Le groupe
Biographie :

Les trois membres de Distortion Ride ont décidé de former un groupe après ce qui était censé être une jam session ponctuelle dans un studio de répétition. A ce moment-là, ils se connaissaient déjà depuis plusieurs années et avaient joué ensemble dans différents groupes, allant du heavy metal à la fusion flamenco, mais c’était la première fois qu’ils jouaient juste tous les trois. Ils pensent être un groupe de hard rock progressif mais les gens définissent leur musique par hard rock des années 70, stoner ou psychédélique. Le groupe joue et compose de la musique au feeling, il n’y a aucune règle écrite. Chaque membre se laisse guider par la musique sans chercher à rentrer dans les standards de tel ou tel style. Deux morceaux peuvent être radicalement différents dans leur structure mais vont faire vibrer les trois membres du groupe de la même manière. Ils sont de Toulouse, au sud de la France, et ils ont enregistré et produit leur premier EP qui est sorti en Mars 2017.

Discographie :

2017 : "Distortion Ride" (EP)


La chronique


Bon alors, aujourd’hui les mioches moustachus et poilus, on se prépare pour une petite virée motorisée bien folichonne qui a de quoi pousser mamie et sa deudeuche loin des embouteillages. Mais pas une de ces folles courses effrénées du genre "Hé Mich’line fait chauffer l’bécane, y’a José qu’veut aller chercher le tiot’ au square (prononcé "squouare" hein !)". En revanche, ce sera plutôt ce genre de ride ou de rodéo complètement perché flirtant avec les bras de la Mort dans chaque virage ou à chaque accélération (un peu comme dans une Hot Rod, mais en mieux !). Encore plus précisément, ce sera ce genre de folle chevauchée forte en distorsion, qui finira bien plus loin que la petite mémère du coin dans le ravin. Autant dire que notre bonne vieille Mich’line devrait plutôt chercher à s’accrocher et bien s’emmitoufler dans sa moumoutte si elle veut pas choper la mort. Alors éloigne l’éthanol et le bioéthanol, sors le gazole (ou le gasoil) et accroche-toi au guidon d’la bête, ça va décrasser l’allée du voisin !

Vite oublié le jacky-tuning, avec un nom de la sorte, il fallait prévoir que Distortion Ride maîtrisait l’art de t’embarquer pour une vrombissante et impressionnante nuée auditive de distorsion mais surtout celui de se laisser perdre et voyager au travers et par delà de nombreux genres, influences et envies. Ce qui n’est, au passage, absolument pas pour déplaire ! Le trio toulousain passe en revue aussi bien le blues, le progressif que le hard ou des riffs bien plus couilleusement metal, le tout pour pondre un EP aussi diversement vivant que Pigalle un samedi soir ("Don’t Bury Your Crown", "Shot Of Sorrow"). Plus loin que pour de simples aller-retours vers des débauches nocturnes, Distortion Ride t’emmène surtout pour de sacrées cavalcades rythmiques et rythmées au son d’un rock’n’roll tantôt psyché tantôt délique tantôt on s’en fout ça remue ("Christmas Tree Blues", "Electric Bomb") ! Innovant, novateur, explorateur et carrément déconcertant, Distortion Ride excelle dans l’art du camouflage auditif et de la métamorphose sonore d’une piste à l’autre (d’ailleurs, quelqu’un a-t-il vu venir le chant soliste presque à la baryton de "Mystic Blood" à ce moment du disque ?). Le trio aime à passer de rythmiques sauvages effrénées à des visions sonores plus reposées et mélodieuses ("Meloncolia"). Et c’est bien là ce qui rend la chose assez unique, dans cette vision d’un Distortion Ride comme d’un groupe aux multiples apparences faisant revêtir diverses facettes à ses frettes, sans jamais rentrer dans les notes faussettes (même si parfois ils peuvent mettre des chaussettes). Ce premier EP se révèle assez déconcertant par le nombre incalculable de chemins différents qu’il se plaît à emprunter et sur lesquels il se plaît encore plus à se perdre pour mieux coucher musicalement les émotions et envies de l’instant, sans jamais se clôturer dans un genre ou un style défini et reconnaissable. En plus, cerise sur le moteur, l’EP contient également, dans sa version dématérialisée une reprise (ou plutôt un réaménagement) du mythique "Immigrant Song". Bref, si tous les chemins mènent à Rome, tous les riffs eux mènent vers Distortion Ride et font de Distortion Ride un groupe bel et bien à suivre et à surveiller grandement. Avec ce premier EP éponyme, Distortion Ride livre une copie (presque) parfaite, et si conseil de classe (musical bien sûr !) il y avait, celui-ci s’écraserait platement devant une telle prestation et avancerait timidement ses plus sincères félicitations devant un élève rêveur promis à un avenir radieux.

Alors pourquoi que 16 ? Une "plume" imbue d’elle-même avancera tout simplement que 20 c’est Dieu (ou le Démon), 19 c’est un peu trop près de Dieu (ou du Démon), 18 c’est elle et 17 c’est un peu trop près d’elle. Quoi qu’il en soit, une plume cette fois-ci admirative avancera qu’elle sait que Distortion Ride peut poursuivre encore plus loin ses explorations exubérantes, peut se lâcher encore follement davantage et peut combler les tympans d’une façon encore plus belle. Et puis merde, mettre un 20 dès le premier EP c’est prendre le risque que le groupe se brûle les ailes en voulant monter trop haut son melon et qu’il pisse trop haut par la suite. Dans le même ordre d’idée, on n’a pas envie que Distortion Ride s’arrête en si bon chemin ou qu’il se contente pour la suite de rester sur ses acquis. Hormis ce léger détail du "que" 16 injustifié en notation, Distortion Ride et son premier jet bourré de bons et joyeux décibels ont toute ma reconnaissance et mon admiration. Quoi qu’il en soit Messieurs, gardez en tête que le rock’n’roll n’attend pas. Alors pour frapper encore plus fort et dépasser vos Maîtres cette fois, à vos compositions ! De nombreuses paires d’oreilles assoiffées attendront la suite…


Rm.RCZ
Mars 2017


Conclusion
Note : 16/20

Le site officiel : www.distortionride.com