Le groupe
Biographie :

Dysylumn est un groupe de black / death metal progressif formé en 2010 à Montpellier et actuellement composé de : Camille Olivier Faure-Brac (batterie / Oliver Kaah) et Sébastien Besson (guitare, basse, chant / ex-Antropofago). Dysylumn sort un premier EP éponyme en 2013 avant de sortir son premier album, "Conceptarium", en Septembre 2015, puis de nouveau un EP, "Chaos Primordial", en 2016.

Discographie :

2013 : "Dysylumn " (EP)
2015 : "Conceptarium"
2016 : "Chaos Primordial" (EP)


Les chroniques


"Chaos Primordial"
Note : 16/20

Déjà auteurs d'un EP et d'un album, les Français de Dysylumn reviennent avec un EP du nom de v et dans le genre groupe difficile à étiqueter, ça se pose là ! On y trouve du black, du death et plein d'autres trucs dégueulasses que l'on va de suite voir d'un peu plus près.

Après une intro aussi glauque que bizarre et malsaine, le morceau éponyme ouvre vraiment la danse et le moins que l'on puisse dire c'est que l'ambiance devient d'un coup extrêmement pesante. Des riffs de pachyderme, un tempo typiquement doom, un son écrasant qui vous vibre dans les tympans et des riffs habités par la froideur du black. Le chant est mixé en retrait et donne l'impression de venir de loin, loin dans l'espace et dans le temps. Une intro, trois morceaux et une outro à écouter évidemment d'une traite puisque cet EP est construit comme un seul ensemble même si les morceaux ne s'enchaînent pas littéralement. "Oeuf Cosmique" balance des trémolos plus proches du black metal, des mélodies qui rappellent parfois le "Tocsin" de Year Of No Light et une ambiance une fois de plus aussi sombre qu'écrasante. D'ailleurs, Dyslumn prend le temps de les installer ses ambiances puisqu'en dehors d'"Oeuf Cosmique" justement, qui fait à peu près cinq minutes, les deux autres titres en dehors de l'intro et de l'outro flirtent plutôt avec les huit ou neuf minutes. "Régénération" est le plus long et s'amuse d'ailleurs à nous balader d'un style et d'un climat à l'autre. On se prend des blasts et des riffs black puis ils virent au death ou au doom, le tempo redevient écrasant, les dissonances nous vrillent la tronche, bref Dysylumn nous malmène sans pitié.

La violence n'est pas le maître-mot de "Chaos Primordial", je pense que tout le monde l'aura compris, en tout cas pas la violence brute. Parce que c'est bien une forme de violence que ces morceaux nous envoient dans les oreilles avec leurs rythmes écrasants, leurs accélérations soudaines et le climat oppressant et dissonant qu'ils impriment autant dans nos tympans que dans nos cerveaux. C'est en ça que cet EP tient du concept, sa capacité à créer des images, à nous envoyer dans un univers spécialement créé pour l'occasion. On retrouve certes la patte que le groupe avait déjà imprimée sur "Conceptarium" mais dans une veine plus lourde, moins frontale et encore plus glauque. "Chaos Primordial" montre un groupe qui décide d'aller droit au but, les structures étaient beaucoup plus changeantes et tordues sur "Conceptarium" par exemple. Ici, Dysylumn construit des morceaux un peu plus bruts, pas monolithiques mais plus massifs et plus évocateurs. La musique du groupe s'est faite plus rampante sur ce nouvel EP, plus sournoise aussi, préférant attaquer avec un coup de poignard dans le dos qu'en chargeant de face avec une division blindée.

Une sortie intéressante d'un groupe à part que cet EP, à écouter d'une traite et d'une oreille attentive. Comme d'habitude avec ce genre de groupe, c'est à réserver à ceux qui ont un minimum d'ouverture d'esprit, car si le mélange des extrêmes a déjà été fait il n'empêche que Dysylumn a sa patte et que son monde est quelque peu barré.


Murderworks
Octobre 2017




"Conceptarium"
Note : 14/20

Dysylumn, crée en 2010 par Sébastien Besson, ancien Anthropofago, sort son premier album "Conceptarium" après un premier EP sans titre en 2013. Le passif du cerveau de ce groupe étant tourné vers le death metal, son nouveau projet y baigne également. Point de charcutaille ici. La musique proposée est technique, progressive et forte en climats.

Les neuf compositions proposent à l'auditeur un voyage mouvementé et sombre dans les couloirs infinis et inconnus de l'espace. Les riffs techniques développent des instants héroïques ("Esclave Céleste", "Vide Spatial") et se mettent au service de compositions progressives et fluides, malgré la complexité des schémas guitaristiques. Les voix sont mixées très en retrait, à la manière de formations black / death occultes et morbides. Cachée, elle ne s'entend que de manière subreptice, dans le fond sonore, et fait plus office d'instrument venant compléter le flux musical, renforçant même la dimension spatiale et désincarnée de la musique. Un tracklisting détaillé serait futile.. "Conceptarium" est un voyage qu'il faut faire d'une traite, se laisser emporter au gré de ces volumes étranges et noirs. Mention spéciale toutefois au morceau "Réveil" qui dépoutraille du Morbid Angel par poignées de douze (ça veut rien dire mais on s'en fout !).

La BAR est plutôt bien gérée dans son ensemble. Elle suit et soutient les compositions avec précision et justesse. Seuls quelques passages (notamment les breaks et les passages les plus rapides) souffrent d'une technicité exagérée et quelque peu bordélique, que même un batteur pourvu de quatre bras aurait du mal à reproduire, révélant ainsi certaines maladresses de programmation malgré une volonté de bien faire évidente.

La production est à double niveau. D'un côté, elle n'est pas le point fort de cette galette car trop compacte, manquant de dynamisme et de vie. Ecrasée, certaines oreilles auront beaucoup de mal à se situer dans ce bloc sonore. D'un autre côté, c'est ce qui fait aussi son charme. Sa dimension synthétique et oppressée sert le concept cosmique présenté par la pochette et les titres des compositions. On a la sensation d'être coincé dans un vaisseau intersidéral délabré, perdu au fond de l'espace, avec une créature style Xénomorphe rodant dans le cockpit. A l'image de la voix, son rendu distant et étouffé développe sa spatialité et l'immensité froide et noire. Les guitares se mêlent et s'entremêlent, les mélodies flottent quelque part dans une lointaine nébuleuse. La production renforce donc l'impact des morceaux, axés avant tout sur l'ambiance. Un Immolation glacial. Un Obscura robotique. Un Gorguts spatial. Voilà ce que Dysylumn est sans pour autant n'être qu'un bête synthèse de ces formations. Pour les fans d'atmosphères inhospitalières à la Alien.


Man Of Shadows
Décembre 2015


Conclusion
Le site officiel : www.facebook.com/dysylumn