pour vous, Exocrine débarque avec son premier album "Unreal Existence" et ça risque de vous plaire ! Nouvelle signature de Great Dane qui a décidément de bien belles choses dans sa besace, ces Français viennent concurrencer les autres groupes d'une scène qui commence à fleurir de partout, ce qui n'est pas pour me déplaire.

"The Cycle Form" qui ouvre l'album commence fort, des riffs techniques et tordus, des structures changeantes, des soli mélodiques, du blast qui dépasse le mur du son, bref tout ce qu'il faut pour prendre son pied quand on aime son death bien technique et violent. Le niveau technique est d'ailleurs assez affolant mais Exocrine évite avec brio l'écueil des morceaux branlette sans riffs. Ceux-ci sont bien présents sur ce premier album et ce sont eux qui mènent la danse, nous faisant joyeusement headbanguer quand nous ne sommes pas émerveillés par les soli de toute beauté. Voilà un groupe qui fait partie des rares à avoir compris que la technique n'est pas une fin en soi, par conséquent les morceaux ne ressemblent pas à un défilé de notes sans queue ni tête. Pareil pour la violence ou les blasts qui apportent de la vie aux morceaux et qui font monter l'intensité d'un cran sans jamais virer au bourrinage intensif. Résultat, l'impact de ces derniers est bien plus prononcé, surtout quand ils débarquent en force avec un passage aux mélodies éthérées. Pour vous donner une idée de ces fameuses mélodies, dites-vous que l'album se termine par la reprise du "Celestial Voyage" de Cynic. A noter d'ailleurs l'excellent travail d'Antoine Fourré qui sait certes blaster comme un porc mais qui place des patterns en général très inspirés, ça change là encore des batteurs en mode mitrailleuse / descente de toms. Et comme les groupes de death technique des années 90 en avaient l'habitude, Exocrine ne dépasse pas les 36 minutes sur cet album, donnant des morceaux au format compact qui ne prennent jamais le temps de nous et de se perdre en route.

On pourrait de temps en temps faire une analogie avec Obscura qui sait lui aussi alterner efficacement le blast sauvage et le death avec des mélodies magnifiques et planantes, mais ce serait oublier que Exocrine a bien sa propre patte et que si on sent leurs influences, on serait bien en peine de cibler un groupe en particulier. Encore une fois, ce groupe garde l'efficacité en ligne de mire et ne se perd jamais en démonstration stérile. Certaines parties de "Voynich Manuscript Part 1" peuvent éventuellement rappeler la scène djent, preuve que si Exocrine rend hommage aux pionniers du death technique, il n'en oublie pas pour autant de vivre avec son temps. Le groupe aurait tort de se priver puisque contrairement à ce que certaines mauvaises langues pourraient dire, les deux univers se mélangent très bien ici, et que ceux qui reprochent au djent son manque de brutalité essaient de faire le même reproche à "Unreal Existence" histoire de rire cinq minutes. "Voynich Manuscript Part 2", quant à lui, débarque avec des parties bien jazzy, une habitude avec ce genre de groupe certes mais ça fait toujours du bien aux oreilles. Globalement, Exocrine n'invente rien de toute façon, mais ce qu'il fait il le fait foutrement bien et c'est toujours bon à prendre. On se dit d'ailleurs à la fin de l'album que 36 minutes c'est trop court, et même si on se dit aussi que le groupe a bien fait de choisir ce format pour éviter l'ennui, on ne peut s'empêcher d'en vouloir un peu plus. Pas grave, il reste toujours l'option de réécouter l'album, et croyez bien que ça risque de vous arriver plus d'une fois si vous aimez ce genre de death metal.

Premier album percutant et pour tout dire excellent, une carte de visite de haut vol pour Exocrine. Du death metal technique et brutal avec quelques incursions jazz et djent, rien d'inhabituel à ce niveau mais c'est foutrement bien fait. Et quand le groupe part dans des passages mélodiques planants et éthérés, c'est là aussi un pur bonheur.


Murderworks
Janvier 2016


Conclusion
L'interview : Sylvain

Le site officiel : www.facebook.com/exocrine-1523150104623386