Originaire de la banlieue sud de Paris, Dreadful Silence nous raboule son premier EP autoproduit éponyme. Au premier abord, le groupe navigue dans les méandres de ses aînés Sepultura et The Haunted en tête de proue. Mais cela serait réberbatif de résumer Dreadful Silence sous ces seules égéries. En effet, on se retrouve face à un album de 8 titres (dont une intro, une fois de plus, à mon avis dispensable) qui nous jette à la gueule tout un tas d'ambiances, de parties différentes et l'on entend que le groupe est en pleine mutation. Je m'explique ; par l'évolution des titres qui, dans l'ordre de la track list, démarrent assez moyennement qualitativement, aussi bien dû aux constructions ainsi que par la grosse présence de mi tempo, et finissent par nous envoyer de bons gros coups derrière la tête avec les 3 derniers titres notamment ("Black Dream", "Blind Me" et "Die"). Serait-ce peut-être parce que le groupe augmente sacrément les BPM sur ceux-ci et que je trouve ces titres bien plus efficaces que ceux présents au début du CD ? Ou bien parce que les guitares tapent enfin un peu plus bas sur leurs manches ? Un autre atout vient également de la diversité du chant du "joker", Ben, son chant évoluant également avec l'augmentation du tempo, ne se limitant plus alors à être un énième clone de Max Calvelera, les parties passant alors par des vocaux gutturaux, aigüs hurlés, scandés presque HxC ou chuchotés et font carrement décoller la machine. Pourtant le début sentait déjà la poudre, avec notamment la très bonne fin "Beat Down" de "Rock'n' Roll", premier titre du EP, et "Explose The Machine", condensé efficace Souflyien à la base, un peu redondant à certains moments mais dont Dreadful aura la qualité et la très bonne idée de nous gratifier d'une partie "lounge" bienvenue, qui relancera le morceau impeccablement, et là, la machine ne s'arrêtera plus jusqu' à la fin. Si tout n'est pas parfait pour ce premier EP (le groupe semble avoir du mal à se détacher de ses influences et le mix très ("trop") en avant de la batterie notamment), les banlieusards montrent un visage intéressant en mixant tout le bon de la scène 90's. J'attends la suite avec curiosité.
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