Je m'étais dit qu'après un "Mind Tricks" largement en dessous d'un "Fragments Of D-Generation", je me lasserais d'un nouvel album et que l'orientation que Ettore Rigotti, acteur principal de Disarmonia Mundi, était mauvaise car trop commerciale.
En effet alors que le premier album de Disarmonia Mundi était sincère comme tout premier album, on avait eu une confirmation du talent d'écriture du sieur sur le second et c'était la déception qui était survenue sur "Mind Tricks" car le groupe avait opté pour trop de mélodies pompeuses, trop d'enchaînements classiques, trop de chant clair calculé et prévisible.
C'est donc avec curiosité que j'ai abordé ce nouvel album qui a mis quelques trois années à venir.
Evidemment on retrouve encore Claudio Ravinale au chant avec bien sûr Björn "Speed" Strid en guest vocal qui commence à faire du long terme puisque c'est la troisième fois qu'il participe à un album de Disarmonia Mundi. Peut-être qu'un jour Claudio Ravinale en sera vexé et qu'un des deux quittera le groupe qui sait ?
En attendant , "The Isolation Game" est finalement un album qui revient en force, car Ettore Rigotti a fait marche arrière par rapport à "Mind Tricks", il est revenu vers des errements antérieurs en gardant son death mélodique, mais évitant les pièges de la pop, pour nous redonner son côté plus agressif de "Fragments...".
C'est avec le tout premier morceau "Cypher drone" que la déferlante agressive se matérialise, bien sûr que la signature de Ettore est toujours là, à savoir un death mélodique proche des Soilwork et la voix de Speed est également ici pour le rappeler : mais ce premier morceau est annonciateur d'une excellent album avec des passages ultra violents en début de chanson, s'approchant d'un Fear Factory / Divine Heresy, sauce Disarmonia Mundi.
Le groupe garde encore sa propre identité, mais on sent bien que Ettore veut effacer l'aspect mielleux qu'il y avait sur l'album précédent. C'est de la pure rage qui sort de ce premier titre, vraiment fantastique, même les chorus de Speed sont proches d'une Soilwork "haute definition".
Les morceaux suivants sont de même facture, un death mélo, Disarmonia Mundien, en recette classique à savoir rythmiques rapides mais bombardées, avec un refrain au chant clair alternant avec celui de Claudio. Rien de très inventif de ce côté là, mais comme je le soulevais, une accélération et une agressivité bien présente pour redorer un blason qui s'était terni. En écoutant avec du recul on se rend peut-être compte que les titres comme "Perdition Haze" sont très proches d'un "Stabbing The Drama" de Soilwork alors que certains sont plus speed, plus brutes.
Les sonorités modernes en guise de démarrage de chansons comme sur "Cypher Drone" ou "Stepchild Of Laceration" offre un truc plus frais que par le passé, je parle des samples ou claviers, un peu à la manière de Mors Principium Est.
Dans l'ensemble, avec 13 titres Disarmonia Mundi confirme son talent, ses guitares mélodiques et une dynamique impressionnante. On notera qu'en plus de Speed, Olof Mörck de Nightrage est venu offrir ses talents sur certains solos.
"The Isolation Game" est certainement l'album le plus brutal, sans perdre un certain groove, que Disarmonia Mundi ait put écrire, notamment lorsqu'on s'attarde sur "Blacklight Rush" qui dépote à un point que même un chevelu en perdrait sa moumoute.
Mais n'allons pas non plus se dire que tout est violence sur cet album, un petit morceau instrumental de toute beauté vient pointer le bout de son nez pour nous permettre de respirer un peu, il s'agit de "Glimmer".
Je terminerai par dire que du côté de la pochette également c'est pari réussi car cette fois-ci Disarmonia a bénéficié d'une véritable pochette digne de ce nom et pour le coup pas mal du tout.
Une album qui devrait plaire à pas mal de monde c'est sûr...
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