Le Groupe
Biographie :

Il était une fois une bande de jeunes énervés qui un jour décidèrent de poursuivre l’œuvre initiée par les grandes formations de death et thrash technique entre la fin des années 80 et le début des années 90. Nous sommes en 1996 et Dungortheb naît sous le soleil radieux des Vosges dans une petite ville proche d’Epinal, Thaon Les Vosges. Très vite "Trip Into Obscurity", leur première démo, est enregistrée et le groupe en profite pour écumer les bars et salles de concert de la région entraînant un public toujours plus enthousiaste et fidèle derrière lui. La démo recevra de très bonnes chroniques dans la presse spécialisée et s’écoulera à plus de 400 exemplaires et se soldera par la première partie de SUP et Mercyless en 1998. A l’orée des années 2000, Dungortheb est prêt à enregistrer son premier album mais il faudra pour cela attendre encore quelques temps et la stabilisation de son line-up autour de Jean-Yves Motte (guitare), Grégory Valentin (basse), Hervé Joly (batterie), David Schabath (chant) et Jean-Marc Werly (guitare), transfuge du groupe local Bloodshed. C’est donc un groupe très motivé qui enregistre sa deuxième démo. Les nouveaux titres plaisent au public (plus de 300 démos vendues) et aux médias (radios, webzines, fanzines), mais malgré quelques propositions sans suite, il semble beaucoup plus difficile de convaincre les labels… Décidant de ne pas se laisser abattre, Jean-Marc crée sa propre structure (Perennial Quest Records) et "Intended To…" sort en Février 2003, marquant un nouveau changement de line-up avec le passage de Greg au chant et l’arrivée de François à la basse. Dungortheb se positionne dorénavant comme un des principaux groupes de technodeath actuels, défendant un death metal puissant technique et mélodique fidèle aux traditions. Saisissant l’opportunité d’apparaître sur un album hommage à Chuck Shuldiner (Death) réalisé par le label Chinois Area Death Productions, Dungortheb se fait un plaisir de reprendre "Misanthrope" ("Symbolic", 1996). Ce titre sera téléchargé plus de 1500 fois sur le webzine V-Solutions, offrant ainsi une exposition aussi inattendue que bienvenue au groupe ! 2005 s’annonce comme une nouvelle année charnière dans l’histoire de Dungortheb qui est en pleine préparation de son second album, attendu comme une suite logique d’"Intended To…", et qui cherche parallèlement activement un label… Le dernier album, "Waiting For Silence" est sorti début 2008…

Discographie :

2003 : "Intended To…"
2008 : "Waiting For Silence"


La Chronique


J’ai connu Dungortheb via cette fabuleuse fenêtre sur le monde musical qu’est MySpace en 2007, j’appréciais déjà le son et le style mais je n’ai pas eu l’occasion d’aller plus loin en écoutant leur précédent "Intented To…" et peut être n’est-ce pas plus mal, me voilà une oreille objective sur ce qu’est le Dungortheb nouveau, cru 2008… Dans un premier temps, je dirais que c’est un très bon cru, précis, carré, sauvage et technique dans la trempe du genre techno-death c'est-à-dire un death technique (pour les profanes), qui se décline en neuf titres de bon son de tueur. A noter que la batterie est entièrement enregistrée sur électronique, je le dis car la nuance est à peine perceptible tant le son est propre… on soupçonnerait à peine (à tort !) un trig à la grosse caisse ! La caisse claire, claquante, impulse une frappe puissante tant dans les parties rythmiques que les breaks (et les blasts, bien entendu !). Et on entame l’album avec un ptit riff de gratte qui n’est que le prélude au déferlement de gros son de "Lethargy" appuyé par un chant death rauque et puissant. On fait de suite connaissance avec la technique effectivement poussée de Dungortheb quand la batterie se met à se décaler, temps et contre temps pendant que se déroule un solo à la gratte rapide, extrêmement précis et propre voire tranchant comme une lame de rasoir, de toute beauté, qui fait de ce premier titre de 3 minutes une mise en condition de circonstance pour ce qui suit… En l’occurrence, la suite s’avère tout aussi aboutie, et on retrouve de morceau en morceau un Dungortheb décidément très en forme, qui prouve au passage qu’il ne sait pas faire que de la "déboule" avec un joli passage bien groovy en intro de "Addicted", où la batterie est plus lente, plus appuyée, suivie par des riffs disto lourds voire pesants. Le titre en lui-même est pas mal diversifié dans ses changements d’ambiance, de groove à rapide, simple et complexe à la fois, de bons crescendo et toujours un chant enragé dans les 5 minutes et demie que dure le morceau. Peut-être le petit regret que la technique (par ailleurs imparable !) soit aussi présente dans "Addicted", car j’aurais bien aimé un morceau énorme juste par son groove, un petit interlude sans ornement… Ce petit regret exprime un peu le côté moins positif de l’album, s’il faut en trouver un : à force d’être excellents, les titres finissent par se ressembler et en ceci je pense que Dungortheb est un groupe à voir en live, si tant est qu’ils aient la chance de bénéficier d’un aussi bon son que celui présent dans l’album. Qu’à cela ne tienne, Dungortheb mérite l’intérêt du label qui les fera décoller, à entendre l’excellent travail dont ils nous livrent le fruit dans "Waiting For Silence", le techno-death n’étant pas très (pas assez ?) présent chez nous !


Mim
Mars 2008


Conclusion
Note : 17/20

A écouter : Silence

Le site officiel : www.dungortheb.com