Le groupe
Biographie :

Eisregen est un groupe de dark / death metall allemand formé en 1995 et actuellement composé de : Yantit (batterie / Ewigheim, Marienbad, ex-Panzerkreutz, ex-Transilvanian Beat Club) et Blutkehle (chant / Eisblut, Goat Funeral, Marienbad, ex-Panzerkreutz). Eisregen compte douze albums studio à son actif dont les huit derniers sur le label Massacre Records.

Discographie :

1998 : "Zerfall"
1998 : "Krebskolonie"
2000 : "Leichenlager"
2001 : "Farbenfinsternis"
2004 : "Wundwasser"
2007 : "Blutbahnen"
2008 : "Knochenkult"
2010 : "Schlangensonne"
2011 : "Rosrot"
2013 : "Todestage"
2015 : "Marschmusik"
2017 : "Fleischfilm"


Les chroniques


"Fleischfilm"
Note : 16/20

Si le metal gothique est un style très riche, il est tout à fait possible de mélanger ce style imposant avec quelques racines industriel, black ou death. C'est d'ailleurs dans cette optique que Yantit (batterie, aussi connu sous le nom de Ronny Fimmel et jouant avec Ewigheim) et Blutkehele (chant, aussi connu sous le nom de Michael Roth et chantant pour Goat Funeral) ont fondé Eisregen en Allemagne en 1995. Certains de leurs albums sont interdis à la vente dans leur pays, et quelques titres ne peuvent être joués sous peine de sanctions juridiques... Mais rien n'empêche les Allemands de composer leur douzième album, "Fleischfilm", qui sort le 5 Mai 2017. Pour les lives, les deux fondateurs sont accompagnés de West à la basse (Ewigheim, Hämatom, Marienbad) et d'El Hoppelo à la guitare pour jouer leurs riffs sordides et puissants. Tous les textes sont chantés en allemand, une langue qui collera parfaitement à l'univers froid du groupe. Qu'est ce que vous attendez ? Installez-vous, ils vont commencer !

Le combo entamera l'album avec "Drei Mütter". Un titre parsemé de sons électroniques qui seront rapidement couverts par une rythmique imposante, qui tire parfois dans les harmoniques pour instaurer une ambiance pesante mais énergique. L'allemand, que ce soit avec la voix de Blutkehele ou les choeurs contribue à l'atmosphère inquiétante de la composition. "Hauch Des Todes" débute avec un son de cloche et d'orgue qui déboucheront sur une chanson qui mélange le metal industriel au style gothique du groupe. Les racines black metal sont présentes, ainsi que de nombreux claviers. L'accumulation et la diversité des sons joue en faveur du groupe : sans connaître le morceau, il est impossible de deviner ce qui va nous tomber dessus ! Le son de "Jenseits Der Dunkelheit" est beaucoup plus expérimental, puisqu'il repose énormément sur les claviers, sans renier la rythmique guitare / basse / batterie qui soutiendra avec brio un chant torturé, alors que "Die letzte Reise Des Alan Yates (Metamorphose 2)" est une composition en apparence plutôt calme, mais qui sera énergisée par une batterie progressive et des harmoniques de guitare. On repasse sur un son axé atmosphérique avec "Auf Den Spuren Der Säge". Si les musiciens réussissent à instaurer une ambiance, c'est en partie grâce aux talents de Blutkehele qui nous tient en haleine jusqu'au bout de la chanson, où ce titre devient réellement intéressant.

Vous en avez assez du son saturé et des riffs tranchants ? Bien, alors je vous conseille "Tiefrot" qui n'en contient presque pas. Un long break acoustique sur le milieu du titre qui contraste nettement avec le reste de l'album, et le groupe continuera à produire un son lent et lancinant sur "Nahe De Friedhofsmauer". Ce sont encore une fois les tonalités acoustiques qui prédominent, et c'est un rythme enjoué qui surgira de nulle part avant de renouer avec la mélancolie latente. Qu'est-ce qui sort d'un esprit qui combine sonorités victoriennes et des riffs sombres au possible ? "Menschenfresser". Un titre encore une fois surprenant, mais vraiment très prenant. Amateurs d'EBM réjouissez-vous car ce titre est pour vous ! "Syndikat Des Schreckens" semble sorti de la scène darkwave allemande des années 90. Apportant un nouveau souffle à l'album, "Im Blutrausch" mettra un peu de temps à démarrer, mais une fois l'ouragan lancé il ne s'arrêtera que trois minutes plus tard avec le début de "Satan Der Rache", que l'on croirait venu du Far West. En effet, ce titre au con clair semble reprendre les ambiances si particulières des westerns pour impressionner l'auditeur. Dernier titre, "Nachts Kommt Das Delirium" met clairement la basse en avant, et on découvre une facette de la voix de Blutkehele qui nous était jusqu'alors inconnue. La folie semble s'être emparée de l'homme pour ce dernier titre qui fait parfois froid dans le dos.

Vous vous attendiez à un album de metal gothique au son lourd et profond ? Eh bien c'est en partie le cas. Ce n'est pas parce qu'il contient beaucoup de titres tournés vers l'acoustique et qui oublient parfois un peu trop le son saturé que cet album est mauvais, bien au contraire ! Son originalité marque les esprits autant qu'il lui permet de séduire un public large. Les influences sont diverses, mais toutes coïncident avec l'univers sombre du groupe allemand. Un univers que j'espère voir porté à la scène dans notre pays, mais je sais que leur langue et leur style les dessert grandement pour une visite sur nos planches... Le rideau se ferme.


Matthieu
Mai 2017




"Marschmusik"
Note : 12/20

Pour ses vingt ans de carrière, Eisregen sort un nouvel album, "Marschmusik", chez Massacre Records. C'est donc son onzième depuis ses débuts en 1995, mine de rien ! Et donc qu’ont les Allemands à nous offrir cette fois ?

Cet opus contient douze titres donc à priori de quoi nous en mettre plein la panse, mais en fait ces titres, ou du moins la plupart d'entre eux, se trouvent être assez plats et manquent affreusement de contenu. Ils ne sont pas vraiment mauvais pour autant, ils s’écoutent sans problème, mais ils sont vite redondants et on perd vite le fil comme avec "Leichensack", "Gott Der Panzer" ou encore "Fleischbrand". Pourtant, ils sont assez courts, entre trois et cinq minutes…

On trouve des morceaux plus intéressants comme par exemple "Marschmusik" qui ouvre l’album avec des riffs froids et de la vigueur bien allemande ! "Blutkreis" et "Adlerkorst" sont pas mal non plus, avec une basse bien lourde mise en avant. Le reste des titres n'est pas exceptionel et est même assez bateau au final, heureusement que nous avons les efficaces "Bunkertur" et "Foltergeist". Le son est assez éraillé avec parfois des passages aériens de synthé ("Mein Leben Auf Deiner Haut"), ce qui est plutôt étrange voire dérangeant.

Et pour terminer, que dire des trois titres OVNI de l’album ? En effet, il se termine par "Was Von Dir Bleibt" qui est un titre de type vampire disco, "Panzerschokolade" façon cirque russe et le bonus, "Pervertin Peter", qui est lui aussi déroutant.

Même si certains titres sont entraînants et plutôt agréables, cela reste assez pauvre. Au final, "Marschmusik" n’est pas percutant, pas accrocheur et même, il faut le dire, mou. On s’attendait à mieux d'un groupe qui fête ses vingt ans de carrière !


Nymphadora
Septembre 2015




"Todestage"
Note : 12,5/20

C'est avec un artwork très particulier de manga horrifique que les Allemands d'Eisregen nous présentent leur dixième album, "Todestage", chez Massacre Records. Après dix-huit années d'existence, le groupe a légèrement changé d'horizon avec un black metal plus moderne.

"Waldgott" est le premier titre de cet opus, les parties de violon et de piano donnent une musique horrifique raffinée. En effet, la délicatesse de ces instruments est à l'opposé du chant hybride et du reste plus rentre-dedans. Ensuite, "Todestag" et "Mitternacht" sont des hits typiques du groupe, simples mais avec une énergie efficace. Groovy avec une ambiance sombre, "DSDSL" montre un autre aspect du groupe, la musique est plus extrême et moins moderne. "Hollenfahrt" et le court morceau "Familienbande : Vater Tad & Mutter Nacht" prennent une tournure plus sombre et rapide avec un black metal dynamique restant mélodique. Aériens et composés dans un but de légèreté, "Lang Bebe Die Nadel", "Oh Wie Sie Schrie" et "Oststern Am Narbenhimmel" s'écoutent facilement et passent très bien ! Avec un tempo rock, "Elotenmongo" est un morceau bien plus "pop metal". Cela n'est pas déplaisant mais c'est assez, voire un peu trop, différent du reste de l'album. Et pour finir, "Tod/Untot" fait ressortir le côté glauque et morbide du groupe, tandis que "Seele Mein" se révèle plutôt niais... En effet, c'est un peu mou et les riffs sont trop gentillets.

Eisregen a toujours pratiqué une musique à part donc les différences entre les titres ne sont pas étonnantes. Mais voilà, même si cet album est loin d’être mauvais, il est tellement particulier que cela ne plaira pas à tout le monde et il s'adressera surtout aux fans du groupe.


Nymphadora
Novembre 2013




"Rosrot"
Note : 09/20

Seulement un an et demi après un "Schlangensonne" fort sympathique, Eisregen revient avec son petit dernier "Rosrot", comme annoncé à l'époque suivant la tradition du groupe. Avec son style si particulier, il était difficile d'imaginer l'évolution du groupe, pourtant toujours en mouvement, même sur des périodes très courtes. Reste à savoir si cette évolution s'est faite dans le bon sens ou pas...

Dès le premier titre qui sert d'intro à l'album, on retrouve le son propre au groupe avec des accords qui ne trompent pas : on est bien en train d'écouter un album d'Eisregen !!! Rassurant... Et pourtant, dès le deuxième titre, les Allemands vont partir sur un black-metal de bonne facture, même s'ils ont tendance à lorgner du côté des Anglais de Cradle Of Filth dans leur période la plus récente. Malheureusement, leur musique semble moins accrocheuse... D'ailleurs, le chant allemand nous rapprocherait plus d'un Agathodaimon première période.

Attention quand même, si vous êtes amateurs de metal extrême, le titre suivant va vous dérouter avec ses atmosphères très gothiques et ses rythmiques mid-tempo. Un peu de piano, quelques riffs accrocheurs et le tour est joué... Mais, ôtez-moi d'un doute, la recette ne serait-elle pas un peu facile ? Et là, après plus de 7 minutes, on repart sur un black-metal symphonique un peu plus speed et entraînant... Pas déplaisant mais loin d'être suffisant pour nous sortir de la torpeur dans laquelle le précédent titre nous a plongé !!!

Trois minutes bien répétitives et sans âmes viennent de s'égrainer timidement pour faire place à une nouveau morceau gothique mid-tempo ennuyeux au possible... Ainsi, même si le son de l'album est plutôt sympathique, il peine à donner vie à une musique moribonde qui semble errer sans but entre les sillons du CD !!! Et même si Eisregen enchaîne avec un morceau résolument rock / goth, ce "Rosrot" ne parvient aucunement à décoller, au grand dam de mes cervicales qui ne demandaient qu'un bon headbanging...

Malgré cette alternance de morceaux black-sympho et gothiques censés donner du relief et de l'intérêt à l'album, c'est bien face à une mer d'huile qu'on se trouve et au fond de laquelle Eisregen nous entraîne au fil de ses dix nouveaux morceaux. Comme les filles d'Alerte à Malibu, les Allemands essayent de nous porter secours, mais comme chez elles, tout sonne faux !!! Au final, on se retrouve coulé par des vagues de riffs clichés et malheureusement démodés comme les maillots une pièce rouges...

Avec "Rosrot", Eisregen a choisi la facilité, mais dans un style où Cradle arrive encore à être efficace et accrocheur, eux s'avèrent plats et sans aucune saveur. Un album hyper répétitif qui mettra donc vos nerfs à rude épreuve et qui offre une facette peu glorieuse d'un Eisregen à court d'inspiration... Même si le dizème album est déjà annoncé, il faut espérer que les Allemands prendront plus de temps pour le composer afin de nous donner a posteriori la claque qu'on était en droit d'attendre ici !!!


Carcharoth
Février 2012




"Schlangensonne"
Note : 16/20

Bientôt 15 ans d’existence pour les Allemands d’Eisregen et pourtant, le groupe reste assez méconnu au sein de l’hexagone malgré leurs 10 albums. Il faut dire qu’avec son chant allemand très prononcé, le groupe se destinait avant tout au public Germanique, tout comme Die Apokalyptischen Reiter, mais à la veille d’un tel anniversaire, il est temps pour Eisregen de conquérir le reste du monde !!! "Schlangensonne" commence par une petite berceuse maléfique histoire de nous mettre dans l’ambiance avant une véritable déferlante de riffs assassins !!! Et oui, même s’il est difficile à classer, Eisregen est avant tout un groupe de metal extrême… Mais qu’importe le style pour l’instant, il faut d’abord laisser pénétrer les notes du quartet allemand dans notre âme damnée !!! Car malgré des morceaux pleins d’énergie qui pourraient même faire headbanger le chien de ma grand-mère, le groupe arrive à distiller de manière assez sournoise une mélancolie infinie, un mal-être indicible qui glace le sang !!! La froideur du son, la beauté mortuaire des mélodies et les parties de piano y sont pour beaucoup c’est certain, et le côté agressif du chant allemand, qui apporte une dimension haineuse et violente, fusionne à merveille avec le reste pour donner naissance à ce joyau de metal sombre !!!

Car oui, on pourrait parler de dark-metal en évoquant Eisregen, mais le groupe est en fait un mélange de beaucoup de choses… Du black-metal bien sûr, très ancré dans le style des années 90, quelques relents goth renforcés par les atmosphères développées par le clavier et le chant clair présent ici et là, des ballades, des passages au groove impeccable, sans oublier des influences new wave, c’est tout cela qui fait la musique d’Eisregen !!! Ainsi, le groupe sait rester à la frontière des styles et des mondes afin de mieux créer sa propre identité, sa propre dimension, aussi personnelle qu’universelle, aussi malsaine qu’élégante !!! La musique d’Eisregen ouvre les portes de notre esprit vers de nouveaux horizons, lui permettant de vagabonder sans pour autant oublier d’où il vient… Cette si belle noirceur possède votre âme bien au-delà de la simple écoute de ce "Schlangensonne" et n’imaginer pas la récupérer intacte !!! Armé de toute sa noirceur et de toute sa froideur, Eisregen a su user de tous les sortilèges du metal sombre pour donner naissance à cette véritable pièce maîtresse de leur discographie. Rares sont les albums de metal extrême aussi variés que celui-ci : pour une fois, il y a toujours quelque chose à découvrir au fil des écoutes !!! Eisregen nous propose un album véritablement dense, mais pourtant très facile d’accès qui comblera donc les connaisseurs comme les nouveaux venus… Une vraie prouesse de nos jours où l’originalité d’autrefois fait partie des mythes et légendes !!!

Bref, nous voilà face à un grand album au feeling incroyable, d’une grande richesse émotionnelle, capable en une écoute de noircir un peu plus nos âmes si cela était possible. Mais malgré le côté à la fois décadent et mélancolique de la musique d’Eisregen, on décèle ici et là quelques notes d’espoir salvatrices… Nous pouvons donc reposer en paix !!!


Carcharoth
Mai 2010


Conclusion
Le site officiel : www.fleischhaus.de