Le groupe
Biographie :

Emmure est un groupe de deathcore américain, originaire de New Fairfield, dans le Connecticut. Formé en 2003, le groupe se délocalisera par la suite dans le Queens, à New York. Le groupe compte un total de sept albums, et trois démos. Ils attirent l'intérêt de This City Is Burning Records, chez qui ils publient leur premier EP intitulé "The Complete Guide to Needlework". Victory Records remarque le groupe après la sortie de l'EP, et les signe. Ils publient leur premier album, "Goodbye To The Gallows", en 2007. Leurs deuxième, troisième et quatrième albums, "The Respect Issue" (2008), "Felony" (2009) et "Speaker Of The Dead" (2011), sont distribués par Victory. Une fois leur contrat de quatre albums avec Victory expiré, ils signent de nouveau avec le label pour la distribution de leurs cinquième et sixième albums "Slave to the Game" (2012) et "Eternal Enemies" (2014). En 2017, "Look At Yourself" sort chez SharpTone Records / Nuclear Blast.

Discographie :

2006 : "The Complete Guide To Needlework" (EP)
2007 : "Goodbye To The Gallows"
2008 : "The Respect Issue"
2009 : "Felony"
2011 : "Speaker Of The Dead"
2012 : "Slave To The Game"
2014 : "Eternal Enemies"
2017 : "Look At Yourself"


Les chroniques


"Look At Yourself"
Note : 14/20

Au regard de ses précédentes sorties, Emmure n’a pas proposé de bons albums depuis "Speakers Of The Death" (2011). "Look At Yourself" met définitivement fin à cette spirale monotone et paralysante que le groupe semble subir depuis le pas top  "Slave To The Game" (2012) et l’affreux "Eternal Enemies" (2014).

Le tour de force de "Look At Yourself" ne vient pas d’un miracle ou d’un malentendu. En effet, suite au split du groupe en 2016, Francki Palmeri – le seul membre survivant – a eu la (très) bonne idée de s’entourer d’un nouveau line-up dont l’ultra talentueux Josh Travis (The Tony Danza Tapdance Extravaganza, Glass Cloud). Véritable pointure du mathcore, reconnaissable entre mille via son jeu dissonant, groovy et hyper sous-accordé, Josh Travis est l’assurance qualité de "Look At Yourself" et sans doute, le gros intérêt de cet album.

La production monumentale et la marque Josh Travis frappent dès les premières notes et polyrythmies. L’influence Korn se démarque au travers de ces fameux sons et grincements de guitares dissonants et si caractéristiques du néo metal des 90’S ("Ice Man Confessions" et "Torch"). Franck Palmeri est énervé plus que jamais et alterne de manière assez intéressante entre chant crié, rappé, parlé. Le niveau de haine est placé très haut, le contenu des paroles plus bas et le tout se maintient sans pause durant 30 minutes.

Véritable cocktail d’agressivité, "Look At Yourself" ne démord à aucun moment, au risque de fatiguer certains auditeurs. Techniquement, la barre n’a jamais été aussi haute chez Emmure, mais sans pour autant transformer le groupe. En effet, on reste sur des morceaux de 2min / 3min max et des riffs accessibles, parfois répétitifs, comme à l’accoutumer. Emmure étonnera plutôt sur de très bons titres plus inspirés - "hors du lot" - comme par exemple "Turtle In A Hare Machine" ; morceau alternant entre bruit marron (9 cordes oblige) et passages en drone addictifs et surprenants.

Bien entendu, Emmure ne se réinvente pas entièrement, mais propose tout simplement son meilleur album depuis "Speakers Of The Death" (2011) grâce à un changement de line-up radical et enrichissant. Bien que l’arrivée de Josh Travis puisse drainer quelques nouveaux fans et faire naître une hype inhabituelle chez les plus émotifs d’entre nous, "Look At Yourself" s’adresse avant toutes choses aux fans d’Emmure et puis c’est tout.


Vinny
Mai 2017




"Slave To The Game"
Note : 07/20

Emmure, ouais tu sais le groupe de la corde de pont en case 0 à vide et à la voix cherchant l'inspiration dans les catacombes. C'est sombre c'est crade, ça pue, c'est Emmure. OK. Passé ce constat, force est de constater que plus le temps passe, plus le groupe devient chiant.

C'était marrant au début de faire rentrer ces vitres en resonance, de foutre du down à n'en plus pouvoir, le côté electro derrière en plus. La voix, sur les premiers albums, avait encore quelque chose d'humain, quelque chose d'intéressant, les riffs étaient quelques peu construits, là... bah, c'est creux, on prend la même et on recommence. Ouais d'accord sur certaines parties tu te dis "Ah tiens, un Fear Factory" mais tu t'arrêtes vite parce que c'est quand même beaucoup moins bon, même à l'époque où ils étaient dans une panne d'inspiration. Et tu te demandes si, finalement, un riff ça n'est pas déclinable comme les conjugaisons : parfait, imparfait, passé, plus que passé, passé composé. Invariablement, les compositions ne changent pas, la technique est toujours la même, la production certes énorme (moins que la précédente quand même, on ne va pas abuser) mais toujours les mêmes recettes. Bon les mecs, fini les sandwishs là, faudrait se foutre à de la vraie cuisine. Alors oui, on fout de la casquette, on s'écrit sur le corps partout, on s'envoie des kilos de malbouffe, on fait le tour des st'azunis d'America, on vient même faire du tourisme en Europe, mais bon, repasser le précédent album en triturant un son par ci par là... Bah... Ouais.... Enfin moi ça ne me provoque même pas une demi molle et pourtant Dieu sait que j'ai la montée de lait facile ! Tu trouves une batterie ultra triggée sans aucune variation (d'ailleurs ils ont peut-être pris des précédents albums les parties qui n'allaient pas ?). La voix ne change pas invariablement... Toujours la même formule : du chant un peu robotisé, on passe un coup sur du guttu profond, des parties parlées pour les transitions et hop là on double un peu, sur du riff guitare saccadé en corde à vide, de préférence accordée très bas et le tour est joué. Même les transitions et les breakdowns ne font plus leur effet, c'est dire.

Cet album est pour moi, et attention ça n'engage que moi, décevant dans son ensemble, très peu de nouveauté voire pas du tout, autant dans le son, dans la production que dans les compositions, un produit surfait, quelque chose de peu innovant qui se contente de poser les pieds dans ce qui a déjà été fait. Un peu comme si l'album précédent et celui-ci n'étaient que le même disque et que le groupe avait refourgué ses "loupages" ou ses morceaux moins bons en studio sur la galette. Surnage cependant le morceau "MDMA", quelque peu différent, un peu plus varié et différent dans le son et encore... Décevant.


Sam
Avril 2012




"Speaker Of The Dead"
Note : 10/20

Le premier mot qui nous vient en écoutant "Speaker Of The Dead" est tout simple : Outch !! Un grand outch !! Un fois passée la première vague et l’impression de puissance immense qui découle du groupe ricain, c’est qu'outre la production dantesque, le son est lui aussi dantesque. Les mecs sont accordés plus bas qu’il est véritablement et raisonnablement possible de faire. C’est gras. Comme un gros morceau de viande saignant. C’est cinglant comme une volée de briques et des clous.

Passée la première impression, on se penche un peu plus sur la composition. Les noix râpant le sol, les moshs succédant aux breakdowns, les breakdowns succédant aux moshs et ainsi de suite. Au niveau de la composition, Emmure balance du tout droit, de l’accord plaqué en haut de manche sur de la grosse corde. Finalement, c’est un bon moment pour bouffeur de la puissance brut. Un vrai enchaînement de violence. Pour ce qui est de l’aspect technique, on repassera. Des riffs qui reviennent ou qui sont repiqués sur les anciens skeuds, là où le premier était dans une veine un peu plus hardcore, celui-ci est dans une veine totalement programmée. Plus d’effet de surprise, les effets balancés sur la voix finissent d’anéantir le peu d’humanité qu’il restait au groupe (la légende ne dit-elle pas que les mecs se sont rencontrés sur le net ?). Alors bien sûr c’est superbement produit, c’est très puissant, mais un poil redondant sur la longueur. Les constructions ne varient pas d’un poil d’un morceau à l’autre, et personne n’a une aussi grosse prod' sans contrepartie. En effet le tout sonne très "ordinateur", quelque chose de pas très naturel dans le grain même dans les guitares et dans la batterie.

Alors le "Outch" on le mettra à la fois pour la production, pour le titre "Demons With Ryu" mais également pour la pauvreté de composition. Mais sinon c’est un bon skeud pour ceux qui veulent se prendre du punch sans réfléchir... Finalement c’est ce qu’on demande, pas de technique, du tout droit, du froid, et de la puissance !! Et bim, c’est l’heure du breakdown !


Sam
Mai 2011


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/emmure